La mutation
par Roger Nifle
La mutation de notre époque et simultanément une remise en question des certitudes acquises avec les crises et les troubles qui l’accompagnent ; un passage qui est aussi une situation de crise, crise de Sens en l’occurence, crise de maturescence ; et enfin l’émergence d’une nouvelle ère dont nous n’avons pas encore tous les moyens de l’imaginer et de la penser alors qu’elle est déjà là.
Dans la violence et l’inquiétude,
le vingtième siècle accouche d’une ère nouvelle.
Une véritable renaissance est déjà en train
de se préparer proposant des réponses inattendues
aux questions de cette fin de millénaire.
C’est cela une mutation avec son cortège de crises, de
crispations, de refus, mais aussi le foisonnement des expériences,
des initiatives, des inventions, des remises en question salutaires.
Cette mutation, depuis longtemps annoncée et souvent identifiée
au passage du siècle ou du millénaire, est déjà
à dépasser. Beaucoup l’ont fait ou s’y préparent
à leur manière, souvent pionnière et aventureuse,
dans tous les domaines.
Or il n’est pas inutile de comprendre cette mutation, cette nouvelle
marche à franchir dans la progression de l’humanité.
D’abord pour savoir qu’un progrès sans précédent
est en train de se préparer sans que cela enlève
à l’homme ses réflexes de régression et
ses travers les plus terribles.
Ensuite pour s’investir dans une sorte de nouveau monde, encore
largement inconnu mais déjà en train de se construire
sans éliminer les mondes anciens, simplement relativisés
comme la modernité l’a fait de l’âge classique et
comme d’autres ères de civilisation l’ont fait des précédentes.
Mort - renaissance, c’est cela une mutation, une métamorphose.
Or ce qui se prépare c’est un monde plein de Sens, l’ère
nouvelle c’est l’âge du Sens. L’âge du Sens succède
à l’âge de la Raison et le dépasse.
De toutes part les questions de Sens émergent. Elles sont
décisives mais il faut savoir vivre, habiter et entreprendre
dans un monde de Sens. En comprendre les Sens (discernement),
y choisir le meilleur Sens (direction) et agir en cohérence
dans ce Sens (développement d’activités et de projets).
La
difficulté du changement
Nous vivons une mutation et cette mutation s’accompagne de toute
une série de crises. Nous baignons depuis plus de 25 ans
dans cette atmosphère. Il est difficile dans un tel contexte
d’y voir clair et de s’engager sur les voies de l’avenir et,
comme tout changement, les craintes et les espérances
font assaut, souvent dans une confusion douloureuse. Il est difficile
de caractériser une mutation lorsque l’on a "le nez
dessus" et encore plus d’en tirer des enseignements pour
s’orienter et pour agir, pour diriger et se diriger. Cette difficulté
tiens, d’une part, à l’agitation des esprits et des réactions
en tout genre et, d’autre part, à l’insuffisance des moyens
d’analyses et de discernement. De ce fait les discours et les
"visions prospectives" sont souvent eux-mêmes
l’effet d’un trouble engendré par la mutation. prophéties
auto-exauçantes lorsqu’on annonce pour le futur ce qui
est déjà là auquel on ne veut pas renoncer,
résistances au changement traduites en crispations sur
les références antérieures que l’on ne veut
pas relativiser, fuite en avant pour tenter de déjouer
à son profit les changements qui se produisent. En outre,
comme à tout moment charnière, beaucoup de choses
de l’humanité et de son histoire sont en jeu et, dans
les émergences, on peut observer des tendances contradictoires.
Où va-t-on ? Que se passe-t-il vraiment ? Sur quelle perspective
s’engager ? Voilà des questions auxquelles il faut répondre.
La difficulté du changement c’est la peur de quitter des
assises familières, même inconfortables, et celle
de l’inconnu. C’est aussi, par définition, le manque de
modèles et de références pour s’assurer
des enjeux et des voies de l’avenir et aussi des moyens pour
le penser et le construire. C’est cela que la théorie
des cohérences humaines propose :
- des moyens de penser l’évolution humaine et de comprendre
les phénomènes qui se produisent actuellement dans
leur genèse humaine.
- des moyens de repérer le Sens et les conditions de la
mutation déjà engagée
- les outils et les méthodes pour découvrir, inventer
et construire des solutions pour des temps nouveaux. Peut-être
est-il plus fécond aujourd’hui de bâtir une ère
nouvelle qui est déjà engagée que de s’évertuer,
de façon ambiguë, à réparer des systèmes
caducs. Telle est la stratégie de changement qui est ici
préconisée.
Un
seuil entre deux ères
Une première caractéristique d’une mutation c’est
l’effet de seuil entre deux ères. C’est à la fois
une continuité et une discontinuité. La continuité
correspond au fait que tout ce qui existait avant reste présent
et que, en quelque sorte, le futur est bien la continuation du
passé ; celui-ci portant en germe cette évolution.
La discontinuité correspond au fait que rien ne sera plus
comme avant et que le changement est radical. L’effet de seuil
est difficile à apercevoir parce que les moyens pour le
voir ne sont pas ceux du passé. Avec les yeux du passé
ce qui change vraiment est vécu comme une catastrophe
"tout fiche le camp" en même temps que les progrès
sont toujours attendus mais dans les formes connues. Par exemple
Internet est, pour beaucoup, la suite de l’évolution informatique
et ils ne voient pas que c’est un phénomène de
société de première grandeur qui se produit.
Avec les yeux du futur, ce qui change c’est le démarrage
d’un monde neuf dont les caractéristiques étaient
impensables et le restent pour beaucoup. Il ne s’agit pas de
faire table rase mais de découvrir que c’est tout une
nouvelle tranche de l’expérience humaine qui commence.
Mais pour cela encore faut-il pouvoir l’imaginer se souvenir
des mutations antérieures, et, pourquoi pas, se souvenir
de ses propres mutations personnelles et des changements de vie
qui les ont accompagnés. Le seuil que nous sommes en train
de franchir est de cet ordre. Il correspond aux seuils naturels
de l’évolution humaine comme l’est le seuil de l’adolescence
par exemple ; devant un nouveau monde inquiétant et attractif
derrière un monde à quitter celui de l’enfance
avec toutes les ambivalences qui font de l’adolescence un passage
difficile bien souvent. Le seuil en question est celui du passage
d’un âge de la Raison à un âge du Sens, à
l’échelle des siècles. Avant la raison était
la gouvernante de toute approche sérieuse des problèmes.
Après elle devient un accessoire indispensable mais le
Sens devient la clé de toute approche valide des problèmes
que nous avons à traiter. La théorie de l’évolution
et des âges de l’humain montre dans quelle structure se
situe cet effet de seuil.
Une
marche de progrès
La mutation est un passage entre deux périodes de l’évolution
humaine. C’est aussi une marche. Ainsi nous sommes appelés
à grandir d’un nouveau degré dans notre capacité
de maîtrise de l’expérience humaine. Jusqu’ici la
maîtrise de la Raison était le moyen le plus avancé
de gérer nos représentations du monde et de nos
affaires. Les écoles et particulièrement les grandes,
étaient conçues pour cela. Avant, une analyse rationnelle,
une organisation rationnelle et tout était dit, du moins
c’était le mieux que l’on pouvait. Maintenant, en plus,
il faut se demander dans quel Sens les choses vont, dans quel
Sens décider et dans quel Sens agir. Une fois le Sens
clair alors la raison fait son oeuvre. Mais voilà, avant
le sens était donné ( le bon et le mauvais) et
on n’en parlait pas. On n’avait pas besoin d’apprendre à
discerner les Sens avec tout ce que cela implique de valeurs,
de significations, de motivations, d’aspirations, de logiques
et rationalités différentes et, au bout du compte,
de responsabilité de choix. Maintenant c’est là-dessus
que se fonde la connaissance, que se définit la responsabilité,
que se construisent les compétences et que s’évaluent
les actions. C’est tout un nouvel apprentissage qui est à
faire comme à l’époque où nous avons du
apprendre à manier la raison pour progresser dans notre
civilisation (personnelle et collective). L’âge du Sens
surpasse l’âge de la Raison et c’est cette marche que nous
avons à franchir (pendant que beaucoup en profitent pour
dévaler la pente et oublier tout ce qui a été
édifié au fil des siècles).
Crise et mutation
La question du Sens
La
crise de maturescence
Dans l’histoire humaine, celle de l’évolution des personnes
comme des sociétés et de l’humanité, le
passage que nous vivons est celui d’une crise de maturescence.
