La prospective territoriale

Le temps des modes de vie
jeudi 15 juillet 2004
par  Roger Nifle
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Les modes de vie deviennent le principal facteur de développement des territoires. Leur attractivité focalise des richesses humaines interessées par la façon d’habiter ensemble un même lieu et d’y partager une proximité qui permet un réancrage salutaire. En même temps, avec internet notamment, l’ouverture au monde y compris sur le plan du travail est un atout majeur. Mais encore faut-il quitter les certitudes habituelles, même les plus récentes.

Établir un projet à long terme c’est se projeter sur des horizons du futur.

Pour cela trois choses sont nécessaires :

- S’ancrer dans des racines historiques, culturelles qui donnent un Sens désirable à l’avenir. Cela est possible avec les analyses de cohérences culturelles (humanisme méthodologique) qui font émerger une vocation ancrée dans une identité renouvelée. Rien ne se bâtit sans racines, surtout dans un moment de fortes perturbations et de mutation.
- S’approprier les visions du futur, c’est-à-dire, d’une part réunir un certain nombre de visions cohérentes issues des émergences actuelles et des mutations engagées, d’autre part prendre position sur ces futurs contextes à partir des potentiels et de la vocation dégagées de l’analyse de cohérence culturelle. C’est comme cela qu’une ambition commune peut être formulée.
- Élaborer un processus stratégique d’évolution et de mutation partant du présent pour engager l’avenir en mobilisant les ressources et les hommes du territoire.

Cette "mise en mouvement" est aussi un travail de créativité, de structuration, de gouvernance dans le Sens du bien commun.

Pour bien comprendre la démarche de projection à moyen et long terme, il faut l’opposer à une conception banalisée qui cherche surtout à optimiser le "fonctionnement" du territoire selon des critères standards préétablis, qui ignorent la mutation et projettent sur le futur des modèles dépassés en guide de prospective et qui ignorent aussi le phénomène humain communautaire indispensable pour fonder une volonté collective dans l’identification à des valeurs propres héritées de l’histoire. Une longue période a masqué ces critères essentiels, la mutation les rend à nouveaux indispensables et féconds.

Il est ici proposé de considérer quelques "visions du futur" dont les émergences sont déjà là mais dont la conscience est encore mal partagée.

Les éclairages ci-après sont issus de l’humanisme méthodologique.

1) MENTALITÉS ET VALEURS

On assiste au développement de deux mouvements contradictoires :

- L’apogée (début de la fin) d’un courant individualiste dont les nouvelles formes ne font que confirmer la tendance, massivement encouragée par les médias. Les mots clés :

- consommer et profiter (du bien public), hédonisme
- contester et subir (prisonniers des systèmes), position victimaire.
Ses valeurs : postures avantageuses et exonération du bien commun (assimilée à la liberté et l’indépendance)

- L’émergence d’un courant d’autonomie responsable dont les mots clés sont :

- valeurs d’initiative et de responsabilité personnelle
- valeurs d’ancrage communautaire et de participation au bien commun (Sens de la vie).

Cela se traduit notamment par une crise des représentations et des modèles de référence, une crise du Sens et des valeurs.

Prendre position sur le courant de fond qui émerge, c’est parier sur la possibilité d’engager le développement dans le Sens du bien commun.

2) INTERNET ET LES NTIC

C’est un révélateur de la mutation à l’échelle planétaire. Aucune mutation de cette ampleur ne s’est faite avec une telle rapidité.

II faut savoir que les caractères véritablement émergeants sont :

- L’initiative plutôt que la consommation passive ; l’internet mobile généralisé est une avancée majeur pour les prochaines années.

- La facilitation des relations humaines de proximité à distance ; information et communication n’en sont que des moyens dont le "haut débit" favorisera la fluidité.

- La recomposition des structures d’activités collectives

Associatives et sociales (spontanées)
Proximité d’accès direct aux services
Restructurations des organisations et des relations économiques.

