De la culture

à l’identité culturelle
dimanche 14 août 2005
par  Roger Nifle
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Il n’y a de développement, de projet territorial, de lieu de vie collective que des communautés humaines, communautés de Sens et de devenir. Pas de projet sans sujet collectif, pas d’attractivité durable sans identité reconnaissable et prometteuse. C’est à la culture qu’il faut avoir recours pour dire le spécifique d’une communauté, ses valeurs, une sorte de personalité culturelle. Pour cela il faut redéfinir la culture faute de quoi l’échec des politiques fondées sur la culture se perpétue. Pendant que les communautés ont été dépossédées de leur culture, de leurs valeurs propres, de leur identité et de toute possibilité d’empowerment, a été vénérée une Culture sacralisée. C’est à un renversement que l’Humanisme Méthodologique invite avec la théorie et les analyses de cohérences culturelles

Notre pays fait exception, une fois de plus, à vouloir fixer dans le marbre de la Raison toutes les catégories de l’universel. Veillons à ce que ce soit plus qu’un musée qui constitue le patrimoine culturel de nos générations futures. La culture universelle et l’exception culturelle revendiquant la diversité des cultures, nous voilà pris en tenaille. Il n’est pas rare que dans le même texte, le terme de culture soit pris en plusieurs sens sans qu’on y prenne garde, jusqu’à l’incohérence.

De quoi parle-t-on ?

Est-ce de "La Culture" avec un grand C, une catégorie de “valeurs” dont les arts sont les critères et un ministère spécialisé le cultivateur du champ, prestigieux ou populaire ?

Mais la culture n’est-elle pas aussi l’ensemble des conventions des gens “cultivés” par opposition aux autres, incultes ? Les humanités en ont longtemps constitué la matière, éclatée maintenant en disciplines dont on peut acquérir la culture spécifique ou bien rester inculte à la porte.

Est-ce, avec le même c que civilisation, à la fois le processus et le fruit d’un développement “intellectuel” comme le rappelle le petit Robert ?

N’est-ce pas aussi la métaphore pour “l’esprit” de celle des champs dont il faut prendre soin pour favoriser la récolte, depuis le défrichage, le labour et les semailles. C’est là la culture de ressources naturelles certes mais aussi une culture qui s’arrache à la nature, une culture qui s’y oppose ou bien une culture qui la qualifie ?

Quelque culte ne s’y attache-t-il pas aussi lorsque des choses sacrées “culturelles” sont vénérées ainsi que leurs servants ?

Et au fondement ? Souvent dans l’ombre de l’occulte n’y aurait-il pas avec la culture des communautés humaines une assimilation péjorative à un “obscurantisme communautariste” ? Un “cul par dessus tête” intolérable pour la civilisation des lumières ?

Le rapport de l’ONU sur le développement humain 2004 promeut le développement fondé sur les cultures. Les voilà fondatrices. Pourtant des décennies de “développement fondé sur la culture” ont été aussi un fiasco. Avec le concept d’empowerment, intraduisible non pas en français mais en France, l’idée que des populations, des collectivités, des régions, puissent cultiver leur propre maîtrise de leur devenir est dans l’air. Leurs façons culturelles propres, les valeurs originales associées en constituent les potentiels, les ressources et les talents, sans compter les voies, processus et méthodes spécifiques.

Ce mouvement émergent est pourtant significatif du “mouvement du monde” engagé par la “mutation de civilisation” en cours.

La culture comme caractère propre d’une communauté humaine y revient au premier rang. C’est là que l’exception française partout stigmatisée pour cela, est au plus mal avec ce concept de culture. Elle a tellement idéalisé l’universel que la diversité des cultures en a été assimilé aux bas fond communautaristes de la civilisation. (cf. Denys Cuche “la notion de culture dans les sciences sociales”, La Découverte). Il est vrai que les culturalismes anglo-saxons tentant de saisir par leurs formes même les différences et les universalités culturelles ont rencontré quelques impasses.

Peut-on maintenant, au seuil d’une mutation largement engagée, reconstruire un concept de culture cohérent qui soit à la fois intelligible, éclairant et opérationnel dans l’engagement des affaires humaines. C’est la proposition de l’Humanisme Méthodologique avec la théorie et l’ingénierie des Sens et cohérences humaines et, tout particulièrement, la théorie et la méthode des cohérences culturelles.

