Internet intranet sont le lieu de toutes les craintes et de toutes les incompréhensions. Les spécialistes improvisés ont même avec intranet constitué un anti internet. Mais qu’est ce que tout cela peut apporter à une entreprise ou une organisation ?
Toutes les innovations majeures ont commencé
par être incomprises. Pire lorsqu’elle coïncident
avec un tournant de civilisation elles font peur. Ampère,
grand savant de son époque, pensait qu’au delà
de 30 kms/h la vie humaine était en danger dans les trains.
Nous avons eu avec Internet toute la panoplie
des peurs et des fantasmes. Parallèlement toutes les explications
qui nous sont données àrrivent à ce résultat
que les chefs d’entreprises et les responsables ne voient pas
vraiment ce que cela apporte de nouveau et de si important pour
l’entreprise. Soyons plus précis. La plupart des arguments
sur la société de l’information sont exactement
les mêmes que ceux qui sont avancés pour l’informatique
et la télématique depuis plus de deux décennies
ou bien alors ils sont associés à des usages plus
ou moins ludiques de consommation d’informations et d’images.
Internet est donc, pour un très grand nombre, soit affaire
d’informaticiens, soit affaire de média mais pas de management.
Tout le battage sur le paiement sécurisé ne fait
lui qu’accroître l’incertitude et l’insécurité.
Mais quel est donc l’essentiel d’Internet ?
Qu’est ce qui est si important pour les entreprises et les organisations ?
Qu’est ce que ça change vraiment et comment l’aborder
de façon pragmatique ?
Le gouvernement français à
pris pour une part la mesure des enjeux au niveau d’une nation
et de ses populations. Il faut maintenant la prendre au niveau
des entreprises et des organisations.
D’abord les idées forces à
intégrer
Internet, réseau mondial est accessible,
comme les réseaux routiers, à tout un chacun qui
a le matériel pour s’y connecter : un micro-ordinateur,
un modem et une ligne téléphonique. Cela suffit
pour que les membres d’une même entreprise puissent se
rencontrer collaborer et échanger par Internet où
qu’ils soient. D’ailleurs qu’ils soient voisins de bureau, dans
un pays étranger, dans une autre entreprise, chez eux,
à l’hôtel ou dans n’importe quel lieu, il y a toujours
un moyen pour se connecter à Internet et établir
une relation avec une ou plusieurs personnes.
La distance n’est plus un obstacle pour
les relations de travail et c’est là le phénomène
majeur.
Si on y réfléchi on s’aperçoit
que les organisations et les méthodes de travail et de
management, dépendent du facteur de "proximité
nécessaire". Combien de moyens y sont consacrés ?
Locaux pour rassembler le personnel, déplacements pour
rencontrer des clients ou des partenaires, transports incessants
de personnes avec les conséquences sur l’habitat que l’on
connaît.
Si on fait l’effort de tirer enseignement
de la chute relative de cet obstacle et de son coût alors
on peut commencer à imaginer l’intérêt d’Internet.
Rassembler physiquement tout le personnel
avec tous les coûts et les contraintes que cela pose, les
rigidités que cela instaure est d’un coût matériel,
social et humain exorbitant. Le soulagement des charges, coûts,
temps perdu, équipements, même s’il n’est pas total,
sera important. Il permettra, à contrario, une plus grande
flexibilité dans la constitution des équipes de
travail, dans les engagements et pourquoi pas pour satisfaire
à des proximités physiques plus utiles (clients,
fournisseurs, etc.).
Une entreprise n’est performante que si
elle noue des relations étroites avec ses fournisseurs
c’est-à-dire tous ceux qui lui procurent des ressources
matérielles ou immatérielles. Elle cherche aussi
à élargir sa clientèle pour se développer.
Dans les deux cas les limites dues aux distances font que les
liens ne sont pas aussi riches qu’on le voudrait, qu’ils doivent
quelque fois passer par des intermédiaires qui coûtent
cher et font souvent obstacle . L’implantation sur un marché
dépend justement de la capacité d’établir
une relation suivie avec une clientèle. On sait ce que
coûte l’exportation, le travail d’implantation sur un marché
lointain. Il y a dans ce domaine une véritable révolution
qui commence, seuls quelques pionniers l’ont déjà
expérimenté en France.
