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Anthropologie fondamentale de l’Humanisme Méthodologique la théorie du Sens et des cohérences humaines repose sur des articulations majeures présentées et commentées ici. De nombreux développement sont à approfondir au travers de multiples textes sur le site
SOMMAIRE
A - QUELLE COHERENCE POUR UNE PENSEE NOUVELLE.
B - LA POSITION GENERIQUE.
I - L’HOMME SE REALISE ET SE REVELE
AU TRAVERS DE SON EXISTENCE.
II - POUR L’HOMME , TOUTE REALITE
EST HUMAINE, TEMOIGNAGE DE SA NATURE.
III - LES PROBLEMATIQUES HUMAINES
CONSTITUENT LE FONDEMENT ET L’ENJEU DE TOUTES LES REALITES ET
SITUATIONS HUMAINES.
IV - LES REALITES HUMAINES SONT
CULTURELLES ET LES COMMUNAUTES HUMAINES SONT DES CULTURES DONT
LA VOCATION EST LA RESOLUTION D’UNE PROBLEMATIQUE HUMAINE PARTICULIERE.
V - LES ENTREPRISES HUMAINES SONT
L’ENGAGEMENT EXISTENTIEL DES HOMMES, EN COMMUNAUTE, EN VUE D’UN
BIEN COMMUN.
VI - L’HUMANITE EVOLUE PROGRESSIVEMENT
AU TRAVERS DES AGES DE LA VIE QUI CONSTITUE L’HISTOIRE DE SON
ACCOMPLISSEMENT.
C - L’ACTION GENERATRICE.
A - QUELLE COHERENCE POUR UNE PENSEE NOUVELLE ?
THESES
1) Les hommes ont toujours cherché
à comprendre le monde où ils vivent, la place qu’ils
y tiennent, leur nature spécifique ainsi qu’à s’approprier
les fins et les moyens de leur existence. Philosophies, sciences,
idéologies, religions participent de cet effort. Beaucoup
qui l’ignorent y font involontairement référence
et s’y appuient toujours.
2) De nombreuses versions ont été élaborées
à toutes les époques et dans toutes les cultures
avec, à chaque fois, un souci de cohérence ou de
vérité suffisant pour engager l’existence individuelle
et collective.
3) Chaque point de vue dégageant une explication ou des
voies spécifiques a pu chercher à exclure les autres
comme nuls ou comme insuffisants. Le jeu des tendances règle
les dominances ou les conflits de visions et de pratiques.
4) Notre époque se caractérise, d’une part, par
des dominances toujours plus assurées de leurs certitudes
et frileuses quant à l’interrogation de leurs fondements
et, d’autre part, par l’ouverture ambiguë à toutes
les versions possibles. C’est alors une façon de fuir
la responsabilité d’un choix ou, au contraire, de poser
l’urgence d’un dépassement éclairant pour retrouver
une cohérence vraie et une voie pour l’avenir humain.
5) La théorie des Cohérences Humaines est née
de ce type de souci : rechercher une conception de l’homme et
du monde qui soit :
Cohérente, intégrant toutes
les dimensions de l’existence et de l’expérience humaines,
Eclairante, pour comprendre les multiples
positions et dispositions des hommes, leurs valeurs et leurs
conséquences pour leur avenir,
Repérante, pour dégager les
voies et les moyens d’engagement de l’existence dans l’accomplissement
des fins humaines les meilleures.
6) Elle se développe comme une oeuvre originale fondée
sur une expérience profonde qui s’interroge avec rigueur,
se laisse inspirer par de multiples sources, scientifiques, anthropologiques,
philosophiques et spirituelles et se confronte avec l’actualité
des préoccupations et des engagements humains. Le souci
de cohérence s’y source à celui de vérité
et l’inspiration chrétienne en constitue un repère
et une interpellation permanente.
7) La théorie des Cohérences Humaines ressemble,
par certains aspects, à de multiples thèses antérieures
et par d’autres les remet en question de par son angle de vue
original. Elle se situe ainsi de façon privilégiée
sur trois plans :
Le plan de la connaissance, associé
à celui de la pensée et des représentations
du monde et de l’homme lui-même.
Le plan du discernement et du choix du
bien humain dans chaque situation de l’existence parmi tous les
possibles qui se présentent.
Le plan de l’engagement dans les actions
et entreprises humaines selon une démarche de réalisation
qui implique et cultive une voie d’évolution et d’accomplissement
personnel et collectif.
8) La théorie des Cohérences Humaines se présente
donc :
Comme un système philosophique fondamental
qui se veut cohérent, éclairant et repérant,
Comme un ensemble dérivé
d’éclairages et de conceptions nouvelles, relatifs aux
grands problèmes de l’existence humaine, individuelle
et collective comme aux situations courantes et actuelles,
Comme une discipline de la pratique comportant
aussi méthodes et instruments spécifiques pour
guider et soutenir l’action aussi bien que la connaissance et
les positions décisives qu’elle réclame.
COMMENTAIRES
Dans nos sociétés, la fin récente de la
croyance dans un progrès continu a laissé le champ
libre aux explications fatalistes, à la croyance aux systèmes
plus ou moins mécaniques qui régiraient nos vies,
nos comportements et les conditions biologiques, sociales, culturelles,
économiques, etc. de notre existence. C’est comme cela
que le sentiment de perte de sens s’accompagne de la résurgence
de croyances de toutes sortes mises au goût du jour. Les
responsables et dirigeants n’étant plus dressés
contre une échelle de valeurs à gravir en sont
venu à simplement gérer les situations pour éviter
les plus graves inconvénients ou tirer les profits les
moins onéreux en investissement humain.
La quête de Sens qui se fait jour ouvre au contraire à
repenser et refonder ce qui anime et justifie nos engagements.
Certains cependant se contentent d’exhumer les thèses
anciennes comme si tout avait dit et tranché une fois
pour toute. Scientismes, intégrismes, économismes,
rationalismes, conservatismes de tous ordres campent sur leurs
certitudes statufiées et stérilisées. A
la pensée laxiste répond la pensée rigide,
aussi vaines l’une que l’autre, pour faire face aux situations
brûlantes du monde actuel et pour répondre aux aspirations
et interrogations d’un grand nombre.
S’il est commun de parler de crise, de mutation, ou même
d’évoquer un âge de l’esprit, rares sont ceux qui
en tirent les conséquences. C’est à un dépassement
de nos fondements traditionnels et actuels que nous sommes invités.
Un dépassement n’est pas un reniement mais une interrogation
à un autre niveau. Un dépassement n’est pas chose
anodine puisque c’est tout le tissu de nos consciences et de
nos vies qui en sera affecté. Un tel dépassement
n’est pas non plus une simple observation des signes, un simple
enregistrement des nouveautés, technologiques, économiques,
sociales, scientifiques, etc... investis du statut d’augure pour
les spectateurs passifs que nous serions. C’est une nouvelle
cohérence philosophique qui doit permettre ce dépassement.
Après l’âge de la Raison, triomphante mais insuffisante,
vient l’âge du Sens, la maîtrise mentale ouvre la
porte d’une maîtrise spirituelle. La Raison est une marche
pour accéder à un dépassement fondamental,
à un temps du Sens. Elle reste aussi un moyen incontournable
pour que les engagements humains se concrétisent. Il est
temps néanmoins de ne plus identifier le meilleur de l’
homme à sa Raison. Non l’homme n’est pas simplement un
animal rationnel. Il est un Etre spirituel, c’est-à-dire
un Etre de Sens.
