L’Humanisme Méthodologique en théorie

Quelques repères
lundi 2 septembre 2013
par  Roger Nifle
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Il n’est pas aisé d’avoir une compréhension profonde de l’Humanisme Méthodologique du moins du côté de ses fondements. Ce texte est destiné à y contribuer au travers de quelques principes essentiels.

La réalité est une réalisation de la conscience ou expérience humaine.

Il s’agit de la réalité des choses, simples ou complexes, des réalités convenues du monde et de l’univers, des réalités de l’existence individuelle et des existences collectives.

Chaque réalité désignée et réalisée se présente :

1 - Sous trois modes d’existence et de conscience
le mode physique, matériel et factuel
le mode mental, imaginaire et structurel
le mode affectif émotionnel et sensible

Ce sont les différentes facettes indissociables de l’expérience humaine

2 - Selon une structure ternaire
les éléments objectifs du contexte interne et externe (analysé ou non)
l’intention subjective de l’expérience de conscience, voulue et réalisée (consciemment ou non)
l’ordonnancement rationnel, structurant la réalité étendue dans l’espace et dans le temps.

Ce sont là les trois composantes et les trois vecteurs structurants d’un « cohérenciel », structure logique et dynamique des réalités d’expérience humaine. Ils sont corrélés en tant que co-extensions, co-réalisations mais n’ont entre eux aucune relation de causalité ontologique mais seulement des rapports logiques et historiques comme effets de conscience.

Les hommes sont des réalités existentielles parmi les autres mais ce sont eux qui les réalisent et se réalisent. Ainsi ils ne se réduisent pas à ces réalités existentielles d’expérience humaine.

Les hommes sont, au fond, comme des êtres spirituels ou Instances. Les Instances humaines sont constituées d’esprits ou de concepts que l’on nomme ici Cohérences. Ces Cohérences sont des ensembles de Sens, ou espaces radialement anisotropes.

L’expérience réalisatrice ou existentielle est un « effet de conSensus ». Le conSensus est comme le partage d’une Cohérence entre des Instances humaines qui peut voir favorisé un Sens prédominant. La structure première de l’expérience issue d’un conSensus est celle du « cohérenciel ». Il se déploie d’abord selon deux déterminants :
le Sens propre du sujet en conSensus
les Instances autres du conSensus, en nombre.

Ensuite le déploiement ou extension spatio-temporelle, moment d’expérience, produit vectoriel du temps, tension-intentionnelle et de l’espace, distinction-distance.

Le cohérenciel, modèle dynamique de l’expérience première est d’abord inconscient. Cependant la conscience existentielle en est une re-présentation présentation à nouveau ou expérience seconde, sous de multiples facettes. La réalité réalisée en conscience est d’abord cette expérience seconde. A partir d’elle les sciences par exemple vont chercher des fondements qui appartiennent en fait au cohérenciel. Les modélisations qui en découlent sont en fait des tentatives de re-présentations du modèle premier qu’est le cohérenciel sans pouvoir accéder aux sources de celui-ci. En effet si le cohérenciel est actualisation d’un conSensus entre Instances, le rapport avec eux est un rapport de transcendance. Les contenus du cohérenciel sont comme un inconscient structurel de la réalité réalisée, l’accès aux sources du cohérenciel échappe à la conscience de l’expérience seconde et à toute science.

Par contre un autre mode de conscience ou conscience symbolique ou encore conscience de Sens permet aux hommes de discerner en eux mêmes les Sens en conSensus qu’ils partagent. Cette « conscience de Sens » apporte une liberté, de détermination autonome de la participation aux conSensus, de les susciter, de privilégier l’un des Sens, ou même de changer de Sens, de conSensus et de Cohérence.

Ainsi si les sources de l’expérience existentielle restent habituellement cachées elles peuvent être élucidées. Alors l’incapacité d’intervenir en conscience (symbolique) sur l’existence des choses et de soi-même est remplacée par une possibilité de choix donc d’autonomie et de maîtrise. On notera, d’un part, le caractère limité de cette conscience de Sens au conSensus en jeu et d’autre part le fait que c’est par la participation des autres Instances que les réalités sont réalisées. Si l’homme par son Instance, est à la source de toutes les réalités d’expérience humaine il ne l’est qu’avec les autres qui participent aux conSensus en jeu. La liberté de l’homme est dans sa participation aux conSensus qui vont former son existence et celle de ses réalités partagées.

En résumé, les hommes sont des êtres de Sens ou Instances, Sens rassemblés en Cohérences partagées en conSensus. Ces Cohérences sont comme des entités spirituelles ou concepts des choses réalisées au travers de la structure cohérencielle par une conscience existentielle réalisatrice et ses différentes composantes co extensives : sensible, physique et mentale. Depuis cette expérience réalisatrice du monde et de soi un accès aux Sens en conSensus est possible par la conscience symbolique qui ouvre à une liberté de participation aux conSensus et de Sens dans ce conSensus.

Et maintenant de nombreuses conséquences en sont à tirer pour les phénomènes humains puisque pour les hommes il n’y a que phénomènes humains dans leur existence et celle du monde. Il reste aussi des chapitres qui ne sont pas explorés ici.
La question de l’origine de cette humanité ou question de Dieu
La question du devenir humain et de l’accomplissement de l’homme par l’accès à cette liberté conférée par le discernement des Sens, Cohérences et conSensus.
La question de la re-connaissance des phénomènes humains de l’existence dans toutes nos réalités et celles de toutes les affaires humaines individuelles et collectives.
La question des processus de l’agir humain en vue de cet accomplissement et toutes les formes qu’il emprunte au travers de toutes les affaires humaines.

Toutes ces questions ont été explorées, des réponses élaborées et des pratiques établies dans le cadre de l’Humanisme Méthodologique. Il ne s’agit plus de simples spéculations mais de théorisations rigoureuses (au sens étymologique), de découvertes ou re-découvertes foisonnantes, de propositions de nouvelles conceptions et de nouvelles méthodes, de nouvelles lectures de l’actualité d’un monde en mutation, la mutation de la maturescence humaine. Elle réclame des refondations dans de nouvelles conditions de l’humanité qui traverse des crises de passage ainsi que des développements majeurs dans tous les domaines significatifs.

Glossaire

Instance : L’homme comme entité spirituelle transcendante à son existence et celle du monde

Cohérences : Les constituants de l’Instance et de l’humanité de l’homme en chacun, ensemble de Sens, esprit ou concept des choses

Sens : Constituants des Cohérences, ce sont des dispositions d’être orientées (dits aussi esprits)

ConSensus : Partage de Sens dans une Cohérence entre des Instances, source de l’expérience existentielle

Cohérenciel : Structure logique et dynamique de toute expérience existentielle et de toute réalisation.

Réalité : expérience de conscience ou conscience d’expérience comme réalisation.

Conscience existentielle : expériences de re-présentations d’expériences

Conscience symbolique : conscience de Sens, d’être Sens, illumination, discernement

Roger Nifle - 29 août 2013