Le Journal Permanent de
L'Humanisme Méthodologique
par Roger NIFLE


Une méthode de pensée pour l'action
Basée sur la Théorie et l'Ingénierie du Sens et des Cohérences Humaines
Le 20 07 2008 à 00 h 08

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    Au coeur du sujet - Perspectives
    En guise de conclusion provisoire

    Première publication : 1986, mise en ligne : mardi 3 août 2004, Roger Nifle


    Il s’agissait ici de présenter le cohérenciel, tout juste émergent à l’époque et qui a connu de forts développements notamment avec la trialectique Sujet Objet Projet. De nombreuses applications en découlent pour la structuration des réalités humaines. dans une deuxième partie des considérations pratiques et des techniques qui permettent de tenir les promesses dans l’action sont présentées.

    PERSPECTIVES, EN GUISE DE CONCLUSION PROVISOIRE

    L’approche de la théorie de l’Instance et des Cohérences et les pratiques qui en découlent, débouchent sur une façon particulière d’envisager les réalités, les problèmes et les solutions à y apporter. S’ouvrent alors, une science et un art nouveaux, la science et l’art des cohérenciels. Ce nouveau paradigme, issu d’une position épisté- mologique neuve, offre une alternative aux courants traditionnels dominants :
    - Le mécanisme, qui culmine dans le systémisme positiviste et toutes les formes de scientismes et qui évacue l’essentiel de l’homme : sens et Instance.
    - Le rationalisme, avec son ordre moral et technique subordonnant à une Raison supérieure, un homme personnellement subalterne.
    - L’empirisme, qui fait de l’expérience subjective affirmée le prin- cipal critère de la vérité absolue et de l’évidence imposée. Sciences et pratiques ne sont pas neutres. C’est en assumant cela que l’exigence de discernement et de responsabilité commence à se faire jour, fondée sur l’exercice de la liberté et de l’autorité de la personne humaine, en référence à la vérité transcendante. Sciences et pratiques des cohérenciels offrent cette perspective et cette ambition.

    Qu’est-ce qu’un cohérenciel ? Sur le plan théorique fondamental, il s’agit de l’ensemble des dimensions et des aspects d’un existant, tels que la théorie de l’existence les définit. Cette vision de l’existence des choses, implique la disposition personnelle précédente. Envisager ou réaliser la plénitude de l’exis- tence d’une chose, d’une situation, d’une oeuvre ou d’un projet, sup- pose une disposition personnelle favorable. Elle correspond à certains sens de l’Instance, ceux par lesquels s’envisagent aussi les cohéren- ciels.

    Il s’agit donc d’une vision des choses et du monde (culturalisme symboliste), visant à l’accomplissement des hommes (et non pas neu- tre) et se traduisant, à la fois, par une conscience théorique qui peut se faire sciences et par un concernement personnel qui peut se faire maîtrise pratique.

    330

    Pour échapper au règne du savoir imposé par le bon vouloir et l’arbitraire à celui des systèmes qui tissent les filets de 1’aliénation humaine à celui du juridisme technocratique, adorateur de ses normes et ses techniques, il est nécessaire de proposer un nouveau paradigme. Celui des Cohérenciels ouvre à de nouvelles perspectives de « sciences avec conscience » et « d’arts témoignages », révélateurs de l’homme en vérité, dans tous ses domaines de préoccupation.

    Un cohérenciel est l’ensemble de ce qui doit être envisagé dans toute réalité, pour qu’elle soit pleinement humaine , C est donc une façon de considérer toute chose, dans la plénitude de son existence. La plupart de celles qui sont offertes réduisent la réalité des choses à l’un ou l’autre de ses aspects et l’amputent de quelqu’une de ses dimensions.

    Considérer une réalité par son cohérenciel, c’est aussi positionner la personne humaine dans un rapport tout à fait particulier à celle-ci dans un lieu qui la transcende. De ce lieu, l’Instance en 1’homme, la réalité trouve son sens, la conscience essentielle est possible et une maîtrise peut s’exercer.

    C’est donc une position, posture et attitude envers les choses de l’existence, qui situe l’homme dans la singularité de son humanité.Elle le dispose à la conscience de sens, révélation de lui-même par la médiation des réalités de l’existence. Elle lui permet de gouverner son existence par la maîtrise de ses réalités.

    Envisager le cohérenciel des choses, c’est se mettre dans une dis- nosition d’Être, favorable à l’accomplissement humain et donc, dans cette perspective et ce projet. C’est aussi se mettre en mesure d’exercer une pratique de maîtrise, sur les objets et circonstances de 1’existence. Le cohérenciel d’une réalité quelconque comporte, comme le schéma de l’existence, six types de caractéristiques, avec trois dimen- sions fondamentales et trois aspects.

    Les dimensions fondamentales

    Pour chaque chose, chaque réalité existante, doivent être envisa- gées les trois dimensions suivantes : a) Quel en est le sujet ? Autrement dit pour qui a-t-elle un sens et quel est-il ? En termes de logique, d’orientation de finalité, de « raison d’être », d’intention, de volonté, etc... C’est la dimension intentionnelle ou subjective. b) Quel en sont les objets ? Eléments, conditions, domaines, acteurs et facteurs. A quel propos ? De quelle « matière » sagît-il ? C’est la dimension attentionnelle ou objective.

    331

    c) Comment se présente-t-elle ? Le développement, le déroule- ment de sa vie, événement, historicité, dynamique. Comment se réa- lise-t-elle ? Comment cela arrive-t-il ? C’est la dimension actuelle ou dynamique historique.

