Le dynamisme des entreprises relève, ne nous trompons pas, des dynamiques humaines. Quest-ce qui fait qu’une équipe une entreprise sont mobilisés et engagées dans la réussite des ambitions qui sont les leurs ? L’Humanisme Méthodologique vient donner quelques réponses nouvelles pour un temps de mutation.
Aucune entreprise ne peut réussir
durablement sans l’investissement des personnes, des équipes,
des parties prenantes. Cet investissement doit en outre être
convergent et compétent pour être performant. La
performance collective passe évidemment aussi par la disponibilité
de ressources et de moyens divers mais en tout premier lieu par
la capacité des hommes à maîtriser les situations
et les enjeux. C’est ce que l’on appelait traditionnellement
maîtrise professionnelle. Il s’agit ici de le considérer
à l’échelle des équipes, des groupes qui
forment l’entreprise ou en sont parties prenantes et de l’ensemble
du corps social qui constitue l’entreprise, quelque soit sa taille.
C’est bien le critère de performances
collectives qui justifie l’importance des dynamiques humaines.
Cependant nous y ajouterons l’idée d’une performance durable
(pour laisser de côté l’image du commando qui agit
sur des coups ponctuels). Dès lors s’inscrivant dans la
durée la question de la préparation et de la maîtrise
collective se pose.
La maîtrise des dynamiques humaines
de l’entreprise
Citons tout d’abord des situations ou on
rencontre ce type de préoccupation :
· Constitution ou mobilisation d’équipes
· Résolution de problèmes
de cohésion ou de motivation (à toutes les échelles).
· Difficultés de relations
et de compréhension entre des groupes constituant l’entreprise
ou en rapport avec elles.
· Situations de fusion.
· Intégrations de nouvelles
personnes ou de groupes.
· Changements dus aux circonstances.
· Adaptations (méthodologies,
innovations, technologies).
· Formation et développement
d’une maîtrise collective des enjeux.
· Situations de crise, de mutation,
de changements majeurs.
Les questions de dynamiques humaines de
l’entreprise sont aussi en rapport direct avec des préoccupations
actuelles.`La référence à des valeurs
nécessite une mobilisation autour de ces valeurs en même
temps qu’elle sont aussi un vecteur de mobilisation. Il en va
de même pour la question éthique. Les projets
ont besoin d’une maîtrise des dynamiques humaines pour
réussir et en même temps la participation à
un projet commun et un moyen efficace de créer une mobilisation
et d’organiser une compétence collective. La performance
et son évaluation sont aussi enjeux et moyens de mobilisation.
L’intelligence collective à laquelle on peut associer
connaissance et compétence collective ne sont rien sans
les dynamiques humaines qui les construisent et les investissent.
Pensons enfin à toutes les questions
de management interne, de structures, de rôles, de ressources
humaines qui trouvent dans les dynamiques humaines leur raison
d’être et aussi le vecteur de leur efficacité. De
même les relations avec les différents contextes
sociaux, économiques, culturels, administratifs, etc.
réclament que soient instaurées et développées
des dynamiques humaines pertinentes.
La maîtrise des dynamiques humaines
dans le contexte actuel
S’il est un domaine où règne
bien souvent l’empirisme c’est bien celui-là. Les croyances
et les artifices relatifs aux motivations humaines et à
la cohésion des groupes sont très fréquent
et c’est souvent "l’expérience" qui pallie aux
difficultés. L’évaluation en ces matières
est difficile et l’on voit perdurer des situations qui représentent
un gaspillage d’énergie et de ressources ou pire qui annoncent
quelque catastrophe à terme, faute de compréhension
et de maîtrise de ces questions.
Or le contexte tend à aggraver la
situation. Les mutations et changements de tous ordres qui se
produisent se traduisent par des déstabilisations grandissantes.
Elles ouvrent aussi à des opportunités tout à
fait nouvelles qui réclament une meilleure maîtrise
de dynamiques humaines.