Tel est l’horizon que dégage la théorie des Cohérences
Humaines qui tourne le dos à ceux qui s’évertuent
à faire de l’humanité un accessoire de la nature
des choses oubliant qu’il s’agit toujours et encore de vues humaines.
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B - LA POSITION GENERIQUE
I - L’HOMME SE REALISE ET SE REVELE AU TRAVERS DE SON EXISTENCE
THESES
1) Les thèses, conceptions, explications
de l’homme et du monde existantes sont habituellement en corrélation
chacune avec une certaine idée du bien et des valeurs
qui le caractérise et avec des comportements ou pratiques
et avec des instruments de connaissance, d’engagement et d’action
qui se trouvent ainsi justifiés et interprétés.
2) A chaque fois, c’est une position ou disposition humaine particulière
qui se réalise et se révèle simultanément
par la cohérence de ces trois plans : thèses, valeurs,
pratiques.
3) Ces dispositions sont appelées alors "les Sens".
Ils constituent la nature humaine. Elle est ensuite réalisée
dans l’existence pour former ce que l’on appelle "la réalité".
4) Chaque Sens est une disposition d’être selon laquelle
l’homme :
réalise le monde et lui-même
(connaissance et pensée témoignant d’un certain
regard).
oriente ses aspirations et défini
ses fins (critères du bien ou échelle de valeur,
éthique)
engage ses entreprises, ses activités
et son travail (organisations, méthodes, compétences,
outils, projets...).
5) Ainsi l’ensemble des témoignages existentiels de l’humanité
révèlent la nature humaine et sa diversité
en tant que Sens résidant en chaque personne et partagés
dans des communautés (de ConSensus). C’est le cas de l’existence
individuelle des personnes et de la réalité culturelle
des groupes et communautés humaines.
6) L’accès à cette reconnaissance ouvre à
l’homme sa liberté (de choix de Sens), sa maîtrise
(de choisir, d’agir et persévérer dans le bon Sens),
sa responsabilité de partager ce Sens avec les autres
dans l’existence commune.
7) Cet accès est l’enjeu de l’accomplissement de l’homme,
possession de la plénitude de son humanité à
laquelle il est appelé et résulte de la tenue d’une
disposition selon le meilleur Sens.
8) Ainsi il n’est pas indifférent de discerner les Sens
des positions humaines, d’en choisir le meilleur et de cultiver
ce Sens qui est celui de l’accomplissement.
9) Chaque situation humaine est ainsi comme un carrefour où
se joue l’accomplissement humain par et dans l’engagement du
meilleur Sens parmi tous les autres Sens possibles.
10) Il s’agit donc :
du choix des thèses, conceptions,
connaissances et pensées,
du choix des valeurs et des critères
du bien humain,
du choix des enjeux et des moyens de l’action,
dans tous les domaines de l’existence individuelle
et collective. Telles sont les propositions principales de la
théorie des Cohérences Humaines. Aussi est-il important
de développer un regard, des critères et des moyens
pour cultiver le Sens par lequel l’homme peut accomplir sa vocation
d’être pleinement humain.
COMMENTAIRES
Le Sens de l’existence est ce qui lui donne sa cohérence.
Qui n’a jamais éprouvé d’interrogation à
ce sujet, voulant concilier des aspirations multiples, sollicité
par les nombreuses suggestions ou propositions de l’environnement.
Le renoncement à se questionner est souvent le cas sous
prétexte de la nécessité, de l’inconfort
qui l’accompagne ou bien de certitudes qu’ auraient quelques
spécialistes ou responsables bien informés. Pour
les autres, restent entières les questions essentielles.
Dieu, l’origine du monde, les enjeux de la vie humaine, les critères
de comportement, la morale, l’éducation, la vie sexuelle,
les relations, les engagements, les responsabilités, la
vie spirituelle, les problèmes matériels, la santé,
l’argent, la mort, le bonheur, etc... Collectivement ces affaires
humaines posent les problèmes de la cité, du politique,
des cultures, des entreprises, des arts, du développement
économique, de la religion, des sciences, des institutions,
des phénomènes de société, des professions,
des relations internationales, de la santé publique, des
situations à assumer.
Or, si l’on constate une tendance à séparer une
"sphère du privé" et une "sphère
du public", chaque homme est le siège d’un souci
de cohérence et, hormis les temps de crise souvent salutaires,
il trouve à s’installer dans une certaine logique, quitte
à se bricoler un système d’explication et de valeurs
qui légitime ses choix et ses réactions. C’est
comme cela que s’exprime sa personnalité et qu’il participe
à la vie collective.
Cependant, cela n’est pas la même chose de s’abandonner
aux idées reçues, à la mode, ou d’assumer
authentiquement sa propre recherche, parmi toutes les possibilités
offertes ou selon sa propre originalité. Ce n’est pas
la même chose de se résigner complaisamment ou douloureusement
à des conditions et contraintes liées à
l’environnement ou même à ses propres "mécanismes"
psycho-physiques et autres conditionnements familiaux, sociaux,
culturels ou caractériels ou bien de s’engager dans un
cheminement de progrès humain qui réclame persévérance
et exigence et un apprentissage permanent de la vie pour y être
alternativement guide et guidé. Ce n’est pas non plus
le même Sens que de cultiver un individualisme guidé
par le seul intérêt particulier en toutes choses
ou de participer ensemble et individuellement à la recherche
du bien commun. Ce sont là différentes "positions
humaines" qui révèlent la diversité
intérieure de l’humanité de l’homme.
Chacun, dans son Sens, à sa manière, en vit une
version. Très souvent nous la prenons pour le tout, ignorant
ou oubliant les autres positions. Le monde nous apparaît
dans une certaine cohérence, troublé cependant
par tous ceux qui ne se rallient pas à notre logique propre
et que l’on juge donc incohérents. Il arrive aussi que
nous essayions de faire cohabiter deux ou plusieurs versions
sans nous en rendre compte. Une version par exemple pour nos
aspirations les plus essentielles, une autre version pour les
satisfactions de la vie quotidienne et une troisième pour
l’efficacité pratique. L’incohérence se préserve
grâce à des cloisonnements.
Or, ces positions humaines ne sont pas indifférentes.
C’est l’enjeu même de la vie humaine d’en découvrir
les possibles et la liberté responsable de la personne.
L’ignorance en la matière n’est pas vertueuse et il n’y
a de vertu qu’à devenir pleinement humain, c’est-à-dire
à réaliser pour le révéler le meilleur
de l’homme et à le révéler pour mieux le
réaliser.
C’est une prise de position, un Sens que propose la théorie
des Cohérences Humaines pour chaque circonstance de l’existence :
réaliser et révéler le meilleur de l’homme.
Mais ce meilleur n’est pas une position de complaisance, il est
exigence de vérité, exigence de liberté,
exigence de responsabilité. Reste à donner à
ces mots un contenu de Sens, qu’un projet philosophique tel que
celui-ci renouvelle.
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II - POUR L’HOMME , TOUTE
REALITE EST HUMAINE,
TEMOIGNAGE DE SA NATURE.
THESES
1) L’homme ne connaît du monde et
de sa propre existence que le contenu de son expérience.
Il ne peut ainsi se réduire à son expérience
étant aussi celui qui expérimente. Il ne peut ainsi
déduire qu’il y ait d’autre réalité que
ce qu’il réalise de par sa nature d’homme.