Après l’âge que l’on disait l’âge adulte vient
un autre âge de la vie. Il se découvre par exemple
par les nombreux phénomènes qui touchent au fait
qu’après 50 ans plusieurs décennies de la vie ne
peuvent être assimilées à une simple retraite.
Il y a une maturité à découvrir et dont
notre société ne sait pas encore quoi faire. On
découvre en même temps ce problème de la
maturescence où la question du Sens de la vie se repose
avec acuïté mais aussi celui de nouvelles responsabilités
tant pour la personne que pour les communautés de vie
auxquelles elle participe. Or la théorie de l’évolution
humaine montre que ce seuil de la maturescence est celui où
s’assume de façon plus décisive cette responsabilité
du Sens donné des intentions assumées des positions
prises. Comme toujours le passage d’un âge où tout
cela était sensé être déterminé
par les mécanismes de la raison et ses spécialistes
à celui où l’engagement personnel prime en ce qui
concerne le Sens et la volonté est l’occasion d’une crise ;
avec son cortège de difficultés : envie d’avancer
mais sans bien savoir et envie de reculer pour profiter des acquis.
La crise est un moment décisif, celui des choix radicaux.
C’est dans cela que se débat notre société
et bon nombre de personnes plus en avance. Quelques uns sont
en train de travailler à la suite la crise étant
pour eux dépassée.
Crise et mutation
Les
âges de la vie
La
crise des représentations
L’âge de la raison est aussi l’âge des représentations,
l’âge des signes, des images, des modèles, et des
structures avec lesquelles nous construisons notre société
nos mondes, nos vies et nos affaires. La raison en est l’instrument
de maîtrise et d’organisation. On sait aussi que les représentations
peuvent sans cela déraper en phantasmes, délires,
falsifications, ou seulement séduction. Or cet âge
est en crise et la crise des représentations en est un
symptôme. Des réactions en tous sens se font sentir.
Régresser vers la fascination de l’image et des signes
de plus en plus éphémères, Se crisper sur
les représentations dites "modernes " et devenues
bien classiques, En venir en deçà des représentations
et de tout examen critique de ce qui se passe pour tomber dans
des phantasmes régressifs où c’est toute idée
de progrès humain qui est disqualifiée et critiquée.
La défaillance des certitudes anciennes est un symptôme
de la crise . Pensons à la prolifération compulsive
des lois et règlements qui ne fait que disqualifier les
principes d’une société appuyée sur le droit.
Les médias en sont un autre exemple massifs mais aussi
notre propre rapport aux idées qui vont et viennent sans
souci de profondeur ni cohérence au gré des opinions
et des modes. Le dépassement de cette crise c’est justement
du côté de la profondeur, celle du Sens et de la
cohérence qui en découle qu’il faut la chercher
et découvrir que les représentations ne sont que
des médiations et non des causes ou des formules magico-scientifiques.
Réactions à la crise
Crise
et mutation
La
crise de Sens
Nous vivons une crise de Sens. Ces dernières années
cela s’est manifesté partout notamment dans l’édition
Il y en a trois caractéristiques importantes. La première
c’est la découverte que le sens de l’avenir ne va pas
de soi ou qu’il est perdu ; que nous sommes en quête de
Sens et que cela à quelque chose à voir avec l’essentiel,
les valeurs humaines, l’éthique, l’avenir et notre responsabilité.
La deuxième c’est que cela ne nous est pas familier si
bien que différentes conceptions du Sens sont à
l’oeuvre sans que l’on y prenne garde et sans qu’il y ait de
référence bien nette ou même chez les herméneutes
(qui travaillent sur le Sens des choses ou des discours). Les
fondements de cette crise et son dépassement ne sont pas
plus clairs que ce que l’on sait du Sens. Nous écrivons
à ce propos Sens avec une majuscule pour faire référence
justement à cette nouvelle théorie du Sens qui
est ici utilisée et qui répond à ce problème.
Le troisième aspect est celui du contenu même de
cette crise de Sens. Une crise de Sens peut se figurer par un
carrefour où des voies partent dans toutes les directions,
autant de Sens possibles. Chaque Sens correspond à un
type de regard sur le monde, un type de logique et de finalité,
un type d’interprétation et de conception des choses.
La crise c’est cet état où tous ces Sens sont actifs
en même temps, les plus familiers et les moins reconnus.
On se sent déboussolé et, en même temps,
personne ne nous dit quelle route prendre. C’est notre responsabilité
de comprendre décider et agir, pour soi et pour les autres.
Dans la crise de Sens se découvrent alors des habitudes
anciennes où le Sens c’était la puissance, ou bien
la raison ou bien la nature des choses. rien en tout cas que
l’on puisse assumer soi-même sauf à s’y soumettre.
Le Sens c’était presque l’antinomie de la liberté.
Or la crise de Sens ne peux plus éviter cette question
de liberté, si maltraitée dans le passé.
Elle doit être dépassée mais pour cela il
faut discerner quels Sens sont et on été en jeu
et quels autres sont là émergeants mais pas du
tout équivalents...
L’épreuve de la liberté
Le Sens dans la théorie
La
crise des conceptions
C’est l’un des aspects
majeurs de la crise de Sens. En effet chaque Sens est le vecteur
d’un type de conceptions des choses et donc d’interprétation
du monde. En deçà de la crise ce sont les conceptions
traditionnelles qui ont cours et elles sont incapables de voir
et encore moins de comprendre les nouvelles. Dans la crise, lorsque
le discernement n’est pas encore suffisant tout ce qui semble
émerger passe pour le nouveau Sens, le nouveau paradigme,
sans que l’on en voit les enjeux et conséquences. Or la
crise actuelle peut s’analyser comme le basculement d’un couple
de Sens antagonistes vers un autre. D’un côté, justement,
le Sens de la Raison idéale s’opposait au Sens de la puissance
et de la possession. D’un côté les choses s’expliquaient
par la Raison de l’autre par quelque forme de pouvoir, pouvoirs
du bien ou du mal notamment. Celles-ci restant actives émergent
deux autres conceptions que l’on peut caractériser philosophiquement
en faisant court. La nature humaine précède la
nature des choses ou l’inverse. Dans cette deuxième conception
qui a de plus en plus de succès il n’y pas de nature humaine
(le but des sciences humaines disait Lévy Strauss était
de "dissoudre l’homme", ce qu’il appelait l’anti humanisme
théorique auquel s’est joint depuis un anti humanisme
pratique fort bien porté dans les salons post-modernes).
Le Sens dans cette deuxième conception c’est la nature
des choses sinon la Nature tout court. Il n’y a pas d’autre Sens
que quelque épiphénomène à ignorer.
Circulons il n’y a rien à voir. Au contraire dans l’autre
Sens le Sens est la coeur de l’homme le propre de l’homme et
c’est pour cela qu’il est le lieu même de l’exercice de
la liberté proprement humaine. Un aspect de cet antagonisme
est l’opposition entre une conception du monde et de l’homme
régi par des systèmes dont seul le jeu d’adaptation
nous est ouvert et une autre où nous sommes au contraire
les coauteurs responsables de ce que nous réalisons selon
le sens de nos engagements. Cela prête à conséquence
sur ce qui est considéré comme l’essentiel pour
comprendre décider ou agir : Le Sens en l’homme ou le
système prétendument "naturel".
La crise quelle crise ?
La civilisation de l’entreprise
La
crise des finalités et des valeurs
C’est un autre visage de la crise de Sens et donc du seuil de
maturescence. Nous sommes aussi à un carrefour qui prête
à conséquence non seulement sur le plans éthique
mais aussi celui des engagements personnels et collectifs. Nous
en donnerons simplement un aperçu. Par exemple s’opposent
une logique spéculatrice individualiste effrénée
(chacun pour soi) et une logique de service de l’autre et même
du bien commun du bien commun qui s’affirme. Cela a des conséquences
jusque dans les logiques économiques. Par exemple sur
Internet on voit se développer des rationalités
économiques (gratuité) étrangères
aux usages calculateurs et spéculatifs en même temps
qu’une spéculation qui perd tout contrôle et ne
comprend pas ce qui se passe. Une autre dialectique est celle
de la réalisation des potentialités propres aux
hommes et aux communautés (cultures) opposée à
celle de la normalisation à outrance au conformisme, à l’obéissance aveugle à la règle et à
la norme. On voit bien les conséquences sur les initiatives
la créativité ou la reproduction défensive
de modèles standard. Internet est encore le lieu révélateur
de ces antagonismes. Pourquoi agir, entreprendre s’engager. La
crise de Sens oblige à se poser la question. Les cartes
de Sens fournies par la théorie des cohérences
humaines offre quelques réponses alternatives. Pour gagner
ou pour servir (voyons le thème de la valeur actionnariale).