C’est tout le paysage de l’organisation sociale et économique qui en sera changé et en particulier l’occupation de l’espace et l’habitat encore souvent dominés par les séquelles de l’ère industrielle et bureaucratique.

3) LES MODELES DE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAUX

L’ère industrielle a été celle des concentrations avec ses "économies d’échelles", sa rationalité instrumentale, la prédominance de l’économique sur toute considération proprement humaine. Depuis un peu plus de trente ans le modèle industriel est en régression accélérée. Il reste dans notre pays 18 % d’emploi industriel. (Le modèle bureaucratique aux rationalités voisines est au bord de la même crise).

Un modèle de transition a vu le jour qui relève d’une logique fonctionnaliste. Il se traduit par des spécialisations fonctionnelles (zonages, sectorisations des politiques publiques, systémisation des raisonnements, technologisation des ambitions et optimisation fonctionnelle de la gestion des choses comme seule ambition. Il domine les esprits, peu attaché à la compréhension des phénomènes humains et au devenir historique des territoires et des communautés humaines qui les habitent (idée de la table rase). Le phénomène des zones d’activités avec le concept emblématique de technopôle dans sa version dominante est devenu le leitmotiv du développement à l’échelle des territoires.

Enfin un troisième modèle de développement émerge, de façon massive dans certaines régions mais sans avoir été clairement identifié. C’est celui de l’attractivité des modes de vie. La nature culturelle des modes de vie locaux et leur ouverture sur le monde et la mutation sont de nature à susciter une attraction démographique et économique majeure.

Cette attractivité suppose en face la capacité d’initiative, d’autonomie pour le déplacement et une recherche d’ancrage et d’implication dans le bien commun. On notera la convergence avec l’émergence en termes de mentalité et l’ambiguïté fondamentale vis-à-vis du courant individualiste à l’apogée.

Concrètement le premier renforce l’identification des valeurs propres locales, le dynamisme, la recherche du bien commun (projets communautaires de territoires).

Le second prédispose à la "consommation exigeante" du territoire et à la contestation des responsables toujours jugés défaillants.

Dans cette perspective on voit comment le recentrage sur des valeurs culturelles, ignorées ou délaissées depuis l’ère industrielle, trouvent à s’actualiser opportunément dans le contexte émergeant de la mutation ouvrant à un foisonnement de solutions créatives et originales aux questions du développement.

4) FACTEURS DE MUTATION

Trois facteurs sont identifiés ici :

- La fludification du tissu économique et la réinscription dans la cité.
Les entreprises tendront de plus en plus vers l’éclatement des structures avec les télé activités. Ouverture du champ d’activité et dispersion géographique des collaborations. De ce fait ce sont de petites unités fortement reliées par les nouveaux moyens de relation et de management que l’on verra de plus en plus s’installer là "où il fait bon vivre" et notamment dans un tissu urbain renouvelé. C’est déjà à l’oeuvre.
Si le transport des hommes et des marchandises a été le critère prédominant il ne l’est plus dans la période qui s’annonce. L’attractivité des modes de vie est donc l’enjeu décisif du développement économique local pour le futur.

- La restructuration urbaine de l’occupation de l’espace.
S’il est commun d’assimiler la concentration urbaine et la désertification des campagnes à l’effet massif de l’ère industrielle et de la déprise agricole on n’a pas encore pris garde que cette logique est en bout de course et que nous sommes déjà dans une transition vers quelque chose d’encore inconnu. (En 1999 la population en milieu rural s’est accrue de 0,51% contre O,29% pour les villes)

La tension entre la concentration sur la ville et les réflexes réactifs suscités vont donner lieu à une recomposition de l’occupation de l’espace. On peut penser qu’une nouvelle redistribution sur l’ensemble du territoire d’unités de vie urbaines "à dimension humaine" vera le jour. Tout reste à inventer en la matière.

- Le tourisme des valeurs.
Le tourisme a été un effet de l’ère industrielle (tourisme de masse) et encore une expression de la tendance individualiste consommatrice exigeante du bien public (hédonisme victimaire).