Réduire les distances, accroître
les proximités, étendre le champ des activités,
des partenaires, des collaborateurs, des clients, voilà les idées maîtresses
et ce pour un coût dérisoire et une économie
de charge qui se révèlera considérable.
De la découlent trois grandes idées
à retenir pour comprendre les incidences d’Internet sur
les entreprises :
1) La
nouveauté principale d’Internet c’est de créer
un vaste champ de relations à l’échelle
mondiale mais aussi de toutes les communautés existantes
et à venir.
Ces espaces de relations et ces communautés
sont dites virtuelles. Ils sont néanmoins réels
et efficaces. Internet c’est un "nouveau continent"
pour les activités humaines. Lorsqu’on présente
Internet comme un réseau d’informations ou même
un réseau de communications ce n’est pas faux mais c’est
le voir par le petit bout de la lorgnette. C’est la raison principale
du manque de compréhension et d’imagination des possibilités
nouvelles. Par exemple le paiement sécurisé n’est
qu’une faible partie du commerce qui est avant tout une affaire
de tissage de relations.
2) Sur
l’espace virtuel des relations humaines, ouvert sur Internet,
la nature des relations est transformée. Il s’agit plus
généralement de "liens d’autonomie" rencontre
des intentions et volontés que de liens de dépendance
(affectifs, matériels, formels) qui tout en étant
toujours présents dans les relations sont moins déterminants.
Il faut comprendre alors que les liens profonds et durables
dans ces relations sont des liens de Sens personalisés
(Con-Sensus) autrement dit aussi des liens de motivations, d’aspirations,
de valeurs, de volonté, de détermination personnelles,
etc. Cela réclame une plus grande maturité, une
plus grande autonomie et aussi une plus grande responsabilité
pour maîtriser ces relations. (Dans virtuel le radical
Vir veut dire étymologiquement courage, vertu, valeur,
force, volonté. C’est la même idée).
3) Les
activités sur Internet réclament un management
différent. Depuis les structures d’entreprises vouées
à faire concourir à un même but un ensemble
humain complexe et dispersé jusqu’à l’animation
d’équipes à distance avec tous les problèmes
de motivation, de cohésion, d’organisation, d’efficacité
et d’évolution, toutes les fonctions traditionnelles des
entreprises vont être transformées et de nouvelles
apparaîtront.
Nous sommes au début de l’ère
du télémanagement, autrement dit de la conduite
à distance des activités collectives.
L’extension du champ des possibles va réclamer
aussi de nouvelles compétences du fait de la plus grande
autonomie réclamée pour y prendre part et donc
de nouvelles façons de diriger, d’animer, d’encadrer.
Il s’agira plus de piloter des processus humains collectifs que
d’exercer une emprise par les moyens du pouvoir, des systèmes
ou des contraintes formelles qui joueront un moindre rôle.
C’est ce qui fait dire à certains que le management du
chaos sera le management de demain (allusion aux théories
physico mathématiques du chaos déterministe) pour
des entreprises en réseau....
Résumons-nous. L’idée
essentielle et les trois idées forces :
Internet réduit les "distances"
physiques pour accroître les "proximités"
humaines individuelles et collectives.
1 - Internet crée un nouvel espace
relationnel mondial pour développer les activités
humaines (le sixième continent)
2 - Internet est un lieu où se
tissent des réseaux d’engagements personnalisés
et volontaires (des espaces virtuels d’activités, de projets
et d’entreprises)
3 - Internet est un monde où
la maîtrise des activités collectives fait appel
à une compétence nouvelle : le télémanagement
(dans le cyberspace, de cyber : gouverner)
Les applications professionnelles
et pratiques.
Nous prendrons trois domaines à
titre d’exemples :
- Le domaine commercial,
- Le domaine du travail collectif.
- Le télémanagement et ses principes,
En annexe
- L’appropriation par l’entreprise des moyens et des usages
d’internet.