Les déstabilisations sont de trois
ordres :
- En termes de motivation, les jeunes,
les cadres, le personnel en général ont des attitudes
différentes quelquefois contradictoires où le rapport
au travail, à l’entreprise, au pouvoir sont souvent ambivalents.
- Sur le plan matériel, problèmes
de sécurité, évolutions technologiques,
mobilité, ont un impact sur les comportements individuels
et collectifs évident.
- Sur le plan structurel les mouvements
des entreprises et des activités, les problèmes
d’identité, de modèles professionnels, la déstructuration
des cadres habituels posent des problèmes de management
nouveaux en situations d’incertitudes.
La réponse à ces déstabilisations,
c’est d’investir dans la maturité et la responsabilité
personnelle et collective, c’est-à-dire dans la maîtrise
des dynamiques humaines.
C’est la condition pour que les opportunités
nouvelles puissent être saisies, nouveaux marchés,
nouveaux services, nouvelles activités mais aussi entreprises
étendues intégrant des relations multiples et complexes
entre les parties prenantes, entreprises éclatées
dont les équipes sont dispersées sur des territoires
plus vastes, organisations virtuelles qui doivent maîtriser
les dynamiques humaines à distance.
Comment maîtriser les dynamiques
humaines dans ces nouvelles conditions ? Comment animer (donner
de l’âme) des équipes et groupes humains dans ces
nouveaux contextes ? Comment viser des ambitions de maîtrise
collective de situations évolutives ? Autant de questions
qui invitent à rechercher un autre niveau de compréhension
et de pratique de la maîtrise des dynamiques humaines des
entreprises.
L’humanisme méthodologique, une
réponse théorique et pratique à la mesure
des enjeux
L’humanisme méthodologique est une
pensée pour l’action qui place l’homme au cur des affaires
humaines. En particulier il éclaire les phénomènes
humains complexes qui font la trame des situations, des enjeux
et des activités humaines. Il ouvre une nouvelle compréhension
de l’homme sur le plan personnel et sur le plan collectif au
travers des petites ou grandes communautés auxquelles
il participe. Les dynamiques humaines en sont bien évidemment
un chapitre essentiel et les entreprises un des domaines d’exercice
important.
A cela il faut rajouter sur le plan pratique
tout un ensemble d’outils, de techniques, de méthodes
qui constituent notamment une véritable ingénierie
des dynamiques humaines. Cela se traduit par des démarches,
des processus, des pratiques d’une efficience particulière.
Comprendre ce que l’on fait dans une matière
où les sciences humaines ont du mal à proposer
des éclairages cohérents en est une première
condition. La seconde est celle qui fait appel à des "ressorts"
plus efficaces par le biais de moyens appropriés. Tout
cela permet de passer d’un certain empirisme à un véritable
professionnalisme de la maîtrise des dynamiques humaines.
Les entreprises en ont aujourd’hui un besoin grandissant.
Quelques repères de l’Humanisme
Méthodologique pour la maîtrise des dynamiques humaines
Le dynamisme humain, capacité de
mobilisation maîtrisée, est toujours inscrit dans
une relation. Les équipes, groupes et communautés
humaines sont déjà le moteur des dynamiques humaines.
Il s’agit donc d’en comprendre et maîtriser les processus.
Il faut cependant d’emblée qualifier ces dynamiques, en
effet le consensus partagé dans un groupe humain autour
d’un Sens commun est la clé de la dynamique.
Autant de Sens, autant de dynamiques différentes.
Autant de densité et d’ampleur du consensus, autant de
puissance de la dynamique. Autant de conscience du Sens pertinent
et d’intervention appropriée sur le consensus autant de
maîtrise des dynamiques humaines.
- Il y a des Sens qui favorisent des dynamiques
de conflit et de rivalité dont les réussites éventuelles
sont toujours instables et le coût humain exorbitant.
