Théorie du Sens et des cohérences humaines

Principales thèses et commentaires
samedi 10 juillet 2004
par  Roger Nifle
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Anthropologie fondamentale de l’Humanisme Méthodologique la théorie du Sens et des cohérences humaines repose sur des articulations majeures présentées et commentées ici. De nombreux développement sont à approfondir au travers de multiples textes sur le site

SOMMAIRE

A - QUELLE COHERENCE POUR UNE PENSEE NOUVELLE.


B - LA POSITION GENERIQUE.

I - L’HOMME SE REALISE ET SE REVELE AU TRAVERS DE SON EXISTENCE.

II - POUR L’HOMME , TOUTE REALITE EST HUMAINE, TEMOIGNAGE DE SA NATURE.

III - LES PROBLEMATIQUES HUMAINES CONSTITUENT LE FONDEMENT ET L’ENJEU DE TOUTES LES REALITES ET SITUATIONS HUMAINES.

IV - LES REALITES HUMAINES SONT CULTURELLES ET LES COMMUNAUTES HUMAINES SONT DES CULTURES DONT LA VOCATION EST LA RESOLUTION D’UNE PROBLEMATIQUE HUMAINE PARTICULIERE.

V - LES ENTREPRISES HUMAINES SONT L’ENGAGEMENT EXISTENTIEL DES HOMMES, EN COMMUNAUTE, EN VUE D’UN BIEN COMMUN.

VI - L’HUMANITE EVOLUE PROGRESSIVEMENT AU TRAVERS DES AGES DE LA VIE QUI CONSTITUE L’HISTOIRE DE SON ACCOMPLISSEMENT.


C - L’ACTION GENERATRICE.






A - QUELLE COHERENCE POUR UNE PENSEE NOUVELLE ?

THESES

1) Les hommes ont toujours cherché à comprendre le monde où ils vivent, la place qu’ils y tiennent, leur nature spécifique ainsi qu’à s’approprier les fins et les moyens de leur existence. Philosophies, sciences, idéologies, religions participent de cet effort. Beaucoup qui l’ignorent y font involontairement référence et s’y appuient toujours.

2) De nombreuses versions ont été élaborées à toutes les époques et dans toutes les cultures avec, à chaque fois, un souci de cohérence ou de vérité suffisant pour engager l’existence individuelle et collective.

3) Chaque point de vue dégageant une explication ou des voies spécifiques a pu chercher à exclure les autres comme nuls ou comme insuffisants. Le jeu des tendances règle les dominances ou les conflits de visions et de pratiques.

4) Notre époque se caractérise, d’une part, par des dominances toujours plus assurées de leurs certitudes et frileuses quant à l’interrogation de leurs fondements et, d’autre part, par l’ouverture ambiguë à toutes les versions possibles. C’est alors une façon de fuir la responsabilité d’un choix ou, au contraire, de poser l’urgence d’un dépassement éclairant pour retrouver une cohérence vraie et une voie pour l’avenir humain.

5) La théorie des Cohérences Humaines est née de ce type de souci : rechercher une conception de l’homme et du monde qui soit :

Cohérente, intégrant toutes les dimensions de l’existence et de l’expérience humaines,

Eclairante, pour comprendre les multiples positions et dispositions des hommes, leurs valeurs et leurs conséquences pour leur avenir,

Repérante, pour dégager les voies et les moyens d’engagement de l’existence dans l’accomplissement des fins humaines les meilleures.


6) Elle se développe comme une oeuvre originale fondée sur une expérience profonde qui s’interroge avec rigueur, se laisse inspirer par de multiples sources, scientifiques, anthropologiques, philosophiques et spirituelles et se confronte avec l’actualité des préoccupations et des engagements humains. Le souci de cohérence s’y source à celui de vérité et l’inspiration chrétienne en constitue un repère et une interpellation permanente.

7) La théorie des Cohérences Humaines ressemble, par certains aspects, à de multiples thèses antérieures et par d’autres les remet en question de par son angle de vue original. Elle se situe ainsi de façon privilégiée sur trois plans :

Le plan de la connaissance, associé à celui de la pensée et des représentations du monde et de l’homme lui-même.

Le plan du discernement et du choix du bien humain dans chaque situation de l’existence parmi tous les possibles qui se présentent.

Le plan de l’engagement dans les actions et entreprises humaines selon une démarche de réalisation qui implique et cultive une voie d’évolution et d’accomplissement personnel et collectif.


8) La théorie des Cohérences Humaines se présente donc :

Comme un système philosophique fondamental qui se veut cohérent, éclairant et repérant,

Comme un ensemble dérivé d’éclairages et de conceptions nouvelles, relatifs aux grands problèmes de l’existence humaine, individuelle et collective comme aux situations courantes et actuelles,

Comme une discipline de la pratique comportant aussi méthodes et instruments spécifiques pour guider et soutenir l’action aussi bien que la connaissance et les positions décisives qu’elle réclame.


COMMENTAIRES


Dans nos sociétés, la fin récente de la croyance dans un progrès continu a laissé le champ libre aux explications fatalistes, à la croyance aux systèmes plus ou moins mécaniques qui régiraient nos vies, nos comportements et les conditions biologiques, sociales, culturelles, économiques, etc. de notre existence. C’est comme cela que le sentiment de perte de sens s’accompagne de la résurgence de croyances de toutes sortes mises au goût du jour. Les responsables et dirigeants n’étant plus dressés contre une échelle de valeurs à gravir en sont venu à simplement gérer les situations pour éviter les plus graves inconvénients ou tirer les profits les moins onéreux en investissement humain.

La quête de Sens qui se fait jour ouvre au contraire à repenser et refonder ce qui anime et justifie nos engagements. Certains cependant se contentent d’exhumer les thèses anciennes comme si tout avait dit et tranché une fois pour toute. Scientismes, intégrismes, économismes, rationalismes, conservatismes de tous ordres campent sur leurs certitudes statufiées et stérilisées. A la pensée laxiste répond la pensée rigide, aussi vaines l’une que l’autre, pour faire face aux situations brûlantes du monde actuel et pour répondre aux aspirations et interrogations d’un grand nombre.

S’il est commun de parler de crise, de mutation, ou même d’évoquer un âge de l’esprit, rares sont ceux qui en tirent les conséquences. C’est à un dépassement de nos fondements traditionnels et actuels que nous sommes invités. Un dépassement n’est pas un reniement mais une interrogation à un autre niveau. Un dépassement n’est pas chose anodine puisque c’est tout le tissu de nos consciences et de nos vies qui en sera affecté. Un tel dépassement n’est pas non plus une simple observation des signes, un simple enregistrement des nouveautés, technologiques, économiques, sociales, scientifiques, etc... investis du statut d’augure pour les spectateurs passifs que nous serions. C’est une nouvelle cohérence philosophique qui doit permettre ce dépassement.

Après l’âge de la Raison, triomphante mais insuffisante, vient l’âge du Sens, la maîtrise mentale ouvre la porte d’une maîtrise spirituelle. La Raison est une marche pour accéder à un dépassement fondamental, à un temps du Sens. Elle reste aussi un moyen incontournable pour que les engagements humains se concrétisent. Il est temps néanmoins de ne plus identifier le meilleur de l’ homme à sa Raison. Non l’homme n’est pas simplement un animal rationnel. Il est un Etre spirituel, c’est-à-dire un Etre de Sens.