    Les trois aspects

    Ils peuvent se déduire des trois dimensions précédentes : 1) Entre les dimensions intentionnelle et actuelle (subjective et dynamique) et par abstraction de la dimension attentionnelle (objec- tive), se situe l’aspect formel, l’image, l’identité sous laquelle la réalité se présente, interface par laquelle elle apparaît et se montre. La forme abstraite est celle du savoir qui la décrit, fruit de l’intelligence mentale.

    2) Entre les dimensions attentionnelle et intentionnelle (objective et subjective) et par induction depuis la dimension actuelle (dynami- que), se révèle l’aspect sensible ou potentiel, vitalité ou source de dynamisme, la puissance qui donne l’importance, la valeur d’une chose, valeur commune partagée en consensus dans un tissu d’inter- relations. 3) Entre les dimensions attentionnelle et actuelle (objective et dynamique) et par réduction de la dimension intentionnelle (subjec- tive), se constate l’aspect factuel ou corporel de la réalité. C’est la présence physique, le fait d’être là, résidu de la « raison d’être » ou constat de son effet.

    332

    Le cohérenciel d’une réalité c’est tout cela. On remarquera d’abord que nos épistémologies classiques ont tendance à en privilégier une partie, érigée en seul critère d’existence (les faits, les idées, 1’énergie potentielle, les éléments, la forme, etc...). Ensuite, il faut observer que l’appréhension d’un cohérenciel nécessite plusieurs modes de recon- naissance. Bien souvent, au contraire, un seul mode de connaissance est proposé en référence de vérité (le constat, l’abstraction formelle, le vécu sensible, etc...).

    Ainsi la science et l’art des cohérenciels font-ils appel, simulta- nément, à l’ensemble des modes d’appréhension du monde, tous complémentaires, pour accéder à la complétude d’existence d’une réa- lité, c’est-à-dire à l’ensemble de ses caractéristiques. Il n’y a donc pas, avec l’approche des cohérenciels, à rejeter aucune faculté humaine de compréhension du monde et des choses mais, au contraire, il s’agit de les intégrer dans une même perspective.

    Le caractère intégrateur de l’approche par les cohérenciels est condition d’accès à la cohérence et à l’unité logique des choses, mais aussi voie d’accès à l’intégrité de l’homme.

    La pratique des cohérenciels est pratique de cette intégrité. Elle se traduit par la prise en compte successive ou simultanée de toutes les dimensions et tous les aspects d’un cohérenciel.

    a) Repérage et choix d’orientation, pour la détermination de l’in- teraction pratique (volontaire et responsable) du sujet : maîtrise inten- tionnelle et subjective ou maîtrise politique, d’orientation et de direction. b) Prise en compte, évolution et mesure des facteurs, conditions, contraintes, composantes des objets : maîtrise attentionnelle ou objec- tive ou maîtrise gestionnaire de l’état des choses et de leur entretien. c) Prévision et conduite du déroulement des événements, réalisations, édifications, constructions articulées, développement d’activités, entreprises, etc... : maîtrise actuelle ou dynamique, ou maîtrise de la conduite des oeuvres et réalisations humaines.

    Pour les aspects des pratiques : 1) Conceptions créatives des formes et transformations, idées, imaginations, informations et médiations, formulations et formalisa- tions par la maîtrise formelle des projets pour l’identification des réa- lités. 2) Animations, motivations, communications collectives pour réactiver ou amplifier la puissance et donner aux réalités l’importance et la valeur qu’elles doivent prendre, dans les préoccupations humai- nes (motivations, etc...), c’est la maîtrise des potentialités et ressources vitales. 3) Actions, opérations techniques, production d’effets, mouve- ments et déplacements, exercice d’efforts, correspondent aux pratiques 333

    factuelles dont la maîtrise est coordination technique des processus agissants.

    Le cohérenciel d’une réalité est donc à appréhender par tout un ensemble de modes de connaissance, pour accéder à l’intégralité de sa complétude, révélatrice de son intégrité en l’homme.

    Il est à maîtriser par tout un ensemble de modalités pratiques pour réaliser l’intégralité de sa complétude, témoignage de l’intégrité de l’oeuvre en l’homme.

    Il y a là réponse à cette quête d’unité, entre sciences, savoirs, expériences subjectives, philosophies, religions, animant nombre d’hommes, aujourd’hui, qui refusent l’amputation de leur intégrité par la réduction à un seul mode d’accès à la vérité dans l’existence. Cer- tains s’égarent dans un syncrétisme, dont l’unité serait hors d’eux- même (raison, système, dogme).

    Il y a là, proposition, aussi, pour cette quête responsable et libre, de maîtrise des affaires humaines : matérielles, techniques, affectives, créatives, historiques, politiques, économiques, psychologiques, socio- logiques, culturelles, spirituelles... que recherchent nombre d’hommes d’aujourd’hui, refusant le morcellement de leur dignité et de leur autorité de personne humaine par la limitation à une seule méthode pour maîtriser leur existence et les problèmes rencontrés dans leur travail. Quelques uns s’épuisent, à vouloir trouver un équilibre entre pouvoir arbitraire, adaptation systémique et performance technique pour une pseudo maîtrise de leur indépendance qui les met hors d’eux- mêmes.