Pour créer ou pour reproduire ? La générosité
du service et l’originalité de la créativité,
voilà les piliers de nouvelles valeurs efficaces. La compétition
à l’inverse n’en finit pas d’épuiser la spéculation
sur le même, la course à l’exploit ne sert que les
gagnants et le suivisme conservateur ne voit pas que le monde
change et que c’est la condition et toute la grandeur de l’homme.
La crise quelle crise ?
La logique de service
La
crise des relations et des processus
Nouvel aspect de la crise de Sens celui du Sens des relations
et des processus collectifs. Les Sens sont des positions intérieures
que l’on peut appeler aussi "positions de vie" dans
la mesure où elles engagent tout le rapport au monde et
aux autres. En particulier les relations sont toujours engagées
dans un Sens et une carte des Sens donne la variété
des logiques relationnelles. On découvre alors que les
relations engagées dans un Sens structurent aussi ce qui
se produit en situation et ce qui en découle. Les processus
collectifs dans les groupes et les entreprises par exemple dépendent
du Sens des relations et conduisent à des buts spécifiques.
Par exemple des relations de service aboutissent à faire
grandir la maîtrise des uns et des autres, à les
qualifier alors que les logiques de domination aboutissent à
une disqualification réciproque. Les processus, d’un côté
sont ceux d’une pédagogie maïeutique de l’autre ceux
d’un rapport de force. Ces alternatives avec d’autres deviennent
l’enjeu de choix de prises de position mais aussi de la construction
de processus pour l’action collective ou même les relations
professionnelles. La crise de Sens dans ce domaine va remettre
en cause cette idée trop répandue que les résultats
de l’action sont dissociable des positions humaines des acteurs
autrement dit que le Sens des relations pourrait être découplé
du Sens des fruits de l’action. Cela posera beaucoup de problèmes
aux entreprises lorsque seront mieux pris en compte les logiques
d’affinités et de fidélisation. Là encore
Internet est un lieu où de nouveaux phénomènes
sont à comprendre dans la mesure ou c’est avant tout un
espace de relations et d’activités collectives. Il reste
que cet aspect de la crise de Sens deviendra la base de toute
compétence en matière de conduite des entreprises
et des projets mais aussi de structuration des relations et des
organisations "virtuelles" (structures de concourance).
Le temps des communautés de Sens est venu. De nombreux
domaines sont impliqués dans ces questions à l’âge
du Sens et en particulier celui des méthodes, compétences
et stratégies comme celui de l’exercice des responsabilités.
Relations et jeux d’identité
La
logique de service
L’exemple
de la culture européenne
Chaque culture est le carrefour d’une palette de Sens qui la
caractérisent. Elle peut donc être disposée
dans l’un quelconque de ses Sens selon les circonstances. La
culture y trouve alors aussi bien le Sens de sa vocation (humaine)
que les Sens de tous ses travers. Une crise de Sens remet en
question les "conSensus" établi en redéployant
toutes les possibilités mais aussi en reposant la question
du choix. L’Europe une fois de plus est à ce carrefour.
L’analyse de cohérences a permis de mettre en évidence
ses diverses possibilités. En quelques mots on peut dire
que l’Europe hésite entre une logique de normalisation
défensive et une logique de dérèglementation
offensive où elle fait assaut de puissance avec les nations
comme elle l’a toujours fait. Elle hésite aussi entre
une logique de paranoïa suicidaire que les Balkans lui rappellent
et une logique de communautés qui est sa véritable
vocation . En effet l’Europe est une culture de l’altérité
qui est aussi inconnu, étranger, Dans son meilleur Sens
elle sait tisser des liens d’altérité pour constituer
des communautés différenciées (nations,
régions) mais aussi tisser des liens entre ces communautés.
Ce "modèle" culturel l’Europe l’a évité
soigneusement depuis 50 ans. La crise de Sens dont on voit poindre
les symptômes va enfin reposer cette question et remettre
à la discussion la question de sa finalité et de
sa vocation même. La crise de Sens pose ces problèmes
; l’âge du Sens qui suit a charge de les résoudre.
C’est le lot de toutes les cultures humaines même celles
des entreprises ou des institutions. La mutation les remettra
toutes en question pour reconfigurer des ensembles : communautés
de communautés.
Culture Européenne
Culture
Africaine
L’AGE DU SENS
Après l’âge des représentations vient l’âge du Sens. C’est par le Sens que tout est dorénavant à envisager et sur lequel tout repose. Comprendre c’est appréhender le Sens des choses ce qui est différent d’interpréter qui consiste à reconnaître des formes explicatives (représentations). Décider c’est choisir dans quel Sens avancer ou s’engager avec tous les problèmes de l’éventail des choix et du partage des décisions (conSensus). Agir c’est progresser dans le Sens choisi et structurer les choses rationnellement, c’est-à-dire selon ce Sens. Le Sens c’est la question des valeurs, de l’éthique, de l’orientation prise, mais aussi celle de la vocation individuelle ou collective. Chaque personne, chaque communauté humaine porte en elle son "meilleur Sens" qui est le vecteur de ses potentialités originales et aussi celui de ses aspirations traduites en intention, désir, motivation etc. Le Sens c’est aussi la question du lien commun entre les membres d’un groupe humain, d’une communauté , d’une institution ou une entreprise. A l’âge du Sens on découvre que ce qui fait lien social c’est le Sens partagé en conSensus. De ce fait c’est non seulement l’unité de compréhension qui est assurée mais aussi l’unité de valeur et de direction. Les communautés humaines, telles que l’on peut les comprendre à l’âge du Sens sont des communautés de devenir. On voit bien quelles implications cela peut avoir sur la conception de la cité, du politique, de l’entreprise, et même de toute relation humaine.
Ce bref aperçu doit être complété par le fait que c’est aussi la réalité des choses qui évolue, du moins dans notre mode d’appréhension. Si la question de leur Sens (humain) se pose, celle de leurs composantes et dimensions à prendre en compte pour la connaissance et l’action aussi. On peut dire qu’à l’âge du Sens c’est l’intégralité des dimensions de la réalité qui doit être appréhendée avec une vue plus riche, moins réductrice. Du même coup on découvre les carences des âges précédents auxquelles on se doit maintenant de parer. La structure ternaire des réalités humaines telle que l’a démontrée la théorie des cohérences humaines offre un outil de travail particulièrement utile pour l’action dans cet âge du Sens. En définitive tout doit être réinterrogé et c’est un monde nouveau qui se découvre alors, un monde plus humain puisqu’il se révèle que le Sens est le propre de l’homme.
Le Sens mode d’emploi
La
théorie des cohérences humaines
Sens
et réalités
C’est là un des plus grands bouleversements de l’âge
du Sens. D’une part les Sens en l’homme sont ce par quoi il "réalise"
le monde (grâce aux conSensus entre les hommes). Réaliser
c’est aussi bien prendre conscience de l’existence d’une réalité
que lui conférer cette existence au travers de l’expérience
que l’on en fait. Toute réalité est réalité
d’expérience humaine. Il faut, bien sûr, intégrer
toutes les dimensions de l’expérience humaine qui deviennent
dimensions des réalités : dimensions affective,
dimension physique, dimension mentale. Il y a aussi dans toute
réalité une dimension subjective, une dimension
objective et une dimension projective ou rationnelle. Tout cela,
rapidement énoncé, prête à conséquence.
En effet non seulement c’est à prendre en compte dans
la connaissance, et dans l’action, notamment en tant que professionnel
ou responsable, mais il faut au-delà en maîtriser
quelque peu le Sens. Le Sens est l’essentiel, le principe, et
les réalités en sont l’expression, la traduction,
la manifestation. Tout se joue au niveau du Sens tout se traduit
dans les réalités. Ainsi pour agir dans la réalité
il faut travailler au niveau du Sens. Inversement pour accéder
au Sens (conscience , activation..) il faut passer par la médiation
des réalités. Bien sûr de nombreux développements
sont à prévoir tant sur le plan théorique
que pratique mais c’est là un des principaux fondement
pour l’âge du Sens dont les applications ont été
développées avec la théorie des Sens et
cohérences humaines. Par exemple, une entreprise est une
réalité qui retraduit le Sens dans lequel elle
est engagée, celui dans lequel ses dirigeants l’entraînent
avec le conSensus de ses collaborateurs et de ses clients. Du
moins c’est ce que l’on espère. On peut comprendre que
si cela va dans n’importe quel Sens l’efficacité sera
difficile mais aussi que si personne ne maîtrise ces questions
de Sens alors personne n’a vraiment connaissance de ces problèmes
ni le contrôle véritable de la situation. L’âge
du Sens réclame donc un plus haut niveau de maîtrise
du management consistant à maîtriser les réalités
par le Sens ; et diriger c’est donner le Sens.