- Il y a des Sens qui favorisent des dynamiques
passives dont le fonctionnement semble tout à fait conditionné
par l’environnement, les habitudes et dont l’entretien est de
plus en plus coûteux.
- Il y a des Sens qui favorisent des dynamiques
constructives dont l’efficacité en contexte stable n’est
plus à prouver mais dont la réactivité et
la capacité d’initiative en situation instable est quasiment
nulle.
- Il y a enfin des Sens qui favorisent
l’engagement collectif dans des enjeux communs dont les valeurs
et les objectifs se réfèrent à un "Sens
du bien commun" (biens et services pour une communauté,
un marché, un territoire), avec toute une architecture
des groupes et communautés qui concourent à leur
biens communs réciproques et respectifs.
C’est cette dernière position que
tient l’Humanisme Méthodologique comme axe d’intervention.
Considérant l’entreprise comme une communauté humaine
engagée, depuis les petites équipes jusqu’aux grands
groupes alors les dynamiques humaines sont la clé de la
maîtrise et du succès des projets.
En particulier le concept de concourance
est la clé de toutes les structurations internes et externes
des équipes et des groupes quelque soit leur taille. Concourir
à des buts communs est la traduction concrète du
consensus selon le Sens du bien commun qui est le moteur et le
vecteur du dynamisme humain engagé.
Nous avons là les clés majeures
qui permettront de définir les grands axes de la pratique
d’une maîtrise des dynamiques humaines.
D’abord situer le groupe, la communauté,
l’équipe, le corps social dont on veut instaurer ou restaurer
la performance, la cohésion, la mobilisation. Il faut
s’assurer que c’est bien là où l’on veut intervenir,
pour que les dynamiques humaines trouvent leur meilleur niveau.
On notera que s’il s’agit d’une équipe de direction sa
performance c’est aussi d’agir sur les autres dynamiques humaines
de l’entreprise.
Le repérage effectué (centration),
reste à élucider le Sens du bien commun qui constituera
l’axe de travail sur le consensus et les structures de concourance
collective. Différentes techniques très performantes
sont proposées par l’Humanisme Méthodologique.
En second lieu une méthode, une
stratégie, un processus doivent être conçus
pour intervenir dans la situation ; Cela suppose une évaluation
préalable eu égard au Sens du bien commun et aussi
la prise en compte des enjeux, circonstances, atouts et contraintes
de la situation.
On peut à ce stade distinguer notamment
deux types d’entrées :
- L’entrée locale au niveau d’équipes,
de petits groupes dont les dynamiques humaines entraînent
l’ensemble de l’entreprise et parties prenantes. C’est au travers
d’un travail d’animation de groupe que la maîtrise des
dynamiques humaines peut être engagée.
- L’entrée globale au niveau de
grands groupes, de l’entreprise entière ou même
de contextes très larges (marchés, territoires,
organisations...). Il s’agit dans ce cas d’élaborer un
plan d’animation stratégique pour faire évoluer
la situation globale au travers d’animations elles mêmes
locales ou globales. Des stratégies de changement, des
processus de mobilisation et d’appropriation collective d’enjeux,
des parcours "macro pédagogiques", des dispositifs
de participation, de concertation, de gouvernance peuvent être
construits et conduits toujours de façon ad-hoc.
Il est important de noter enfin que dans
ces pratiques, l’action se mène à trois niveaux :
- celui du sens et du consensus moteur
et vecteur de la dynamique collective,
- celui des rôles, structures, organisation
des concourances dans le Sens du bien commun,
- celui des enjeux, objectifs, réalisations,
buts par rapport auxquels se mesure la performance collective.
L’Humanisme Méthodologique est à
ce jour le seul ensemble théorique et méthodologique
cohérent qui permet de développer une maîtrise
systématique des dynamiques humaines pour les entreprises
à toutes les échelles et aussi dans bien d’autres
contextes où les engagements humains collectifs sont déterminants.