    La pratique des cohérenciels : cohérenciel de la pratique

    La science des cohérenciels, annoncée ici, aura à définir comment s’articulent entre eux des cohérenciels différents, soit par leurs objets, soit par leurs sujets. Elle aura à exprimer comment un cohérenciel est lui-même composé d’autres cohérenciels, comment un cohérenciel peut être une réalité intégrale et être la partie d’un cohérenciel plus général, comment ce cohérenciel plus général peut être aussi une partie d’un tout et vice versa.

    En effet, les propriétés des cohérenciels ne répondent pas toutes aux lois classiques des sciences dites naturelles ou exactes. Dans l’existence humaine, la situation ou le problème actuel sont plus importants à un moment donné et moins à un autre, si bien que la hiérarchie entre les choses, les situations, les problèmes est, elle, rela- tive à l’homme et non établie absolument de façon indépendante et stable.

    Au lieu, ainsi, que le monde soit considéré comme un théâtre, une scène installée, dans laquelle l’homme n’a plus qu’à jouer le ou les rôles assignés, il est plutôt à prendre comme un cohérenciel, fait d’autres cohérenciels et dont les rapports et les hiérarchies sont relatives aux perspectives humaines, fonction des pratiques dont l’homme exerce la maîtrise. C’est ainsi que les valeurs, ordres des choses et repères essentiels, ne se trouvent pas dans le monde mais en l’homme en son Instance, en référence, au delà, à l’Instant. C’est ainsi que le monde est le monde de l’homme et que ses cohérenciels, sont toujours les cohé- renciels de l’homme et pour l’homme.

    L’art et la pratique des cohérenciels vise à la maîtrise de l’inté- gralité de leurs caractéristiques. Ils se différencient notamment se- lon leurs objets, toujours et uniquement objets de préoccupation de l’homme.

    Par exemple, on peut parler du cohérenciel d’une entreprise dont le gouvernement consiste en l’exercice de la maîtrise de l’ensemble de ses dimensions et de ses aspects.

    Le cohérenciel d’une entreprise humaine comporte les dimensions et les aspects suivants, sans lesquels elle n’atteint pas à la plénitude de son existence : Le schéma montre les trois dimensions et les trois aspects indis- sociables, avec ce qu’il faut connaître pour en appréhender pleinement l’existence et ce qu’il faut faire pour maîtriser cette existence.

    Le cohérenciel d’une situation dans la vie personnelle intégrera toutes ses dimensions et aspects sur lesquels l’action de l’homme doit s’exercer avec ses modalités spécifiques. La maîtrise de ses situations, par l’homme, met en jeu toutes ses facultés opératives, créatives et mentales, affectives et sensibles.

    Le cohérenciel d’un problème particulier réclame l’exercice de toutes ces facultés dans leur mode pratique et comme mode d’appré- hension des choses.

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    La cohérenciel d’une entreprise humaine comporte les dimensions et les aspects suivants sans lesquelles elle n’atteint pas la plénitude de son existence.

    Le schéma montre les 3 dimensions et les 3 aspects indissociables avec ce qu’il faut connaître pour en appréhender pleinement l’existence et ce qu’il faut faire pour maîtriser cette existence. FIGURE 67

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    Le cohérenciel d’un problème social ou collectif, suppose une appréhension et une pratique qui intègrent des modes de connaissance et d’action habituellement isoles ou séparés dans des disciplines étran- gères les unes aux autres.

    L’art et la pratique des cohérenciels réclament des méthodes et des outils nouveaux, non pour en exclure d’anciens mais pour les intégrer dans une perspective plus humaine. Méthodes et outils sont élaborés à partir de la théorie des cohérences et des principes de sa théorie de la pratique. On peut parler, à ce propos, d’un cohérenciel méthodologi- que général, ou bien, du cohérenciel de chaque pratique ; celui-ci doit intégrer les six caractéristiques qui en font une pratique complète, ordonnée à l’homme considéré comme origine et comme fin, dans toutes les situations humaines de l’existence. La fin de l’homme passe toujours, en effet, par l’homme, même si elle est référée à l’Instant qui le transcende, et se joue dans l’existence qu’il transcende. La science et la pratique des cohérenciels, permettent ainsi à l’homme de se placer dans cette perspective, dans chaque situation, devant chaque problè- me, en face de chaque chose ou realité de son existence, personnelle et commune.

    Les cohérenciels sont à connaître par différents modes de con- naissances existentielles, pour atteindre a une connaisance essentielle. La connaissance est, à cette condition, voie d’accomplissement de l’homme, quelque soit l’objet de cette connaissance, quelque soit le cohérenciel qu’il considère.

    En pratique les cohérenciels sont à connaître mais aussi à con- cevoir, à réaliser, à constituer, à reconstituer, à compléter à gouverner, etc... Toutes ces pratiques consistent à en établir ou rétablir, l’inté- gralité des dimensions et des aspects. Accomplir une tâche, un travail, une oeuvre revient à établir la complétude d’un cohérenciel, accédant ainsi à sa maîtrise et à sa connaissance, voie d’accès à l’homme, sur la voie de son accomplissement.

    Considérer le cohérenciel des choses et des problèmes personnels ou collectifs, particuliers ou généraux, est un véritable exercice édu- catif. Il fait découvrir notamment les dimensions qui peuvent man- quer à une complétude, condition d’accomplissement. Il permet de mieux apprécier, aussi, ce qui peut être ajouté ou perfectionné, dans le travail pratique, pour accéder à une maîtrise qui ait sens d’accom- plissement et non de pouvoir arbitraire ou d’impuissance déguisée en discours de savoir.