On en donnera ici quelques articulations.

Tout d’abord les communautés humaines. Elles sont “de nature humaine” autrement dit ce qui fait lien est d’ordre humain et ce qui s’y réalise aussi.

Sur le fond, transcendant toute expression et toute expérience partagée, sont les Sens en consensus. L’anthropologie philosophique de l’Humanisme Méthodologique indique, d’une part, que ce sont là les Sens d’une problématique d’humanité, une “part d’humanité” prise en commun et, d’autre part, qu’il y a toujours un Sens parmi les autres qui peut être considéré comme le “Sens du bien commun”.

Un Sens est une disposition d’être orientée par laquelle, sous réserve de consensus, s’interprète le monde, il s’évalue, il se construit et plus généralement il se réalise et se cultive.

Toute communauté humaine est au fond, en premier lieu, une “communauté de Sens”. Sa problématique, sorte d’inconscient collectif, peut être élucidée grâce à l’analyse de cohérences culturelles (une méthode non décrite ici et qui réclame une capacité d’accès aux profondeurs de l’humain et aux exigences associées).

Cette problématique humaine et tous ses Sens constituent les racines d’une culture propre et sous-tendent les “cohérences culturelles” de la communauté en question. Une communauté humaine peut toujours ainsi être dite “culturelle”. D’abord par ses racines ensuite par les caractéristiques de son monde propre et enfin par le devenir qu’elle peut projeter dans le futur.

On peut dire d’une communauté humaine qu’elle est une culture ou bien qu’elle a une culture selon que l’on se tourne vers ses racines transcendantes ou vers ses modes d’expression, toujours conjoncturels. On peut dire aussi qu’elle cultive ses potentialités (culturelles) pour s’exprimer et se développer.

Quels sont les modes d’expression d’une culture ? L’anthropologie de l’Humanisme Méthodologique nous éclaire là dessus. Schématiquement :

- Un ensemble de sensibilités partagées, affects, émotions collectives, les sentiments d’appartenance, d’exclusion s’y ressourcent. S’y réduisent aussi les régressions archaïques (le “communautarisme” serait le caractère de toute communauté lorsqu’elle est réduite à l’archaïsme du pathos de l’éthos).

- Un monde environnant avec ses caractéristiques singulières significatives, son unité et ses multiplicités (que beaucoup de communautés voudraient considérer comme “Le monde”, l’unique, l’universel, réduisant les autres à l’insignifiant).

- Un ensemble d’usages, de comportements, de pratiques, de moyens et de productions caractérisant un type de cohabitation engagé dans les conditions de subsistance avec les habiletés et les arts de faire associés.

- une histoire avec ses séquences, du passé, du présent et du futur projeté ; s’y racontent une genèse, des péripéties, des explications, des raisons mais aussi s’y projette un futur en projets, de développement construit, par exemple.

- Des représentations mentales, images, imaginaire, signes, figures, modèles, schémas fonctionnels, règles, trames, structures, scénarios du futur, du présent et du passé. Tout un ensemble de savoirs, représentations mentales, scientifiques ou philosophiques, ordinaires ou épurées. L’identité collective et les identités particulières s’y dessinent en tableaux complexes donnant un visage, une forme, au monde de la communauté auxquel les “arts de représentation” contribuent.

- Des valeurs de référence justifient aspirations, positions, orientations, originalité et critères d’authenticité, volonté collective, autorité ; le lieu des choix essentiels, “politiques”, qui “donnent Sens” et consistance à tout le reste.

Enfin intégrant tout cela la culture d’une communauté de Sens, c’est aussi des rôles, des responsabilités, des relations, une “personnalité” collective, une vocation, des engagements vis-à-vis d’autres communautés (communautés de communautés, cultures de cultures, ex. l’Europe).

Or les cultures ont le plus souvent été identifiées, c’est-à-dire réduites à l’une ou l’autre de ces manifestations.

On a assimilé cultures et affects ou pathos les renvoyant à l’archaïque primitif ou communautarisme. On les assimile au “faire”, cultures d’entreprise, “civilisation" industrielle ou technologique. A la période “moderne”, l’âge des représentations, on a assimilé culture et représentations selon différentes catégories.