Tel est l’horizon que dégage la théorie des Cohérences Humaines qui tourne le dos à ceux qui s’évertuent à faire de l’humanité un accessoire de la nature des choses oubliant qu’il s’agit toujours et encore de vues humaines.

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B - LA POSITION GENERIQUE


I - L’HOMME SE REALISE ET SE REVELE AU TRAVERS DE SON EXISTENCE

THESES

1) Les thèses, conceptions, explications de l’homme et du monde existantes sont habituellement en corrélation chacune avec une certaine idée du bien et des valeurs qui le caractérise et avec des comportements ou pratiques et avec des instruments de connaissance, d’engagement et d’action qui se trouvent ainsi justifiés et interprétés.

2) A chaque fois, c’est une position ou disposition humaine particulière qui se réalise et se révèle simultanément par la cohérence de ces trois plans : thèses, valeurs, pratiques.

3) Ces dispositions sont appelées alors "les Sens". Ils constituent la nature humaine. Elle est ensuite réalisée dans l’existence pour former ce que l’on appelle "la réalité".

4) Chaque Sens est une disposition d’être selon laquelle l’homme :

réalise le monde et lui-même (connaissance et pensée témoignant d’un certain regard).

oriente ses aspirations et défini ses fins (critères du bien ou échelle de valeur, éthique)

engage ses entreprises, ses activités et son travail (organisations, méthodes, compétences, outils, projets...).


5) Ainsi l’ensemble des témoignages existentiels de l’humanité révèlent la nature humaine et sa diversité en tant que Sens résidant en chaque personne et partagés dans des communautés (de ConSensus). C’est le cas de l’existence individuelle des personnes et de la réalité culturelle des groupes et communautés humaines.

6) L’accès à cette reconnaissance ouvre à l’homme sa liberté (de choix de Sens), sa maîtrise (de choisir, d’agir et persévérer dans le bon Sens), sa responsabilité de partager ce Sens avec les autres dans l’existence commune.

7) Cet accès est l’enjeu de l’accomplissement de l’homme, possession de la plénitude de son humanité à laquelle il est appelé et résulte de la tenue d’une disposition selon le meilleur Sens.

8) Ainsi il n’est pas indifférent de discerner les Sens des positions humaines, d’en choisir le meilleur et de cultiver ce Sens qui est celui de l’accomplissement.

9) Chaque situation humaine est ainsi comme un carrefour où se joue l’accomplissement humain par et dans l’engagement du meilleur Sens parmi tous les autres Sens possibles.

10) Il s’agit donc :

du choix des thèses, conceptions, connaissances et pensées,

du choix des valeurs et des critères du bien humain,

du choix des enjeux et des moyens de l’action,

dans tous les domaines de l’existence individuelle et collective. Telles sont les propositions principales de la théorie des Cohérences Humaines. Aussi est-il important de développer un regard, des critères et des moyens pour cultiver le Sens par lequel l’homme peut accomplir sa vocation d’être pleinement humain.

COMMENTAIRES

Le Sens de l’existence est ce qui lui donne sa cohérence. Qui n’a jamais éprouvé d’interrogation à ce sujet, voulant concilier des aspirations multiples, sollicité par les nombreuses suggestions ou propositions de l’environnement. Le renoncement à se questionner est souvent le cas sous prétexte de la nécessité, de l’inconfort qui l’accompagne ou bien de certitudes qu’ auraient quelques spécialistes ou responsables bien informés. Pour les autres, restent entières les questions essentielles. Dieu, l’origine du monde, les enjeux de la vie humaine, les critères de comportement, la morale, l’éducation, la vie sexuelle, les relations, les engagements, les responsabilités, la vie spirituelle, les problèmes matériels, la santé, l’argent, la mort, le bonheur, etc... Collectivement ces affaires humaines posent les problèmes de la cité, du politique, des cultures, des entreprises, des arts, du développement économique, de la religion, des sciences, des institutions, des phénomènes de société, des professions, des relations internationales, de la santé publique, des situations à assumer.

Or, si l’on constate une tendance à séparer une "sphère du privé" et une "sphère du public", chaque homme est le siège d’un souci de cohérence et, hormis les temps de crise souvent salutaires, il trouve à s’installer dans une certaine logique, quitte à se bricoler un système d’explication et de valeurs qui légitime ses choix et ses réactions. C’est comme cela que s’exprime sa personnalité et qu’il participe à la vie collective.

Cependant, cela n’est pas la même chose de s’abandonner aux idées reçues, à la mode, ou d’assumer authentiquement sa propre recherche, parmi toutes les possibilités offertes ou selon sa propre originalité. Ce n’est pas la même chose de se résigner complaisamment ou douloureusement à des conditions et contraintes liées à l’environnement ou même à ses propres "mécanismes" psycho-physiques et autres conditionnements familiaux, sociaux, culturels ou caractériels ou bien de s’engager dans un cheminement de progrès humain qui réclame persévérance et exigence et un apprentissage permanent de la vie pour y être alternativement guide et guidé. Ce n’est pas non plus le même Sens que de cultiver un individualisme guidé par le seul intérêt particulier en toutes choses ou de participer ensemble et individuellement à la recherche du bien commun. Ce sont là différentes "positions humaines" qui révèlent la diversité intérieure de l’humanité de l’homme.

Chacun, dans son Sens, à sa manière, en vit une version. Très souvent nous la prenons pour le tout, ignorant ou oubliant les autres positions. Le monde nous apparaît dans une certaine cohérence, troublé cependant par tous ceux qui ne se rallient pas à notre logique propre et que l’on juge donc incohérents. Il arrive aussi que nous essayions de faire cohabiter deux ou plusieurs versions sans nous en rendre compte. Une version par exemple pour nos aspirations les plus essentielles, une autre version pour les satisfactions de la vie quotidienne et une troisième pour l’efficacité pratique. L’incohérence se préserve grâce à des cloisonnements.

Or, ces positions humaines ne sont pas indifférentes. C’est l’enjeu même de la vie humaine d’en découvrir les possibles et la liberté responsable de la personne. L’ignorance en la matière n’est pas vertueuse et il n’y a de vertu qu’à devenir pleinement humain, c’est-à-dire à réaliser pour le révéler le meilleur de l’homme et à le révéler pour mieux le réaliser.

C’est une prise de position, un Sens que propose la théorie des Cohérences Humaines pour chaque circonstance de l’existence : réaliser et révéler le meilleur de l’homme. Mais ce meilleur n’est pas une position de complaisance, il est exigence de vérité, exigence de liberté, exigence de responsabilité. Reste à donner à ces mots un contenu de Sens, qu’un projet philosophique tel que celui-ci renouvelle.

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II - POUR L’HOMME , TOUTE REALITE EST HUMAINE,
TEMOIGNAGE DE SA NATURE.

THESES

1) L’homme ne connaît du monde et de sa propre existence que le contenu de son expérience. Il ne peut ainsi se réduire à son expérience étant aussi celui qui expérimente. Il ne peut ainsi déduire qu’il y ait d’autre réalité que ce qu’il réalise de par sa nature d’homme.