La trialectique sujet objet projet
La
théorie des cohérences humaines
Problèmes
et problématiques humaines
A l’âge du Sens la façon de poser les problèmes
présente de nouvelles exigences mais permet un plus grand
réalisme des situations et, par suite, des possibilités
beaucoup plus grande d’efficacité. Comme toujours lorsque
l’on franchit une marche de progrès on se rend compte
de l’étendue des carences antérieures, ce que ne
voient pas ceux qui n’ont pas franchi le pas. On s’aperçoit
notamment de la coupure qui existe trop souvent entre le champ
des représentations mentales et les autres plans de la
réalité et même, pire, du clivage qui fait
que certaines élites ne posent de problèmes que
dans le champ des représentations, le champ verbal, administratif
ou celui des modes sans contact avec la réalité
des gens. Ceux qui devaient servir desservent le bien commun
au nom de l’intérêt général. A l’âge
du Sens les problèmes doivent être posés
sur le plan descriptif de la réalité et de ses
différentes dimensions et sur le plan du Sens, lui, explicatif.
Pour la résolution des problèmes le réel
sur lequel agir est celui du Sens et les modalités médiatrices
de l’action (les moyens intermédiaires) sur le plan de
la réalité. De ce fait on abouti à poser
des problèmes toujours singuliers, originaux qui reposent
sur des problématiques de Sens. Ces dernières sont
des problématiques humaines ce qui fait que leur solution
relève de démarches humaines et que tout problème
est par essence un problème humain même s’il revêt
des aspects matériels, affectifs ou formels. C’est donc
une toute autre approche des affaires humaines qui est à
acquérir, centrée sur les questions de Sens. C’est
surtout remettre l’humanité au coeur de l’homme et l’homme
au coeur de toutes les affaires humaines. L’homme est l’origine
des problèmes (les siens), des solutions (les siennes)
et des compétences pour s’en saisir. On découvre
alors combien sont inhumaines bien des pratiques des âges
antérieurs et en particuliers les technocraties ou les
idéocraties régnantes réductrices de l’humain.
La trialectique sujet objet projet
La
théorie, principales thèses
Le
Sens et l’éthique
L’une des caractéristique
de la question du Sens est celle de l’éthique. Le thème
est largement développé depuis quelques années
tant pour l’évacuer , le récupérer ou l’interroger
avec les différentes expression du bien qui s’y rattachent
: valeurs, justice, fraternité, qualité, dignité,
efficience... Or l’éthique pose la question du bien personnel
et du bien commun. Tous les débats portent sur l’existence
ou non de critères universels. Or si on se réfère
au Sens, il faut distinguer ce qui relève du "bon"
Sens et ensuite les formes contingentes qui l’expriment dans
telle ou telle circonstances. Ainsi le critère du "bon"
Sens a valeur universelle dans le contexte relatif de chaque
communauté humaine (ou de l’humanité entière)
ou de chaque problématique humaine, alors que les critères
et formes du "bien" sont dépendantes du contexte.
Par ailleurs la question du "bon" Sens ou Sens du "bien"
réclame une solution. La théorie des cohérences
humaines montre qu’elle est obligatoirement liée à
la nature humaine et à une conception de l’homme en devenir,
en accomplissement, en évolution, sans laquelle la question
éthique est vaine et manipulatoire.
Elle touche ainsi non pas seulement aux comportements soumis
à jugement moral mais à toutes les questions de
Sens qui se posent dès qu’une responsabilité est
engagée et dans le champ où elle l’est (culturel,
politique, professionnel, institutionnel, scientifique, social,
économique, organisationnel, relationnel...). A l’âge
du Sens elle devient centrale et rejoint aussi bien la question
épistémologique que praxéologique. Les choix
en la matière d’un logique ou d’une rationalité
relèvent de l’éthique en même temps que de
l’efficacité humaine. Les prétentions d’hommes
à définir des critères éthiques ou
d’efficacité qui ne trouvent pas leur Sens et leur mesure
en l’homme sont des impostures, mais cela suppose aussi qu’il
y ait hors de l’homme une origine et une fin à laquelle
l’homme puisse référer son devenir.
Sens de l’éthique
La
responsabilité personnelle
La
responsabilité de Sens
Qu’est ce que la responsabilité à l’âge du
Sens ? Tout d’abord dorénavant il faut se poser deux types
de questions. En quoi cela consiste-t-il ? Quel est le Sens de
la responsabilité humaine. Déjà il faut
comprendre que, selon le Sens que l’on donne à ce terme,
la consistance n’est pas la même. Si par exemple responsable
est de même Sens que coupable ou si responsable est simplement
un titre qui n’engage à rien la responsabilité
ne réalise pas de la même façon. La nouveauté
est que, sur le fond, être responsable c’est être
responsable du Sens dans lequel on s’engage et on engage aussi
les autres. Pour cela on conçoit qu’il faille discerner
les Sens possibles, choisir "en conscience" le meilleur
Sens et, ainsi déterminé, assumer de se tenir dans
ce Sens c’est-à-dire le signifier, tant en paroles qu’en
actes. Bien des questions se rattachent à ce processus
de détermination du Sens. Elles font partie des compétences
de l’âge du Sens. Cependant on notera que le Sens étant
le propre de l’homme et le coeur de la personne la responsabilité
l’engage en profondeur et son exercice consiste aussi à
en répondre, c’est à dire aussi "faire poids"
pour s’y tenir. C’est au fond une position tenue et cette position
c’est aussi une position d’autorité et une position de
service qui suppose une certaine maîtrise de soi. Du coup
on aperçoit comment c’est le rôle des dirigeants
que d’être responsables ( diriger c’est donner le Sens).
Mais c’est aussi le rôle des professionnels dans tous les
domaines, ce qui met à mal l’irresponsabilité technique
ou formelle qui se suffit de ses instrument et d’une supposée
neutralité personnelle dissimulée derrière
la technique la règle ou la procédure. C’est encore
le rôle des éducateurs des parents et, au fond,
de tout responsable chargé d’assumer une certaine position
une certaine charge pour d’autres. Au bout du compte la responsabilité
est aussi le fait de chacun, non seulement vis-à-vis de
lui même pour le Sens dans lequel il s’engage, mais aussi
vis-à-vis de tous les autres avec lesquels ce Sens est
partagé (conSensus) pour constituer une réalité
commune. Nous voyons là qu’au coeur même de toute
réalité collective nous sommes corresponsables
de cette réalité par son Sens et donc aussi de
son devenir. Tout cela nous entraîne à nouveau à
resituer la place de l’homme au coeur de ses réalités,
pas comme spectateur mais comme coauteur éventuellement
responsable c’est-à-dire capable d’en faire librement
le choix du Sens et donc de la position tenue.
De l’autorité
La
responsabilité personnelle
Maîtrise
du Sens
Dans la période
précédente on a pu penser qu’il suffisait de maîtriser
rationnellement les choses, par des modèle sou des techniques.
Certains se contentent de plus en plus de construire des modélisations
rationnelles certes mais déconnectées du réel
humain. A l’âge du Sens c’est un niveau plus important
de maîtrise qui est nécessaire. Entendons par là
compétence, maîtrise de soi, niveau de maturité ;
que ce soit sur le plan professionnel, le plan des affaires personnelles
et surtout des responsabilités à assumer. La maîtrise
du Sens n’est jamais un absolu et présente des aspects
apparament paradoxaux. Par exemple le discernement des Sens demande
à la fois un grande exigence méthodologique et
de concentration et en même temps un "lâcher
prise" sans lequel il n’y a pas d’accès au Sens.
La connaissance du Sens des choses se fait en soi-même
aussi bien que la décision et l’engagement ou la conduite
de l’action. Le travail sur le choses est aussi un travail sur
soi. Il faut conjoindre la double exigence de ce qui se passe
sur le plan de la réalité extérieure avec
ce qui se passe sur le plan intérieur. Ce n’est pas tout
à fait nouveau lorsqu’on se réfère à
diverses traditions de maîtrise, ne serait-ce que professionnelles,
mais c’est maintenant théorisé et à généralisable.
