Les deux chemins de la conscience

selon L’Humanisme Méthodologique
lundi 2 septembre 2013
par  Roger Nifle
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Si l’Humanisme Méthodologique distingue la conscience existentielle et la conscience symbolique on peut mettre en évidence, avec d ’autres précisions, les deux cheminements et leurs types de conscience associés, développement et approfondissement.

La conscience humaine procède selon deux voies, l’extension et l’approfondissement.

Dans le premier cas la conscience apparait par niveaux qui pourraient faire penser au gravissement d’une échelle. Elle permet de progresser vers une « hauteur de vue » de plus en plus grande.

Au premier niveau il s’agit de la conscience sensible, ce que l’on ressent et qui est aussi attribué à ce qui nous entoure comme si c’était sa réalité, étant là dans l’indistinction du soi et du non soi.
Vient ensuite la conscience objectivante ou distinctive à partir de laquelle le nombre pourra apparaitre séparant l’un et l’autre dans un ensemble.
La conscience factuelle ou pratique éprouve les interactions, physiques par exemple, en termes de causalité des faits et des effets
La conscience rationnelle vient alors surajouter l’ordonnancement selon une extension spatio temporelle et commence à écrire une histoire et ses enchainements.
Ensuite la conscience mentale déploie ses représentations ordonnées en structures, ses images, ses constructions du monde et ses identifications.
Enfin une conscience intuitive ou intentionnelle est celle d’une position, d’une posture propre, potentiellement autonome, celle d’une personne engagée dans des enjeux communautaires.

On pourrait dire que s’est construite une conscience intégrale par l’intégration progressive de ces différentes composantes. Au fur et à mesure du développement de cette conscience existentielle c’est l’existence de soi comme celle du monde qui s’étend en consistance mais aussi en extension et qui produit une réalité augmentée à chaque pas par le processus répété de re-présentation.

Ce premier chemin de conscience construit le monde et l’homme engagé dans les affaires humaines.

Le second chemin est celui de l’approfondissement. Il s’agit d’une quête des fondements de ce qui est à l’origine des réalités précédentes. Là trois types de quêtes sont possibles.

La quête des fondements existentiels qui vise à comprendre comment se construisent les réalités qui sont les nôtres. On trouve là la science ou la philosophie par exemple qui scrute les bases de ce qui sont les réalités d’expérience et de conscience précédentes. Une phénoménologie, toujours métaphysique, recherche les bases logiques et dynamiques des relations et mouvements du monde et de ceux qui l’habitent. La nouveauté ici est celle du cohérenciel, modèle de l’expérience première à partir de laquelle se construisent toutes les re-présentations et donc les consciences existentielles, celles même sur lesquelles porte la quête d’approfondissement. Cette quête des fondements existentiels nécessite une conscience ou expérience préalable et si possible une conscience intégrale et pas seulement partielle ou immature.

Cependant la quête des fondements ne s’arrête pas là puisque le cohérenciel comme expérience première est le fait d’un conSensus entre Instances, Sens et Cohérences en conSensus qui sont transcendants à toute expérience et conscience existentielle. On aborde alors ce que l’on appelle la conscience de Sens ou discernement des Sens (ou esprits) ou encore conscience symbolique. Ce n’est pas la conscience de quelque chose mais celle de celui (Instance) qui existe comme personne. C’est aussi ce qui éclaire comme de l’intérieur toute chose de la réalité consciente y compris les modélisations de la quête précédente. Cette lumière éclaire non seulement la source en l’homme de chaque chose mais confère une certaine maîtrise du phénomène de son émergence et son développement.

Le chemin de la quête ne peut pas ne pas s’interroger sur l’origine de ce qui est discerné à la racine des choses humaines en l’homme. Qu’est ce qui fait qu’il en est ainsi ? C’est la question de Dieu qui est par exemple le témoignage de cette quête. Mais si la quête est encore humaine, ce sur quoi elle porte n’est plus dans le champ de son humanité. Il en constitue le principe créateur. L’homme ne peut alors que se tenir dans le manque (en creux) dont sa propre présence est témoignage (en plein). Mais c’était déjà le cas pour la conscience existentielle par laquelle le monde et la réalité apparaissent en plein alors que les Sens et consSensus se révèlent en creux par une démarche « négative ».

La conscience existentielle laisse croire comme consistante une substance existentielle, alors que la quête des fondements repousse cette consistance substancielle d’abord vers ses modèles scientifiques ou philosophiques puis vers les Instances et leur consistance spirituelle et enfin vers ce qui leur échappe encore dans la source de toute présence.

Mais si des deux chemins le premier paraissait être un leurre, sans lui, le second chemin d’approfondissement serait impossible. C’est l’existence humaine qui est la condition de la révélation de l’humanité de l’homme et de son accomplissement. Mais pour cela encore faut-il qu’elle évite les impasses qui préfèrent le leurre au chemin et qu’elle bénéficie pour cela de quelque repère révélateur.

Roger Nifle 2 Septembre 2013


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