2) L’homme est une Instance personnelle constituée de tous les Sens de l’humanité en lui (chacun à sa façon...) et dont l’expérience "réalisatrice" ne peut être que dans la conjugaison avec d’autres Instances humaines, c’est-à-dire un Con-Sensus.

3) La réalité consciente est donc la réalisation effective dans l’expérience, d’un Consensus habituellement inconscient. L’expérience du Sens, nécessairement engagée dans un Consensus, se connaît comme réalité. Toute réalité est ainsi comme l’expression, la manifestation ou l’actualisation de Sens, eux-mêmes résidant dans les Instances humaines conjuguées par ce conSensus.

4) La réalité des individus et la réalité du monde où ils s’inscrivent sont une même réalité que réalisent les Instances humaines. En cela la personne humaine est à la fois Instance et existence individuelle inscrite dans un monde, une réalité qui est existence collective. L’Instance transcende l’existence, le Sens transcende la réalité, le Consensus transcende l’expérience commune.

5) La relation de transcendance est asymétrique. Des deux termes, l’un est principe, l’autre manifestation, l’un est premier, l’autre second, l’un ne peut être ainsi réalisé par une conscience existentielle positive. Rien de la réalité n’est le Sens et réciproquement.

6) L’expérience réalisatrice (celle du Sens en Consensus) se structure selon un mode ternaire constituant ainsi les dimensions et composantes de toute réalité, de toute expérience, de toute connaissance, de toute action, de tout phénomène et de l’individu lui-même.

7) Cette structure ternaire est représenté sur un schéma dit "cohérenciel". Ainsi les dimensions subjectives (ou intentionnelle) objectives (ou attentionnelle) et rationnelles (étendue spatio-temporelle ordonnée) sont-elles celles de l’individu et de toute réalité réalisée dans sa plénitude. De même les composantes affectives (ou sensibles), corporelles (ou factuelles) mentales (ou formelles) sont elles celle de l’individu et de toute réalité du monde humain.

8) Toute réalité peut donc être décrite selon la structure cohérencielle. Elle ne se comprend que par les Sens qui s’y réalisent. Elle est donc comme l’incarnation de l’humanité de l’homme dans la part d’humanité qui y est investie et partagée. C’est pour cela que le monde est pour l’homme comme un livre dans lequel il se réalise (écriture) et par lequel il se révèle à lui-même (lecture).

COMMENTAIRES


Aujourd’hui la plupart de nos contemporains sont persuadés que la réalité des choses n’est rien d’autre que ce que l’on appréhende par nos sens, expliquée il est vrai par la science qui met en évidence les rationalités et les lois dont procède l’existence de ces choses. Or, il n’en a pas toujours été ainsi et une connaissance un peu poussée des évolutions scientifiques montre le simplisme de cette conception. Il en ressort surtout que le monde est un vaste univers dans lequel, chose parmi les choses, nous évoluons. Comment un caillou ou un cheval pourraient-ils être tenus pour responsables de quoi que ce soit ? Comment l’homme pourrait-il alors l’être ? C’est la contradiction de cette thèse de réclamer de l’homme une responsabilité qui échappe aux lois mêmes qui le détermineraient totalement.

Or la théorie des Cohérences Humaines, reprenant des approches classiques, montre que la réalité des choses n’est pas indépendante de l’expérience humaine et même qu’elle ne peut pas déborder cette expérience des humains. L’expérience que nous vivons par nos sens donne l’aspect sensible des choses. L’expérience mentale donne une interprétation qui les inscrit dans un ensemble de représentations, souhaité cohérent. En outre, les choses prennent valeur en fonction de la façon dont nous les investissons dans l’existence individuelle et collective.

La nature de l’homme est Sens. C’est dans la conjugaison des Instances en Consensus que se fonde l’expérience et ainsi la réalité. Notons que le terme "réalité" est un substantif dérivé du verbe réaliser de même que l’objectivité vient du verbe objectiver. Il s’agit toujours du fruit d’un acte humain.

Pour beaucoup il est sans doute scandaleux de dire que la réalité, dont nous faisons partie comme individus, est soutenue par nos Instances (en Consensus) au lieu de croire que nous reposons, au contraire, sur la réalité du monde qui nous contient. Ce sont là deux points de vue humains parmi d’autres, ne l’oublions pas.

Si la thèse développée ici est vraie comme toutes les autres de leur point de vue, elle présente divers avantages et par suite exigences. D’abord, si la réalité nous est commune, alors nous avons une responsabilité vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis des autres dans notre rapport à cette réalité. Nous avons à nous en rendre maîtres, c’est-à-dire à reconnaître notre dépendance existentielle en même temps que notre liberté essentielle. Cette liberté et notre responsabilité, c’est le choix de Sens parmi d’autres dans les Consensus partagés. C’est d’assumer cette position de transcendance vis-à-vis des conditions existentielles où tout est immanence.

La connaissance de la réalité devient acte de réalisation du monde. On dirait aujourd’hui qu’il se complexifie... à nos yeux. Cette réalisation n’est pas une fin en soi mais un moyen pour accéder à ce qui fonde cette réalité : le réel qui est l’Instance de l’homme engagée dans les Consensus avec les autres. Alors le temps et l’espace sont, comme le suggère Kant, des dimensions à priori de l’expérience humaine.

Mais, au-delà, la théorie montre que c’est toute la structure de l’expérience humaine qui constitue les dimensions à priori de la réalité des choses. La structure cohérencielle dépasse le rationnel et montre d’ailleurs qu’il est le produit des dimensions subjectives et objectives. Les dimensions de la conscience sont celles des processus de connaissance, celles de l’expérience humaine et celles de la réalité ainsi réalisée. Les choses devenant comme réelles alors nous nous réalisons et par là-même pouvons nous révéler à la source de cette réalisation. C’est là bien sûr une des figures de l’accomplissement humain.

Il est tout à fait légitime que l’homme se projette dans sa connaissance et son interprétation du monde. La science n’y échappe pas malgré sa tentative "d’évacuer le sujet". Cependant, il est vrai que toutes les perspectives ne se valent pas. Valent celles qui éclairent l’homme sur sa nature et l’en rendent plus maître, celles qui servent l’homme en tant qu’humain.

La théorie des Cohérences Humaines montre à son tour comment les rationalités scientifiques ne peuvent éliminer le substrat humain de leur élaboration. Il y a ainsi une responsabilité à développer la connaissance, jamais dépourvue d’intentionalité et, au fond, de Sens, ni de ConSensus, dans la visée d’une réalisation révélatrice. De nombreuses questions sont ainsi abordées d’un jour nouveau qui touchent à la diversité des lois de la physique, au problème de l’articulation de l’un et du multiple, du continu et du discontinu, des parties et du tout. Cela se traduit ainsi au bout du compte par une certaine façon de lire les problèmes, les situations, en se reconnaissant engagé à la fois dans la réalité des problèmes et dans leur fond essentiel de nature spécifiquement humain.

Les Sens précèdent l’existence et l’existence précède la connaissance des Sens. La réalité n’est rien d’autre que cette existence, elle est donc le témoignage révélateur auquel il nous faut trouver Sens pour nous "y retrouver" hommes.