Émerge un "tourisme des valeurs" basé sur la fréquentation des "valeurs culturelles" d’un territoire et débouchant non seulement sur un tourisme de séjour mais aussi progressivement vers un tourisme de résidence secondaire puis principale et un tourisme des affaires avec une véritable participation économique.

Cela correspond à une conception qui est moins exclusivement liée aux vacances et aux loisirs mais à la fréquentation de modes de vie qui répondent à des aspirations essentielles. Cette mutation du tourisme sera un vecteur majeur de développement fondé sur l’attractivité des modes de vie et aussi du dynamisme et de l’identité des territoires.

CONCLUSIONS

Les visions du futur sont déjà là à qui sait les voir. On pourrait augurer que les nombreux bouleversements scientifiques et technologiques qui se préparent toucheront à de nombreux aspects de notre vie personnelle et collective. Cependant il peuvent être interprétés soit dans la logique individualiste comme une réalisation de fictions déjà anciennes, soit comme des moyens favorisant la mutation émergente beaucoup plus fondamentale et bouleversante par ce qu’elle touche à l’essentiel du devenir humain.

Les projets territoriaux sont d’abord des rêves désirables et ensuite des stratégies en situations incertaines. La seule chose qui est sure c’est que la reproduction des schémas standards encore dominants constituera le handicap majeur des territoires qui s’y seront passivement laissés allé. La prospective n’est pas l’extrapolation des idées toutes faites ni des certitudes du passé remises au goût du jour. Elle est un engagement dans le monde qui est en profonde mutation à partir d’un réancrage dans les valeurs culturelles communautaires historiques refondatrices du futur.

Quelles conséquences pour l’aménagement du territoire, le développement économique et le devenir des territoires ?
Tout d’abord il faut changer de focalisation de l’attention, aménagements structurants, pôles d’activité économique, qualité de la vie, l’ordre doit être inversé.

On voit bien alors que les "métiers" sollicités ne sont pas les mêmes et que les "aménageurs" auront plus de difficulté que les développeurs mais que ceux-ci aussi doivent se remettre en question.

En effet la focalisation principale sur un territoire doit être la communauté de vie actuelle et future. Mieux, c’est le vécu qui prime sur les conditions environnementales du cadre de vie qui n’en sont que des moyens. Il ne s’agit plus de simplement établir un environnement, un cadre de vie favorable mais de se préoccuper de la façon dont c’est et ce sera vécu, du Sens que cela prendra dans le contexte d’un mode de vie à la fois individuel et collectif. Spécialistes en modes de vie telle est la compétence principale requise pour le futur.

Il est temps que la gestion des choses ne soit plus la seule compétence déployée lorsque c’est le développement humain qui est en jeu.

Dès lors on pourra commencer à envisager et traiter les problèmes essentiels qui se posent :
- Comment identifier et qualifier la spécificité culturelle des "modes de vie" qui font et feront l’attractivité d’un territoire ?
- Comment formuler et définir des ambitions et des projets en termes de modes de vie ?
- Comment ensuite répondre à ces objectifs en termes

Établir un projet à long terme c’est se projeter sur des horizons du futur.

Pour cela trois choses sont nécessaires :

- S’ancrer dans des racines historiques, culturelles qui donnent un Sens désirable à l’avenir. Cela est possible avec les analyses de cohérences culturelles (humanisme méthodologique) qui font émerger une vocation ancrée dans une identité renouvelée. Rien ne se bâtit sans racines, surtout dans un moment de fortes perturbations et de mutation.
- S’approprier les visions du futur, c’est-à-dire, d’une part réunir un certain nombre de visions cohérentes issues des émergences actuelles et des mutations engagées, d’autre part prendre position sur ces futurs contextes à partir des potentiels et de la vocation dégagées de l’analyse de cohérence culturelle. C’est comme cela qu’une ambition commune peut être formulée.
- Élaborer un processus stratégique d’évolution et de mutation partant du présent pour engager l’avenir en mobilisant les ressources et les hommes du territoire.