La maîtrise du Sens réclame donc discernement des
Sens (en soi), capacité de détermination qui est
exercice de la liberté mais aussi acceptation déterminée
de Sens déjà là et renonciation à
d’autres Sens, capacité de partage et d’ajustement mutuel
et enfin capacité de "portage" c’est à
dire de traduction dans la réalité selon toutes
ses dimensions et notamment de rationalisation. La maîtrise
du Sens peut cependant être indirecte dans la mesure où
on se réfère authentiquement à des repères
ou des cadres porteurs du Sens adéquat. Pour cela il faut
néanmoins que quelqu’un les ait proposé. C’est
là tout le principe de la hiérarchie des maîtrises
et aussi de parcours de développement de la maîtrise.
Il faut noter que chacun, dans sa vocation, à des potentiels
de maîtrise particuliers alors que sur d’autres plan il
a besoin de la maîtrise des autres. c’est ce qui justifie
la distribution des rôles professionnels et sociaux..
Le travail oeuvre
De la maîtrise
Diriger
Diriger c’est donner le Sens. C’est là une nouveauté
majeure de l’âge du Sens. En effet chaque chose, chaque
situation, chaque projet étant d’abord déterminé
par son Sens alors la direction dans laquelle les choses sont
engagées devient la préoccupation essentielle.
Le lien entre la façon dont les personnes et les groupes
humains s’orientent et la direction des choses fait que diriger
est à la fois un travail sur l’homme, de gouvernement
des hommes en même temps que d’orientation des choses...
par les hommes. La gestion des choses si elle reste d’actualité
est plus une activité seconde et diriger une activité
première dans la maîtrise des affaires humaines.
Que ce soit pour le responsable politique, le chef d’entreprise,
le directeur d’un service ou d’une institution, l’éducateur,
le professionnel ou chacun d’entre nous, à l’âge
du Sens diriger et se diriger sont les exigences premières.
Cette reconnaissance laisse apparaître comment beaucoup
qui le croient ne savent pas diriger, faute de repères,
faute de moyens ou faute de maturité pour certains. C’est
le cas de ceux qui croient que c’est en les forçant que
les choses se transforment et les gens se dirigent et ceux qui
croient que c’est la règle qui donne le Sens ou bien le
modèle, sans avoir à y mettre du sien. Au moment
ou beaucoup croient encore qu’être informé ou savoir
sont les clés de la maîtrise des choses il faut
dire que même si c’est utile c’est totalement insuffisant
pour diriger et malheureusement relève de croyances, maintenant
d’un autre âge, portées par les effets de mode.
Diriger réclame une capacité de discernement des
Sens (méthodes et compétences), une capacité
de choix libre et responsable en connaissance des implications
et des positions d’autrui., la capacité de piloter l’action
collective dans le bon Sens malgré les difficultés.
Il y a donc un lien entre la capacité de diriger et celle
de travailler au discernement de la mutation et des enjeux et
pratiques de l’âge du Sens.
Hommes, entreprises, sociétés
La
responsabilité de direction
COMMUNAUTES DE SENS
A l’âge du Sens s’ouvre un nouvel espace de la réalité c’est l’espace des communautés. La notion d’espace doit être étendue et chaque communauté humaine constitue un monde dont les caractéristiques dépendent de sa culture. De même toute communauté est une communauté de Sens, de même le monde de cette communauté repose sur ces mêmes Sens. Les réalités européennes ne sont pas exactement les mêmes que celles de chacune des nations qui y concourent et c’est en l’ignorant que l’inacceptable négation des différences passe pour l’ouverture la plus grande. C’est en fait l’impossibilité de penser la question des communautés à l’âge des représentations autrement que de manière formelle et juridique. Or toutes les réalités humaines sont celles de communautés de Sens. Le lien social, ce qui noue chaque groupe humain c’est ce qui est le coeur de l’homme : le Sens. Dès lors toute communauté est une communauté de Sens, une communauté de devenir. Elle est une communauté de signification, de sensibilités, d’usages, de représentations, bref une culture. Cela prête à conséquence pour toutes les communautés humaines. De la famille aux cités, des entreprises aux nations et aux régions. Elles sont toutes des communautés de Sens et rien ne se réalise en dehors d’elles. Cela remet au centre des affaires humaines non seulement l’homme en personne mais aussi en communautés. Bien sûr la question de l’universel de l’humanité est aussi posée et on doit déjà apercevoir que chaque personne participe de plusieurs communautés (plusieurs mondes) et de l’humanité entière. C’est comme cela qu’il faut comprendre la mondialisation, réalisation de l’humanité en communauté universelle auxquelles concourent toutes les autres communautés et communautés de communautés. Reste que chaque communauté de Sens porte en elle plusieurs Sens, les pires et les meilleurs et qu’elle a charge de rechercher et "cultiver" le meilleur Sens celui de sa vocation.
Communautés humaines
La
culture européenne
Consensus
Voilà un mot galvaudé à l’âge des
représentations faute de comprendre ce qu’est le Sens.
Il y a conSensus lorsqu’il y a Sens commun(s) entre des personnes.
Le plus souvent le Sens en étant inconscient le conSensus
l’est aussi. C’est pour cela que l’on découvre des conSensus
entre des personnes ou groupes en conflit sauf que le Sens en
conSensus n’est pas alors toujours des meilleurs. La nouveauté
est de découvrir que c’est le conSensus qui constitue
l’expérience humaine dont la réalisation se fait
selon trois dimensions qui deviennent les dimensions de l’expérience
humaine et celles de la réalité réalisée.
(Nous savons combien ces propos sont difficile à entendre
- affaire de conSensus - mais qu’ils le deviennent si on laisse
parler les mots par leur Sens plutôt que par les interprétations
banalisées qui font écran). Ainsi le lieu et la
clé de toute réalisation est le conSensus sur lequel
elle repose. Toute réalité collective dépend
du conSensus commun. Ainsi toute action collective est un travail
sur le conSensus. Ce travail est un travail de discernement,
de choix de Sens et de partage de Sens. C’est là que la
communication rejoint l’action. En effet communiquer c’est rechercher
un conSensus par la médiation de signes par exemple. Or
agir c’est aussi partager un conSensus de façon à
ce que la réalité qui en advient soit changée
ou créée. Le conSensus fait aussi la puissance
de réalisation et aussi la force de prégnance de
la réalité. C’est pour cela que les réalités
collectives paraissent, aux yeux de ceux qui en partagent le
conSensus, comme certaine alors que pour d’autres elles sont
inexistantes ou faussées. L’ignorance du conSensus et
de la diversité des conSensus possibles est à la
source de bien des malentendus et des difficultés humaines.
Au contraire leur reconnaissance ouvre vers de nouveaux horizons
et de nouvelles exigences dans les rapports entre les hommes
et les communautés humaines. En effet il se suffit pas
qu’il y ait conSensus mais il importe qu’il y ait consensus sur
les meilleurs Sens et qu’un conSensus n’en exclue pas d’autres.
Evidemment les dirigeants ont un rôle majeur par rapport
à cela.
Les
cultures
Chaque communauté humaine est une culture. On peut appeler
culture d’une part l’ensemble des Sens partagés en conSensus
et d’autre part le monde réalisé en commun avec
toutes ses manifestations. C’est souvent à une partie
de celles-ci que le terme de culture est affecté et bien
sûr à celle des représentations à
l’âge qui y place sont apogée. La culture repose
sur un ensemble de Sens que l’on peut figurer comme un carrefour
d’où partent toutes les directions possibles. Or un tel
ensemble de Sens est ce que l’on peut appeler une problématique
humaine, que tout homme porte en lui. De ce fait chaque culture
est porteuse d’une part d’humanité et chaque homme est
porteur de toute l’humanité et donc de toutes les cultures
possibles. Cependant chaque homme dans son existence ne partage
pas toutes ses problématiques et en privilégie
certaines dans les communautés et cultures auxquelles
il participe. De ce fait l’existence humaine se limite à
une part des possibles et se réalise dans certains mondes
culturel. Cependant chaque culture est le théâtre
de la confrontation singulière à une problématique
d’humanité et l’enjeu en est la résolution au travers
des problèmes qui la manifestent. Chaque culture à
en charge la résolution d’une problématique humaine
au travers des péripéties de son histoire et de
ses errances. De ce fait on peut affecter aussi le terme de culture
au fait de cultiver sa problématique dans le meilleur
Sens et ainsi progresser "culturellement". Dès
lors la raison d’être des cultures se découvre mais
aussi le Sens propre de tout progrès, de tout développement,
de toute maturation. Le rapport aux autres cultures est aussi
pour chacune l’épreuve de l’altérité et
souvent l’occasion d’un enrichissement réciproque si chacun
cultive le meilleur de lui même dans un enjeu commun (logique
de concourance). Il est ainsi possible d’élucider les
Sens d’une culture (analyses de cohérences culturelles,
chaque Sens étant l’axe d’une des cohérences de
son expression). Ce travail a été réalisé
pour l’Europe l’Afrique, le Japon, divers pays et régions
et aussi des cités, des petites régions , des institutions,
des entreprises, etc.