1) LE DOMAINE COMMERCIAL
Il ne faut pas oublier que le commerce
est avant tout affaire de relations. Affaire de rencontres, d’échanges,
de fidélités. Aussi est-il des premiers concernés
par la révolution Internet. Déjà de nouvelles
conceptions de marketing sont recherchées et expérimentées,
de multiples initiatives, spectaculaires quand on les connaît,
naissent tous les jours. Dans un domaine aussi neuf il ne sert
à rien d’ériger en modèles des expériences
réussies si on ne comprend pas pourquoi elles réussissent
et surtout ce que l’on peut en tirer comme enseignement.
Il faut dire aussi que certaines idées
qui font grand bruit masquent l’essentiel. Les galeries marchandes
virtuelles sont un fiasco, la question des "paiements sécurisés"
est en réalité tout à fait accessoire par
rapport à ce qu’il y a d’essentiel pour le commerce.
D’abord les principes.
Internet permet une relation de "plus
grande proximité" avec les marchés et les
clients. Cette proximité est due d’abord à l’effacement
relatif des distances mais aussi à l’établissement
de relations plus "personnalisées", plus
intimes presque, avec des clientèles spécifiques.
Ainsi des relations plus directes vont
pouvoir s’établir avec des "marchés lointains",
avec des niches de marché différenciées,
avec des intermédiaires, avec les clients eux-mêmes.
On peut s’attendre à un accroissement
important des fonctions et des compétences en matière
de marketing qualitatif (marketing des qualifications)
et dans tout ce qui touche aux relations commerciales.
Le changement portera sur la fonction commerciale
elle-même qui va prendre une importance nouvelle mais avec
des changements de méthodes et sans doute une grande évolution
des métiers. Il porte déjà sur la clientèle,
les comportements d’achat et les structures de marché,
tout cela lié aux phénomènes sociologiques
portés par Internet.
A ce titre on note l’émergence de
"communautés virtuelles d’affinités"
qui deviennent des cibles de clientèles très différenciées.
Parallélement quelques centaines
de millions de personnes sur la planète font ou vont faire
dans les deux à trois ans l’expérience de nouveaux
comportements. Le changement va porter notamment sur les intermédiaires,
passages obligés bien souvent jusqu’ici. Le monde de la
distribution en sera profondément affecté et une
redistribution complète du rôle et de la nature
des intermédiaires est à prévoir dans la
mesure où entreprises et clients auront la possibilité
d’une relation plus directe et plus permanente.
Enfin si la demande est plus directe, donc
plus différenciée, si les relations de proximité
entreprises/clients, offre/demande sont plus grandes alors la
personnalisation de l’offre sera plus importante. La qualifier
et la mettre en valeur demandera une attention particulière.
La question de la valeur différenciée et du prix
sont d’ailleurs au coeur de l’idée de tarification flexible
qui se développe.
Les applications pratiques d’Internet
On les classera en quatre catégories :
La reconnaissance réciproque
entreprise/marché
Cela suppose pour l’entreprise :
1) D’aller à la rencontre, via Internet,
d’univers, de marchés possibles et d’être capable
d’en analyser les valeurs, les motivations, les sensibilités
de "niches", mêmes lointaines. Elles seront en
nombre sans cesse grandissant de par la constitution de communautés
virtuelles d’affinités sur Internet.
Pour cela une fonction d’observatoire
des marchés et "d’intelligence économique"
bien comprise se créera. C’est une fonction permanente
qui ne peut être efficace (devant l’étendue de la
planète) qu’à condition d’être pilotée
en fonction des interrogations et des potentiels propres de l’entreprise
(personnalisation). Des techniques de recherche sur Internet
existent et sont aussi à inventer.
2) De se faire reconnaître par les
cibles découvertes et que l’on a appris à connaître.
Plusieurs vecteurs sont possibles mais le point de départ
c’est le site Web de l’entreprise ou plutôt un "espace
d’accueil" ad-hoc où chaque segment de clientèle
pourra "se retrouver" et "se reconnaître".