2) L’homme est une Instance personnelle constituée de
tous les Sens de l’humanité en lui (chacun à sa
façon...) et dont l’expérience "réalisatrice"
ne peut être que dans la conjugaison avec d’autres Instances
humaines, c’est-à-dire un Con-Sensus.
3) La réalité consciente est donc la réalisation
effective dans l’expérience, d’un Consensus habituellement
inconscient. L’expérience du Sens, nécessairement
engagée dans un Consensus, se connaît comme réalité.
Toute réalité est ainsi comme l’expression, la
manifestation ou l’actualisation de Sens, eux-mêmes résidant
dans les Instances humaines conjuguées par ce conSensus.
4) La réalité des individus et la réalité
du monde où ils s’inscrivent sont une même réalité
que réalisent les Instances humaines. En cela la personne
humaine est à la fois Instance et existence individuelle
inscrite dans un monde, une réalité qui est existence
collective. L’Instance transcende l’existence, le Sens transcende
la réalité, le Consensus transcende l’expérience
commune.
5) La relation de transcendance est asymétrique. Des deux
termes, l’un est principe, l’autre manifestation, l’un est premier,
l’autre second, l’un ne peut être ainsi réalisé
par une conscience existentielle positive. Rien de la réalité
n’est le Sens et réciproquement.
6) L’expérience réalisatrice (celle du Sens en
Consensus) se structure selon un mode ternaire constituant ainsi
les dimensions et composantes de toute réalité,
de toute expérience, de toute connaissance, de toute action,
de tout phénomène et de l’individu lui-même.
7) Cette structure ternaire est représenté sur
un schéma dit "cohérenciel". Ainsi les
dimensions subjectives (ou intentionnelle) objectives (ou attentionnelle)
et rationnelles (étendue spatio-temporelle ordonnée)
sont-elles celles de l’individu et de toute réalité
réalisée dans sa plénitude. De même
les composantes affectives (ou sensibles), corporelles (ou factuelles)
mentales (ou formelles) sont elles celle de l’individu et de
toute réalité du monde humain.

8) Toute réalité peut donc
être décrite selon la structure cohérencielle.
Elle ne se comprend que par les Sens qui s’y réalisent.
Elle est donc comme l’incarnation de l’humanité de l’homme
dans la part d’humanité qui y est investie et partagée.
C’est pour cela que le monde est pour l’homme comme un livre
dans lequel il se réalise (écriture) et par lequel
il se révèle à lui-même (lecture).
COMMENTAIRES
Aujourd’hui la plupart de nos contemporains sont persuadés
que la réalité des choses n’est rien d’autre que
ce que l’on appréhende par nos sens, expliquée
il est vrai par la science qui met en évidence les rationalités
et les lois dont procède l’existence de ces choses. Or,
il n’en a pas toujours été ainsi et une connaissance
un peu poussée des évolutions scientifiques montre
le simplisme de cette conception. Il en ressort surtout que le
monde est un vaste univers dans lequel, chose parmi les choses,
nous évoluons. Comment un caillou ou un cheval pourraient-ils
être tenus pour responsables de quoi que ce soit ? Comment
l’homme pourrait-il alors l’être ? C’est la contradiction
de cette thèse de réclamer de l’homme une responsabilité
qui échappe aux lois mêmes qui le détermineraient
totalement.
Or la théorie des Cohérences Humaines, reprenant
des approches classiques, montre que la réalité
des choses n’est pas indépendante de l’expérience
humaine et même qu’elle ne peut pas déborder cette
expérience des humains. L’expérience que nous vivons
par nos sens donne l’aspect sensible des choses. L’expérience
mentale donne une interprétation qui les inscrit dans
un ensemble de représentations, souhaité cohérent.
En outre, les choses prennent valeur en fonction de la façon
dont nous les investissons dans l’existence individuelle et collective.
La nature de l’homme est Sens. C’est dans la conjugaison des
Instances en Consensus que se fonde l’expérience et ainsi
la réalité. Notons que le terme "réalité"
est un substantif dérivé du verbe réaliser
de même que l’objectivité vient du verbe objectiver.
Il s’agit toujours du fruit d’un acte humain.
Pour beaucoup il est sans doute scandaleux de dire que la réalité,
dont nous faisons partie comme individus, est soutenue par nos
Instances (en Consensus) au lieu de croire que nous reposons,
au contraire, sur la réalité du monde qui nous
contient. Ce sont là deux points de vue humains parmi
d’autres, ne l’oublions pas.
Si la thèse développée ici est vraie comme
toutes les autres de leur point de vue, elle présente
divers avantages et par suite exigences. D’abord, si la réalité
nous est commune, alors nous avons une responsabilité
vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis des
autres dans notre rapport à cette réalité.
Nous avons à nous en rendre maîtres, c’est-à-dire
à reconnaître notre dépendance existentielle
en même temps que notre liberté essentielle. Cette
liberté et notre responsabilité, c’est le choix
de Sens parmi d’autres dans les Consensus partagés. C’est
d’assumer cette position de transcendance vis-à-vis des
conditions existentielles où tout est immanence.
La connaissance de la réalité devient acte de réalisation
du monde. On dirait aujourd’hui qu’il se complexifie... à
nos yeux. Cette réalisation n’est pas une fin en soi mais
un moyen pour accéder à ce qui fonde cette réalité
: le réel qui est l’Instance de l’homme engagée
dans les Consensus avec les autres. Alors le temps et l’espace
sont, comme le suggère Kant, des dimensions à priori
de l’expérience humaine.
Mais, au-delà, la théorie montre que c’est toute
la structure de l’expérience humaine qui constitue les
dimensions à priori de la réalité des choses.
La structure cohérencielle dépasse le rationnel
et montre d’ailleurs qu’il est le produit des dimensions subjectives
et objectives. Les dimensions de la conscience sont celles des
processus de connaissance, celles de l’expérience humaine
et celles de la réalité ainsi réalisée.
Les choses devenant comme réelles alors nous nous réalisons
et par là-même pouvons nous révéler
à la source de cette réalisation. C’est là
bien sûr une des figures de l’accomplissement humain.
Il est tout à fait légitime que l’homme se projette
dans sa connaissance et son interprétation du monde. La
science n’y échappe pas malgré sa tentative "d’évacuer
le sujet". Cependant, il est vrai que toutes les perspectives
ne se valent pas. Valent celles qui éclairent l’homme
sur sa nature et l’en rendent plus maître, celles qui servent
l’homme en tant qu’humain.
La théorie des Cohérences Humaines montre à
son tour comment les rationalités scientifiques ne peuvent
éliminer le substrat humain de leur élaboration.
Il y a ainsi une responsabilité à développer
la connaissance, jamais dépourvue d’intentionalité
et, au fond, de Sens, ni de ConSensus, dans la visée d’une
réalisation révélatrice. De nombreuses questions
sont ainsi abordées d’un jour nouveau qui touchent à
la diversité des lois de la physique, au problème
de l’articulation de l’un et du multiple, du continu et du discontinu,
des parties et du tout. Cela se traduit ainsi au bout du compte
par une certaine façon de lire les problèmes, les
situations, en se reconnaissant engagé à la fois
dans la réalité des problèmes et dans leur
fond essentiel de nature spécifiquement humain.
Les Sens précèdent l’existence et l’existence précède
la connaissance des Sens. La réalité n’est rien
d’autre que cette existence, elle est donc le témoignage
révélateur auquel il nous faut trouver Sens pour
nous "y retrouver" hommes.
