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L’échelle d’évolution est aussi une échelle de niveaux de maîtrise de l’actiondonc aussi de compétences et d eservices. C’est du plus haut niveau possible que l’action doit être pilotée. Il semble que cette évidence soit souvent mise à mal par une carence de compréhension de ces questions.
Avec la méthodologie générale nous avons
parcouru le cohérenciel selon une spirale inverse de celle
de l’évolution. Les deux sont cependant liés.
Le processus méthodologique part d’une centration et
d’une élucidation. Or c’est ce qui demande le plus haut
niveau de maîtrise de tout le processus. Faisons un parallèle
entre niveaux d’évolution et de maîtrise d’une part ;
phases du processus méthodologique d’autre part.
NIVEAUX DE MAÎTRISE
NIVEAUX DE COMPÉTENCES
NIVEAUX DE SERVICES

Niveau archaïque
Que ce soit l’appréhension du problème ou son
appréciation, on se situe dans un affect confusionnel qui
n’autorise aucune action maîtrisée sinon, réactionnelle,
pulsionnelle. L’action apparaîtra éventuellement
comme pathologique, ce qui signifie sous l’emprise d’un pathos,
d’une passion, d’une compulsion.
Niveau primaire ou factuel.
Il est possible de reproduire des opérations empiriques
issues d’un apprentissage factuel sans avoir la perspective des
buts visés.
Ce niveau opératoire peut être maîtrisé
par une capacité de représentations rationnelles
ou par quelqu’un qui dispose de cette maîtrise. C’est ce
qui justifie une hiérarchie d’encadrement. Dans certains
cas le niveau factuel de maîtrise peut aussi encadrer des
personnes de niveau archaïque. Cela peut permettre l’accès
de ces dernières au niveau factuel soit dans un programme
éducatif (ex. écoles maternelles) soit dans un programme
thérapeutique ou rééducatif.
Au niveau primaire factuel, les critères de maîtrise
sont l’efficacité de l’action, sa qualité en fonction
d’une utilité particulière.
Niveau secondaire maîtrise des représentations
par la raison
A ce niveau, il est possible de produire des représentations
cohérentes : projet, prospective, plans, scénarios,
procédures, etc.
C’est à ce stade que peut se préparer, s’encadrer,
l’action opérationnelle, factuelle. Relier rationnellement
différentes représentations pour modéliser
l’action est l’activité qui doit être maîtrisée
ici.
On comprend à la fois l’exigence consistant à
ce que ces représentations anticipent véritablement
sur leur réalisation factuelle mais aussi le fait que le
Sens de ces représentations ne se maîtrise pas à
ce niveau.
Il y a maintenant un autre niveau hiérarchique qui s’impose.
Le niveau de maîtrise des représentations
doit être orienté, dirigé par un niveau de
maîtrise du Sens.
Sans cela la maîtrise des représentations se limite
à l’arrangement ou au réarrangement de modèles
existants, à la conservation des cadres mentaux et non
à la créativité ou l’innovation pour de nouvelles
représentations associées à des situations
uniques comme elles le sont toujours.
Il y a donc une limite à la maîtrise des représentations
qui doit faire appel à une maîtrise supérieure.
Niveau tertiaire de la maîtrise du Sens et de
l’intégralité des dimensions existentielles.
A ce niveau peut se piloter le processus de fond qui travaille
directement sur les Cohérences, problématiques humaines,
Sens et consensus. C’est celui qui permet l’élucidation
initiale et la prise de position sur le Sens de l’action.
Il est possible à ce stade de faire appel à d’autres
compétences portant sur les représentations mais
dont on voit qu’elle iront alors de la maîtrise de la créativité
conceptuelle jusqu’à la maîtrise de la rationalité
opérative. C’est tout un ensemble de niveaux de compétences
qui se différencient ainsi. De même différents
niveaux de compétences factuelles viendront poursuivre
l’action encadrée par le niveau secondaire.
Nous voyons ainsi que le processus méthodologique de
l’action fait appel à un enchaînement de niveaux
de compétences correspondant aux niveaux d’évolution
et de maîtrise. Le parallèle entre le développement
de potentiels de maîtrise et les capacités de maîtrise
de l’action apparaît d’évidence. Cependant apparaît
aussi d’évidence qu’une personne, une structure, un groupe,
une société d’un certain niveau d’évolution
ne peut maîtriser l’action depuis un niveau supérieur
à celui de son évolution, de sa maîtrise.
C’est ce qui justifie l’utilité de services. Il s’agit
de l’exercice d’une maîtrise pour le service de ceux qui
ne l’ont pas. On a vu ainsi que par le biais de la maîtrise
de l’action, c’est la maîtrise collective qui est bénéficiaire.
Ainsi tout service d’exercice d’une maîtrise sert
la maîtrise des autres.
Se refondent ici les notions de compétences, de niveau
professionnalisme, de niveaux de responsabilités dans l’action.
Se fonde ici aussi la notion de niveau de service.
En effet le service apporté aux autres, service de contribution
à la maîtrise de l’autre, ne peut dépasser
le niveau de maîtrise de celui qui sert.
On pourra ainsi associer au même niveau
- maîtrise primaire ou factuelle et service d’utilité,
- maîtrise secondaire et service de conception, de représentation,
d’identification,
- maîtrise tertiaire et service de Sens, Sens d’un développement
ou d’un accomplissement personnel, Sens du bien commun.
L’architecture des niveaux de maîtrise permet l’articulation
des niveaux de service.
Pensons néanmoins aux difficultés liées
à l’ignorance de cette hiérarchie des niveaux. Ainsi
des attentes de service ne peuvent être satisfaites par
ceux qui, n’ayant pas le niveau suffisant, ne peuvent ni l’appréhender,
ni l’offrir. C’est aussi le cas de plus en plus fréquent
de "services publics" qui n’ayant pas dépassé
le niveau factuel ou le niveau des représentations sont
incapables d’appréhender les services de niveau tertiaire
liés au Sens des affaires humaines et, pire, au Sens du
bien commun qui leur échappe.
C’est l’un des apports majeurs de l’humanisme méthodologique,
face à une carence de plus en plus criante des niveaux
de responsabilité et de légitimation des niveaux
de compétences affichés.
En particulier il faut poser là les repères suivants
en terme de niveaux de responsabilité et de maîtrise
à assumer.
Le niveau politique qui détermine le Sens de
l’action dans les groupes, institutions et communautés
de toutes tailles.
Il s’appuie sur l’exercice d’un niveau de maîtrise tertiaire
de l’âge du Sens dont les responsables ont à trouver
l’appui des éclairages et des repères.
Le niveau stratégique qui déploie rationnellement
dans l’étendue les modalités de l’action.
Il s’appuie sur l’exercice d’une compétence de niveau
secondaire (maîtrise des représentations) elle même
orientée par la position politique (sans elle c’est l’arbitraire
du Sens ou le conformisme des modèles qui règnent
comme dans la plupart de nos appareils technocratiques).
Le niveau économique qui prend en compte les
résultats des opérations et en répartit les
ressources et les charges.
S’il n’est pas éclairé par le niveau stratégique
et politique il s’érige en système d’aliénation
justifiant notamment les pouvoirs archaïques qui s’en trouvent
légitimés.
La hiérarchie des niveaux politiques, stratégiques,
économiques est aujourd’hui soumise à la plus grande
confusion faute d’un fondement anthropologique tel que l’Humanisme
Méthodologique le propose.
A contrario il y a là les bases d’un programme de restructuration
de reverticalisation des niveaux de formation, de compétences
et de responsabilités indispensables dans un monde de l’âge
du Sens qui s’amorce.
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