On ne communique pas de la même façon
à des "personnalités" différentes.
Internet offre cette souplesse de créer des "scènes"
adaptées à toutes les situations que l’on veut.
3) D’établir les conditions d’un
échange dans la reconnaissance réciproque, ajustement
et valorisation de l’offre, compréhension des nuances
de la demande et de ses variations.
Toutes sortes de moyens sont possibles
pour établir une sorte de dynamique de dialogue. Internet
offre pour cela des outils interactif mais c’est surtout la créativité
et l’animation qui permet des échanges fructueux.
La présence, la proximité
et la permanence sont des facteurs
clés de la réussite de relations commerciales durables.
L’ajustement des produits et prestations
Paradoxalement une proximité plus
grande permet de sortir d’une opposition marketing de l’offre,
marketing de la demande.
Au contraire, c’est la rencontre du plus
riche, du plus original de l’offre avec les attentes les plus
authentiques et les plus spécifiques de la demande qui
est possible grâce à un ajustement permanent.
L’ajustement dont Internet est le vecteur
principal est triple.
Ajustement de la connaissance du client
et des marchés ciblés.
Ajustement de la qualification de l’entreprise et de son offre.
Ajustement réciproque où se définit réellement
le produit ou la prestation, sa communication et toutes les modalités
ad-hoc de sa "mise à disposition" et donc aussi
du "service" et sa qualité.
La plus grande flexibilité sera
là nécessaire mais elle est rendue possible par
les moyens précédents qui seront d’autant plus
efficace que l’on aura quelque chose à offrir et des réactions
à enregistrer.
Reconnaissance réciproque et ajustements
des produits et prestations sont un des aspects majeurs de l’utilisation
d’Internet débouchant sur une diversification de l’offre
autour de concepts et de qualifications plus originaux et une
multiplication des possibilités commerciales en fonction
de niches de marché plus nombreuses.
Le processus commercial, organisation,
dynamisation, négociations, transactions, logistique...
C’est la structure des relations humaines
et matérielles destinée à servir les marchés
de l’entreprise.
Internet va permettre de tisser de nouveaux
réseaux de commercialisation,
- soit avec des commerciaux "distants"
avec lesquels une grande "proximité" est rendue
possible grâce à des méthodes de pilotage
et d’animation commerciale via Internet,
- soit avec des commerciaux qui travaillent
sur Internet (cyber commerciaux) et dont la pratique relationnelle
sera adaptée à ces nouveaux moyens (prospection,
invitations, présentations, etc.).
Là encore les techniques d’Internet
banalisées ont surtout besoin d’être utilisées
par des professionnels du commerce avec les méthodes appropriées.
C’est ce qui permettra une large innovation dans les méthodes
commerciales à laquelle on peut s’attendre.
La manière de négocier, d’établir
des contacts et d’effectuer des transactions financières
va dépendre de façon massive des nouveaux usages
qui se développeront sur le réseau. Il faut noter
que l’universalité en la matière se confronte avec
le caractère transnational des transactions commerciales
qui fait l’objet partout de débats au niveau des états
mais aussi de pratiques qui se multiplient et s’inventent tous
les jours. Internet est en passe de devenir une sorte de "marché
universel" qui ne répond pas aux règles habituelles.
Dans cet aspect transactionnel du commerce,
les moyens d’Internet seront très vite structurants comme
le paiement sécurisé lequel, bien qu’accessoire,
a toute sa place dans les nouvelles configurations.
Il en est de même pour tout l’aspect
logistique. Pour matérialiser les échanges établis
sur Internet, des systèmes logistiques matériels
se mettent en place (ex. la vente de livres par Amazon dans le
monde entier). Il en va de même dans certains cas avec
les structures de production et d’approvisionnement. Internet
apportera là des applications supplémentaires pour
l’établissement, le pilotage et le contrôle de ces
moyens logistiques. En effet la "proximité"
établie avec tous les acteurs et en tous lieux permettra
une plus grande souplesse et surtout de plus grandes ambitions
à ce niveau.