Cette "mise en mouvement" est aussi un travail de créativité, de structuration, de gouvernance dans le Sens du bien commun.

Pour bien comprendre la démarche de projection à moyen et long terme, il faut l’opposer à une conception banalisée qui cherche surtout à optimiser le "fonctionnement" du territoire selon des critères standards préétablis, qui ignorent la mutation et projettent sur le futur des modèles dépassés en guide de prospective et qui ignorent aussi le phénomène humain communautaire indispensable pour fonder une volonté collective dans l’identification à des valeurs propres héritées de l’histoire. Une longue période a masqué ces critères essentiels, la mutation les rend à nouveaux indispensables et féconds.

Il est ici proposé de considérer quelques "visions du futur" dont les émergences sont déjà là mais dont la conscience est encore mal partagée.

Les éclairages ci-après sont issus de l’humanisme méthodologique.

1) MENTALITÉS ET VALEURS

On assiste au développement de deux mouvements contradictoires :

- L’apogée (début de la fin) d’un courant individualiste dont les nouvelles formes ne font que confirmer la tendance, massivement encouragée par les médias. Les mots clés :

- consommer et profiter (du bien public), hédonisme
- contester et subir (prisonniers des systèmes), position victimaire.
Ses valeurs : postures avantageuses et exonération du bien commun (assimilée à la liberté et l’indépendance)

- L’émergence d’un courant d’autonomie responsable dont les mots clés sont :

- valeurs d’initiative et de responsabilité personnelle
- valeurs d’ancrage communautaire et de participation au bien commun (Sens de la vie).

Cela se traduit notamment par une crise des représentations et des modèles de référence, une crise du Sens et des valeurs.

Prendre position sur le courant de fond qui émerge, c’est parier sur la possibilité d’engager le développement dans le Sens du bien commun.

2) INTERNET ET LES NTIC

C’est un révélateur de la mutation à l’échelle planétaire. Aucune mutation de cette ampleur ne s’est faite avec une telle rapidité.

II faut savoir que les caractères véritablement émergeants sont :

- L’initiative plutôt que la consommation passive ; l’internet mobile généralisé est une avancée majeur pour les prochaines années.

- La facilitation des relations humaines de proximité à distance ; information et communication n’en sont que des moyens dont le "haut débit" favorisera la fluidité.

- La recomposition des structures d’activités collectives

Associatives et sociales (spontanées)
Proximité d’accès direct aux services
Restructurations des organisations et des relations économiques.

C’est tout le paysage de l’organisation sociale et économique qui en sera changé et en particulier l’occupation de l’espace et l’habitat encore souvent dominés par les séquelles de l’ère industrielle et bureaucratique.

3) LES MODELES DE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAUX

L’ère industrielle a été celle des concentrations avec ses "économies d’échelles", sa rationalité instrumentale, la prédominance de l’économique sur toute considération proprement humaine. Depuis un peu plus de trente ans le modèle industriel est en régression accélérée. Il reste dans notre pays 18 % d’emploi industriel. (Le modèle bureaucratique aux rationalités voisines est au bord de la même crise).

Un modèle de transition a vu le jour qui relève d’une logique fonctionnaliste. Il se traduit par des spécialisations fonctionnelles (zonages, sectorisations des politiques publiques, systémisation des raisonnements, technologisation des ambitions et optimisation fonctionnelle de la gestion des choses comme seule ambition. Il domine les esprits, peu attaché à la compréhension des phénomènes humains et au devenir historique des territoires et des communautés humaines qui les habitent (idée de la table rase). Le phénomène des zones d’activités avec le concept emblématique de technopôle dans sa version dominante est devenu le leitmotiv du développement à l’échelle des territoires.

Enfin un troisième modèle de développement émerge, de façon massive dans certaines régions mais sans avoir été clairement identifié. C’est celui de l’attractivité des modes de vie. La nature culturelle des modes de vie locaux et leur ouverture sur le monde et la mutation sont de nature à susciter une attraction démographique et économique majeure.