Culture Africaine
Sociétés
et cultures
Vocations
culturelles
On peut se demander quelle est l’utilité des nations et
des cultures et certains universalistes n’y voient qu’archaïsme
et obstacle à une standardisation mondiale. On pourrait
de même se demander à quoi servent les différences
de personalité et si un bonne standardisation (rationalisation)
des comportements sinon des analyses de la réalité
ne seraient pas plus efficace. C’est tout simplement un mode
de suppression de l’altérité. A l’inverse d’autres
pourraient penser que les cultures sont le meilleur rempart contre
les autres et on voit le conSensus sous-jascent se dessiner ;
le déni de l’autre. Il est vrai que l’appréhension
de l’altérité ne peut véritablement émerger
qu’avec l’âge du Sens c’est qu’elle est corrélative
de l’appréhension de l’être en soi c’est à
dire aussi du Sens. Dès lors chaque culture et toute communauté
humaine a une double fonction : - celle de soutenir l’existence
commune de ses membres par la réalisation d’un monde commun
et donc d’identités individuelles possibles. - celle d’accomplir
une vocation qui est de cultiver le Sens de la résolution
de la problématique humaine qui la fonde et en cela de
proposer à ses membres une voie d’évolution spécifique
vers leur propre autonomie et en même temps apporter le
service de sa culture à d’autres qui n’ont pas la même
problématique donc pas les mêmes talents et capacités
de service. C’est ainsi que les cultures sont appelées
à concourir à des projets commun, à des
communautés de communautés (ex : L’Europe) et ce
par la mobilisation de leur vocation propre. Cela est parfaitement
transposable à des communautés humaines de toutes
tailles et, par exemple, aux institutions, aux entreprises, aux
associations et à tout groupe humain. Chacun communauté
dispose d’une vocation propre qui la justifie, ancrée
dans la problématique (de Sens) qui la fonde. Dès
lors son positionnement, ses services, ses talents valent bien
sur pour ses membres mais aussi pour d’autres et d’autres communautés.
C’est l’une des connaissances les plus décisives pour
un dirigeant.
Le
Politique
Les conceptions traditionnelles du politique sont fortement marquées
par les modèles issus de l’antiquité établis
dans le champ des représentations où se situent
les idéaux en la matière ; démocratie ou
république notamment. Or on voit bien que l’idée
de démocratie ne suffit plus, comme lorsque c’était
un horizon, à marquer le Sens du progrès. Aujourd’hui
la notion de démocratie peut être prise dans tous
les Sens. Il suffit de le constater autour de nous. A l’âge
du Sens il ne suffit plus d’utiliser des formules encore faut-il
en préciser le Sens. Le politique réclame une refondation
de ses assises. On ne peut déjà définir
le politique indépendamment de l’idée que l’on
se fait de la société concernée. La communauté
de Sens place le politique justement sur l’essentiel : le Sens
à donner à l’existence et au devenir de la cité.
Or, en tant que communauté de Sens et que culture, chaque
communauté a une vocation qui correspond à un de
ses Sens spécifiques. Le rôle du politique est d’incarner,
signifier, impulser ce Sens autant que possible. Le paradoxe
de la liberté est qu’il faut pouvoir refuser le chemin
de la liberté pour pouvoir l’exercer un jour. de ce fait
l’élection d’un Sens quelconque de la communauté
doit être possible et c’est aux candidats à l’incarner
par leur positionnement personnel.. Incarner un Sens c’est manifester
une intention dans ce Sens à propos des affaires de la
cité c’est à dire un vouloir. Dès lors qu’il
y a élection de ce Sens par la médiation de la
personne élue alors le conSensus ainsi manifesté
supporte la réalisation des projets et ambitions. Le nouveau
c’est que l’on découvre que la responsabilité politique
est alors affaire de vouloir et que le pouvoir (pouvoir réaliser)
est celui de la communauté. C’est le contraire des thèses
en vigueur qui voudrait que l’élection soit la conquête
du pouvoir alors que le vouloir serait celui de la population.
A l’âge du Sens on découvre aussi que cette question
du politique ou de la dimension politique est présente
dans toutes les communautés humaines, entreprises, organisations,
associations et même la famille. Voilà un champ
immense pour repenser la dimension politique des communautés
humaines et le rôle singulier des dirigeants qui ont charge
d’en incarner le Sens.
Responsabilité politique
Réhabiliter
le politique
Le
Développement
Le développement suppose l’idée d’un progrès.
Or, à l’âge du Sens, on en vient tout de suite à
considérer d’abord la question du Sens selon lequel progresser
et ensuite des degrés étapes ou horizons que l’on
cherche à atteindre. En outre il devient évident
qu’il n’y a développement que pour une communauté
et que ce développement doit être engagé
dans le Sens de la vocation de cette communauté, sa vocation
culturelle. Le développement consiste à cultiver
cette vocation culturelle qu’il est important donc d’élucider.
Seulement ces racines du développement sont ignorées
en-deçà de l’âge du Sens sauf intuitivement.
N’en connaissant pas la source : le Sens qui constitue la communauté,
on a vu toutes sortes de théories du développement
allant même jusqu’à ignorer la communauté
concernée. On croyait faire du développement en
appliquant des modèles standards. Des décennies
d’échec n’ont rien changé à cette tentation
d’éliminer l’humain de la réflexion et la pratique
du développement considéré comme obstacle
ou frein. On voit par exemple que des régions dont le
développement a été assimilé à
l’effet de l’activité d’entreprises exogènes sont
devenues incapables de s’assumer lorsque ces entreprises disparaissent
ayant cultivé souvent le parasitisme réciproque.
D’autres, au contraire se rétablissent rapidement d’un
aléa économique. Nous en sommes venu à parler
de développement approprié pour indiquer que le
développement est toujours propre à un communauté
singulière dans ses contenus et dans ses méthodes.
Là encore toute communauté humaine est confrontée
par essence à son développement dont les sources
et les richesses sont celles de sa vocation propre qu’il s’agit
de cultiver. C’est comme cela que non seulement le communauté
progresse (une entreprise par exemple dans son professionnalisme)
mais aussi qu’elle rend les meilleurs services. La question du
développement devient une question majeure à l’âge
du Sens et de ce que nous avons appelé la civilisation
de l’entreprise. Le développement est partout à
entreprendre et que c’est là la finalité même
des cités comme des organisations ou institutions qui
ne peuvent plus se contenter de survivre de se conserver ou de
profiter de rentes de situation. Exister a un Sens et donc un
devenir à choisir et entreprendre pour chacun (développement
personnel) mais aussi pour toute communauté humaine.
Sociétés et développement
Civilisation
de l’entreprise
L’économie
L’économie à l’âge des représentations
est devenue une sorte de système répondant à
ses propres lois grâce auxquelles on justifie toutes sortes
de comportements dont on n’interroge pas le Sens. On s’étonne
ensuite des effets or les effets sont la réalisation du
Sens et, comme souvent, si on sait les lire, ils révèlent
ce Sens. L’économie dorénavant doit être
ressourcée à son origine et sa fin : la communauté.
Il n’y a d’économie que de communautés et de communautés
de communautés. L’économie est liée à
la réalisation de biens et de services. Or les biens ne
sont que ce qui concoure au bien des gens et au bien de la communauté
(bien commun), et ce bien c’est de progresser dans le Sens de
sa vocation. Il n’y a service que si un concours est apporté
à cette progression. Bien sûr se pose le problème
de la participation individuelle à l’économie collective.
On peut montrer que dans ce cadre là alors le bien particulier
est de même Sens que le bien commun, sans empêcher
que le particulier participe à d’autres économies
et d’autres échelles de valeurs des biens et services.
Le développement de l’ère du virtuel et les réalisations
qui se déploient sur Internet illustrent aussi ce bouleversement
des questions économiques à tel point que beaucoup
n’y comprennent rien. Valeurs, prix, biens et services, monnaie
d’échange, tout cela reprend une nouvelle consistance
en référence au Sens à ce qui est aussi
l’âge du service.