Et Dieu dans tout ça ? Rien n’est ici incompatible avec
une création continue... de l’homme précédant
le monde... de l’homme.
Mais comment l’homme pourrait-il dépasser l’homme que
ce soit du côté de son origine Autre ou que ce soit
du côté de la réalité qui est sienne
tout en étant, par le Consensus, comme le "siège
des autres".
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III - LES PROBLEMATIQUES
HUMAINES CONSTITUENT
LE FONDEMENT ET L’ENJEU DE TOUTES LES REALITES
ET SITUATIONS HUMAINES.
THESES
1) Les Sens (ou dispositions d’être)
ne sont pas isolés dans l’Instance mais tiennent une position
dans un continuum radial (les Sens rayonnent autour d’un centre)
appelé une Cohérence (la majuscule indique un emploi
du terme consacré par la théorie et différent
de l’usage commun qui lui est néanmoins rattaché
(Sens, Cohérence, ConSensus...). Il y a dans l’Instance
humaine de multiples Cohérences constituées chacune
d’une infinité de Sens.
2) Chaque Cohérence dans l’Instance constitue une problématique
humaine, c’est-à-dire un "lieu d’être"
où se joue le choix du meilleur Sens par lequel l’homme
s’accomplit en trouvant conscience de Sens, liberté, maîtrise,
responsabilité.
3) Chaque réalité de l’existence est sous-tendue
par une problématique humaine et en constitue comme le
théâtre existentiel. Les problèmes de l’existence
en sont ainsi l’expression.
4) La résolution des problèmes peut habituellement
être envisagée comme le rétablissement d’une
cohérence existentielle par l’unité de Sens qui
en donne l’expérience. Elle n’est pas alors forcément
significative de la résolution de la problématique
mais souvent de sa négation, niant du même coup
l’humain dans son essentialité.
5) Il en est autrement lorsque les problèmes sont posés
dans le bon Sens et les réalisations engagées dans
ce même Sens, celui qui, parmi tous les autres, permet
l’accomplissement de l’homme se révélant à
lui-même au travers de la réalité existentielle.
6) Chaque problématique humaine se traduit donc par des
situations existentielles où les actions, entreprises,
activités et travaux humains ont comme finalité
la résolution de la problématique spécifique
pour l’accomplissement de l’homme.
7) Chaque situation existentielle se présente donc comme
un carrefour de Sens humains sous-jacents dont l’enjeu et de
discerner le bon Sens pour s’y tenir et le cultiver.
8) La culture du bon Sens en chaque situation s’inscrit sur une
trajectoire historique d’évolution et de progrès
dont les phases et les seuils de passage marquent les âges
de maturité et de maîtrise humaine tant pour l’histoire
individuelle que collective, pour chaque situation particulière
comme pour l’humanité entière.
9) La recherche du bon Sens et sa "culture" selon une
trajectoire d’évolution et de progrès humain est
l’enjeu de l’éthique et de toute pratique, quête
et valeur, qui prend le bien humain comme finalité.
10) Le critère du bon Sens, s’il est caractérisé
par l’enjeu général d’accomplissement de l’homme,
se joue pour les multiples problématiques humaines parmi
tous les Sens en jeu (une infinité pour chaque problématique).
S’il est en question dans chaque actualisation existentielle
particulière sous-tendue par chaque problématique,
il est toujours aussi déterminé par l’origine de
l’homme qui pose évidemment aussi les termes de sa fin.
Il l’est cependant à chaque fois d’un "lieu d’être"
particulier, depuis une problématique particulière,
dans des réalités singulières.
C’est pour cela qu’il ne faut pas réduire les Sens à
un seul Sens, fut-il le bon ni celui-ci à sa visée
fut-elle déterminante. Il ne faut pas non plus confondre
Sens et conscience de Sens, Sens et compréhension, Sens
et Consensus, Sens et sens commun, Sens et toutes les acceptions
en français du terme de sens qui en sont au fond dérivés.
COMMENTAIRES
C’est la nature des choses ! C’est le système ! C’est le
marché ! C’est la conjoncture ! C’est comme ça ! Sommes-nous
condamnés à régler des problèmes
ou à exploiter des ressources dans un contexte qui ne
nous appartient pas. L’appropriation des ressources ou la compétence
à régler les problèmes efficacement ne changent
rien au fait que nous croyons souvent intervenir dans le contexte
de réalités et de situations qui nous seraient
étrangement étrangères. Or, toutes les affaires
humaines, tous les phénomènes, toutes les préoccupations,
toutes les conditions et les situations n’existent que dans l’expérience
humaine des Instances en consensus. Ce sont toujours les manifestations
de leur investissement. Derrière toutes les situations,
tous les problèmes, c’est l’humanité de l’homme
qui se réalise et se révèle. Il n’y a pas
de problème qui ne soit humain dans ses fondements et
dans la recherche de solution qu’il appelle. S’il est toujours
pertinent d’analyser les situations et les problèmes de
la vie individuelle et collective de façon descriptive
ou même interprétative, il faut aussi les considérer
dans leur source explicative : la problématique humaine
sous-jacente.
C’est une sorte de révolution que de chercher la source
des problèmes (et des solutions) en l’homme et de considérer
que le lieu de toute action y réside. L’homme n’est ni
spectateur, ni simple acteur des réalités existentielles,
il en est (co-)auteur (et non le créateur).
Il est vrai que la façon (le Sens) de considérer
un problème entraîne implicitement une théorie
du phénomène et une stratégie des voies
et moyens d’y intervenir. Or chaque problématique humaine
appelle à une résolution dans le meilleur Sens.
Cela veut dire qu’il y a toujours à chercher le meilleur
"angle de vue" (meilleur Sens) pour comprendre les
situations et pouvoir engager un cheminement bénéfique.
On peut dire alors qu’il y a une façon saine de prendre
et de traiter les problèmes dans l’existence, y compris
au niveau des grands problèmes de société,
ceux dont les experts se préoccupent. C’est toujours dans
la perspective du meilleur Sens humain, du concours à
l’accomplissement de l’homme, seul service qui vaille.
La santé humaine, celle des individus, celle des sociétés,
celle des entreprises, des institutions et des projets n’est
rien d’autre que cette démarche d’intégration des
circonstances et aléas de l’existence (altérités
et altérations) assumées comme phénomènes
humains, témoignages révélateurs qui permettent
de progresser sur la bonne voie. C’est pour cela que la façon
saine de poser les problèmes et les traiter consiste toujours
à le faire dans la perspective des vocations individuelles,
collectives et, par homologie, celles des affaires et situations
auxquelles nous sommes confrontés. Il y a là une
réhumanisation des affaires humaines à entreprendre
mais aussi des réalités ou phénomènes
auxquels nous attribuons trop souvent des causes extravagantes.
De ce fait, c’est toute une connaissance humaine des problèmes
et des réalités ainsi que de leur traitement dans
l’action humaine qu’il faut systématiser comme cela a
été déjà amorcé grâce
à la théorie des Cohérences Humaines. Cela
se traduit notamment par la reconnaissance de la finalité
humaine (meilleur Sens) dans tous les domaines de compétences
et de responsabilités. Par exemple, la notion de qualité
ne vaut rien si elle ne qualifie pas l’homme ("qualité
qualifiante"). Le commerce n’est pas sain s’il n’est pas
"commerce des valeurs". Le pouvoir n’est pas sain s’il
n’est pas le déterminant du meilleur Sens. L’éducation
n’est pas saine si elle ignore l’évolution humaine, ses
problématiques et les vocations particulières qui
s’y inscrivent. La médecine n’est pas saine, si elle ignore
ce qu’est la santé proprement humaine et les problématiques
qui sous-tendent par exemple les pathologies symptomatiques.
