Saint Paul

ou la fondation de l’universalisme par Alain Badiou
jeudi 28 juillet 2005
par  Roger Nifle
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Un philosophe athée et antireligieux qui se laisse interpeller par la résonnance d’humanité qu’il re-connait en Saint Paul au point d’y reconnaître aussi la fondation même de l’universalisme (excusez du peu) mais aussi de la liberté humaine au coeur même de ce qui est dénoncé comme son contraire. Tiens comme Saint Paul !

Après “l’aveu” de Michel Serres de sa découverte de St Paul (Marques), je découvre à mon tour le livre d’Alain Badiou, philosophe, militant, athée, bien antérieur (1997). Sa lecture de Saint Paul est d’une profondeur rare.

A quel fond d’ailleurs puise-t-il sinon sa propre profondeur humaine.

Pour lui l’évènement de la résurrection, qui a fait tomber l’apôtre "de son cheval" sur le chemin de Damas est ce qui fonde l’universalisme. Il fonde aussi la liberté que tout événement par la suite nous concède, fils de liberté plutôt que de la loi qui s’impose, fils de la loi de l’esprit diraient-ils de concert.

Alain Badiou qui considère les religions comme des fables (au mieux) nous parle de la transcendance de l’homme même s’il n’en use pas le terme.

Il nous parle de Sens même s’il le dit “disposition”, voie, orientation, ou position subjective.

“La pensée de la chair est mort, la pensée de l’esprit est vie” rappele-t-il. mais n’est ce pas ce que dit dans sa langue l’Humanisme Méthodologique ?

La pensée de la chair n’est que réflexion, réfléchissant du déjà là tout juste bon à quelqu’arrangement.

La pensé de l’esprit est expression révélatrice du Sens (l’esprit).

Sa lecture du rapport Paulinien à la loi comme source du désir et de la liberté automate du désir comme logique mortifère est d’un éclairage puissant de la morbidité de l’hédonisme celui que promeut Michel Onfray, pensée de mort nous disent Alain Badiou et Saint Paul. Au nom de l’homme et de l’universel dont il est le siège révélateur.

A lire, en soi-même pour comprendre...