L’ordre juste ou la vertu française

Adresse à des candidats à la présidence
mardi 7 novembre 2006
par  Roger Nifle
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L’ordre juste, tel est la vision, le Sens auquel se réfèrent déjà deux candidats. Ils ont l’oreille des français ce qui en met certains en fureur. Il se trouve qu’est signifiée là la meilleure vertu française, le Sens du bien commun, la vocation d’une France retrouvée, le chemin du coeur des français, le Sens d’une république renouvellée dont les valeurs seraient véritablement des vertus et non des leurres incantatoires.

Deux candidats ont pris cette expression pour caractériser leur position. Ils sont à ce jour les favoris des sondages et suscitent bien des vindictes. Il faut marquer cela d’une pierre blanche et dire ce qu’il y a d’essentiel pour notre pays dans cette expression.

L’analyse des Sens et cohérences de la culture française vient éclairer ce qu’elle a de providentiel et de pertinent. Il faut la lire.

Avec “l’ordre” elle conjugue un talent et une vertu de notre pays qui, sous le régime de la Raison, a su cultiver une excellence dans tous les domaines de la technique ou du droit, de l’organisation sociale, de l’Etat, de la science.

Seulement cet “ordre” s’est abîmé dans l’injuste et l’injuste c’est le cynisme, l’ordre pour l’ordre, le déni d’humanité, la “Raison d’état” contre la raison d’humanité, la raison sans l’esprit, sans le Sens.

C’est pour cela que notre pays parait trop souvent celui de l’hypocrisie, le tenant de l’ordre injuste. Faut-il aligner ici les “découvertes” que font les français de leur histoire, de leur justice, de leur société, de leur université, de leurs supposées valeurs républicaines, de leur modèle social. Les injustices criantes, brûlantes, outrancières en sont le résultat, celui d’un ordre sans âme ou pire d’un ordre de la méconnaissance, du refus et du déni d’humanité.

La vertu d’ordre et le vice de l’injustice n’était-ce pas ce que les français reprochaient à l’ancien régime ? Le nouveau ne s’est pas empressé de changer de voie.

Le juste au contraire c’est le souci de la vérité, vérité humaine, vérité de bonne foi, interrogation authentique, ambitieuse et modeste, le parler vrai, le “dire les choses comme elles sont” et pas comme l’idéologie ou la règle le prétendent. C’est l’un des critères du succès. Parler juste des français aux français et du monde aussi et au monde aussi. C’est d’ailleurs là que la vocation de la France se trouve reconnue tant dans le sentiment d’appartenance que dans la vertu de justice.

Il faudrait approfondir cela, ce qu’est le juste et l’injuste dans la culture française.

D’un côté l’ordre juste, c’est la Raison avec le Sens du bien, le “bon” Sens, le Sens de la vérité, celui des français.

De l’autre, l’ordre injuste, c’est la Raison servile qui sert les intérêts et le “droit au déni de vérité”. Cynismes idéologiques ou scientifiques, formalismes défensifs et offensifs, toute l’habileté des aristocraties et d’une grande part des élites du pays, aujourd’hui contestées, se trouve là.

Il y a cependant aussi une alternative française à la vertu d’ordre, c’est celle du ressentiment. C’est un travers, un vice de la culture française que de décrier l’ordre en place, tout ordre en place. Lui jeter la pierre plutôt que d’y amener sa pierre.

Tentations anarchistes ou complaisance dans l’irresponsabilité d’un peuple infantile ou adolescent ? Toujours est-il que la contestation de l’ordre est érigée en l’un des beaux arts dans ce pays, exonérant de toute bonne volonté ou responsabilité et même faisant d’une sorte de délinquance une vertu de contestation, révolutionnaire et libertaire. Voyons comment on y est prompt à excuser sinon admirer les actes de dégradation publique dès lors qu’on les oppose à l’ordre en place. Ceux qui postulent à gouverner en France devraient s’en souvenir. Ceux qui croient notamment qu’il s’agit seulement de changer d’ordre se leurrent. La “rue” ne supporte pas l’ordre républicain quelqu’il soit et les stratégies du ressentiment, le jeu de la manipulation permanente des “mauvais penchants” est une nuisance nationale. L’expression “partis de gouvernement” signifie qu’il y en a d’autres qui ne le sont pas, c’est-à-dire qu’ils campent sur cette position du ressentiment autoglorifiée.

Alors à ces candidats, il faut dire aussi cultivez votre sincérité au plus profond et au plus près. Oui interpellez les français comme cela sans restriction. Il y a toujours un français qui sommeille même chez les plus cyniques et les plus mauvaises volontés. Non n’acceptez pas les injustices cyniques qui veulent faire prévaloir leur mauvaise foi au nom d’un droit à la conservation des mauvaises habitudes et des fausses vérités, idéologiques par exemple, jamais interrogées dans leur pertinence actuelle.