Le droit n’est pas sain s’il ne signifie pas le meilleur Sens
de la communauté de droit. A l’inverse toutes les préoccupations
conviennent dans leur registre existentiel, à la résolution
des problématiques humaines essentielles, seule source
humaine de leur légitimité.
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IV - LES REALITES HUMAINES
SONT CULTURELLES
ET LES COMMUNAUTES HUMAINES SONT DES CULTURES
DONT LA VOCATION EST LA RESOLUTION D’UNE
PROBLEMATIQUE HUMAINE PARTICULIERE
THESES
1) Les communautés humaines sont
constituées par un partage d’humanité entre les
Instances, c’est-à-dire un ConSensus. Le lien fondamental
des groupes et sociétés humaines est un lien de
Sens.
2) La part d’humanité en partage est une Cohérence
aux multiples Sens donc une problématique humaine. Chaque
communauté humaine est ainsi aux prises avec la problématique
humaine dont elle a la charge et l’héritage et qui lui
donne sa personnalité.

3) Le Consensus étant ce par quoi
l’expérience humaine se réalise, alors on peut
parler d’une réalité commune comme d’une existence
commune de chaque communauté humaine. Ce monde commun
est descriptible selon un cohérenciel où on retrouve
les différentes dimensions et composantes existentielles.
4) Cette réalité commune spécifique est
l’actualisation de Sens qui l’engagent et qu’ elle cultive. C’est
pour cela qu’on peut la considérer comme une culture humaine
fondée sur une problématique qu’elle actualise
en divers Sens.
5) Chaque communauté culturelle est vouée à
la résolution de la problématique humaine dont
elle a la charge. C’est sa vocation de trouver et cultiver le
meilleur Sens. C’est comme cela qu’elle est civilisation (accomplissement
de la cité humaine).
6) Chaque culture est une part d’humanité représentant
une partie de l’humanité de l’Instance (la problématique
spécifique) et une partie de la population humaine du
monde.
7) La distance entre deux cultures est une distance intérieure
à l’Instance, entre deux problématiques, deux lieux
d’être. C’est ce qui fait leur altérité réciproque,
leur étrangeté existentielle mais ainsi leur proximité
grâce au "voyage intérieur" possible.
Les relations interculturelles en dépendent.
8) Les personnes humaines n’ont pas d’autre lieu d’existence
que les communautés humaines où elles prennent
réalité. Elles sont ainsi toujours dépendantes
des cultures auxquelles elles participent pour exister mais elles
peuvent être autonomes si elles s’accomplissent, en reconnaissant
que la réalité existentielle commune n’a pas d’autre
source que les Instances personnelles, radicalement autres les
unes pour les autres.
9) La réalité existentielle étant condition
habituelle d’accomplissement des hommes, alors la vie en communauté,
culture humaine, est le seul espace dans et par lequel l’homme
s’accomplit.
COMMENTAIRES
L’époque moderne a su cultiver avec la Raison, l’identification
de l’homme comme individu. La déviance individualiste
en a absolutisé l’existence et fait perdre ses racines
communautaires. Le social ou même le sociologique a souvent
réduit l’homme à un statut de droit et dans certains
cas à un statut génétique. Tout montre que
nous sommes à une période charnière pour
le rapport des personnes aux communautés, des individus
à la société.
Une science des communautés fondée sur le rapport
entre les hommes doit considérer que le lien social est
de nature strictement humaine. Le lien est Sens par Consensus
autour d’une problématique humaine dont la résolution
est la vocation même de la communauté et détermine
le bien commun.
La réalisation existentielle de cela intègre sans
exception toutes les dimensions de l’existence humaine selon
la structure cohérencielle. Dès lors on peut reprendre
et comprendre bien des phénomènes :
La nature du politique dont l’enjeu est le repère et la
culture du Sens de la vocation commune. L’élection, la
démocratie sont travail de Consensus mais selon des formes
culturellement différenciées en fonction de la
problématique culturelle spécifique.
Les communautés humaines sont culturelles et on peut élucider
leur problématique, discerner leurs différents
Sens et repérer le meilleur selon lequel tout développement
doit être engagé. La culture européenne,
par exemple, est une culture de l’inconnu, l’étranger,
l’altérité... pour le pire ou le meilleur. La culture
française joue ses logiques autour du rapport à
l’ordre, notamment l’ordre de la raison ou celui de l’Etat. La
culture africaine est entièrement tournée vers
le rapport au milieu existentiel environnant dans les pires et
les meilleures voies. Les régions, les cités, les
nations, les pays ont tous leur culture propre, leur vocation
dans lesquelles se retrouvent habitants traditionnels et d’autres
qui s’y rallient.
Les questions d’intégration sociale (et de désintégration)
sont éclairées d’un jour neuf lorsque que l’on
considère l’intégrité de la personne en
rapport avec l’intégrité de la communauté.
Il y a aussi des communautés de communautés. L’Europe
en est un exemple qui ne laisse de ne pas trouver son bon Sens
et persévère régulièrement dans les
mauvais Sens de sa problématique, faute de discernement
et de conception cohérente de l’homme et des cultures.
La participation de chacun à sa (ses) culture(s) familiale(s),
aux cultures de son pays, sa tradition, sa religion, sa profession,
sa région et d’autres que les siennes, renvoie aussi aux
relations entre les cultures, relations d’altérité,
de proximité et de distance, de conjugaison et de différence
radicale.
Les questions d’unité et de diversité (culturelle)
dans les sociétés humaines sont pensables autrement,
permettant des analyses nouvelles et des solutions inattendues.
Par exemple comment faire l’unité de différents
peuples qui se veulent souverains. Rien n’est plus simple (à
penser). Il faut impérativement élucider la problématique
humaine de chacun et reconnaître réciproquement
la vocation de chaque culture pour construire un projet ou chacune
concoure, par son meilleur talent investi dans la "chose
commune". Alors une unité culturelle nouvelle peut
se dégager dans l’histoire, culture propre qui n’aliène
pas les autres cultures. La France a trouvé avec l’Etat
une solution au multiculturalisme mais elle n’a pas dépassé
ce stade et ne sait plus très bien réagir aux situations
actuelles.
Peut-être faut-il qu’elle consente à ce dépassement
de l’âge du Sens après l’âge de la Raison
pour inventer de nouveaux ordres sociaux, politiques, intellectuels
et culturels (si la France est le pays de Descartes, elle est
la culture d’où est née la théorie des Cohérences
Humaines).
Enfin, la connaissance de l’évolution des communautés
humaines éclaire l’histoire et ses enjeux. Elle permet
des "évolutions" impossibles autrement, des
actions "macro-pédagogiques" à l’échelle
des groupes humains importants et de populations entières.
Elle montre quelles problématiques humaines sont en jeu
dans les événements majeurs mais aussi comment
se fondent les communautés humaines. Tels sont les champs
ouverts par ce volet de la théorie des Cohérences
Humaines avec mille questions de tous ordres.