    L’approche par les cohérenciels se fonde dans l’homme. Elle est donc à la portée de chaque homme, à sa mesure et à celle de son discernement. Elle n’est pas la propriété d’experts bien qu’une exper- tise puisse en être cultivée, pour y fonder un ministère professionnel, par exemple. Il y a donc lieu de traduire les principes d’une science des cohérenciels et de ses arts et pratiques, dans différents langages et à propos de divers objets de préoccupations. C’est cette tâche qui cons- titue l’ambition pratique de la théorie de l’Instance et des Cohérences par le témoignage des cohérenciels que seront les oeuvres de cohé- rences et les projets institutionnels qui peuvent en émerger.

    337

    Les cohérenciels réalisés sont autant de portes qui donnent accès au coeur du sujet, au coeur de l’homme, en son Instance, et qui en portent témoignage, ouvrant ainsi à la révélation progressive de son accomplissement au fur et à mesure de l’édification des oeuvres humaines et du monde.

    Avec cet ouvrage sont ainsi posées les bases d’une théorie dont les perspectives rayonnent aussi bien vers les questions métaphysiques que vers les questions pratiques de la vie quotidienne. Des fondations sont jetées pour des édifices de recherche méta- physiques ou philosophiques à partir des propositions esquissées. D’autres sous-tendent des recherches en sciences humaines où le visa- ge de l’homme, ici dessiné se décline selon les multiples manifestations de sa vie personnelle et collective et leurs cohérenciels.

    Les sciences dites naturelles ou exactes et même les mathémati- ques peuvent y trouver à la fois les sources de leurs justifications epistémologiques et ontologiques mais aussi des outils nouveaux pour leur développement.

    Enfin les applications pratiques se situent aussi bien au niveau professionnel des stratégies opératoires et de méthodes nouvelles en de nombreux domaines qu’au niveau personnel d’une certaine éducation de la maîtrise de ses affaires les plus quotidiennes. Le lieu commun qui permet tout cela c’est l’homme et plus particulièrement le sens qui relie théorie et pratique comme l’homme relie le ciel et la terre.

    Accéder au sens, c’est accéder à soi mais aussi au lieu d’où s’embrasse l’unité de son existence, au lieu où tout peut se mettre en perspective et où s’aperçoit l’origine et la fin possible de tout chose, et s’offre le choix délibéré de l’accomplissement de l’homme.

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    ANNEXE Quelques perspectives pratiques de la théorie des cohérences et des cohérenciels

    De la théorie à la pratique, le chemin passe par le sujet, au coeur du sujet, au lieu même de la personne, en son Instance. La théorie vise à jalonner le parcours qui permet a l’homme de reconnaître, en lui, le lieu où se joue l’essentiel La pratique, elle, part de ce lieu pour viser chaque situation particulière.

    Les méthodes, les techniques, qui peuvent découler d’une théorie de la pratique, sont elles-mêmes des artifices qui aident, celui qui a une opération à mener, à se disposer en lui-même de façon.appropriée. Cependant il doit aussi se disposer relativement à 1’objet ou au domaine qu’il vise et sur lequel il veut agir.

    Ainsi, les pratiques humaines sont elles spécifiées toutes, d’abord par la disposition intérieure de l’homme qui agit, c’est-à-dire la cohé- rence, le sens et l’intention même de son projet, et ensuite par le domaine ou l’objet de cette pratique. Elles ont toutes, ainsi, leur cohérenciel.

    La théorie de l’Instance et des Cohérences permet, en fait, pour chaque secteur d’activité humaine :
    - de conceptualiser les problématiques et d’en formuler une théori- sation (exemple : théorie des cohérences culturelles),
    - de concevoir une stratégie opératoire ou méthodologie adaptée à chaque type de problématique.

    Seulement, à chaque fois, c’est tout un monde different qui doit être traité, avec son contexte historique, son langage, les conditions sociales et culturelles de la pratique, etc... toutes les dimensions et les aspects du cohérenciel.

    D’ores et déjà, plusieurs domaines ont pu être explorés ainsi, donnant lieu, à chaque fois, à l’élaboration d’une doctrine conceptuelle et de pratiques, spécifiques, professionnelles notamment. La théorie et

    339

    ANNEXE la méthodologie générale, débouchent ainsi sur des réalisations, au service des problèmes de l’homme d’aujourd’hui, pour une maîtrise de ses affaires, en vue de l’accomplissement des personnes, individuel- lement et collectivement. Nous indiquerons ici, trois lignes de déve- loppement où ce travail de « mise à disposition » des propositions fondamentales, présentées ici, a déjà été largement engagé. Ils feront l’objet d’ouvrages ultérieurs spécialisés.

    Avant de s’y attarder quelque peu, il faut aussi signaler que des pratiques ou techniques de base ont été élaborées, qui s’appliquent à de nombreux domaines et apportent une aide considérable à toute per- sonne qui s’y exerce, dans la mesure où elles consistent, au fond, à développer puissamment des facultés humaines fondamentales.

    Sans négliger le fruit du savoir, de l’expérience et du travail, elles apportent principalement des possibilités de maîtrise personnelle sou- vent insoupçonnée.

    En effet, bien des gens ignorent leurs propres possibilités de dis- cernement, de créativité, d’autorité et tout simplement d’une quel- conque autonomie ou maîtrise sur les grands problèmes de leur exis- tence. Les conditionnements sont tels que ces problèmes semblent affaire d’experts. Nos cultures individualistes développent le leurre pathogène de l’indépendance individuelle pour masquer l’aliénation la plus profonde.

