Développement durable et NTIC

Quelle logique commune ?
lundi 7 février 2005
par  Roger Nifle
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De ces deux concepts si galvaudés où les idées toutes faites et les bons sentiments suffisent trop souvent, y a-t-il une convergence de Sens qui permette de comprendre comment les deux peuvent trouver une finalité commune.

Il est une manière très actuelle de traiter ce type de question, c’est de faire du collage. On prend deux échantillons de discours sur l’un et l’autre thème et on les colle ensemble avec de l’affect, du bon sentiment pour que cela tienne bien et “donne le sentiment” exaltant d’une cohérence réconfortante.

Il en est une autre plus exigeante qui cherche à comprendre sur le fond le Sens des concepts en question pour éclairer les conditions et les implications d’une convergence de Sens. C’est cet exercice que propose l’Humanisme Méthodologique d’où les propos qui suivent sont tenus.

NTIC est une expression exacte si on se contente des apparences, il y est bien question d’information et de communication, mais notoirement insuffisante si on veut comprendre le Sens d’un phénomène de première grandeur à l’échelle planétaire. Nous n’allons pas nous livrer ici à l’analyse mais livrer les conclusions.

voir La mutation

Ce qui constitue la nouveauté des NTIC, c’est la possibilité rendue accessible au plus grand nombre d’établir des relations de proximité à distance.

Voilà la première clé : les relations humaines. C’est le terrain où un bouleversement majeur est engagé. Cela implique essentiellement deux choses :

- approfondir la compréhension des relations humaines interpersonnelles et collectives dans ce contexte et cette notion de “proximité” à distance,

- envisager tout ce qui en découle, non seulement pour les relations interpersonnelles mais pour la constitution et le développement de groupes et communautés virtuelles, c’est-à-dire des communautés de Sens, quelque soit la distance.

Ce sont toutes les activités humaines collectives qui sont en jeu. Nouvelles configurations collectives, enjeux rendus accessibles, méthodes et conduite des affaires collectives, à repenser dans tous les domaines des affaires humaines, politique, économique, social, par exemple.

La deuxième clé c’est que cet engagement de relations à distance réclame une capacité d’initiative. On voit que malgré la complexité de l’informatique des centaines de millions de personnes se sont équipées d’ordinateurs, postes de commande de cette participation volontaire. Toutes les tentatives d’en faire un terminal de consommation passive ont échoué et échoueront (il y a d’autres canaux pour ça).

Cette “prise d’initiative” dans l’implication relationnelle et communautaire peut être qualifiée d’empowerment. L’empowerment est la condition mais aussi le bénéfice du développement de ce phénomène à l’échelle planétaire. Information et communication, on le voit, ne sont qu’accessoires mais souvent aussi font obstacle à la compréhension du phénomène essentiel et même servent les résistances aux changements.

Maintenant le développement durable. Donner un Sens à cette notion n’est pas aisé sauf pour ceux qui n’ont pas besoin de Sens et se nourrissent d’évidences. Pour certains, développement et durable sont souvent antinomiques (Francisco di Castri).

Avec l’Humanisme Méthodologique nous nous posons les questions suivantes : le développement de qui ? le développement de quoi ? le développement pourquoi ? le développement comment ?

La réponse est d’abord développement des personnes et développement des communautés humaines (territoriales par exemple). Elle est ensuite tout ce qui contribue à “l’empowerment” des hommes et de leurs communautés, et rien d‘autre. Pourquoi ? Le Sens du développement c’est l’accomplissement de l’humanité dont “l’empowerment”, autonomie responsable, est une figure. Comment ? en développant toutes les conditions de l’empowerment individuel et collectif.

On peut qualifier de “durable” ce type de développement parce qu’il articule notamment le développement dans la durée longue des personnes et des communautés humaines dans le Sens du bien commun que ”l’empowerment” défini.

Qu’est ce que l’environnement vient faire là dedans ? Il est l’espace commun où se joue et se réalise le développement durable, une sorte d’indicateur du bien commun. Mais il ne faut pas confondre indicateur et direction, essentiel et accessoire. Il y a bien d’autres considérations portées par l’Humanisme Méthodologique sur le développement durable.

Territoires

On peut voir maintenant en quoi sont liés :

- le phénomène signalé par les NTIC, dont l’empowerment des personnes et des communautés est une caractéristique majeure,

- le développement durable des personnes et des communautés humaines (notamment territoriales) dont l’empowerment est à la fois le but et la méthode, sont liés.

On peut donc à partir de là montrer comment les usages et les moyens issus des NTIC* contribuent à l’empowerment des personnes, des groupes et communautés et aussi comment ils pourraient être utilisés pour contribuer à des projets de développement durable.

Rien que de naturel dans les NTIC et le développement durable, de la Nature Humaine il s’entend.

* Les usages d’Internet