Service après vente et fidélisation
La conclusion d’une vente ou d’un contrat
devrait toujours être considérée non pas
comme un simple aboutissement mais comme le début d’un
service où la relation au client s’engage ou non dans
une fidélisation.
Le service après vente fait partie
de ce moment où Internet peut jouer un grand rôle.
Présence et attention auprès
du client, facilité pour lui d’obtenir de l’aide, des
conseils et le cas échéant une intervention.
Les outils interactifs d’Internet sont
facilement utilisable pour cela et permettent de redéployer
un service après vente qui tisse une relation de fidélité.
Il faudra là aussi de l’imagination et des compétences
d’animation particulières.
2 - LE DOMAINE DU TRAVAIL COLLECTIF
Ce domaine est transversal et touche tous
les niveaux et la plus grande partie de l’activité des
entreprises.
Il s’agit aussi bien :
- du travail d’équipes permanentes,
services, secteurs, équipes dirigeantes,
- du travail d’équipes de projet réunies pour une
certaine durée autour d’une réalisation ou d’un
but commun,
- du travail d’équipes ponctuelles ou de groupes occasionnels
centrés sur une tâche.
L’enjeu c’est la productivité des
équipes de travail dans tous les termes quantitatifs et
qualitatifs. Or cette productivité dépend :
- de sa constitution et sa cohérence,
- de son unité et sa cohésion,
- de son organisation et sa conduite.
Sur ces trois plans, Internet apporte des
possibilités exceptionnelles qui vont bouleverser la façon
de travailler ensemble dans beaucoup de secteurs et l’efficacité
du travail collectif.
Examinons ces applications.
La constitution et la cohérence
d’équipes de travail
On peut parler d’équipe de travail
lorsqu’un groupe partage tout un univers dédié
à une mission commune, sa raison d’être. Le cadre
matériel, affectif et imaginaire est la condition de tout
travail d’équipe. Si ce cadre naît des échanges,
l’équipe naît elle de ce cadre. Ainsi Internet offre
la possibilité de constituer des "espaces virtuels"
d’activité.
L’espace virtuel d’activité d’une
équipe lui est propre, il est produit par l’équipe
et l’équipe s’y constitue et s’y reconstitue.
C’est particulièrement important
pour une équipe dispersée d’avoir un "espace"
à elle mais c’est aussi vrai pour une équipe rapprochée
qui n’a pas toujours la possibilité d’avoir son propre
"habitat".
Pratiquement l’espace virtuel est un site
web propre (dont l’implantation matérielle est indifférente).
Ce site est un lieu privilégié pour les relations
de travail, interindividuelles ou collectives et aussi pour des
relations avec l’environnement de l’équipe. Il n’est pas
indifférent que son site soit lié au site de l’entreprise
formant une sorte de cité des sites.
L’intérêt pour l’équipe
de se doter d’un site dans le contexte de l’entreprise c’est
d’avoir à constituer ou reconstituer une identité
collective qui lui permette de mieux valider sa cohérence.
Cet espace virtuel servira aussi à l’accueil et l’intégration
de nouveaux membres.
L’unité et la cohésion
de l’équipe sont favorisés par l’identification, au travers d’un site, des différentes
facettes qui concourent à son existence et sa mission.
Le fait pour l’équipe d’avoir son propre espace d’activité
et de l’habiter lui donne une sorte de "vie commune"
centrée autour de l’activité mais qui offre un
champ libre à la reconnaissance réciproque et à
l’expression de la dynamique du groupe.
Le troisième volet des applications,
l’organisation et la conduite du travail collectif, est celui
du travail collaboratif. L’erreur est là de croire que
se doter d’un outil permette le travail collectif. Il n’y a pas
vraiment de travail collectif s’il n’y a pas une équipe
constituée et cohérente qui sait ce qu’elle a à
faire ensemble.
Ce qui est par contre essentiel c’est qu’elle
se dote d’abord de méthodes de travail collectif, appropriées
à Internet. Alors les outils apporteront des solutions
efficaces.
