Les communions humaines

Pour en finir avec "la religion" par Regis Debray
jeudi 28 juillet 2005
par  Roger Nifle
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Regis Debray nous invite à reconnaître derrière "la religion" le phénomène des communions humaines dont il y a beaucoup à apprendre au temps des communautés humaines qui s’annonce. Fayard 2005

Ancien président de l’Institut Européen des sciences des religions, il a réalisé un rapport sur l’enseignement du fait religieux dans l’école laïque.

Ce petit livre vient souligner que l’histoire des religions est un fait et qu’à ce titre au moins il mérite considération. On peut être athée et honnête intellectuellement.

Certains affirment que la science est dénuée de toute subjectivité et en feront un rempart contre “l’obscurantisme”. On peut se demander si la méthode n’est pas le révélateur de l’intention, situant l’obscurité du côté du sujet et la lumière du côté de l’objet sans doute, la raison étant probablement la servante du second et pas du premier...

Régis Debray n’est pas de cette veine là qui a du affronter le déni du physicien Bricqmont.

Lui regarde et analyse et il rend compte de ce qui lui semble être : les religions ont quelque chose à nous apprendre de la formation des communautés humaines.

Si pour certains qui ne voient pas l’humanité (la leur aussi) derrière les religions, il n’y a là que communautarisme liberticide. Pour lui il y a toute une intelligence du fait collectif, tout un enseignement du “faire communauté” et une compétence aussi.

Parmi d’autres il pointe, comme l’Humanisme Méthodologique, l’importance du fait communautaire sinon son émergence actuelle dans des communautés choisies, communauté de Sens, de consensus et d’esprit, dirons nous avec l’Humanisme Méthodologique.

L’analyse prospective de la mutation met en évidence le temps des communautés humaines. Les communions humaines sont la clé du phénomène. Pour d’autres et particulièrement l’antihumanisme radical (négation des racines d’humanité) il faut circuler car il n’y aurait rien à voir sinon la complexité des circulations et des réseaux. Le temps des réseaux est révolu nous dit pourtant Michel Serres. Celui des communions humaines vient.

Des entreprises, aux territoires, des marchés aux solidarités de vie, le temps des communautés de Sens et de valeurs s’annonce.


Commentaires  forum ferme

Logo de Jérôme Valina, initiateur et entraîneur de communautés virtuelles
dimanche 11 septembre 2005 à 11h39 - par  Jérôme Valina, initiateur et entraîneur de communautés virtuelles

Bonjour,

Je partage pleinement cette analyse et vision prospective des nouvelles communautés humaines en devenir. Et notamment du point de vue des nouveaux phénomènes communautaires qui se jouent sur l’internet, un espace de partage plus humain qu’on ne veut l’admettre.

Parmi les inombrables forums et réseaux (ou parfois seules l’impersonnalité et la domination égocentrée de quelques uns s’exercent), on rencontre aussi des communautés plus évoluées, elles-même en cours de maturation (processus collectif interne propre à chaque communauté humaine).

Cette maturation de la communauté virtuelle (donc humaine : lat. vir, qui a les qualités d’uu homme) correspond me semble-t-il à une re-découverte : les Hommmes sont liés et "faits" pour vivre en communauté. Ce qui stimule chez l’homme l’envie et le besoin de s’entraider dans un objectif partagé : le bien commun. La religion a sans doute cette vocation de "relier les gens" (lat. religens) tout en renforçcant la capacité de chacun à se situer parmi les autres et à ... penser par soi-même (l’opposé des phénomères communautaires... sectaires).

Ainsi de "simples forums" peuvent, en fonction du sens et de la méthode d’animation, évoluer vers une plus grande conscience de cela et devenir communautés agissantes, et pas simplement "regardantes" ou "critiquantes" (No future attitude).

Des expérimentations concrètes, nombreuses et diversifiées sont à lancer, que ce soit dans l’apprentissage et l’éducation, que dans l’implication de citoyens dans leur Cité (local empowerment), de personnels dans leur entreprise.