    S’il y a aujourd’hui, sur l’homme, un travail théorique et pratique considérable à mener, par les philosophes, théologiens, spécialistes des sciences humaines et des sciences tout court, il y a aussi un travail considérable à mener pour permettre à la multitude, qui cherche dans l’isolement et le silence sinon le mépris des « experts », de trouver en chacun ses propres repères, le lieu de l’essentiel et du sens de son existence.

    Le travail de vulgarisation, déjà engagé à partir de la théorie de l’Instance et des Cohérences, demandera beaucoup de temps et de persévérance pour tous ceux qui s’y sont déjà attelé ou y participeront dans l’avenir.

    Revenant à ces facultés dont dispose tout homme, plusieurs de nos techniques peuvent considérablement aider à les développer. Examinons, très sommairement, quelques exemples majeurs.

    a) La centration II s’agit, tout d’abord, d’une façon de poser les problèmes, con- tribuant notamment à définir un cohérenciel. Trois questions sont systématiquement à envisager.
    - Quel est le sujet du problème ? Autrement dit, pour qui cela fait-il problème ? (il n’y a de problème que pour quelqu’un ou quel- qu’uns).

    340

    ANNEXE
    - Quel est l’objet du problème ? Autrement dit, à propos de quoi y a-t-il préoccupation du sujet ?
    - Dans quel sens veut-on prendre le problème ? En effet, un même problème peut être traité dans plusieurs sens, pour donner à chaque fois une démarche et une solution (ou un échec) différent.

    Ces trois questions, apparemment simples, représentent un bou- leversement des habitudes et amènent, celui qui se les pose, à lui- même se positionner. La pratique courante de cette façon de poser les problèmes, conduit à mieux prendre position personnellement, mieux se situer et situer les autres, assurer donc ainsi, son autorité et sa responsabilité personnelle et aussi la maîtrise de ses actions, en cla- rifiant notamment les relations professionnelles (ou privées) avec ses interlocteurs, partenaires, clients, etc... La réponse, même approxima- tive, à ces trois questions à propos de chaque problème que l’on se pose, constitue les termes principaux de tout contrat. Il est simple d’imaginer ce qui se passe s’il y a erreur ou désaccord sur l’un des trois termes ; au lecteur de s’y exercer.

    b) L’analyse figurative

    Sur le plan technique cela se traduit par la mise en oeuvre de la procédure suivante :
    - une centration,
    - une activation à propos de l’objet de centration (par exemple par discussion collective, enquête, expérimentation, etc...),
    - une actualisation en utilisant un registre imaginaire, sous forme de scène décrite, de dessin, etc...,
    - une transposition dans le contexte du problème posé. En fait, cette procédure consiste à se donner une représentation homologue du problème posé ou de l’objet traité, de son cohérenciel donc, afin de la transposer en fonction de ce que l’on cherche à obtenir :
    - soit une interprétation du problème ou de l’objet,
    - soit l’esquisse d’un projet de solution ou de représentation.

    Dans les deux cas, interprétation ou esquisse de solution, il s’agit de représentations homologues du problème ou de l’objet initial. Cette technique permet donc de procéder, personnellement et sans nécessairement faire appel à des modèles préétablis, à des interpréta- tions pour comprendre ou à la conception d’hypothèses de solution ou de traduction de l’objet de préoccupation.

    Une telle technique, au delà des résultats pratiques qu’elle favo- rise, conduit à faire cette expérience d’être l’auteur d’interprétations et conceptions originales, d’en avoir ainsi la faculté et de la mettre au service des circonstances ou cela est utile, dans la vie professionnelle ou personnelle. En particulier, ce type de technique peut être pratiqué

    341

    ANNEXE en groupe, permettant ainsi des réponses collectives, expressions d’un consensus qu’elles favorisent en retour. C’est donc, à la fois, une technique personnelle et aussi d’intervention collective et sociale. Sa pratique varie selon les dimensions ou aspects du cohérenciel qui sont concernés.

    c) L’analyse de cohérence

    II s’agit d’une technique de recherche fondamentale, visant a une connaissance essentielle et donc au discernement des sens d’une ques- tion quelconque.

    Une pratique du discernement et de la connaissance essentielle, comme on a pu déjà l’apercevoir, ouvre à un grand nombre d’appli- cations :
    - recherche fondamentale sur les problèmes de l’homme et du mon- de,
    - connaissance de soi (essentielle) pour cultiver autonomie, respon- sabilité, accomplissement,
    - discernement éthique dans toutes les situations communes ou par- ticulières,
    - connaissance des consensus, collectifs, sociaux, culturels, nationaux ou internationaux,
    - compréhension de problèmes et de situations vastes ou com- plexes,
    - Ã©tude de propositions et de textes théoriques, philosophiques, théo- logiques, idéologiques, scientifiques, etc...
    - approfondissement spirituel.

    Les techniques d’analyse de cohérence sont évidemment les plus difficiles à maîtriser. Comme toutes les autres, elles constituent une sorte de discipline intérieure, dont les fruits sont à la mesure de l’exigence et de la prudence de celui qui s’y exerce et aussi fonction de la justesse et de la profondeur de son cheminement intérieur.