Et Dieu dans tout ça ? Rien n’est ici incompatible avec une création continue... de l’homme précédant le monde... de l’homme.

Mais comment l’homme pourrait-il dépasser l’homme que ce soit du côté de son origine Autre ou que ce soit du côté de la réalité qui est sienne tout en étant, par le Consensus, comme le "siège des autres".

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III - LES PROBLEMATIQUES HUMAINES CONSTITUENT
LE FONDEMENT ET L’ENJEU DE TOUTES LES REALITES
ET SITUATIONS HUMAINES.

THESES

1) Les Sens (ou dispositions d’être) ne sont pas isolés dans l’Instance mais tiennent une position dans un continuum radial (les Sens rayonnent autour d’un centre) appelé une Cohérence (la majuscule indique un emploi du terme consacré par la théorie et différent de l’usage commun qui lui est néanmoins rattaché (Sens, Cohérence, ConSensus...). Il y a dans l’Instance humaine de multiples Cohérences constituées chacune d’une infinité de Sens.

2) Chaque Cohérence dans l’Instance constitue une problématique humaine, c’est-à-dire un "lieu d’être" où se joue le choix du meilleur Sens par lequel l’homme s’accomplit en trouvant conscience de Sens, liberté, maîtrise, responsabilité.

3) Chaque réalité de l’existence est sous-tendue par une problématique humaine et en constitue comme le théâtre existentiel. Les problèmes de l’existence en sont ainsi l’expression.

4) La résolution des problèmes peut habituellement être envisagée comme le rétablissement d’une cohérence existentielle par l’unité de Sens qui en donne l’expérience. Elle n’est pas alors forcément significative de la résolution de la problématique mais souvent de sa négation, niant du même coup l’humain dans son essentialité.

5) Il en est autrement lorsque les problèmes sont posés dans le bon Sens et les réalisations engagées dans ce même Sens, celui qui, parmi tous les autres, permet l’accomplissement de l’homme se révélant à lui-même au travers de la réalité existentielle.

6) Chaque problématique humaine se traduit donc par des situations existentielles où les actions, entreprises, activités et travaux humains ont comme finalité la résolution de la problématique spécifique pour l’accomplissement de l’homme.

7) Chaque situation existentielle se présente donc comme un carrefour de Sens humains sous-jacents dont l’enjeu et de discerner le bon Sens pour s’y tenir et le cultiver.

8) La culture du bon Sens en chaque situation s’inscrit sur une trajectoire historique d’évolution et de progrès dont les phases et les seuils de passage marquent les âges de maturité et de maîtrise humaine tant pour l’histoire individuelle que collective, pour chaque situation particulière comme pour l’humanité entière.

9) La recherche du bon Sens et sa "culture" selon une trajectoire d’évolution et de progrès humain est l’enjeu de l’éthique et de toute pratique, quête et valeur, qui prend le bien humain comme finalité.

10) Le critère du bon Sens, s’il est caractérisé par l’enjeu général d’accomplissement de l’homme, se joue pour les multiples problématiques humaines parmi tous les Sens en jeu (une infinité pour chaque problématique). S’il est en question dans chaque actualisation existentielle particulière sous-tendue par chaque problématique, il est toujours aussi déterminé par l’origine de l’homme qui pose évidemment aussi les termes de sa fin. Il l’est cependant à chaque fois d’un "lieu d’être" particulier, depuis une problématique particulière, dans des réalités singulières.

C’est pour cela qu’il ne faut pas réduire les Sens à un seul Sens, fut-il le bon ni celui-ci à sa visée fut-elle déterminante. Il ne faut pas non plus confondre Sens et conscience de Sens, Sens et compréhension, Sens et Consensus, Sens et sens commun, Sens et toutes les acceptions en français du terme de sens qui en sont au fond dérivés.

COMMENTAIRES



C’est la nature des choses ! C’est le système ! C’est le marché ! C’est la conjoncture ! C’est comme ça ! Sommes-nous condamnés à régler des problèmes ou à exploiter des ressources dans un contexte qui ne nous appartient pas. L’appropriation des ressources ou la compétence à régler les problèmes efficacement ne changent rien au fait que nous croyons souvent intervenir dans le contexte de réalités et de situations qui nous seraient étrangement étrangères. Or, toutes les affaires humaines, tous les phénomènes, toutes les préoccupations, toutes les conditions et les situations n’existent que dans l’expérience humaine des Instances en consensus. Ce sont toujours les manifestations de leur investissement. Derrière toutes les situations, tous les problèmes, c’est l’humanité de l’homme qui se réalise et se révèle. Il n’y a pas de problème qui ne soit humain dans ses fondements et dans la recherche de solution qu’il appelle. S’il est toujours pertinent d’analyser les situations et les problèmes de la vie individuelle et collective de façon descriptive ou même interprétative, il faut aussi les considérer dans leur source explicative : la problématique humaine sous-jacente.

C’est une sorte de révolution que de chercher la source des problèmes (et des solutions) en l’homme et de considérer que le lieu de toute action y réside. L’homme n’est ni spectateur, ni simple acteur des réalités existentielles, il en est (co-)auteur (et non le créateur).

Il est vrai que la façon (le Sens) de considérer un problème entraîne implicitement une théorie du phénomène et une stratégie des voies et moyens d’y intervenir. Or chaque problématique humaine appelle à une résolution dans le meilleur Sens. Cela veut dire qu’il y a toujours à chercher le meilleur "angle de vue" (meilleur Sens) pour comprendre les situations et pouvoir engager un cheminement bénéfique. On peut dire alors qu’il y a une façon saine de prendre et de traiter les problèmes dans l’existence, y compris au niveau des grands problèmes de société, ceux dont les experts se préoccupent. C’est toujours dans la perspective du meilleur Sens humain, du concours à l’accomplissement de l’homme, seul service qui vaille.

La santé humaine, celle des individus, celle des sociétés, celle des entreprises, des institutions et des projets n’est rien d’autre que cette démarche d’intégration des circonstances et aléas de l’existence (altérités et altérations) assumées comme phénomènes humains, témoignages révélateurs qui permettent de progresser sur la bonne voie. C’est pour cela que la façon saine de poser les problèmes et les traiter consiste toujours à le faire dans la perspective des vocations individuelles, collectives et, par homologie, celles des affaires et situations auxquelles nous sommes confrontés. Il y a là une réhumanisation des affaires humaines à entreprendre mais aussi des réalités ou phénomènes auxquels nous attribuons trop souvent des causes extravagantes.