Le champ des communautés est celui qu’inaugure l’âge
du Sens et c’est toute une nouvelle connaissance qui est à
déployer pour porter des fruits au niveau de l’exercice
des responsabilités, politiques ou dans leur dimension
politique, et ce dans le contexte, notamment, des problèmes
les plus cruciaux de notre époque. Les tentatives de "dépersonnalisation
culturelle" n’ont que trop fait de ravages à l’ère
de la Raison triomphante, laissant la place aux pires archaïsmes
ou du moins à un économisme sans considération
pour l’humanité de l’homme, ses biens et ses services.
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V - LES ENTREPRISES HUMAINES
SONT
L’ENGAGEMENT EXISTENTIEL DES HOMMES,
EN COMMUNAUTE, EN VUE D’UN BIEN COMMUN
THESES
1) Les entreprises humaines sont l’engagement
d’une problématique humaine dans un Sens partagé
en Consensus. Ce Sens est porté et déterminé
par ceux qui l’initient et le dirigent, tous ceux qui y participent
et en supportent le ConSensus, tous ceux qui, alentour, en reconnaissent
et apprécient l’engagement et ceux enfin qui en bénéficient.
2) La même problématique humaine réunit ceux
qui l’engagent et ceux qu’elle sert. Les premiers doivent exercer
une certaine maîtrise de la résolution de cette
problématique humaine, les autres s’y trouver aidés
pour leur bien, c’est-à-dire servis.

3) Les entreprises humaines sont des réalités
engagées actualisant le Consensus collectif. Elles sont
donc structurées selon un cohérenciel. La maîtrise
de l’entreprise se traduit par une certaine maîtrise de
ses dimensions et composantes existentielles et par la culture
de son meilleur Sens.
4) Le bien, servi, se réalise au travers des biens et
services qui ne valent que par leur contribution au bien commun.
Les moyens, méthodes et pratiques s’évaluent selon
l’échelle de valeur traduisant ce bien commun, actualisation
du meilleur Sens, résolution de la problématique
humaine sous-jacente.
5) Les entreprises humaines sont l’activité normale des
hommes, engagés dans le Sens de l’accomplissement humain.
Elles constituent un engagement partagé selon le principe
de "concourance". Le travail individuel et collectif
concoure aux buts communs selon le Sens de la problématique
humaine qui détermine la vocation de l’entreprise.
6) Toutes les activités humaines s’entreprennent, dans
la famille, l’éducation, la cité, les nations,
les régions, la religion, les institutions, les organisations,
les métiers, la recherche et tous les champs et domaines
de l’existence humaine.
7) L’entreprise est la traduction existentielle partagée
du Sens comme principe d’humanité dès qu’elle est
engagée dans le meilleur Sens de la problématique
qui la fonde. Toutes les entreprises humaines concourent en définitive
au bien commun d’accomplissement de l’humanité, à
leur manière propre. Les entreprises engagées dans
d’autres Sens n’y concourent pas ou même desservent l’homme.
C’est le coeur de la question du service des hommes.
8) Les dirigeants ont la responsabilité de "donner
le Sens", c’est-à-dire le discerner, le déterminer
et le porter à partager en consensus. C’est une responsabilité
essentiellement humaine qui réclame une certaine maîtrise
de la problématique qui sous-tend l’entreprise et le service
qu’elle propose.
COMMENTAIRES
Les dirigeants d’entreprise ont le souci de l’efficacité
de leur organisation et de la pérennité de celle-ci.
Des méthodes et pratiques de management n’ont eu de cesse
d’optimiser le rendement des moyens et des hommes et la rentabilité
des investissements. Or, ce qui est la plupart du temps absent,
c’est la question de la finalité. A quoi sert une entreprise,
sur quelle échelle de valeur se mesure l’efficacité.
Comment serait-il possible d’affirmer et d’avouer que des entreprises
ne servent pas les hommes. Mais si tel n’est pas le cas, il faut
les considérer comme des entreprises humaines concourant
au bien et au service des hommes. La notion de marché
ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agit que de réalités
humaines. En tant qu’entreprises humaines au service des hommes,
alors le Sens et donc la finalité deviennent primordiaux
pour les responsables.
Ce qui fonde l’entreprise est aussi ce qui l’anime et la structure,
c’est un Consensus sur une problématique humaine. C’est
par là que l’entreprise existe, qu’elle forme une communauté
humaine engagée et qu’elle s’inscrit dans un contexte
qui la supporte et qu’elle sert. Alors il n’y a plus de différence
de nature entre les entreprises humaines. Celles des cités,
des régions, des nations, celles des institutions, organisations,
associations, celles même des personnes, des familles,
des professionnels sont de même nature. Elles se différencient
par leur objet, leur problématique fondatrice et donc
en définitive leur réalité culturelle.
Les entreprises sont structurées selon un cohérenciel.
Celui-ci montre ce que sont les dimensions à maîtriser
et, en définitive, les compétences à rassembler
pour y parvenir.
Toutes les entreprises humaines doivent ainsi "avoir une
gestion objective", à proprement parler "économique",
qui l’inscrivent dans une réalité extérieure
où elles agissent.
Elles doivent aussi "être conduites rationnellement"
dans leur développement selon les projets et stratégies
qui font leur histoire.
Elles doivent enfin "être dirigées" par
la position subjective des dirigeants indiquant, de façon
pertinente : Sens, finalité, valeurs, vocation etc.
En outre, les trois plans d’existence de l’entreprise réclament
une activité elle aussi à maîtriser : assurer
la cohérence humaine de l’entreprise, veiller à
la cohérence de sa communication et des représentations
qui l’identifient dans son projet, organiser un fonctionnement
opérationnel efficace.
Ce sont les toutes premières bases d’une science de la
maîtrise des entreprises humaines développées
à partir de la théorie des Cohérences Humaines.
Le phénomène entrepreneurial est en effet beaucoup
plus important et général dans une conception de
l’homme engagé dans la résolution des problématiques
humaines et d’une réalité entièrement prise
dans ce qui n’est que l’actualisation des Consensus humains.
De ce fait, il n’y a pas, d’un côté, les nécessités
matérielles et, de l’autre, les aspirations humaines.
Toutes les réalités sont celles de communautés
humaines et, lorsque celles-ci sont engagées dans leur
vocation (résolution de la problématique humaine
sous-jacente) elles forment une communauté d’entreprise.
Les communautés sont donc entrepreneuriales lorsqu’elles
s’engagent dans une voie de civilisation et, dans cette perspective,
les hommes concourent aux entreprises communes, qui concourent
à celles des communautés, elles-mêmes engagées
dans d’autres communautés. Si le lien de Sens fait l’unité
d’une communauté, le principe de concourance le traduit
dans la réalité comme rapport structurant, entre
les parties prenantes des entreprises humaines.
Nous sommes engagés dans une "civilisation de l’entreprise"
où celle-ci est la base d’une structure de société ;
à condition de bien noter qu’il s’agit de toutes les entreprises
humaines, communautés engagées dans leur vocation
propre.
S’il s’agit là, bien sûr, d’un point de vue sur
l’homme et le monde, il s’agit aussi d’un niveau d’intégration
supérieur de la réalité des entreprises
prenant en compte leur caractère de communautés
engagées.
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VI - L’HUMANITE EVOLUE
PROGRESSIVEMENT
AU TRAVERS DES AGES DE LA VIE
QUI CONSTITUENT L’HISTOIRE DE SON ACCOMPLISSEMENT
THESES
1) A tout moment tous les Sens sont possibles
et toute progression personnelle ou collective peut être
mise en question. Seule la persévérance dans le
meilleur Sens de chaque situation particulière dessine
une histoire de l’accomplissement avec sa structure temporelle,
ses phases de développement et ses seuils de mutation
constituant les âges de la vie.
