Le malheur français

par Jacques Juillard
vendredi 30 décembre 2005
par  Roger Nifle
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Aux éditions Flammarion 2005. L’auteur nous dresse un tableau tout à fait réaliste et qui recoupe les analyses publiées ici. Deux questions. Pourquoi ce qui est si clair pour les uns est-il dénié par les autres ? Pourquoi, malgré tout, le constat n’est-il pas plus étayé, tant par ce qu’il en est de "l’âme française" et ce qu’il en est du contexte de mutation à laquelle elle est confrontée ?

Jacques Juillard observe notamment trois choses. La pression du ressentiment qui anime nombre d’acteurs. La mauvaise foi et le mensonge dont il observe la récurrence persistance. Il observe encore que des personalités comme. De Gaulle ont donné une vision de grandeur à la France qui a mobilisé les français.

Tous ces traits sont mis en évidence par l’analyse des Sens et cohérences de la culture française réalisée en 1980 et publiée ici il y a quelques mois.

La culture française

On a là la réponse à la première question. Ceux qui sont animés par le ressentiment colorent tout d’amertume et l’autoglorification de cette attitude interdit à ceux qui en sont affectés la bienveillance d’écoute indispensable pour porter un jugement critique . Au contraire il s’agit de saisir très vite un élément détourné de son Sens et son contexte pour en faire le signe de la malignité d’autrui. Contre sens sur la notion d’esprit critique.

Ceux qui sont animés du culte de la mauvaise foi ne peuvent évidemment ajouter foi à ce qui les remettrait en question, ce qui ferait douter de la vertu de cynisme, si prisée.

Ceux qui combinent les deux et ils sont nombreux actuellement, ne perdent pas une seconde à considérer ce qui est dit pour villipender immédiatement l’auteur de telles paroles. A n’importe quels propos leur réponse est déjà prête.

Jacques Juillard avoue ne pas avoir cru en la possibilité d’une âme française qui véhiculerait ces traits de caractères et qu’il pourrait réviser cette idée.

C’est très exactement sur la connaissance de cette "personalité culturelle" que l’humanisme méthodologique fonde ses analyses. Pourquoi l’étude réalisée en 1980 éclaire-t-elle ce que dit Jacques Juillard aujourd’hui ? Une "sociologie des profondeurs" est possible. Elle est développée ici et validée par de très nombreuses analyses et pratiques de terrain.

Concernant le contexte de mutation, la connaissance des phénomènes humains est indispensable pour comprendre ce qui se passe au fond. Par exemple l’importance grandissante des communautés humaines à toutes les échelles et la conception de l’homme que cela implique prend à contre pied certaines positions idéologiques qui règnent encore. Par exemple le terme communautarisme est une spécialité diabolisant en fait toutes communautés par la caricature du pire. C’est contre la mutation du monde que le "l’anticommunautarisme" veut s’élever en réalité. L’autonomie de la personne et des communautés humaines est aussi contraire à l’idée de citoyenneté dont la liberté est ici le nom d’une dépendance juridique à l’Etat.

De nombreux textes illustrent ces analyses sur ce site. Il faudrait que Jacques Juillard en ait connaissance pour compendre pourquoi cela se passe aujourd’hui de cette manière. C’est la condition pour que l’analyse permette l’action, sans attendre l’homme providentiel.