De ce fait, c’est toute une connaissance humaine des problèmes et des réalités ainsi que de leur traitement dans l’action humaine qu’il faut systématiser comme cela a été déjà amorcé grâce à la théorie des Cohérences Humaines. Cela se traduit notamment par la reconnaissance de la finalité humaine (meilleur Sens) dans tous les domaines de compétences et de responsabilités. Par exemple, la notion de qualité ne vaut rien si elle ne qualifie pas l’homme ("qualité qualifiante"). Le commerce n’est pas sain s’il n’est pas "commerce des valeurs". Le pouvoir n’est pas sain s’il n’est pas le déterminant du meilleur Sens. L’éducation n’est pas saine si elle ignore l’évolution humaine, ses problématiques et les vocations particulières qui s’y inscrivent. La médecine n’est pas saine, si elle ignore ce qu’est la santé proprement humaine et les problématiques qui sous-tendent par exemple les pathologies symptomatiques. Le droit n’est pas sain s’il ne signifie pas le meilleur Sens de la communauté de droit. A l’inverse toutes les préoccupations conviennent dans leur registre existentiel, à la résolution des problématiques humaines essentielles, seule source humaine de leur légitimité.

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IV - LES REALITES HUMAINES SONT CULTURELLES
ET LES COMMUNAUTES HUMAINES SONT DES CULTURES
DONT LA VOCATION EST LA RESOLUTION D’UNE
PROBLEMATIQUE HUMAINE PARTICULIERE
THESES

1) Les communautés humaines sont constituées par un partage d’humanité entre les Instances, c’est-à-dire un ConSensus. Le lien fondamental des groupes et sociétés humaines est un lien de Sens.

2) La part d’humanité en partage est une Cohérence aux multiples Sens donc une problématique humaine. Chaque communauté humaine est ainsi aux prises avec la problématique humaine dont elle a la charge et l’héritage et qui lui donne sa personnalité.

3) Le Consensus étant ce par quoi l’expérience humaine se réalise, alors on peut parler d’une réalité commune comme d’une existence commune de chaque communauté humaine. Ce monde commun est descriptible selon un cohérenciel où on retrouve les différentes dimensions et composantes existentielles.

4) Cette réalité commune spécifique est l’actualisation de Sens qui l’engagent et qu’ elle cultive. C’est pour cela qu’on peut la considérer comme une culture humaine fondée sur une problématique qu’elle actualise en divers Sens.

5) Chaque communauté culturelle est vouée à la résolution de la problématique humaine dont elle a la charge. C’est sa vocation de trouver et cultiver le meilleur Sens. C’est comme cela qu’elle est civilisation (accomplissement de la cité humaine).

6) Chaque culture est une part d’humanité représentant une partie de l’humanité de l’Instance (la problématique spécifique) et une partie de la population humaine du monde.

7) La distance entre deux cultures est une distance intérieure à l’Instance, entre deux problématiques, deux lieux d’être. C’est ce qui fait leur altérité réciproque, leur étrangeté existentielle mais ainsi leur proximité grâce au "voyage intérieur" possible. Les relations interculturelles en dépendent.

8) Les personnes humaines n’ont pas d’autre lieu d’existence que les communautés humaines où elles prennent réalité. Elles sont ainsi toujours dépendantes des cultures auxquelles elles participent pour exister mais elles peuvent être autonomes si elles s’accomplissent, en reconnaissant que la réalité existentielle commune n’a pas d’autre source que les Instances personnelles, radicalement autres les unes pour les autres.

9) La réalité existentielle étant condition habituelle d’accomplissement des hommes, alors la vie en communauté, culture humaine, est le seul espace dans et par lequel l’homme s’accomplit.

COMMENTAIRES




L’époque moderne a su cultiver avec la Raison, l’identification de l’homme comme individu. La déviance individualiste en a absolutisé l’existence et fait perdre ses racines communautaires. Le social ou même le sociologique a souvent réduit l’homme à un statut de droit et dans certains cas à un statut génétique. Tout montre que nous sommes à une période charnière pour le rapport des personnes aux communautés, des individus à la société.

Une science des communautés fondée sur le rapport entre les hommes doit considérer que le lien social est de nature strictement humaine. Le lien est Sens par Consensus autour d’une problématique humaine dont la résolution est la vocation même de la communauté et détermine le bien commun.

La réalisation existentielle de cela intègre sans exception toutes les dimensions de l’existence humaine selon la structure cohérencielle. Dès lors on peut reprendre et comprendre bien des phénomènes :

La nature du politique dont l’enjeu est le repère et la culture du Sens de la vocation commune. L’élection, la démocratie sont travail de Consensus mais selon des formes culturellement différenciées en fonction de la problématique culturelle spécifique.

Les communautés humaines sont culturelles et on peut élucider leur problématique, discerner leurs différents Sens et repérer le meilleur selon lequel tout développement doit être engagé. La culture européenne, par exemple, est une culture de l’inconnu, l’étranger, l’altérité... pour le pire ou le meilleur. La culture française joue ses logiques autour du rapport à l’ordre, notamment l’ordre de la raison ou celui de l’Etat. La culture africaine est entièrement tournée vers le rapport au milieu existentiel environnant dans les pires et les meilleures voies. Les régions, les cités, les nations, les pays ont tous leur culture propre, leur vocation dans lesquelles se retrouvent habitants traditionnels et d’autres qui s’y rallient.

Les questions d’intégration sociale (et de désintégration) sont éclairées d’un jour neuf lorsque que l’on considère l’intégrité de la personne en rapport avec l’intégrité de la communauté.

Il y a aussi des communautés de communautés. L’Europe en est un exemple qui ne laisse de ne pas trouver son bon Sens et persévère régulièrement dans les mauvais Sens de sa problématique, faute de discernement et de conception cohérente de l’homme et des cultures.

La participation de chacun à sa (ses) culture(s) familiale(s), aux cultures de son pays, sa tradition, sa religion, sa profession, sa région et d’autres que les siennes, renvoie aussi aux relations entre les cultures, relations d’altérité, de proximité et de distance, de conjugaison et de différence radicale.

Les questions d’unité et de diversité (culturelle) dans les sociétés humaines sont pensables autrement, permettant des analyses nouvelles et des solutions inattendues. Par exemple comment faire l’unité de différents peuples qui se veulent souverains. Rien n’est plus simple (à penser). Il faut impérativement élucider la problématique humaine de chacun et reconnaître réciproquement la vocation de chaque culture pour construire un projet ou chacune concoure, par son meilleur talent investi dans la "chose commune". Alors une unité culturelle nouvelle peut se dégager dans l’histoire, culture propre qui n’aliène pas les autres cultures. La France a trouvé avec l’Etat une solution au multiculturalisme mais elle n’a pas dépassé ce stade et ne sait plus très bien réagir aux situations actuelles.

Peut-être faut-il qu’elle consente à ce dépassement de l’âge du Sens après l’âge de la Raison pour inventer de nouveaux ordres sociaux, politiques, intellectuels et culturels (si la France est le pays de Descartes, elle est la culture d’où est née la théorie des Cohérences Humaines).

Enfin, la connaissance de l’évolution des communautés humaines éclaire l’histoire et ses enjeux. Elle permet des "évolutions" impossibles autrement, des actions "macro-pédagogiques" à l’échelle des groupes humains importants et de populations entières. Elle montre quelles problématiques humaines sont en jeu dans les événements majeurs mais aussi comment se fondent les communautés humaines. Tels sont les champs ouverts par ce volet de la théorie des Cohérences Humaines avec mille questions de tous ordres.