L’économie appropriée
Renversement
économique
Le
bien commun
La question du bien commun suppose que l’on sache de quoi on
parle en terme de communauté et en terme de bien. L’émergence
d’une nouvelle conception de la communauté comme communauté
d’humanité, communauté de Sens ouvre à une
nouvelle compréhension du Bien commun . Le bien de la
communauté est la culture de sa vocation. A ce titre il
faut donc distinguer la poursuite du bien commun qui consiste
à cultiver ce Sens de la vocation propre indépendamment
des formes qu’il peut prendre et ensuite l’infinie diversité
des formes et consistances couvrant toutes les dimensions de
l’expérience humaine, affective, corporelle et mentale
notamment. Il faut donc parler du Sens propre du bien commun
qui, au fond, détermine l’échelle de valeur sur
laquelle peut s’évaluer et se mesurer le concours au bien
commun de chaque chose, de chaque projet, de chaque contribution
ou action. Dans une communauté de communautés il
y a un Sens du bien commun propre à chacune et un Sens
du bien commun propre à la communauté d’ensemble.
Cependant la poursuite de l’un n’est pas incompatible avec l’autre
sans s’y confondre. On trouve là l’un des problème
cruciaux que peut résoudre l’âge du Sens alors qu’il
n’y avait qu’impasses auparavant. C’est celui de l’articulation
du personnel et du collectif dans la communauté de Sens,
presque identique au problème des communautés de
communautés. La personne ne peut exister, se manifester
que dans une ou plusieurs communautés avec lesquelles
elle partage un certain conSensus. Ce n’est donc que dans cette
communauté que son bien peut être envisagé
et alors le Sens de son bien est le même que celui du bien
commun. Cela ne l’empêche pas de fréquenter d’autres
communautés et même de privilégier celles
dans lesquelles il trouve consensus avec sa propre vocation.
On ne peut donc poser la question du bien commun en dehors de
la référence à telle communauté.
La pratique de la référence à un intérêt
général a souvent pour effet sinon pour but de
l’ignorer. C’est là encore une carence d’un âge
des représentations qui n’accède pas à l’essentiel
et ne peut (ou veut) pas le savoir.
La question du bien commun et son repéragesont au coeur
des politiques publiques t des projets publics mais aussi des
questions de service ou même de la participation des personnes
et des institutions ou entreprises avec la vie de la cité
et son économie. Etonnamment on va la retrouver aussi,
dans le domaine des questions de maladie et particulièrement
de l’hôpital ; le bien se posant comme alternative aux maux.
Territoires et communautés de devenir
Le
Sens de l’hôpital
L’âge du service
L’âge du Sens est aussi l’âge du service. En effet ce qui sert quelqu’un ou une communauté c’est ce qui concoure à un bien, à une progression dans le meilleur Sens (bien commun, bien personnel). Le service est ainsi déterminé par sa valeur et sa mesure l’un et l’autre dépendant du Sens propre de celui et ceux qui en bénéficient. Il a donc aussi un Sens et une consistance qui recouvre les différentes dimensions des réalités humaines. Toute activité se justifie parce qu’elle sert et, en cela, elle concoure au bien d’autrui. Le travail, l’entreprise, une politique publique, l’éducation et tout métier valent par le service qu’ils rendent. Cela dit ce qu’est véritablement un service, une logique de service, dépendent du rapport entretenu non seulement avec le problème ou les attentes de quelqu’un mais aussi avec son propre rapport de maîtrise avec ce problème. Le service n’est jamais quelque chose de complètement extérieur aux personnes et il ne peut être entièrement objectivé. La notion de service est liée à la notion de métier, à celle de qualité ou de qualification. Aussi à l’âge du service c’est tout une nouvelle perspective qui s’ouvre pour comprendre et développer les rapports entre le hommes , les entreprises, et les sociétés : concourir à un bien commun. Le service public n’y échappe pas.
L’âge du virtuel
L’âge du virtuel est celui où toutes nos réalités se révèlent porteuses des virtualités humaines et celles-ci sont les Sens que nous portons en nous, les Sens de notre humanité. La théorie des cohérences humaines montre comment les réalités humaines expriment, portent et signifient les Sens de nos conSensus et en sont donc réalisatrices, médiatrices et révélatrices. Le temps du virtuel est celui où sont manifestées de façon plus patente les dimensions intentionnelles de l’homme, sa position de sujet capable de liberté et de volonté délibérée. La racine WIR de virtuel nous révèle cette coïncidence entre le passage d’un seuil de maturescence et l’appréhension de notre responsabilité d’humain dans nos réalités. Le terme de virtuel prête à confusion parce qu’il ne peut être compris dans son Sens étymologique avant l’âge du Sens. On en voit les conséquences sur Internet où se déploie un monde du virtuel très concret, très créatif, alors que pour beaucoup le virtuel c’est l’irréel. Nous assistons à un renversement du centre et de la périphérie dans l’homme et dans nos réalités. Le plus profond, le plus intime était pris pour le plus lointain. le plus abstrait. C’est donc à de toutes nouvelles "proximités" que le temps du virtuel nous appelle, proximité de soi, proximité des autres, proximité qui ne tiens pas à la distance géographique. Dès lors c’est tout un apprentissage qui est à faire pour la conduite de toutes nos affaires, devenues virtuelles parce qu’humainement mieux assumées.
L’âge de l’homme
C’est certainement l’un des aspects les plus bouleversants des temps qui s’inaugurent : l’avènement de l’homme. Voilà une affirmation qui peut paraître incongrue. Mais déjà l’un des enjeux majeurs qui se dessine est l’émergence d’une nouvelle conception de l’homme replacé au centre des affaires et des réalités humaines. Pendant le même temps l’antihumanisme théorique et pratique tente de s’y opposer en essayant de dissoudre la notion d’humanité et en accusant l’homme à de multiples titres. Parmi les caractéristiques de cet âge de l’homme citons en trois. Le passage de l’homme homo à l’homme VIR. C’est la reconnaissance que ce qu’il y a de plus spécifiquement humain dans l’existence c’est la libre détermination possible de l’intentionalité humaine alors que le visage de l’homme a été (et plus que jamais) réduit et assimilé à ses conditionnements bio-physiques (homo vient de humus). L’homme VIR c’est l’homme majeur qui a dépassé le seuil de maturescence. Voyons comment les femmes revendiquent à juste titre cette position qui n’exclue pas la féminité. Des hommes aussi y accèdent et on découvrira bientôt que certaines images de la masculinité étaient prises dans cet homo et s’apparentaient plus à l’animalité qu’à l’humanité (même si c’est aussi une dimension seconde des humains). La seconde est le renversement qui s’opère entre une réalité humaine basée sur ses fondements archaïques et une réalité humaine centrée sur l’essentiel de son humanité (les Sens ou l’esprit). De ce fait ce qui est le plus profond, le plus engagé et le plus proche de l’humanité d’autrui c’est aussi le Sens. Une des conséquence c’est que la "proximité" humaine ne se mesure plus d’abord en critères physiques mais en termes de conSensus sans ôter le rôle de l’affectivité qui n’est pas cause mais effet de la relation. Le troisième critère c’est que le devenir prime sur l’état des choses et que le bien de l’homme est son accomplissement, y compris dans les choses quotidiennes. Le service devient la règle des relations et des échanges et l’investissement des virtualités humaines (réalisation et révélation), le vecteur et la méthode de toute action et entreprise. Par exemple on va redécouvrir que ce n’est pas la technique ou la procédure qui oeuvre mais l’homme seulement, de même que ce n’est pas l’instrument qui joue de la musique mais le musicien. De ce fait toutes les compétences toutes les méthodes passent désormais par le travail sur l’homme et par exemple le gouvernement des hommes là où on n’avait vu que la gestion des choses. L’ingénierie humaine devient le cadre de toute compétence (à ne plus confondre avec la technicité)
Théorie des cohérences humaines
La
mutation
Les
Entreprises Humaines
La mutation de l’âge
du Sens va changer profondément le visage des entreprises.
Sortant d’une période dominée par la pensée
mécaniste et le recherche de modèles et de systèmes
standards sinon automatiques, l’engagement humain se révèle
le plus déterminant. Nous entrons dans une véritable
"civilisation de l’entreprise" mais avec une conception
de celle-ci très différente.
Entreprendre réclame d’abord une volonté, une intention
(VIR), l’engagement dans un Sens et, en définitive, un
projet. Ensuite l’entreprise réclame un conSensus, par
exemple avec ses collaborateurs qui constituent une communauté
engagée dans un même Sens et avec ses "clients"
et partenaires qui y retrouvent le Sens de leur attente. Les
dirigeants ont alors à "donner le Sens" de l’entreprise
pour diriger.