2) Les âges de la vie sont ceux de chaque personne dans
son existence, ceux aussi de chaque personne dans une situation
ou un contexte particulier de son existence où ils peuvent
être différents, ceux d’une communauté humaine
particulière, ceux d’une entreprise humaine, ceux d’un
phénomène particulier et ceux, pourquoi pas, de
l’humanité entière.
3) Les âges de la vie sont marqués chacun par un
champ d’expérience existentielle spécifique, plan
du cohérenciel, l’intégration des champs antérieurs,
un niveau et enfin d’un mode de maîtrise du Sens et de
l’évolution, d’abord soutenu, encadré, éduqué
puis progressivement autonome.
4) L’âge qui précède la naissance objective
est le règne archaïque de l’affect où ne sont
possibles aucune distinction ni séparation mais où
les nuances vécues les préparent. Les régressions
archaïques ou les défauts d’évolution favorisent
un pathos par nature confusionnel où règne le fantasme
de l’immédiat.
5) Le premier âge est ensuite factuel, l’âge du faire
et de l’expérimentation ou l’apprentissage du bien faire
par ses effets évalués par des tiers, prépare
l’âge suivant. Son niveau de maîtrise vient de l’objectivation
des faits. La réduction factuelle maintien dans une enfance
entièrement prise dans le court terme et l’enfermement
machinique et manipulateur.
6) L’âge secondaire est celui des représentations.
Après le seuil de l’adolescence, il intègre la
participation aux représentations sociales, normales puis
de plus en plus personnelles. C’est par la rationalisation des
représentations que se maîtrisent les réalités
et particulièrement les plans antérieurs (factuels
et affectifs). Projections, imagination, modélisation,
langages de signes, anticipations, inscrivent la réalité
dans une perspective à moyen terme. Une des distorsions
attachées à cet âge est la réduction
de la réalité aux représentations, entraînant
une vanité des signes et des images.
7) Le seuil de la maturescence introduit à une maîtrise
subjective et à l’âge du Sens. Cet âge tertiaire
est celui de la conscience de communauté et de l’engagement
des vocations à son service. La responsabilité
de Sens réclame une certaine maîtrise de Sens, ne
serait-ce que pour apporter les références et les
encadrements nécessaires aux âges précédents
pour avancer sur une bonne route.
8) D’autres âges suivent encore qui sont ceux du retrait
existentiel et d’une vieillesse qui va avec la poursuite d’un
accomplissement personnel.
9) Les âges et les seuils de l’histoire de l’accomplissement
humain sont identiques de par la structure même de l’expérience
humaine et donc des réalités existentielles. Cependant
leur Sens particulier et leur contenu dépendent de la
problématique humaine engagée et donc du Consensus
et de la situation qui l’actualise. Il n’est donc pas possible
d’établir un modèle standard unique des bonnes
façons de grandir et faire grandir les hommes et leurs
communautés.
COMMENTAIRES
Lorsque le Sens humain est considéré comme vecteur
de l’existence et de la réalité alors celles-ci
sont engagées dans un mouvement historique d’évolution.
Lorsqu’il s’agit, en chaque circonstance, du meilleur Sens alors
il s’agit d’une trajectoire d’accomplissement. Pour tout autre
Sens, ce sont d’autres trajectoires qui sont dessinées
et le parcours de l’existence est figuré tout autrement.
Ainsi certains Sens posent le retour à l’archaïque
comme finalité et une régression comme parcours
avec le retour à quelque univers fusionnel. D’autres fixent
la raison comme fin (et comme moyen) arrêtant ainsi le
processus d’évolution dès après l’adolescence.
La fin de l’histoire est pour eux confondue avec la victoire
idéologique de la Raison.
La théorie des Cohérences Humaines montre la corrélation
entre la structure de toute expérience humaine, l’historicité
évolutive des individus et réalités humaines,
la structure d’évolution en phases et seuils bien précis.
Pendant que se cultivent les Sens d’accomplissement, la "réalisation"
du monde se fait plus intégrale et le niveau de maîtrise
existentielle et essentielle plus profond.
Une société comme la nôtre, à l’âge
secondaire (âge des signes et des représentations)
ne connaît pas encore l’âge tertiaire (âge
du Sens et des communautés). Elle a donc tout un pan de
la réalité à "réaliser",
avec toutes les connaissances, les problèmes et exigences,
et les pratiques à inventer.
Elle ne propose plus aujourd’hui à ses membres d’horizon
de dépassement, en termes de progrès et de maturation,
sinon régressifs ou narcissiques. La crise des représentations
qui introduit à une crise du Sens ouvrant à la
crise de société (des communautés) est actuellement
au seuil d’un âge de l’esprit (ou du Sens).
Cette hiérarchie précise des niveaux d’intégration
et de maîtrise humaine correspondant aux âges successifs
de maturation, établi le référentiel de
l’évolution des entreprises humaines, des communautés
comme des individus. Il établit aussi la hiérarchie
des valeurs et niveaux de responsabilité dans toute structure
où les plus avancés en maturité sont plus
proche de la maîtrise du Sens et en mesure de mieux diriger
puis encadrer les autres. L’éducation y trouve son échelle
de référence, pour toute une existence d’ailleurs,
mais toujours selon les cultures spécifiques.
Toute évolution en définitive ne peut que se référer
à une "échelle de valeurs" dont la trajectoire
et les degrés correspondent aux niveaux d’évolution
des hommes, entreprises, communautés et réalités
humaines. La notion de valeur il est vrai n’est pas sans rapport
avec ce qui humainement vaut, c’est-à-dire ce qui concoure
à l’accomplissement, autrement dit ce qui participe à
cette trajectoire d’évolution.
Une nouvelle ère de civilisation s’ouvre à partir
de la mutation en cours. Elle ne peut être décrite
avec les termes de la phase actuelle ou celles antérieures,
c’est pourquoi les projections sont difficiles et la prospective
ne peut qu’entreprendre cette exploration de l’âge du Sens
pour renouveler à un autre niveau tous les moyens et enjeux
de civilisation dont nous disposons. C’est vrai pour la science
et l’exercice du politique, c’est vrai pour les dirigeants, les
éducateurs, les professionnels mais aussi toutes les organisations
spirituelles et morales.
Cela ne se traduit pas par l’abandon des façons antérieures,
toujours d’actualité, pour faire grandir les hommes et
leurs communautés, mais cela suppose un dépassement
radical et bouleversant pour tracer les voies de l’avenir dans
le meilleur Sens.
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C - L’ACTION GENERATRICE.
THESES
1) Toute action humaine est un travail
de résolution d’une problématique visant un plus
grand bien. Il se joue au coeur de la personne et dans un Consensus
avec d’autres. Toute action dans la réalité ne
peut que trouver sa source causale dans un Consensus et donc
une Cohérence de Sens. Celle-ci sous-tend la réalité
dans laquelle et sur laquelle agir, elle sous-tend l’action elle-même
avec tous ses moyens et développements, elle sous-tend
enfin les résultats de l’action, c’est-à-dire la
réalité transformée, changée, développée,
etc.
2) L’action génératrice engage les hommes dans
le meilleur Sens de la problématique humaine impliquée
et pour cela doit s’engager dans ce Sens. La réalité
du problème initial (ou du projet), celle des développements
de l’action, celle des fruits existentiels de celle-ci sont alors
homologues, c’est-à-dire de même Sens dans la Cohérence
investie.