Non ne rentrez pas dans le jeu de la dénonciation de “l’ordre de l’autre” sinon ce sont les maîtres du ressentiment qui auront encore raison.

L’extrême droite et l’extrême gauche en France partagent cette position qui est le contre Sens de l’ordre juste. Sans foi, ni loi ils réclament la liberté de nuire, au nom du peuple, à l’encontre de la vertu, de la vertu française.

L’anti ceci ou cela et c’est la vertu d’ordre qui est trahie.

La préservation des oripeaux de toutes les falsifications de l’histoire, des déguisements, des vérités fabriquées, des mensonges glorifiés, des affirmations sans conscience, des formalismes auto référencés, des étiquettes sacro saintes et profanatoires et c’est la vertu de justesse et de justice qui est trahie, depuis trop longtemps.

Celui qui tiendra le cap de l’ordre juste malgré les sollicitations perverses gagnera le cœur des français. Et, qui sait, il arrive que la fonction grandisse l’homme ou la femme, que la rectitude procure quelque charisme.

Ayons confiance. Qui sait si la vertu française si maltraitée ne nous réserve pas quelque bonne surprise, aux candidats de l’ordre juste aussi et à l’Europe et au monde pourquoi pas ?

Voir aussi : Pour refonder le politique et la démocratie



Commentaires  forum ferme

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mercredi 16 mai 2007 à 17h13 - par  Roger Nifle

Manichéisme, clanisme, cynisme vertueux, démolir l’adversaire, s’opposer à tout ce qu’il fait surtout si c’est bien pour la communauté ou populaire, c’est là le bien commun. Prendre le pouvoir à sa place ce serait cela le Sens du bien commun.

L’ouverture ? la poursuite du bien commun de la nation ? Mais c’est immoral disent-ils c’est une tricherie cynique, un masque, disent ces experts qui s’y connaissent. "Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre" nous signifient ces stratèges de haute vertu dont la sagesse et la considération mutuelle éclatent aux yeux des gens, fruit trop mur sans doute de tant de maturité politique.

Nous n’avons pas de projet, nous ne savons pas où aller, nous ne savons pas qui nous sommes mais heureusement il y a l’adversaire pour refaire l’unité. Donc votez pour nous disent-ils. Après nous verrons quel pourrait être notre projet un Grand projet bien sur. N’y aurait-il pas là quelque gaucherie ou, pire, quelque gauchissement.

Effondrement moral voilà le spectacle, la rançon de longues années de malignités habiles, d’interprétations abusives de "ce que veulent les français", de détournement du sujet...

Heureusement d’autres pensent différemment. Fini la conception de la guerre civile politique, entre droite et gauche. Faisons la guerre à la guerre entre les partis, combattons les pour faire advenir l’esprit de coopération entre eux. Faisons de la résistance.

Il y a un truc pas clair. Où est l’erreur.

Je l’avais dit ! Celui qui saura faire taire l’esprit de ressentiment au profit de la "bonne volonté" gagnera. Il gagné le coeur de la France.

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jeudi 9 novembre 2006 à 19h52 - par  Jean-François Le Guen

Monsieur Nifle et cher ami,

C’est là une excellente initiative que d’apporter aux candidats à la présidentielle 2007 votre analyse et vos attentes d’humaniste reconnu.

Parfait votre résumé : il manque en effet à la France cet « ordre juste » à refonder sur le sens du bien commun, et c’est bien au futur président de le restaurer pour retrouver le chemin des cœurs des français. Comme vous, je suis persuadé que le souci de « l’ordre juste » doit être l’objectif de la France, pour elle-même et pour sa vocation humaniste mondiale.

Malgré les vindictes qui déjà s’élèvent chez les hypocrites et les cyniques, il s’agira de tenir très fort la barre de l’ordre juste. En particulier, il faudra être bon pédagogue pour remettre la culture française sur le chemin du sens et de la cohérence générale. Il s’agit impérativement de réapprendre à conjuguer nos talents et nos vertus pour restaurer avec ordre le régime de la raison qui s’est abimé dans l’injuste avec beaucoup de cynisme et d’hypocrisie. Comme vous, je pense que c’est la pratique d’un ordre injuste par une grande part des élites du pays, aujourd’hui contestées, qui est à l’origine de la fracture du pays entre le peuple et son élite dirigeante.

Les ressentis et les tentations anarchistes d’un peuple infantilisé existent certes, mais ce sont surtout leurs causes parfois inimaginables qui sont à dénoncer et à condamner ensemble. Alors, debout la France contre toutes ces absurdités pour une république renouvelée dont les valeurs seraient véritablement des vertus et non des leurres incantatoires.

Comme vous, j’ai confiance et mais je crois que la bonne surprise viendra d’un 3ème candidat non encore déclaré.