Par ailleurs la direction d’une équipe
sur Internet réclame des qualités et une méthode
particulières sans doute plus vigilantes, prévoyantes
qu’à l’ordinaire. C’est grandement facilité par
la "proximité" qu’Internet permet d’établir.
Ce qui est le plus important, une fois
l’espace virtuel constitué par l’équipe, c’est
sa méthode de travail, autrement dit son organisation
et sa conduite. On pourra alors ensuite concevoir des outils
dédiés à partir de la méthode appropriée.
Cela peut aller de la simple conduite de réunion, jusqu’à
la conduite de projet en passant par différentes équipes
professionnelles spécialisées.
Les espaces virtuels d’activité
sont donc aussi des sites dédiées à un type
d’activité et structurés en fonction d’un processus
méthodologique.
Cela met en évidence le double caractère
du travail d’équipe avec Internet :
- une forte appropriation "par la
base" qui permet de créer un espace virtuel commun
habité, vivant, actif, accueillant et fortement identifié.
- une forte structure d’encadrement méthodologique
et une grande discipline de conduite de processus du groupe qui
réclame une responsabilité particulière.
C’est une des caractéristiques importantes du télémanagement.
3 - LE TELEMANAGEMENT
Le travail collectif envisagé au
niveau de l’équipe constitue l’unité de site sur
Internet. Bien sur, on peut envisager un groupement d’équipes
pour constituer par exemple un groupe projet plus important jusqu’à
l’entreprise qui supporte plusieurs projets et même des
groupements d’entreprise.
On devine que la "proximité"
offerte par l’utilisation d’Internet va apporter des bénéfices
similaires à une plus grande échelle.
Cela va permettre une plus grande cohésion,
une meilleure identification et contribuer grandement à
l’intégration dans les équipes et des équipes
entre elles et en définitive à la productivité
commune.
Cependant cela suppose un management qui
assure la dimension structurante des processus d’entreprise et
l’animation qui incite chacun et chaque groupe à s’approprier
les espaces virtuels d’activité.
Les principes du télémanagement
reposent sur cette analyse. Ils sont plus que jamais ceux d’un
gouvernement des hommes plutôt que d’une gestion des choses
et ce gouvernement des hommes réclamera une plus grande
connaissance des phénomènes humains collectifs.
On peut énoncer quelques grands
principes du télémanagement :
1) Implanter sur Internet les "espaces
d’activité" de l’entreprise et des équipes.
Le site Web a cette fonction, lui même
composé d’une constellation de sites dédiés
formant une sorte de cité aux accès réservés
aux différentes populations qui l’habitent où y
rendent visite.
2) Déterminer le Sens général de l’entreprise et s’assurer qu’il est repérable
par tous de façon à assurer la convergence des
volontés et des intentions dès la constitution
des équipes et à tout moment.
3) Définir les processus au niveau
des groupes et de l’entreprise qui
permettent l’architecturation dynamique des sites et la conduite
des activités en fonction des buts communs.
Le rôle de l’encadrement est de participer
à cette élaboration des disciplines collectives
et à la conduite des équipes. S’agissant des processus
humains de travail collectif de chaque métier ou mission
des équipes cela suppose une grande proximité avec
les personnes et avec les responsables d’équipes.
Internet offre toute la palette des possibilités
soit pour des relations spontanées et informelles soit
pour des relations ritualisées avec des règles
à établir.
4) Veiller à la productivité
des équipes de travail par
l’optimisation permanente des processus et des méthodes.
Il est beaucoup plus aisé sur Internet
de "lire" l’état et le rythme de l’activité
pour l’ensemble de l’entreprise et de ses équipes. Cette
"lecture" peut être rendue accessible à
un grand nombre si bien que la régulation des activités
est rendue plus facile à tout moment de même que
les échanges et les ajustements.
On peut s’attendre dans les entreprises
engagés dans cette voie à voir fleurir des "outils
virtuels de gestion" qui donnent une grande part aux dimensions
immatérielles et qualitatives.