Le champ des communautés est celui qu’inaugure l’âge du Sens et c’est toute une nouvelle connaissance qui est à déployer pour porter des fruits au niveau de l’exercice des responsabilités, politiques ou dans leur dimension politique, et ce dans le contexte, notamment, des problèmes les plus cruciaux de notre époque. Les tentatives de "dépersonnalisation culturelle" n’ont que trop fait de ravages à l’ère de la Raison triomphante, laissant la place aux pires archaïsmes ou du moins à un économisme sans considération pour l’humanité de l’homme, ses biens et ses services.


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V - LES ENTREPRISES HUMAINES SONT
L’ENGAGEMENT EXISTENTIEL DES HOMMES,
EN COMMUNAUTE, EN VUE D’UN BIEN COMMUN

THESES

1) Les entreprises humaines sont l’engagement d’une problématique humaine dans un Sens partagé en Consensus. Ce Sens est porté et déterminé par ceux qui l’initient et le dirigent, tous ceux qui y participent et en supportent le ConSensus, tous ceux qui, alentour, en reconnaissent et apprécient l’engagement et ceux enfin qui en bénéficient.

2) La même problématique humaine réunit ceux qui l’engagent et ceux qu’elle sert. Les premiers doivent exercer une certaine maîtrise de la résolution de cette problématique humaine, les autres s’y trouver aidés pour leur bien, c’est-à-dire servis.

3) Les entreprises humaines sont des réalités engagées actualisant le Consensus collectif. Elles sont donc structurées selon un cohérenciel. La maîtrise de l’entreprise se traduit par une certaine maîtrise de ses dimensions et composantes existentielles et par la culture de son meilleur Sens.

4) Le bien, servi, se réalise au travers des biens et services qui ne valent que par leur contribution au bien commun. Les moyens, méthodes et pratiques s’évaluent selon l’échelle de valeur traduisant ce bien commun, actualisation du meilleur Sens, résolution de la problématique humaine sous-jacente.

5) Les entreprises humaines sont l’activité normale des hommes, engagés dans le Sens de l’accomplissement humain. Elles constituent un engagement partagé selon le principe de "concourance". Le travail individuel et collectif concoure aux buts communs selon le Sens de la problématique humaine qui détermine la vocation de l’entreprise.

6) Toutes les activités humaines s’entreprennent, dans la famille, l’éducation, la cité, les nations, les régions, la religion, les institutions, les organisations, les métiers, la recherche et tous les champs et domaines de l’existence humaine.

7) L’entreprise est la traduction existentielle partagée du Sens comme principe d’humanité dès qu’elle est engagée dans le meilleur Sens de la problématique qui la fonde. Toutes les entreprises humaines concourent en définitive au bien commun d’accomplissement de l’humanité, à leur manière propre. Les entreprises engagées dans d’autres Sens n’y concourent pas ou même desservent l’homme. C’est le coeur de la question du service des hommes.

8) Les dirigeants ont la responsabilité de "donner le Sens", c’est-à-dire le discerner, le déterminer et le porter à partager en consensus. C’est une responsabilité essentiellement humaine qui réclame une certaine maîtrise de la problématique qui sous-tend l’entreprise et le service qu’elle propose.

COMMENTAIRES



Les dirigeants d’entreprise ont le souci de l’efficacité de leur organisation et de la pérennité de celle-ci. Des méthodes et pratiques de management n’ont eu de cesse d’optimiser le rendement des moyens et des hommes et la rentabilité des investissements. Or, ce qui est la plupart du temps absent, c’est la question de la finalité. A quoi sert une entreprise, sur quelle échelle de valeur se mesure l’efficacité.

Comment serait-il possible d’affirmer et d’avouer que des entreprises ne servent pas les hommes. Mais si tel n’est pas le cas, il faut les considérer comme des entreprises humaines concourant au bien et au service des hommes. La notion de marché ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agit que de réalités humaines. En tant qu’entreprises humaines au service des hommes, alors le Sens et donc la finalité deviennent primordiaux pour les responsables.

Ce qui fonde l’entreprise est aussi ce qui l’anime et la structure, c’est un Consensus sur une problématique humaine. C’est par là que l’entreprise existe, qu’elle forme une communauté humaine engagée et qu’elle s’inscrit dans un contexte qui la supporte et qu’elle sert. Alors il n’y a plus de différence de nature entre les entreprises humaines. Celles des cités, des régions, des nations, celles des institutions, organisations, associations, celles même des personnes, des familles, des professionnels sont de même nature. Elles se différencient par leur objet, leur problématique fondatrice et donc en définitive leur réalité culturelle.

Les entreprises sont structurées selon un cohérenciel. Celui-ci montre ce que sont les dimensions à maîtriser et, en définitive, les compétences à rassembler pour y parvenir.

Toutes les entreprises humaines doivent ainsi "avoir une gestion objective", à proprement parler "économique", qui l’inscrivent dans une réalité extérieure où elles agissent.

Elles doivent aussi "être conduites rationnellement" dans leur développement selon les projets et stratégies qui font leur histoire.

Elles doivent enfin "être dirigées" par la position subjective des dirigeants indiquant, de façon pertinente : Sens, finalité, valeurs, vocation etc.

En outre, les trois plans d’existence de l’entreprise réclament une activité elle aussi à maîtriser : assurer la cohérence humaine de l’entreprise, veiller à la cohérence de sa communication et des représentations qui l’identifient dans son projet, organiser un fonctionnement opérationnel efficace.

Ce sont les toutes premières bases d’une science de la maîtrise des entreprises humaines développées à partir de la théorie des Cohérences Humaines. Le phénomène entrepreneurial est en effet beaucoup plus important et général dans une conception de l’homme engagé dans la résolution des problématiques humaines et d’une réalité entièrement prise dans ce qui n’est que l’actualisation des Consensus humains. De ce fait, il n’y a pas, d’un côté, les nécessités matérielles et, de l’autre, les aspirations humaines.

Toutes les réalités sont celles de communautés humaines et, lorsque celles-ci sont engagées dans leur vocation (résolution de la problématique humaine sous-jacente) elles forment une communauté d’entreprise. Les communautés sont donc entrepreneuriales lorsqu’elles s’engagent dans une voie de civilisation et, dans cette perspective, les hommes concourent aux entreprises communes, qui concourent à celles des communautés, elles-mêmes engagées dans d’autres communautés. Si le lien de Sens fait l’unité d’une communauté, le principe de concourance le traduit dans la réalité comme rapport structurant, entre les parties prenantes des entreprises humaines.

Nous sommes engagés dans une "civilisation de l’entreprise" où celle-ci est la base d’une structure de société ; à condition de bien noter qu’il s’agit de toutes les entreprises humaines, communautés engagées dans leur vocation propre.

S’il s’agit là, bien sûr, d’un point de vue sur l’homme et le monde, il s’agit aussi d’un niveau d’intégration supérieur de la réalité des entreprises prenant en compte leur caractère de communautés engagées.

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VI - L’HUMANITE EVOLUE PROGRESSIVEMENT
AU TRAVERS DES AGES DE LA VIE
QUI CONSTITUENT L’HISTOIRE DE SON ACCOMPLISSEMENT

THESES

1) A tout moment tous les Sens sont possibles et toute progression personnelle ou collective peut être mise en question. Seule la persévérance dans le meilleur Sens de chaque situation particulière dessine une histoire de l’accomplissement avec sa structure temporelle, ses phases de développement et ses seuils de mutation constituant les âges de la vie.