Mieux, ou pire, on a donné à l’une de ces manifestations le statut de “cause authentique” des autres :

- aux affects et émotions donnant leur puissance “magique” aux représentations (ex. arts de représentations) et leur intérêt aux faits, actes et situations.

- aux représentations destinées à s’imposer au faire pour ordonner le monde (selon l’ordre de la Raison notamment), tenir à distance les affects (rationalisme) ou au contraire les manier opportunément (médias, arts, propagandes...). Nous venons d’un temps dominé par ces dernières versions.

- aux faits, versions matérialistes de la culture qui se déploient notamment dans l’économie et le “règne de la quantité”.

Il faut introduire ici trois considérations majeures pour comprendre les cultures humaines, c’est-à-dire celles des communautés humaines constituées, anciennes ou futures, et plus généralement “virtuelles”).

Le Sens du bien commun

Sur le fond, une communauté peut être amenée à cultiver n’importe lequel de ses Sens donnant lieu aux modes d’expression correspondant. Seule la culture du “Sens du bien commun” permet une expression intégrale et intégrée de toutes ses composantes constituant la synthèse finale décrite au-dessus. Les autres Sens sont donc ainsi toujours réducteurs ou encore distordent la compréhension de la culture.

On devine qu’il en va de l’avenir et, en effet, ce qui caractérise le Sens du bien commun c’est qu’il est celui dont la culture développe conscience, liberté, maîtrise et donc progression d’autonomie, de maturité et aussi d’empowerment de la communauté.

Ainsi la culture du Sens du bien commun se traduit par des expressions significatives, figures du bien commun, mais aussi contingentes, provisoires et relatives aux contextes. Il ne faut pas réduire le "Sens du bien commun" a un “bien commun” particulier qui ne peut en être qu’une expression conjoncturelle (ainsi le développement de la Raison est-t-il un bien commun jusqu’à ce qu’il perde Sens dans une conjoncture nouvelle, celle de la mutation d’aujourd’hui où il ne suffit plus à dire le Sens du bien commun.

La première considération est donc celle là. Parmi les différents Sens d’une culture il importe de discerner le meilleur Sens, Sens du bien commun pour le cultiver.

Il ne suffit donc pas d’exprimer une authenticité culturelle pour que ce soit bon. La culture est bonne à cultiver uniquement dans son meilleur Sens. C’est souvent le fait de négliger cela qui a donné aux communautés culturelles un visage régressif ou abstrait.

A l’inverse la culture du Sens du bien commun se traduit par une progression dans le niveau “culturel” de la communauté et de ses membres.

Ainsi la culture du Sens du bien commun est seule véritablement pédagogique et éducative, c’est-à-dire vouée au “grandir” de l’homme et son accomplissement selon une vocation culturellement appropriée.

Les âges d’évolution culturelle

En second lieu c’est une trajectoire de progression qui caractérise la culture d’une vocation. Or cette trajectoire, dans la constitution et l’évolution d’une communauté de Sens selon le Sens du bien commun, se manifeste au travers des différents modes d’expression dans l’ordre indiqué plus haut comme autant de niveaux de conscience, de maîtrise, d’âges. Chaque niveau d’évolution ou d’empowerment tend à maîtriser une certaine appréhension de l’existence par ses moyens propres.

L’archaïque joue sur les passions, l’âge du faire sur l’habileté économique et technique, l’âge des représentations sur sa capacité de concevoir, de définir, de structurer, d’exprimer dans les langages et les signes. La période “moderne” notamment s’y est identifiée mais aussi réduite faisant des représentations l’alpha et l’oméga. Sciences, arts, règles de droit, modèles de société et de pensée en ont été posés comme indépassables.

Or la mutation actuelle remet cela en question et ouvre à un autre âge, l’âge du Sens, l’âge des communautés de Sens, l’âge où toutes les considérations d’ici deviennent essentielles et opérationnelles pour le monde qui vient.

La culture ainsi ne s’exprime pas uniquement dans les différentes modalités existentielles collectives mais aussi dans une vocation communautaire qui lui donne un rôle vis-à-vis des autres communautés, un rôle de service en même temps qu’une personnalité attractive, une identité prometteuse pour participer à la vie communautaire.

L’identité culturelle

L’identité culturelle est la façon dont une communauté s’exprime et qui la rend reconnaissable et attractive tant pour ceux qui y participent que pour ceux qui pourraient avoir à le faire.