5) Assurer la cohérence et la
diversité de l’identité collective de l’entreprise par l’intégration dans
un même Sens de toutes les expressions sur site (support
de communication interne et externe) et aussi en rendant visible
à tous, les projets, les avancements, les rôles,
les missions d’équipes, mais aussi les valeurs propres,
celles des clients et de l’environnement.
Internet va multiplier dans des proportions
considérables les possibilités de maîtrise
à ce propos. Les outils existent de façon banalisée
et largement suffisants. Ce qu’il faut, c’est développer
les conceptions et les savoir-faire pour les utiliser à
cet effet.
6) Assurer la cohérence et le
développement culturel de l’entreprise.
Comme toute les communautés humaines
engagées, les relations, les rôles, forment une
architecture sociétale qui est faite aussi de valeurs
partagées, de représentations communes, d’une histoire
avec ses références et ses repères. Elle
est faite aussi de projections, d’aspirations, d’ambitions et
aussi de rencontres avec d’autres univers.
De cette culture dépend la force
entreprenante et aussi la maîtrise des situations que rencontre
l’entreprise. C’est son professionnalisme qui est en jeu, son
évolution et sa maturation.
La compétence collective est le
fruit d’une animation du corps social de l’entreprise et d’une
"macro-pédagogie" adaptée à une
entreprise constituée d’un réseau d’équipes.
Internet va bouleverser les choses permettant
de développer une performance collective comme on n’en
rencontre habituellement que dans des équipes pionnières
ou des projets exceptionnellement motivants.
La clé est ici le principe de "l’appropriation
collective de compétences" et de maîtrise professionnelle
des situations. On est loin de la simple compétence technique
ou même de la formation strictement individuelle. C’est
une affaire de groupe et d’entreprise.
Les outils d’internet encore une fois sont
largement suffisants pour organiser des parcours pédagogiques
virtuels et pour mettre en place des processus d’appropriation
collective de compétences qui là encore conjuguent
une orientation structurée et méthodologique et
l’initiative individuelle et collective ouverte sur tout le "continent
Internet".
A la mesure même de la maîtrise
de ces principes, le télémanagement va permettre
une évolution des structures et même des "contours"
des entreprises de plus en plus impliquées dans des réseaux
complexes et évolutif.
Cette dispersion des ressources et compétences
des entreprises va de pair avec une plus grande fonction de centration
et de direction assurée par télémanagement.
Telle sera l’entreprise virtuelle : une
cohérence, assurée par télémanagement,
de moyens et de compétences dispersés géographiquement
mais coalisés sur des buts et des projets communs.
Internet après tout ne fait que
faciliter et permettre la maîtrise d’un mouvement déjà
largement engagé.
ANNEXE- L’APPROPRIATION CULTURELLE DES
MOYENS D’INTERNET
Lorsqu’une organisation veut développer
les moyens offerts par Internet et ses dérivés,
elle a deux attitudes possibles.
- La première consiste à sacrifier à la
pression de l’environnement et à se lancer dans des mises
en place systématiquement décevantes. Le site Web
n’est pas consulté, les outils groupware n’intéressent
que leurs promoteurs, les outils de communication semblent plus
perturbants qu’efficaces.
- La seconde consiste à rechercher quelles sont les utilités
précises et quelle est la démarche appropriée
à sa mission et à sa culture. Une préetude
d’opportunité est alors la bonne démarche.
Le phénomène d’Internet (et
ses dérivés) se fait en rupture avec les logiques
classiques du développement informatique ou celles des
media de communication traditionnels.
Ce qui, pour des raisons de coût, était obligatoirement
centralisé est maintenant banalisé et à
la portée d’un grand nombre avec la même destinée
que le téléphone c’est-à-dire disponible
pour le grand public.
C’est le premier principe qu’il faut retenir
: la banalisation des moyens donc des usages
ce qui implique une approche organisationnelle spécifique.
Le deuxième principe consiste à
situer les véritables utilités
d’Internet. Il faut en distinguer trois classes :
Les problèmes de sécurité
sont réels, ce sont essentiellement des problèmes
de confidentialité des informations. Les risques de destruction
des ressources (matériel, logiciel, données) existent
mais relèvent de la prudence élémentaire
et d’une compréhension des risques de délinquance.