2) Les âges de la vie sont ceux de chaque personne dans son existence, ceux aussi de chaque personne dans une situation ou un contexte particulier de son existence où ils peuvent être différents, ceux d’une communauté humaine particulière, ceux d’une entreprise humaine, ceux d’un phénomène particulier et ceux, pourquoi pas, de l’humanité entière.

3) Les âges de la vie sont marqués chacun par un champ d’expérience existentielle spécifique, plan du cohérenciel, l’intégration des champs antérieurs, un niveau et enfin d’un mode de maîtrise du Sens et de l’évolution, d’abord soutenu, encadré, éduqué puis progressivement autonome.

4) L’âge qui précède la naissance objective est le règne archaïque de l’affect où ne sont possibles aucune distinction ni séparation mais où les nuances vécues les préparent. Les régressions archaïques ou les défauts d’évolution favorisent un pathos par nature confusionnel où règne le fantasme de l’immédiat.

5) Le premier âge est ensuite factuel, l’âge du faire et de l’expérimentation ou l’apprentissage du bien faire par ses effets évalués par des tiers, prépare l’âge suivant. Son niveau de maîtrise vient de l’objectivation des faits. La réduction factuelle maintien dans une enfance entièrement prise dans le court terme et l’enfermement machinique et manipulateur.

6) L’âge secondaire est celui des représentations. Après le seuil de l’adolescence, il intègre la participation aux représentations sociales, normales puis de plus en plus personnelles. C’est par la rationalisation des représentations que se maîtrisent les réalités et particulièrement les plans antérieurs (factuels et affectifs). Projections, imagination, modélisation, langages de signes, anticipations, inscrivent la réalité dans une perspective à moyen terme. Une des distorsions attachées à cet âge est la réduction de la réalité aux représentations, entraînant une vanité des signes et des images.

7) Le seuil de la maturescence introduit à une maîtrise subjective et à l’âge du Sens. Cet âge tertiaire est celui de la conscience de communauté et de l’engagement des vocations à son service. La responsabilité de Sens réclame une certaine maîtrise de Sens, ne serait-ce que pour apporter les références et les encadrements nécessaires aux âges précédents pour avancer sur une bonne route.

8) D’autres âges suivent encore qui sont ceux du retrait existentiel et d’une vieillesse qui va avec la poursuite d’un accomplissement personnel.

9) Les âges et les seuils de l’histoire de l’accomplissement humain sont identiques de par la structure même de l’expérience humaine et donc des réalités existentielles. Cependant leur Sens particulier et leur contenu dépendent de la problématique humaine engagée et donc du Consensus et de la situation qui l’actualise. Il n’est donc pas possible d’établir un modèle standard unique des bonnes façons de grandir et faire grandir les hommes et leurs communautés.

COMMENTAIRES



Lorsque le Sens humain est considéré comme vecteur de l’existence et de la réalité alors celles-ci sont engagées dans un mouvement historique d’évolution. Lorsqu’il s’agit, en chaque circonstance, du meilleur Sens alors il s’agit d’une trajectoire d’accomplissement. Pour tout autre Sens, ce sont d’autres trajectoires qui sont dessinées et le parcours de l’existence est figuré tout autrement.

Ainsi certains Sens posent le retour à l’archaïque comme finalité et une régression comme parcours avec le retour à quelque univers fusionnel. D’autres fixent la raison comme fin (et comme moyen) arrêtant ainsi le processus d’évolution dès après l’adolescence. La fin de l’histoire est pour eux confondue avec la victoire idéologique de la Raison.

La théorie des Cohérences Humaines montre la corrélation entre la structure de toute expérience humaine, l’historicité évolutive des individus et réalités humaines, la structure d’évolution en phases et seuils bien précis. Pendant que se cultivent les Sens d’accomplissement, la "réalisation" du monde se fait plus intégrale et le niveau de maîtrise existentielle et essentielle plus profond.

Une société comme la nôtre, à l’âge secondaire (âge des signes et des représentations) ne connaît pas encore l’âge tertiaire (âge du Sens et des communautés). Elle a donc tout un pan de la réalité à "réaliser", avec toutes les connaissances, les problèmes et exigences, et les pratiques à inventer.

Elle ne propose plus aujourd’hui à ses membres d’horizon de dépassement, en termes de progrès et de maturation, sinon régressifs ou narcissiques. La crise des représentations qui introduit à une crise du Sens ouvrant à la crise de société (des communautés) est actuellement au seuil d’un âge de l’esprit (ou du Sens).

Cette hiérarchie précise des niveaux d’intégration et de maîtrise humaine correspondant aux âges successifs de maturation, établi le référentiel de l’évolution des entreprises humaines, des communautés comme des individus. Il établit aussi la hiérarchie des valeurs et niveaux de responsabilité dans toute structure où les plus avancés en maturité sont plus proche de la maîtrise du Sens et en mesure de mieux diriger puis encadrer les autres. L’éducation y trouve son échelle de référence, pour toute une existence d’ailleurs, mais toujours selon les cultures spécifiques.

Toute évolution en définitive ne peut que se référer à une "échelle de valeurs" dont la trajectoire et les degrés correspondent aux niveaux d’évolution des hommes, entreprises, communautés et réalités humaines. La notion de valeur il est vrai n’est pas sans rapport avec ce qui humainement vaut, c’est-à-dire ce qui concoure à l’accomplissement, autrement dit ce qui participe à cette trajectoire d’évolution.

Une nouvelle ère de civilisation s’ouvre à partir de la mutation en cours. Elle ne peut être décrite avec les termes de la phase actuelle ou celles antérieures, c’est pourquoi les projections sont difficiles et la prospective ne peut qu’entreprendre cette exploration de l’âge du Sens pour renouveler à un autre niveau tous les moyens et enjeux de civilisation dont nous disposons. C’est vrai pour la science et l’exercice du politique, c’est vrai pour les dirigeants, les éducateurs, les professionnels mais aussi toutes les organisations spirituelles et morales.

Cela ne se traduit pas par l’abandon des façons antérieures, toujours d’actualité, pour faire grandir les hommes et leurs communautés, mais cela suppose un dépassement radical et bouleversant pour tracer les voies de l’avenir dans le meilleur Sens.

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C - L’ACTION GENERATRICE.

THESES

1) Toute action humaine est un travail de résolution d’une problématique visant un plus grand bien. Il se joue au coeur de la personne et dans un Consensus avec d’autres. Toute action dans la réalité ne peut que trouver sa source causale dans un Consensus et donc une Cohérence de Sens. Celle-ci sous-tend la réalité dans laquelle et sur laquelle agir, elle sous-tend l’action elle-même avec tous ses moyens et développements, elle sous-tend enfin les résultats de l’action, c’est-à-dire la réalité transformée, changée, développée, etc.

2) L’action génératrice engage les hommes dans le meilleur Sens de la problématique humaine impliquée et pour cela doit s’engager dans ce Sens. La réalité du problème initial (ou du projet), celle des développements de l’action, celle des fruits existentiels de celle-ci sont alors homologues, c’est-à-dire de même Sens dans la Cohérence investie.