L’identité culturelle dont il est question ici est une promesse et en cela elle s’inscrit dans une trajectoire qui dit, dans le présent, quelque chose du passé et aussi du futur et ce qu’elle dit est promesse d’enrichissement. C’est l’"identité culturelle prospective"

En outre l’identité culturelle dit quelque chose d’une “personnalité” d’un caractère, de qualités et valeurs, de talents. A ce titre elle exprime une intériorité et aussi des façons d’être et de faire. On pourrait parler d’"identité culturelle introspective" associée, pour ce qui est du passé et de la mémoire, à une "identité culturelle rétrospective"

On retiendra que l’identité culturelle d’une communauté (un territoire, une institution, une collectivité) repose :

- sur un Sens du bien commun qui en est le principe à partager en consensus tant dans qu’à l’extérieur de la communauté,

- sur l’ensemble des modes d’expression de la culture dans ce Sens constituant les registres de l’identification,

- sur la promesse authentique d’une vocation traduite dans quelque projet ou projection.

Il nous faut insister sur quelques aspects majeurs de la question de l’identité culturelle.

Les valeurs propres.

La notion de valeurs est polysémique et il ne suffit pas d’utiliser le terme pour savoir de quoi on parle. Nous en donnons ici la définition sur laquelle se positionne l’Humanisme Méthodologique, ses analyses et ses perspectives.

Les valeurs sont des indicateurs de contribution au Sens du bien commun.

En cela les valeurs sont des repères du “bon” Sens de la culture, à cultiver. Ce sont aussi des signes de contribution auxquels les expressions significatives de l’identité culturelle pourront se référer.

Les valeurs culturelles dont on parle ici laissent de côté d’autres conceptions des valeurs et les autres Sens que ceux du bien commun propre à chaque communauté.

Ces valeurs doivent toujours associer une dimension subjective essentielle ; on peut parler de valeurs essentielles philosophiques ou spirituelles par exemple.

Elles ont aussi une dimension projective (valeurs projectives) qui tracent les jalons du progrès et des horizons espérés notamment au travers de projets.

Elles ont encore une dimension objective (valeurs objectives) au travers de critères de distinction qualifiables et quantifiables le cas échéant, en tout cas significatif, du Sens du bien commun évidemment.

Négliger l’une ou plusieurs des trois dimensions ou ne pas les associer ne permet plus d’exprimer le Sens du bien commun et donc une identité culturelle authentique et prometteuse.

Les valeurs sont des médiations qui facilitent l’identification, le partage, la transmission, le développement et aussi l’évaluation en référence au Sens du bien commun.

Cependant elles s’expriment dans des termes, un langage qui doivent toujours être appropriés aux publics et circonstances. Elles ne sont donc pas fixes pas plus que l’identification elle-même d’une communauté culturelle.

Les composantes de l’identité culturelle

Parmi les composantes de l’identité culturelle il y en a trois qu’il importe de privilégier :

- La mémoire. Elle participe d’une conscience collective et emprunte différents véhicules, affects ou sentiments, faits ou traces matérielles, représentations mentales. Cette mémoire identificatoire doit être celle du Sens du bien commun et exprimer des valeurs que l’on reconnaîtra dans la définition d’un patrimoine matériel ou immatériel. C’est l’indentité rétrospective.

- Le caractère, lié aux façons d’être, façons de vivre, de réagir, il exprime une personnalité et invite à la relation, au partage. Les valeurs qui l’expriment sont celles d’un mode de vie attractif ou évidemment des “visiteurs” peuvent “se retrouver”, c’est-à-dire y trouver leurs propres valeurs au travers des choses de la vie, couvrant tous les plans de la vie collective et les modes d’expression de la communauté culturelle. C’est par l’identité introspective que l’on accèdera à ce caractère.

- Le projet, façon de se projeter dans le futur et pas n’importe lequel, celui qui vient, que l’on étabira dans le contexte d’une mutation. Celle-ci ne fait pas que susciter des troubles elle ouvre des horizons, des possibles ou justement l’âge des communautés invite tant à l’expression de leur identité qu’à leur empowerment.

Les valeurs projectives et l’identité prospective y trouvent évidemment leur place (mais aussi “l’évaluation prospective” des ressources de mémoire et de caractère).