    L’analyse de cohérence serait trop longue à décrire ici. Indiquons cependant, qu’elle intervient toujours après une centration et s’appli- que à un cohérenciel, objet précis d’une préoccupation (un texte, une collectivité, un problème, un concept, un événement, une institution, etc...). Ensuite par un jeu d’activations et de transpositions, on cons- titue toute une collection de « réalités homologues » de l’objet initial, dont la confrontation permettra l’élucidation, si les dispositions per- sonnelles requises sont satisfaites. Le travail est, en outre, opère de telle manière que l’on puisse différencier, sur le plan d’une représen- tation, la palette des sens de la cohérence du cohérenciel étudie. C’est comme cela que s’établit une « carte de cohérence ».

    La carte de cohérence constitue un outil par elle-même, comme on l’a déjà vu ici et nous y reviendrons ensuite. Cependant, l’élaboration

    342

    ANNEXE d’une carte de cohérence est, en soi, une pratique d’élucidation dont l’intérêt est considérable bien que d’accès délicat.

    Son importance est lié à la profondeur des éclairements qu’elle procure aux personnes qui s’y exercent. Seulement, l’accès à l’essentiel est souvent le plus difficile et le moins communicable. En particulier, si l’exigence personnelle nécessaire ne préside pas à ce travail, on risque de confondre, interprétations, jugements, ou même illusions, avec l’élucidation véritable.

    Malgré tout, c’est toute une école du discernement dont le projet peut se dessiner à partir de l’analyse de cohérence principalement, et cette école vise, à la fois, l’accomplissement des personnes et les bénéfices que procurent les recherches fondamentales dans tous les domaines qui, déjà, commencent à se développer.

    d) Les cartes de cohérences

    Nous avons déjà abordé ici, l’utilisation des trois cartes générales de cohérence. L’analyse de cohérence conduit, en outre, à l’élaboration de cartes de cohérences d’intérêt général, chaque fois que leur objet est d’intérêt général (exemple de l’éducation). Leur usage est le même que pour les cartes générales (cf. les modes d’emploi).

    Ces cartes générales, fruits d’une recherche fondamentale et d’une connaissance essentielle sur les cohérenciels envisagés, sont des ins- truments de travail, à la fois, pour l’analyse de sens, le choix d’orien- tations et aussi l’élaboration de conceptions, de pratiques, d’expres- sions et de réalisations conséquentes.

    Des problèmes ou des objets particuliers peuvent donner lieu a une analyse de cohérence, menant à l’établissement d’une carte de cohérence particulière, outil de travail spécifique pour tous ceux qui ont en charge cet objet ou ce problème particulier. D’une façon géné- rale les cartes de cohérences sont des instruments d’analyse de sens qui servent donc à se repérer, dans les cas particuliers ou généraux, dans le spécifique ou l’universel.

    Le repérage, de soi et des choses, ouvre la possibilité de choix de sens donc choix d’orientation et de direction. De tels choix sont au coeur de la responsabilité personnelle qui consiste à répondre du sens dans lequel on s’engage et on engage autrui. Les cartes de cohérences sont ainsi des espèces de boussoles à l’usage des responsables. Elles facilitent l’exercice des responsabilités fondamentales en tous domai- nes et en toutes circonstances dans la vie privée, professionnelle ou publique, que ce soit individuellement ou collectivement. C est un outil privilégié pour la connaissance et la maîtrise intentionnelle des cohérenciels, pour lesquels elle a aussi d’autres usages.

    343

    ANNEXE e) La créativité générat ive

    Toute conception, toute création, artistique notamment, toute expression, toute réalisation, sont l’actualisation des sens (cohérence) de celui ou ceux dont c’est l’oeuvre. A chaque fois, l’auteur doit s’ajuster sur le sens de son oeuvre, sa source intime, et travailler à ordonner et structurer son travail en rapport avec le contexte où il doit prendre valeur, selon ses modes, langages et règles appropriés. Une oeuvre, en tant que cohérenciel, doit, en effet, comporter l’ensemble des dimensions et des aspects qui font sa complétude.

    Une technique facilite ce travail de création et d’élaboration, quelque soit le domaine, à ceux du moins qui savent s’y situer. Toute personne peut être ainsi auteur original d’une oeuvre propre. Cela est vrai aussi pour un groupe de personnes dont l’une ou l’autre, alors, se fait l’écho pour produire une oeuvre collective. La créativité générative amplifie, ainsi, les facultés de création et de réalisation des personnes et constitue donc, aussi bien, une méthode de perfectionnement personnel, qu’un instrument de travail profes- sionnel, adaptable à différents contextes (conception de stratégies et de projets, de méthodes, oeuvres d’expression, oeuvres d’imagination, élaboration de réalisations architecturales, innovations, etc...). Cette technique suit principalement le processus suivant :
    - centration comme dans toute pratique,
    - activation pour « s’imprégner » des sens de l’objet,
    - actualisation avec production d’une réalité homologue de base,
    - transposition dans le contexte initial,
    - dégagement d’une structure logique rationnelle.

    La « réalité homologue » servira, par la suite, de source d’inspi- ration (donc d’activation), par exemple, comme mythe fondateur si elle est dans un registre imaginaire.

    La structure logique servira de modèle structurant pour construire le cohérenciel, à la fois : plans généraux, organisations partielles, con- ceptions de détails, le tout selon les dynamiques éventuelles qui tra- duisent le sens de l’oeuvre élaborée.

    Une telle technique trouve des champs d’application extrêmement nombreux. Elle sert d’ossature à la constitution ou la reconstitution de méthodes et techniques adaptées à des domaines particuliers et dont la complétude en fait de véritables cohérenciels pratiques.