3) Un problème est une quête de solution par rapport à une situation qui s’évalue selon le parcours d’évolution de la problématique concernée. C’est toujours un problème de cheminement, progression ou mutation. La résolution d’un problème vise toujours à faire progresser les hommes. Les finalités, buts et objectifs de l’action ne valent que par leur concours à l’accomplissement humain.

4) Le travail dans l’action réclame, au fond, l’exercice d’une certaine maîtrise de la problématique en question. C’est ce qui justifie le recours à des professionnels, responsables, dirigeants pour y aider. Ils mettent en scène des pratiques qui s’expriment au travers de comportements, méthodes, artifices et mettent aussi en jeu des moyens homologues (médiations, intermédiaires).

5) L’action génératrice réclame un travail sur le Sens, dans l’Instance, (centration, discernement des Sens, détermination des meilleurs Sens, Consensus...). Celui-ci se réalise au travers des pratiques qui n’en sont que les manifestations existentielles. Ce ne sont pas les pratiques existentielles qui agissent mais les hommes en leur Instance.

6) Les pratiques pour l’action développent stratégies et méthodes, techniques et procédés qui sont des guides pour le travail personnel et collectif. Il est donc important qu’elles réalisent et révèlent le projet humain spécifique, en situation.

7) Cette activité qui consiste à appréhender la réalité par son Sens pour y agir fait appel à "l’intelligence symbolique" qui, dans la réalité, discerne le Sens et, du Sens choisi, réalise les changements envisagés.

8) L’action génératrice, qu’elle soit individuelle ou collective, doit suivre un même cheminement :

a) Poser le problème, c’est se poser en problème (en quête de solution) dans la Cohérence et la problématique concernée (responsabilité à assumer pour assumer la solution).

Cela suppose une centration, c’est-à-dire de trouver la disposition juste dans la Cohérence pertinente autrement dit à se disposer dans le meilleur Sens.

La détermination des Sens de l’action réclame un discernement préalable et une prise de position d’autorité (subjective).

b) La projection de l’action et de la réalisation envisagée mobilise le travail de représentation (créativité et générativité) pour concevoir les horizons souhaités dans ce Sens et les cheminements pour y parvenir.

La rationalisation consiste à mettre le projet dans l’étendue spatio-temporelle, d’en ordonnancer la réalisation factuelle et d’encadrer structurellement l’ensemble des travaux qui y concourent.

c) Le faire est une partie de l’agir qui se prouve dans l’épreuve factuelle où se produit un mouvement de la situation investie et où l’effet produit peut être objectivé, distingué et mesuré.

- Toute action s’évalue par la pertinence du service humain rendu, personnel et collectif, c’est-à-dire en termes de progression de la communauté et des hommes dans leur accomplissement.


9) L’action génératrice, profondément humaine, ne peut être comprise que dans la position centrée par la théorie des Cohérences Humaines en divergence avec tous les paris opératoires, par exemple du type magique ou mécaniste, les plus fréquents actuellement.

COMMENTAIRES



Parmi les conceptions de l’action, deux prévalaient classiquement :

celle qui n’y voit que jeu de puissance, d’armes et de pouvoirs,

celle qui y voit surtout constructions, architectures, ordonnancements, édifications, exercice rationnel de technicités.


Aujourd’hui, très souvent, il s’agit de gérer un fonctionnement, un processus, un système.
Dans les deux dernier cas, c’est la méthode, la technologie, le dispositif ou l’appareil qui marchent. L’homme en est l’agent vertueux ou simplement "acteur intégré au système".

Or la théorie des Cohérences Humaines montre que l’action n’est rien d’autre que l’agir humain, entièrement déterminé par la nature humaine. Les moyens ne sont plus que médiations. Ils n’ont aucun effet par eux-mêmes. Leur existence étant entièrement prise dans l’expérience humaine, ils n’ont d’autre réalité et donc d’autre efficience qu’humaine. Cela peut paraître, à l’époque moderne, aussi extravagant que d’annoncer que la terre tourne autour du soleil, contrairement au constat quotidien de chacun. Il s’agit d’un changement de point de vue, d’un retour de l’ homme à l’ homme.

L’intelligence symbolique est, à l’âge du Sens, la modalité de l’efficience humaine et de sa maîtrise. Il s’agit alors de discerner le Sens, clé de toute situation, au-delà de la réalité manifeste. Il s’agit de déterminer le Sens dans la participation au Consensus de façon à orienter la situation et la démarche d’action. Il s’agit enfin de passer de ce Sens aux réalisations par le biais de processus humains appropriés.

Tous les moyens de l’action : techniques, outils, méthodes, instruments, organisations, etc ne sont que des artifices facilitant les dispositions humaines adéquates. Ce sont seulement ces dispositions qui changeant le Consensus, transforment du même coup la réalité. Il y a comme cela diverses techniques ou méthodes qui appartiennent à une discipline de la pratique fondée sur ces principes. Elles utilisent beaucoup la centration comme travail de positionnement (disposition juste). et l’homologie (équivalence de Sens entre deux réalités, ex : un projet et sa réalisation, un problème et sa solution).

A partir du moment où les problèmes sont posés dans l’optique indiquée par la théorie des Cohérences Humaines, des solutions et des moyens neufs sont disponibles. Ils permettent une acuité de compréhension des situations,des potentiels dont elles disposent et des Sens parmi lesquels choisir le meilleur. Ils facilitent les décisions de Sens (orientations, directions,finalités, politiques générales, positionnements...). Ils permettent de générer des stratégies et méthodes ad hoc pour conduire changements, réalisations, restaurations, innovations, productions, développements, formations, etc.

La pratique humaine de l’action a une double fin, le progrès dans l’existence et l’accomplissement des personnes. Le travail humain n’est rien d’autre que cela. Il ne s’arrête ni à l’habileté physique, ni à la maîtrise mentale mais intègre la responsabilité dans la communauté et tout cela fondé sur le Consensus humain engagé. Le travail humain n’est rien d’autre que l’activité de l’homme engagé vers son accomplissement au travers de l’accomplissement des concours apportés au bien commun. Son action est génératrice. De nombreuses applications de l’action génératrice sont possibles dans toutes les pratiques professionnelles dans l’exercice des responsabilités politiques, sociales, économiques, éducatives, etc. Beaucoup en ont déjà expérimenté les bénéfices.

Dans le contexte de l’action les réflexes, les mécanismes, les habitudes rendent particulièrement difficile d’imaginer un tel bouleversement dans la façon de poser et traiter les problèmes. Il n’est pas facile d’en imaginer la transversalité, la généralité. Cependant il y a autant d’écart entre la pratique d’un cadre supérieur ou d’un expert de haut niveau formé à l’école de la Raison et cette nouvelle démarche fondée sur l’école du Sens qu’entre eux et l’ activité très factuelle d’un travailleur manuel. C’est un autre ordre d’efficience qui est concerné.

Il existe notamment pour cela une activité spécifique de Conseillers en Cohérences Humaines qui pratiquent cette démarche auprès des professionnels et responsables ouverts aux dépassements qu’appellent l’âge du Sens qui s’annonce.