Trois moments de l’identité culturelle

Des indications précédentes on pourra retenir trois moments pour construire une identité collective, communautaire, une identité prospective qui contribue au Sens du bien commun donc à en exprimer aussi les valeurs, les enjeux et les ambitions, les clés d’une attractivité originale, différenciée.

L’analyse de cohérence culturelle

Elle vise à éclairer le Sens du bien commun, en caractériser les valeurs et les indicateurs appropriés.

Il s’agit d’une démarche propre à l’Humanisme Méthodologique. Elle est à la fois rétrospective, introspective et prospective tout en accèdant à un discernement des Sens en profondeur. Sans explorer ici toute la complexité et la nouveauté de telles analyses, soulignons qu’elles ne sont ni des compilations photographiques, ni des interprétations conventionnelles (spécialistes, disciplines), ni un miroir des opinions. Aller “au cœur du sujet” réclame des exigences, des moyens et des capacités peu répandues, et pour cause, du fait aussi d’un champ émergent qui reste à cultiver (formation de professionnels au niveau de maturité personelle suffisant).

Y-a-t-il d’autres méthodes que l’analyse de cohérence culturelle pour comprendre une culture ? Sans doute, de l’intuition à des pratiques d’interprétation plus traditionnelles, avec les exigences qui s’imposent évidemment.

La communication et l’appropriation de l’identité culturelle

L’identité s’exprime on l’a vu au travers des différentes composantes de l’expression d’une communauté culturelle. Ce faisant ces différentes composantes sont autant de véhicules de communication.

Les affects, les faits, les représentations. A chaque fois différentes modalités sont envisageables selon les publics et les circonstances. Le Sens du bien commun sous-tend l’identité culturelle, s’exprime au travers de ces langages qui le véhiculent pour atteindre les publics visés.

La communication, d’ailleurs, n’est pas simplement une ambiance, un tableau de signes et d’images, une situation de faits, elle est aussi mouvement, processus entraînant. Il faut faire appel à des modes d’expression de type événementiel notamment pour trouver une richesse et une redondance de vecteurs propice à la transmission du Sens.

Cependant ce qui peut souvent le mieux exprimer le Sens au travers d’une variété de registres ce sont les arts. Il y a donc là un rôle, une compétence artistique à mobiliser mais aussi à transformer en conséquence.

Renforcer la conscience collective et l’identité dans le Sens du bien commun, voilà un premier enjeu pour les parties prenantes de la communauté.

Transmettre le Sens du bien commun par l’attractivité d’une identité collective prometteuse, voilà un second enjeu pour les visiteurs et partenaires potentiels de la communauté. Il y a là toute une “industrie” de l’identité communautaire à développer.

La projection de l’identité dans l’action

S’il s’agit de promesses, il s’agit de les tenir et c’est aussi construire le cercle vertueux d’un développement et d’une attractivité.

L’identité promesse, c’est aussi les multiples projets qui l’expriment, qui se réalisent ou s’encouragent, qui suscitent initiatives, engagements, participations, investissements et donc développement de valeurs communes dans tous les registres.

L’identité culturelle ne se limite pas à l’analyse et la communication, elle s’approprie dans l’action.

Projets collectifs, gouvernance, marketing des valeurs, offres, clientèles, engagements collectifs, rayonnement, services, vocation sont des mots clés de la multitude des approches qui se fondent au fond dans les valeurs culturelles et participent à l’identité culturelle prospective d’une communauté territoriale, institutionnelle, politique, associative ou autres.

Alors pourquoi faire de la “culture”, un secteur à part puisqu’il est le tout de l’existence collective dans le Sens du bien commun. Pourquoi faire de l’art une activité à part puisqu’elle concerne tout ce qui contribue à l’expression et au développement d’une communauté culturelle.

C’est à une telle réappropriation que la généralisation des questions d’identité culturelle nous entraîne au seuil d’une mutation qui en fait un enjeu essentiel.

Il est vrai aussi que l’entreprise de déshumanisation de l’homme et du monde est particulièrement active et qu’elle s’accomode fort bien d’un “ghetto culturel” fusse-t-il doré, prestigieux ou populaire.

Voir sur le site les développements et approfondissements de ces questions tant sur le plan théorique que pratique