Le Sens du socialisme

Une boussole pour temps de crise
dimanche 12 octobre 2008
par  Roger Nifle
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Une analyse de cohérences a été réalisée il y a de nombreuses années mais elle vient se publier aujourd’hui. Le temps est venu. Une boussole viendra situer notamment 4 modèles en lice. Faut-il choisir entre eux ? Faut-il choisir de tourner la page ?

LE SENS DU SOCIALISME

Le socialisme a plusieurs Sens et une boussole ne serait pas de trop pour ceux qui y cherchent une voie ou pour ceux qui ne voient pas ce qu’il peut apporter au 21° siècle.

Une analyse des Sens du socialisme a été réalisée il y a déjà de nombreuses années à partir des méthodes de l’intelligence symbolique dérivées de l’Humanisme Méthodologique. On en donnera là les principales lignes explicatives.

Tout d’abord le socialisme est centré sur la problématique du rapport individu/société. Ce sont les différents Sens donné à ce rapport qui en déterminent les différents visages et les différents courants.

Deux axes structurants dialogiques :

1) La logique du primat de l’individu sur la société, c’est un individualisme radical qui fait de la liberté individuelle (libéralisme ?) le principe et l’aspiration essentiels.

2) La logique du primat de la société sur l’individu. C’est un collectivisme radical qui fait de la collectivité (le peuple ?) le seul sujet de l’histoire dont les individus sont comme des “particules élémentaires”.

3) La logique d’antagonisme où les intérêts individuels et les intérêts collectifs s’opposent, se combattent, sont en conflit permanent. Comme s’il y avait une incompatibilité entre l’indépendance individuelle et la totale dépendance des systèmes collectifs, entre le particulier et l’universel.

4) La logique d’interaction où une sorte de conciliation se cherche entre l’individu et la société, le public et le privé, la partie et le tout. Se dessinent alors des organisations cherchant à tisser “le lien social” entre les individus.

Ces quatre axes de la boussole, comme quatre pôles, dégagent deux à deux quatre modèles du socialisme.

1 et 3 - Le socialisme libertaire, anarchiste ( altermondialisme ?

La liberté individuelle se heurte “au système”, l’Etat, la société et tout ordre collectif établi. Elle rêve d’une “révolution” de la liberté où chacun ferait ce qui lui plaît sans contrainte, morale, administrative et bien sur physique ou économique.

Ce libéralisme libertaire est très présent dans une des dimensions de 1968 et ses héritiers. Penser une autre société fait entrer dans la contradiction schizophrène et défait toute tentative d’organisation collective.

2 et 3 - Le socialisme révolutionnaire (anticapitalisme ?).

Le mal est identifié au “libéralisme”, aux “intérêts particuliers” et à tout ce qui existe “en propre” (autonome, propriétaire, personnel, etc.). Seul le sujet “collectif” de classe est porteur de la victoire sur les sujets individuels lesquels étant à priori niés ou diabolisés ne peuvent être identifiés qu’à une classe ennemie.

Commence alors l’épopée de la lutte révolutionnaire qui s’abîme toujours dans un pouvoir personnel totalitaire justifiant la dictature de la classe identifiée au collectif, la classe populaire. Contradiction suicidaire et destructive.

2 et 4 - L’égalitarisme socialiste. (étatisme ?)

L’organisation sociale, publique, étatique, administrative de la vie des individus identifié à leur statut, leur fonction, leur fonctionnement et surtout pas à leur personne, c’est le chantier permanent.

Le déni de la différence, de l’”en propre”, de l’originalité individuelle se gère par une organisation qui normalise et organise en fonction de ses standards. L’organisation de la cité détermine la citoyenneté, c’est-à-dire le droit de cité des citoyens.

C’est évidemment la règle qui régit les rapports inter individuels règle collective qui se refuse à considérer toute singularité autonome. Une certaine “laïcité” y trouve à se nourrir.

1 et 4 - Le libéralisme citoyen, (social-démocratie ?).

Nous sommes là dans un primat de l’individu. La démocratie est comprise comme l’expression libre des individus assurant l’organisation collective. Il y faut une méthode, une procédure pour que se construise la cité, la société, tout en laissant le libre jeu des désirs.

C’est malgré tout l’intérêt des individus qui est la finalité de l’organisation sociale ou économique, un libéralisme organisé, régulé. Mais y-a-t-il un modèle mathématique, rationnel, qui articule l’unité et la diversité en donnant à la diversité le primat sur l’unité ?

Comment construire une cité d’électeurs libres voilà ici le dilemme de l’idéal socialiste.

Alors faut-il choisir un Sens dans tout cela ? Il ne sera pas difficile au lecteur de situer son expérience de l’histoire et de l’actualité avec les débats qui l’accompagnent. Cependant c’est la pertinence de la problématique qui fait question aujourd’hui.

Le collectivisme radical a chu symboliquement avec l’effondrement du mur de Berlin.

L’individualisme radical a chu symboliquement avec l’effondrement du système financier spéculatif.

ROGER NIFLE

12 OCTOBRE 2008