Cette attractivité suppose en face la capacité d’initiative, d’autonomie pour le déplacement et une recherche d’ancrage et d’implication dans le bien commun. On notera la convergence avec l’émergence en termes de mentalité et l’ambiguïté fondamentale vis-à-vis du courant individualiste à l’apogée.

Concrètement le premier renforce l’identification des valeurs propres locales, le dynamisme, la recherche du bien commun (projets communautaires de territoires).

Le second prédispose à la "consommation exigeante" du territoire et à la contestation des responsables toujours jugés défaillants.

Dans cette perspective on voit comment le recentrage sur des valeurs culturelles, ignorées ou délaissées depuis l’ère industrielle, trouvent à s’actualiser opportunément dans le contexte émergeant de la mutation ouvrant à un foisonnement de solutions créatives et originales aux questions du développement.

4) FACTEURS DE MUTATION

Trois facteurs sont identifiés ici :

- La fludification du tissu économique et la réinscription dans la cité.
Les entreprises tendront de plus en plus vers l’éclatement des structures avec les télé activités. Ouverture du champ d’activité et dispersion géographique des collaborations. De ce fait ce sont de petites unités fortement reliées par les nouveaux moyens de relation et de management que l’on verra de plus en plus s’installer là "où il fait bon vivre" et notamment dans un tissu urbain renouvelé. C’est déjà à l’oeuvre.
Si le transport des hommes et des marchandises a été le critère prédominant il ne l’est plus dans la période qui s’annonce. L’attractivité des modes de vie est donc l’enjeu décisif du développement économique local pour le futur.

- La restructuration urbaine de l’occupation de l’espace.
S’il est commun d’assimiler la concentration urbaine et la désertification des campagnes à l’effet massif de l’ère industrielle et de la déprise agricole on n’a pas encore pris garde que cette logique est en bout de course et que nous sommes déjà dans une transition vers quelque chose d’encore inconnu. (En 1999 la population en milieu rural s’est accrue de 0,51% contre O,29% pour les villes)

La tension entre la concentration sur la ville et les réflexes réactifs suscités vont donner lieu à une recomposition de l’occupation de l’espace. On peut penser qu’une nouvelle redistribution sur l’ensemble du territoire d’unités de vie urbaines "à dimension humaine" vera le jour. Tout reste à inventer en la matière.

- Le tourisme des valeurs.
Le tourisme a été un effet de l’ère industrielle (tourisme de masse) et encore une expression de la tendance individualiste consommatrice exigeante du bien public (hédonisme victimaire).

Émerge un "tourisme des valeurs" basé sur la fréquentation des "valeurs culturelles" d’un territoire et débouchant non seulement sur un tourisme de séjour mais aussi progressivement vers un tourisme de résidence secondaire puis principale et un tourisme des affaires avec une véritable participation économique.

Cela correspond à une conception qui est moins exclusivement liée aux vacances et aux loisirs mais à la fréquentation de modes de vie qui répondent à des aspirations essentielles. Cette mutation du tourisme sera un vecteur majeur de développement fondé sur l’attractivité des modes de vie et aussi du dynamisme et de l’identité des territoires.

CONCLUSIONS

Les visions du futur sont déjà là à qui sait les voir. On pourrait augurer que les nombreux bouleversements scientifiques et technologiques qui se préparent toucheront à de nombreux aspects de notre vie personnelle et collective. Cependant il peuvent être interprétés soit dans la logique individualiste comme une réalisation de fictions déjà anciennes, soit comme des moyens favorisant la mutation émergente beaucoup plus fondamentale et bouleversante par ce qu’elle touche à l’essentiel du devenir humain.

Les projets territoriaux sont d’abord des rêves désirables et ensuite des stratégies en situations incertaines. La seule chose qui est sure c’est que la reproduction des schémas standards encore dominants constituera le handicap majeur des territoires qui s’y seront passivement laissés allé. La prospective n’est pas l’extrapolation des idées toutes faites ni des certitudes du passé remises au goût du jour. Elle est un engagement dans le monde qui est en profonde mutation à partir d’un réancrage dans les valeurs culturelles communautaires historiques refondatrices du futur.