    L’ensemble de ces techniques peut être mis en oeuvre de façon complémentaire et être à la source de pratiques particulières où elles trouvent les modalités spécifiques qui conviennent au contexte. L’apprentissage de ces techniques constitue en lui-même un travail éducatif de la personne, aussi bien qu’un perfectionnement profes- sionnel.

    344

    ANNEXE II importe de noter que leur universalité pratique repose sur l’universalité de leur fondement : la personne humaine. Elles sont tou- tes, au fond, des disciplines qui articulent à chaque fois le rapport de transcendance : Instance Existence Sens Réalité Personne Monde

    D’un côté, se trouve la source qu’il faut repérer, solliciter, éclairer et de l’autre, les effets, actes, réalisations, opérations. D’un côté, l’homme, le coeur du sujet, de l’autre, ses affaires pratiques et projets techniques, matériels, économiques, etc.... D’un côté les sens, cohé- rences et consensus, de l’autre les cohérenciels.

    Maintenant, au delà des techniques générales, nous pouvons évo- quer trois directions de travail principales où, de la théorie de base, découle une doctrine qui s’élabore, ainsi que des méthodes et pratiques dont le développement est engagé.

    Pour chacune, nous indiquerons le thème principal, quelques élé- ments fondamentaux de la doctrine et enfin nous esquisserons un tableau des niveaux d’application envisageables, qui constituent tout un programme pour une oeuvre dont les premiers ouvriers sont déjà à l’ouvrage.

    a) Cohérenciel de l’existence

    et du devenir de la personne humaine

    Aujourd’hui comme toujours, chaque homme est confronté à une multiplicité de préoccupations dans son existence, son travail, sa vie familiale, ses relations affectives, sa participation à la vie sociale, ses responsabilités vis-à-vis d’autrui, ses soucis matériels, etc... En outre, quelques-uns se préoccupent aussi de leur devenir, au-delà de cette existence, ce qui les amène à s’interroger sur l’homme et l’humanité. Or, il y a malheureusement souvent des liens insuffisants entre tout cela. Qu’elle est l’unité entre les problèmes techniques ou éco- nomiques de la vie quotidienne et les problèmes spirituels.

    La théorie des cohérences répond : l’Homme. Pas n’importe quel homme ni n’importe quoi en l’homme, mais ce qui, en l’homme, est à l’oeuvre dans toutes choses de l’existence et au-delà : le sens. Un sens donné est, aussi bien, celui d’un détail de la vie quotidienne que celui de toute une existence, du présent et du futur, de l’économique et de l’affectif, du personnel et du commun.

    C’est pour cela que la théorie de l’Instance et des Cohérences peut proposer une connaissance de l’homme qui n’est pas déconnectée de ses préoccupations, quelles qu’elles soient. En particulier, elle suggère à chacun d’entreprendre cette recherche permanente de ses qualités pro- pres, de sa vocation, c’est-à-dire notamment du sens particulier de sa

    345

    ANNEXE vie et, tout cela, non pas pour savoir, mais pour mieux gouverner sa façon de vivre, toutes ses préoccupations, toutes les situations de son existence, là où il est, en cultivant ainsi le meilleur de lui-même c’est-à-dire ses meilleurs sens.

    Depuis son origine et dans son histoire personnelle, chacun est marque plus par une cohérence ou une autre. Au lieu d’en être le jouet, par le simple jeu des réactions, au lieu de chercher à s’en abstraire en se perdant soi-même, au lieu de se laisser aller aux tendances ou pen- chants originels, une conversion est possible pour chacun, celle qui consiste à s’engager, autant que possible, dans ses meilleurs sens, ceux de sa voie, de son accomplissement dans la vie quotidienne, décou- vrant et élaborant, par là même, les cohérenciels de son existence. Il y a là une stratégie personnelle, en toutes circonstances : recher- cher et repérer sa voie propre, ses meilleurs sens et s’y positionner pour traiter chaque problème, chaque difficulté, chaque situation de son existence. C’est la façon de faire profession de soi qui est profession de foi, témoignage d’homme pour les hommes dans les consensus par- tages, pour contribuer à l’oeuvre commune, l’oeuvre de Dieu.

    Que ce soit face à la maladie ou aux difficultés, que ce soit pour des projets professionnels, que ce soit pour la vie en communauté il y a là pour tous les cohérenciels de la vie personnelle, des principes que la théorie et ses méthodes rendent opérationnels.

    L’unité de sens, vecteur de l’accomplissement personnel dans la vie quotidienne, du présent et du devenir, est la clé de cette première perspective doctrinale et opérationnelle qu’inaugure la théorie fonda- mentale ici dessinée.

    ANNEXE

    Sous un autre angle, une thérapie originale s’adresse aux person- nes en difficultés et à tous ceux, professionnels ou non, qui sont concernés, pour aider à cette conversion fondamentale qui consiste à retrouver la présence de l’Etre en soi, celle d’une personne humaine, d’une Instance propre.

    b) Cohérenciels et diversité des sociétés humaines : culture, développement et vocation spécifique des groupes et col- lectivités humaines. La théorie du consensus et celle des cohérences, offrent une réponse neuve au double problème théorique et pratique de l’unité d’une communauté humaine hétérogène et du développement des groupes et sociétés humaines. Comment assurer l’unité (la cohérence ?) de groupes humains composés de personnes différentes, de sous-groupes variés, de person- nes autonomes ? Comment définir l’orientation, la vocation, d’une collectivité humaine, organisation, cité, nation, etc... ? Comment faire vivre en bonne entente, des personnes et des populations qui s’igno- rent ou se méfient les unes des autres.