La question des virus sur Internet est largement manipulée
et démentie par l’expérience de près de 100
millions de connections sur le réseau ce qui donne la mesure
(faible) du risque réel.
Les moyens de protection sont très
nombreux et très variés, matériels, logiciels,
clés d’accès, cryptages, etc... Il faut néanmoins
les connaître et savoir les utiliser.
La confidentialité des informations
est une question de classification. Il faut apprendre à
définir des classes de confidentialité (degré
de protection) et des zones d’autorisation (groupes et individus
autorisés).
En fait c’est un problème classique
(les informations des entreprises ne circulent pas n’importe
où, ex. les salaires, etc.) qui doit être envisagé
autrement. A terme tout ou presque se trouvera sur le réseau
et c’est pour celui-ci qu’il faut concevoir les questions de
classification et les solutions de sécurité qui
s’y attachent.
Une préétude d’opportunité
permettra de choisir la meilleure voie et d’établir la
démarche appropriée en fonction d’un état
des lieux (culturel et technique) et d’une ambition dont on aura
dessiné les horizons et les étapes.
Les utilisations sont tellement vastes qu’ils serait regrettable
de ne pas les envisager pour en estimer l’intérêt
et en hiérarchiser les priorités.
La démarche est valable soit pour une approche générale
soit pour une approche limitée à la création
d’un site web, d’un Intranet ou d’un extranet.
Constitution d’un groupe projet
L’ensemble de l’organisation étant concernée à
terme, il est souhaitable qu’un groupe projet soit constitué
pour l’étude d’opportunité (provisoire).
Il devra être formé de personnes motivées
et ayant à jouer un rôle dans l’opération.
L’expérience montre que la précaution à
prendre est de ne pas rassembler une collection d’idées
toutes faites (fausses ou étroites) mais plutôt
des intelligences créatives et enthousiastes.
( Dans la phase ultérieure de mise en oeuvre et de développement
il faut savoir que trois instances seront à mettre en
place :
- Un groupe de pilotage centré sur la conduite générale
du projet et les questions d’impact sur le management (dirigeants),
- Un groupe d’animation centré sur l’incitation et la
pédagogie notamment pour l’apprentissage élémentaire
des outils banalisés et la promotion des initiatives et
des usages.
- Un groupe support technique centré sur l’assistance
technique et la mise en place des moyens.)
Consistance de l’étude.
1) Bilan de l’existant et de l’en cours sur le plan
des utilisations informatiques et de l’équipement (réseaux,
matériels, logiciels, expérience...).
2) Initiation du groupe de projet aux "gestes"
élémentaires et aux outils banalisés (sans
une première idée de ce qui peut se faire et du
maniement simple des outils il serait difficile de concevoir
ce qui peut être ambitionné).
3) Exploration des utilités possibles d’un
site Web (ou un ensemble de sites) sur le plan interne et externe.
4)Exploration des utilités concrètes possibles
d’Intranet - Extranet pour l’organisation en fonction
de son activité spécifique,
en matière d’informations
en matière de communications
en matière de relations (groupes).
L’ensemble des activités et des échanges doivent
être balayés rapidement ainsi que les modes de fonctionnement
et de production existants.
Il s’agit de repérer :
- les lieux où des expériences significatives et
utiles peuvent être mises en place,
- les utilités les plus évidentes, hiérarchisées
en termes d’intérêt et de priorités.
- les ambitions de changement et de progrès à terme
pour l’organisation : secteurs, nature, conditions.
5) Exploration des problèmes généraux
de confidentialité et identification des solutions.
6) Elaboration d’un plan de mise en oeuvre et de développement
comportant :
- les ambitions et le plan d’action :
- doctrine et orientations sur le plan technique (réseau,
matériel, logiciels),
- moyens et stratégie d’animation et d’apprentissage.
- réalisations prioritaires et méthode de mise
en oeuvre
- projets ultérieurs à conduire
- pilotages.
7) Communication, validation pour décisions.