Quelles conséquences pour l’aménagement du territoire, le développement économique et le devenir des territoires ?
Tout d’abord il faut changer de focalisation de l’attention, aménagements structurants, pôles d’activité économique, qualité de la vie, l’ordre doit être inversé.

On voit bien alors que les "métiers" sollicités ne sont pas les mêmes et que les "aménageurs" auront plus de difficulté que les développeurs mais que ceux-ci aussi doivent se remettre en question.

En effet la focalisation principale sur un territoire doit être la communauté de vie actuelle et future. Mieux, c’est le vécu qui prime sur les conditions environnementales du cadre de vie qui n’en sont que des moyens. Il ne s’agit plus de simplement établir un environnement, un cadre de vie favorable mais de se préoccuper de la façon dont c’est et ce sera vécu, du Sens que cela prendra dans le contexte d’un mode de vie à la fois individuel et collectif. Spécialistes en modes de vie telle est la compétence principale requise pour le futur.

Il est temps que la gestion des choses ne soit plus la seule compétence déployée lorsque c’est le développement humain qui est en jeu.

Dès lors on pourra commencer à envisager et traiter les problèmes essentiels qui se posent :
- Comment identifier et qualifier la spécificité culturelle des "modes de vie" qui font et feront l’attractivité d’un territoire ?
- Comment formuler et définir des ambitions et des projets en termes de modes de vie ?
- Comment ensuite répondre à ces objectifs en termes d’aménagement du cadre de vie à toutes les échelles nécessaires ?
- Comment assurer l’animation des dynamiques humaines du territoire ?
- Comment impliquer judicieusement et avec pertinence les acteurs significatifs dans l’élaboration et la conduite de tels projets ?
- Comment assurer la cohérence et la diversité différenciée des sites de vie sur un même territoire (quartier, communes...) ?

Pour répondre à cela on ne peut pas éviter de soulever le problème de la formation des experts et responsables du développement territorial en ce qui concerne :
- la connaissance des phénomènes humains liés aux modes de vie et à leur évolution ainsi qu’aux identités et dynamiques territoriales,
- les compétences d’ingénierie humaine nécessaires pour penser et conduire les processus d’évolution, de concertation, de décisions et d’actions.

Enfin il nous faut souligner que la focalisation exclusive sur la gestion des choses apparaissait comme compatible avec une neutralité sur le plan des valeurs et des affaires humaines. Ce n’est plus le cas et la considération des hommes, requise par les nouvelles perspectives d’évolution, réclame un "humanisme méthodologique" capable d’associer valeurs humaines (déterminantes) et projets de territoires selon les spécificités singulières de chaque communauté territoriale.

d’aménagement du cadre de vie à toutes les échelles nécessaires ?
- Comment assurer l’animation des dynamiques humaines du territoire ?
- Comment impliquer judicieusement et avec pertinence les acteurs significatifs dans l’élaboration et la conduite de tels projets ?
- Comment assurer la cohérence et la diversité différenciée des sites de vie sur un même territoire (quartier, communes...) ?

Pour répondre à cela on ne peut pas éviter de soulever le problème de la formation des experts et responsables du développement territorial en ce qui concerne :
- la connaissance des phénomènes humains liés aux modes de vie et à leur évolution ainsi qu’aux identités et dynamiques territoriales,
- les compétences d’ingénierie humaine nécessaires pour penser et conduire les processus d’évolution, de concertation, de décisions et d’actions.

Enfin il nous faut souligner que la focalisation exclusive sur la gestion des choses apparaissait comme compatible avec une neutralité sur le plan des valeurs et des affaires humaines. Ce n’est plus le cas et la considération des hommes, requise par les nouvelles perspectives d’évolution, réclame un "humanisme méthodologique" capable d’associer valeurs humaines (déterminantes) et projets de territoires selon les spécificités singulières de chaque communauté territoriale.