    Cohérence et diversité des sociétés humaines : Culture, développement et vocation spécifique des groupes et des collectivités.

    347

    ANNEXE Les systèmes politiques sont des tentatives de réponse. Les sys- tèmes familiaux, institutionnels aussi. Le problème des rapports du pouvoir spirituel et temporel, toujours remis en cause même au sein des églises, y est lié, de même que celui des expressions culturelles de la foi.

    La réponse est celle du consensus, qui est transcendant à la réalité manifeste, donc au cohérenciel temporel, mais qui reste humain et mieux, personnel puisqu’il s’agit du consensus des personnes humai- nes. Bien sûr, ce consensus, comme l’Instance de ces personnes, reste largement inconscient (conscience de sens) malgré tous les savoirs sociologiques (conscience des réalités).

    On a là, cependant, la solution à la contradiction entre l’unité sociale et la diversité des personnes. D’autres solutions vaines ont été proposées :
    - amalgame sous la domination d’un seul (tyrannies),
    - organisations hiérarchisées (technocraties rationalistes),
    - systèmes intégrés (totalitarismes froids).

    Le consensus collectif, cependant, est en plusieurs sens et ses expressions existentielles sont aussi bien les pires que les meilleures. Si c’est à ce niveau que peuvent être compris et maîtrisés les phénomènes sociaux (micro-sociétés ou grandes cultures), cela suppose la prise de responsabilité d’un choix de sens, d’une orientation, d’un vecteur, unité logique et dynamique du développement existentiel du groupe social et de son cohérenciel. C’est le rôle d’autorités responsables d’être repères, révélateurs des consensus communs, et de favoriser ce qui est du meilleur sens de ces consensus, la vocation de la communauté, pour l’accomplissement des personnes qui la forment et aussi le service d’autres communautés et populations.

    Il n’est pas besoin, pour cela, de former ou de forcer un tout (formalisme ou pression ), auquel devraient s’aliéner les parties. La communauté humaine existe, il n’y a qu’à l’aider à révéler sa vocation universelle, culturelle, particulière et personnelle. Ce sont les consensus (le sens), qui constituent l’unité du tout et des parties et non pas quelque contrainte existentielle.

    Au niveau du cohérenciel, par contre, des artifices, méthodes et techniques peuvent être utilisés pour atteindre au coeur des commu- nautés, dont le lieu est au coeur du sujet, en chaque personne. La théorie de l’Instance et des Cohérences et ses méthodes, offrent les bases doctrinales et opérationnelles pour l’engagement dans les problèmes de sociétés, pour la constitution de celles-ci, leur unité, leur développement et les rapports interculturels.

    Le tableau programme ci-dessous, par ses niveaux, en esquisse le projet.

    348

    ANNEXE c) Cohérenciel et gouvernement des entreprises et des activités humaines

    Le devenir personnel et de le devenir collectif, se croisent parti- culièrement à l’endroit des activités et des entreprises humaines. L’existence des activités et des entreprises humaines, quelles qu’elles soient, est toujours une coexistence, un cohérenciel, partagé donc, sur la base de consensus (inconscient). La maîtrise des entre- prises et de toutes activités humaines, ne peut ressortir de l’arbitraire individuel, du formalisme organique rationnel ou mécanique et encore moins de la pression des intérêts ou des menaces. Cependant, toute entreprise réclame d’être gouvernée, qu’elle soit personnelle ou qu’elle soit collective. Gouverner une entreprise c’est, sur le fond, agir sur le consensus et donc la cohérence du projet ou de l’activité. Cependant, ce fond est invisible, à moins d’une conscience de sens, en général plutôt rare et toujours insuffisante. Le gouvernement des entreprises ou des activités

    humaines, bien que se fondant en l’homme sur les sens en consensus, se traduira par la maîtrise des différentes composantes de leur coherenciel. Ainsi le schéma du cohérenciel permet-il de décrire, à la fois, les composantes de toute activité et donc de toute entreprise, mais aussi les fonctions et compétences nécessaires qui composent la maîtrise de leur gouvernement.

    Le schéma ci-dessous en est une synthèse sommaire, à titre indi- catif. II montre les différents types de qualités et de maîtrise qui peuvent s’exercer, ainsi que leurs articulations mutuelles (structurelles).

    349

    ANNEXE Les techniques de cohérences viennent aider à la maîtrise effective des différents problèmes de gouvernement, fondée autant que possible sur les talents et compétences personnelles, dont les types se repèrent aussi sur ce schéma du cohérenciel.

    Celui-ci se trouve donc à l’intersection des compétences et voca- tions personnelles, des fonctions de gouvernement et de l’existence même de l’entreprise.

    Si le tout est disposé sur le meilleur sens du consensus commun, l’entreprise a les meilleures chances d’accomplir ses fins dans l’accom- plissement de ses auteurs (entrepreneurs) et partenaires. La multiplicité des activités et des entreprises humaines, depuis les projets les plus quotidiens jusqu’aux oeuvres les plus vastes, les activités sociales ou économiques, publiques ou privées, réclament des langages, méthodes et artifices, très différents, bien qu’ils se fondent tous sur les principes dégagés ici.

    C’est là un exemple du travail de vulgarisation qui s’engage à partir des bases fondamentales de la théorie de l’Instance et des Cohérences. Toute maîtrise est métaphysique, dans la mesure où elle se fonde sur le sens et les consensus, par contre, c’est dans l’existence qu’elle s’exerce sur les cohérenciels, jusque et y compris dans les activités les plus courantes.

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