Ces quelques aperçus font de toute entreprise une activité
de nature humaine et donc toute la maîtrise et les méthodes
de l’entreprise portent en premier lieu sur des phénomènes
et des pratiques humaines.
Les finalités des entreprises humaines sont des finalités
humaines en portant les valeurs et les motivations. Elles participent
de ce fait aux questions d’éthique, de politique, de service,
de référence au bien commun, etc.
Enfin on notera que toutes les activités humaines, dès
lors qu’elles sont le fruit d’un engagement volontaire, sont
des entreprises. Ainsi le seuil de maturescence multipliant les
maturités humaines multiplie les entreprises humaines,
individuelles et collectives, dans tous les domaines de la vie
individuelle et collective.
Le Sens en conSensus étant la source déterminante
de toute entreprise plus que le lieu géographique ou le
cadre juridique, alors c’est dans le monde virtuel des vertus
et virtualités humaines que les entreprises humaines se
déploient, s’organisent, se dirigent, réussissent
ou échouent, empruntant plus ou moins des véhicules
matériels selon leurs activités.
Le télémanagement est le type de management approprié
et Internet le support de beaucoup d’entre elles avec le champ
relationnel étendu qui s’ouvre maintenant aux entreprises
humaines, celui de la mondialisation.
La civilisation de l’entreprise
Les
entreprises humaines
L’ingénierie
humaine
La première caractéristique de la mutation c’est
la remise en question des modèles mentaux qui ont prévalu.
En même temps ce sont les modèles implicites ou
explicites de l’action qui sont aussi transformés. Si
l’on découvre que toutes nos réalités sont
de nature humaine (réalisations, réalités
d’expérience humaine) alors les modes de transformation
des réalités et les moyens d’y parvenir sont aussi
de nature humaine. C’est ce que démontre la théorie
des Cohérences Humaines et que met en oeuvre l’ingénierie
humaine qui en découle. L’instrument de la raison n’est
pas alors l’achèvement de l’efficience humaine. Le discernement
des Sens et la créativité, constituants de l’intelligence
symbolique, vont bien au-delà. Si le Sens, propre de l’homme,
et les conSensus, fondement des communautés humaines,
sont au principe de toutes réalités, c’est donc
le travail sur le Sens qui est la clé de toute action
et de toute maîtrise de l’action et le lieu de toute action
c’est le coeur (centre) de l’homme. Bien sur le faible niveau
de conscience du Sens et en conséquence la nécessaire
médiation par les réalités de l’action font
que l’on doit se donner des artifices pour ce travail sur le
Sens. Ils se nomment outils, techniques, méthodes, etc.,
c’est-à-dire des moyens. Les moyens ne sont pas la cause
mais la médiation entre ce qui agit : l’homme et ce qui
est agit : l’homme et qui se manifeste comme une opération
transformatrice sur la réalité par le moyen d’artifices.
Cet art de l’action, objet de l’ingénierie humaine, est
développé depuis plus de 20 ans. Il s’agit donc
d’une ingénierie du Sens, particulièrement nécessaire
à l’âge où les questions de Sens sont l’essentiel.
C’est aussi une ingénierie du virtuel puisqu’il s’agit
maintenant d’agir dans des "espaces virtuels" où
les virtualités humaines sont le matériau et l’enjeu.
On y retrouve une proximité singulière entre action
et communication dans la mesure où il s’agit toujours
d’un travail sur le Sens par la médiation d’artifices,
l’oeuvre d’art en est l’exemple classique qu’il faut maintenant
généraliser. La mutation et l’ingénierie
humaine mettent l’accent sur une nouvelle approche de tout problème.
En tant que problème de quelqu’un il est toujours l’expression
d’une problématique humaine susceptible d’une analyse
de cohérence, d’une élucidation, d’un discernement,
une des premières tâches de l’ingénierie
humaine. Mais le discernement des Sens, indispensable pour comprendre
sur le fond n’importe quel problème et situation, débouche
non pas sur l’automatisme de solutions toutes faites mais sur
la responsabilité d’un choix de Sens. C’est donc un autre
volet majeur de l’ingénierie humaine celui de la décision
de Sens. Bien sur, responsables et dirigeants sont concernés
au premier chef (diriger c’est donner le Sens) et il n’y a pas
de projet, ni d’entreprise humaine sans qu’un Sens soit déterminé
et maintenu par quelqu’un qui le porte (consciemment ou non,
librement ou non). La "maîtrise", le "professionnalisme"
viennent de l’acquisition d’une certaine conscience, d’une certaine
autonomie, d’un certain engagement personnel, etc. Enfin l’ingénierie
humaine propose des moyens pour concevoir et conduire des processus
de transformation (création, réalisation, changement,
etc.) qui vont constituer le déroulement de l’action proprement
dite dont toute la complexité dans la réalité
repose sur le travail sur le Sens qui s’opère au fond.
A partir de moyens généraux : méthodologie
générale des cohérences, techniques d’élucidation
et de créativité, discipline de centration et de
conduite de processus, outils cohérenciel et cartes de
cohérences, des méthodologies ad-hoc peuvent être
construites. On citera la prospective opérationnelle qui
intègre évaluation prospective, scénarios
du futur et processus d’élaboration de projets stratégiques,
les processus d’appropriation active qui, au-delà de la
concertation, visent à ce que les acteurs, groupes et
populations concernés s’approprient des projets qui leur
soient appropriés. On citera aussi toutes les approches
et méthodologies comme le télémanagement,
le marketing des qualifications, le commerce des valeurs, la
qualification culturelle des projets, la communication mobilisatrice,
les structures de concourance, la qualité qualifiante,
la gestion trialectique de l’immatériel, le développement
approprié, la recherche vocationnelle, etc. autant de
domaines et de disciplines où s’applique l’ingénierie
humaine.
Pratique des cohérences humaines
Multiples
applications
Epistémologie et connaissance
Il est clair que la façon dont nous connaissons le monde et nous mêmes conditionne nos engagements et nos actions. Cependant, s’agissant de notre connaissance elle dépend de ce que nous sommes. La coupure sujet objet, attribuée à Descartes, ne cesse d’osciller vers un tout objet (objectivisme) ou un tout sujet (subjectivisme relativiste) ou encore un tout ratio(nalité) (rationalisme) dont la caractéristique est l’exclusive réductioniste. La théorie des cohérences humaines, avec l’âge du Sens, ouvre des perspectives radicalement neuves, non pas à la place d’autres analyses mais les intégrant et les dépassant. Elle distingue ce que l’on peut appeler conscience de réalité, qui est un procès de réalisation, et conscience de Sens, Sens que nous sommes et qui n’a d’autre lieu que nous mêmes. La connaissance procède de la conscience de réalités et ainsi des différentes dimensions de l’expérience humaine, cette expérience reliant de façon irréductible le mode d’appréhension et le type d’appréhendé. Par exemple le mental nous permet de connaître les formes par les représentations que nous nous en faisons. Les âges de l’évolution permettent de maîtriser des connaissances intégrant de nouveaux plans de l’expérience et ainsi l’âge des représentations a permis, notamment grâce à la Raison, de maîtriser des connaissances par le biais des modèles, formules, lois mathématiques etc. s’ajoutant à l’expérience factuelle, matérielle, corporelle, physique, et s’ajoutant aussi à l’expérience affective, sensible, émotionnelle. Maintenant ces trois plans s’articulent pour aboutir à une connaissance intégrée de la réalité grâce au dépassement qui est l’accès au Sens et qui découvre que la réalité des choses est de nature humaine. Mais alors vient le problème de la conscience de Sens qui n’est plus du même ordre puisqu’elle transcende la connaissance des réalités et accède aux Sens en un lieu qui est le lieu même de la conscience et du Sens, le coeur de nous-mêmes. La conscience de Sens relève d’un autre processus qui a été théorisé ce qui permet de donner des moyens pour y parvenir si les conditions personnelles sont réunies.Toute une "ingénierie du Sens" est alors possible accédant au coeur du réel, là où, par les conSensus, se déterminent les réalités et donc leurs transformations et aussi où se joue le Sens du devenir et du bien personnel et commun. Le Sens de la connaissance humaine est aussi celui de l’action humaine et celui du devenir humain. Il est évident que cela pose de nombreuses questions dont un grand nombre a déjà été résolu tant en "théorie" qu’en pratique. Les ressources proposées ici dans de nombreux domaines en sont issues.
Théorie des cohérences humaines
Connaissance
La
trialectique SOP

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