3) Un problème est une quête de solution par rapport
à une situation qui s’évalue selon le parcours
d’évolution de la problématique concernée.
C’est toujours un problème de cheminement, progression
ou mutation. La résolution d’un problème vise toujours
à faire progresser les hommes. Les finalités, buts
et objectifs de l’action ne valent que par leur concours à
l’accomplissement humain.
4) Le travail dans l’action réclame, au fond, l’exercice
d’une certaine maîtrise de la problématique en question.
C’est ce qui justifie le recours à des professionnels,
responsables, dirigeants pour y aider. Ils mettent en scène
des pratiques qui s’expriment au travers de comportements, méthodes,
artifices et mettent aussi en jeu des moyens homologues (médiations,
intermédiaires).
5) L’action génératrice réclame un travail
sur le Sens, dans l’Instance, (centration, discernement des Sens,
détermination des meilleurs Sens, Consensus...). Celui-ci
se réalise au travers des pratiques qui n’en sont que
les manifestations existentielles. Ce ne sont pas les pratiques
existentielles qui agissent mais les hommes en leur Instance.
6) Les pratiques pour l’action développent stratégies
et méthodes, techniques et procédés qui
sont des guides pour le travail personnel et collectif. Il est
donc important qu’elles réalisent et révèlent
le projet humain spécifique, en situation.
7) Cette activité qui consiste à appréhender
la réalité par son Sens pour y agir fait appel
à "l’intelligence symbolique" qui, dans la réalité,
discerne le Sens et, du Sens choisi, réalise les changements
envisagés.
8) L’action génératrice, qu’elle soit individuelle
ou collective, doit suivre un même cheminement :
a) Poser le problème, c’est se poser en problème
(en quête de solution) dans la Cohérence et la problématique
concernée (responsabilité à assumer pour assumer
la solution).
Cela suppose une centration, c’est-à-dire
de trouver la disposition juste dans la Cohérence pertinente
autrement dit à se disposer dans le meilleur Sens.
La détermination des Sens de l’action
réclame un discernement préalable et une prise
de position d’autorité (subjective).
b) La projection de l’action et de la réalisation
envisagée mobilise le travail de représentation
(créativité et générativité)
pour concevoir les horizons souhaités dans ce Sens et
les cheminements pour y parvenir.
La rationalisation consiste à mettre
le projet dans l’étendue spatio-temporelle, d’en ordonnancer
la réalisation factuelle et d’encadrer structurellement
l’ensemble des travaux qui y concourent.
c) Le faire est une partie de l’agir qui
se prouve dans l’épreuve factuelle où se produit
un mouvement de la situation investie et où l’effet produit
peut être objectivé, distingué et mesuré.
- Toute action s’évalue par la pertinence
du service humain rendu, personnel et collectif, c’est-à-dire
en termes de progression de la communauté et des hommes
dans leur accomplissement.
9) L’action génératrice, profondément humaine,
ne peut être comprise que dans la position centrée
par la théorie des Cohérences Humaines en divergence
avec tous les paris opératoires, par exemple du type magique
ou mécaniste, les plus fréquents actuellement.
COMMENTAIRES
Parmi les conceptions de l’action, deux prévalaient classiquement
:
celle qui n’y voit que jeu de puissance,
d’armes et de pouvoirs,
celle qui y voit surtout constructions,
architectures, ordonnancements, édifications, exercice
rationnel de technicités.
Aujourd’hui, très souvent, il s’agit de gérer un
fonctionnement, un processus, un système.
Dans les deux dernier cas, c’est la méthode, la technologie,
le dispositif ou l’appareil qui marchent. L’homme en est l’agent
vertueux ou simplement "acteur intégré au
système".
Or la théorie des Cohérences Humaines montre que
l’action n’est rien d’autre que l’agir humain, entièrement
déterminé par la nature humaine. Les moyens ne
sont plus que médiations. Ils n’ont aucun effet par eux-mêmes.
Leur existence étant entièrement prise dans l’expérience
humaine, ils n’ont d’autre réalité et donc d’autre
efficience qu’humaine. Cela peut paraître, à l’époque
moderne, aussi extravagant que d’annoncer que la terre tourne
autour du soleil, contrairement au constat quotidien de chacun.
Il s’agit d’un changement de point de vue, d’un retour de l’
homme à l’ homme.
L’intelligence symbolique est, à l’âge du Sens,
la modalité de l’efficience humaine et de sa maîtrise.
Il s’agit alors de discerner le Sens, clé de toute situation,
au-delà de la réalité manifeste. Il s’agit
de déterminer le Sens dans la participation au Consensus
de façon à orienter la situation et la démarche
d’action. Il s’agit enfin de passer de ce Sens aux réalisations
par le biais de processus humains appropriés.
Tous les moyens de l’action : techniques, outils, méthodes,
instruments, organisations, etc ne sont que des artifices facilitant
les dispositions humaines adéquates. Ce sont seulement
ces dispositions qui changeant le Consensus, transforment du
même coup la réalité. Il y a comme cela diverses
techniques ou méthodes qui appartiennent à une
discipline de la pratique fondée sur ces principes. Elles
utilisent beaucoup la centration comme travail de positionnement
(disposition juste). et l’homologie (équivalence de Sens
entre deux réalités, ex : un projet et sa réalisation,
un problème et sa solution).
A partir du moment où les problèmes sont posés
dans l’optique indiquée par la théorie des Cohérences Humaines, des solutions et des moyens neufs sont disponibles.
Ils permettent une acuité de compréhension des
situations,des potentiels dont elles disposent et des Sens parmi
lesquels choisir le meilleur. Ils facilitent les décisions
de Sens (orientations, directions,finalités, politiques
générales, positionnements...). Ils permettent
de générer des stratégies et méthodes
ad hoc pour conduire changements, réalisations, restaurations,
innovations, productions, développements, formations,
etc.
La pratique humaine de l’action a une double fin, le progrès
dans l’existence et l’accomplissement des personnes. Le travail
humain n’est rien d’autre que cela. Il ne s’arrête ni à
l’habileté physique, ni à la maîtrise mentale
mais intègre la responsabilité dans la communauté
et tout cela fondé sur le Consensus humain engagé.
Le travail humain n’est rien d’autre que l’activité de
l’homme engagé vers son accomplissement au travers de
l’accomplissement des concours apportés au bien commun.
Son action est génératrice. De nombreuses applications
de l’action génératrice sont possibles dans toutes
les pratiques professionnelles dans l’exercice des responsabilités
politiques, sociales, économiques, éducatives,
etc. Beaucoup en ont déjà expérimenté
les bénéfices.
Dans le contexte de l’action les réflexes, les mécanismes,
les habitudes rendent particulièrement difficile d’imaginer
un tel bouleversement dans la façon de poser et traiter
les problèmes. Il n’est pas facile d’en imaginer la transversalité,
la généralité. Cependant il y a autant d’écart
entre la pratique d’un cadre supérieur ou d’un expert
de haut niveau formé à l’école de la Raison
et cette nouvelle démarche fondée sur l’école
du Sens qu’entre eux et l’ activité très factuelle
d’un travailleur manuel. C’est un autre ordre d’efficience qui
est concerné.
Il existe notamment pour cela une activité spécifique
de Conseillers en Cohérences Humaines qui pratiquent cette
démarche auprès des professionnels et responsables
ouverts aux dépassements qu’appellent l’âge du Sens
qui s’annonce.
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