Au coeur du sujet - Perspectives

En guise de conclusion provisoire
mardi 3 août 2004
par  Roger Nifle
popularité : 1%

Il s’agissait ici de présenter le cohérenciel, tout juste émergent à l’époque et qui a connu de forts développements notamment avec la trialectique Sujet Objet Projet. De nombreuses applications en découlent pour la structuration des réalités humaines. dans une deuxième partie des considérations pratiques et des techniques qui permettent de tenir les promesses dans l’action sont présentées.

PERSPECTIVES,

EN GUISE DE CONCLUSION PROVISOIRE

L’approche de la théorie de l’Instance et des Cohérences et les

pratiques qui en découlent, débouchent sur une façon particulière

d’envisager les réalités, les problèmes et les solutions à y apporter.

S’ouvrent alors, une science et un art nouveaux, la science et l’art

des cohérenciels. Ce nouveau paradigme, issu d’une position épisté-

mologique neuve, offre une alternative aux courants traditionnels

dominants :

- Le mécanisme, qui culmine dans le systémisme positiviste et toutes

les formes de scientismes et qui évacue l’essentiel de l’homme : sens et

Instance.

- Le rationalisme, avec son ordre moral et technique subordonnant à

une Raison supérieure, un homme personnellement subalterne.

- L’empirisme, qui fait de l’expérience subjective affirmée le prin-

cipal critère de la vérité absolue et de l’évidence imposée.

Sciences et pratiques ne sont pas neutres. C’est en assumant cela

que l’exigence de discernement et de responsabilité commence à se

faire jour, fondée sur l’exercice de la liberté et de l’autorité de la

personne humaine, en référence à la vérité transcendante.

Sciences et pratiques des cohérenciels offrent cette perspective et

cette ambition.

Qu’est-ce qu’un cohérenciel ? Sur le plan théorique fondamental, il

s’agit de l’ensemble des dimensions et des aspects d’un existant, tels

que la théorie de l’existence les définit.

Cette vision de l’existence des choses, implique la disposition

personnelle précédente. Envisager ou réaliser la plénitude de l’exis-

tence d’une chose, d’une situation, d’une oeuvre ou d’un projet, sup-

pose une disposition personnelle favorable. Elle correspond à certains

sens de l’Instance, ceux par lesquels s’envisagent aussi les cohéren-

ciels.

Il s’agit donc d’une vision des choses et du monde (culturalisme

symboliste), visant à l’accomplissement des hommes (et non pas neu-

tre) et se traduisant, à la fois, par une conscience théorique qui peut se

faire sciences et par un concernement personnel qui peut se faire

maîtrise pratique.

330

Pour échapper au règne du savoir imposé par le bon vouloir et

l’arbitraire à celui des systèmes qui tissent les filets de 1’aliénation

humaine à celui du juridisme technocratique, adorateur de ses normes

et ses techniques, il est nécessaire de proposer un nouveau paradigme.

Celui des Cohérenciels ouvre à de nouvelles perspectives de

« sciences avec conscience » et « d’arts témoignages », révélateurs de

l’homme en vérité, dans tous ses domaines de préoccupation.

Un cohérenciel est l’ensemble de ce qui doit être envisagé dans

toute réalité, pour qu’elle soit pleinement humaine , C est donc une

façon de considérer toute chose, dans la plénitude de son existence.

La plupart de celles qui sont offertes réduisent la réalité des choses

à l’un ou l’autre de ses aspects et l’amputent de quelqu’une de ses

dimensions.

Considérer une réalité par son cohérenciel, c’est aussi positionner

la personne humaine dans un rapport tout à fait particulier à celle-ci

dans un lieu qui la transcende. De ce lieu, l’Instance en 1’homme, la

réalité trouve son sens, la conscience essentielle est possible et une

maîtrise peut s’exercer.

C’est donc une position, posture et attitude envers les choses de

l’existence, qui situe l’homme dans la singularité de son humanité.Elle

le dispose à la conscience de sens, révélation de lui-même par la

médiation des réalités de l’existence. Elle lui permet de gouverner son

existence par la maîtrise de ses réalités.

Envisager le cohérenciel des choses, c’est se mettre dans une dis-

nosition d’Être, favorable à l’accomplissement humain et donc, dans

cette perspective et ce projet. C’est aussi se mettre en mesure d’exercer

une pratique de maîtrise, sur les objets et circonstances de 1’existence.

Le cohérenciel d’une réalité quelconque comporte, comme le

schéma de l’existence, six types de caractéristiques, avec trois dimen-

sions fondamentales et trois aspects.

Les dimensions fondamentales

Pour chaque chose, chaque réalité existante, doivent être envisa-

gées les trois dimensions suivantes :

a) Quel en est le sujet ? Autrement dit pour qui a-t-elle un sens et

quel est-il ? En termes de logique, d’orientation de finalité, de « raison

d’être », d’intention, de volonté, etc... C’est la dimension intentionnelle

ou subjective.

b) Quel en sont les objets ? Eléments, conditions, domaines,

acteurs et facteurs. A quel propos ? De quelle « matière » sagît-il ?

C’est la dimension attentionnelle ou objective.

331

c) Comment se présente-t-elle ? Le développement, le déroule-

ment de sa vie, événement, historicité, dynamique. Comment se réa-

lise-t-elle ? Comment cela arrive-t-il ? C’est la dimension actuelle ou

dynamique historique.

Les trois aspects

Ils peuvent se déduire des trois dimensions précédentes :

1) Entre les dimensions intentionnelle et actuelle (subjective et

dynamique) et par abstraction de la dimension attentionnelle (objec-

tive), se situe l’aspect formel, l’image, l’identité sous laquelle la réalité

se présente, interface par laquelle elle apparaît et se montre. La forme

abstraite est celle du savoir qui la décrit, fruit de l’intelligence mentale.

2) Entre les dimensions attentionnelle et intentionnelle (objective

et subjective) et par induction depuis la dimension actuelle (dynami-

que), se révèle l’aspect sensible ou potentiel, vitalité ou source de

dynamisme, la puissance qui donne l’importance, la valeur d’une

chose, valeur commune partagée en consensus dans un tissu d’inter-

relations.

3) Entre les dimensions attentionnelle et actuelle (objective et

dynamique) et par réduction de la dimension intentionnelle (subjec-

tive), se constate l’aspect factuel ou corporel de la réalité. C’est la

présence physique, le fait d’être là, résidu de la « raison d’être » ou

constat de son effet.

332

Le cohérenciel d’une réalité c’est tout cela. On remarquera d’abord

que nos épistémologies classiques ont tendance à en privilégier une

partie, érigée en seul critère d’existence (les faits, les idées, 1’énergie

potentielle, les éléments, la forme, etc...). Ensuite, il faut observer que

l’appréhension d’un cohérenciel nécessite plusieurs modes de recon-

naissance. Bien souvent, au contraire, un seul mode de connaissance

est proposé en référence de vérité (le constat, l’abstraction formelle, le

vécu sensible, etc...).

Ainsi la science et l’art des cohérenciels font-ils appel, simulta-

nément, à l’ensemble des modes d’appréhension du monde, tous

complémentaires, pour accéder à la complétude d’existence d’une réa-

lité, c’est-à-dire à l’ensemble de ses caractéristiques. Il n’y a donc pas,

avec l’approche des cohérenciels, à rejeter aucune faculté humaine de

compréhension du monde et des choses mais, au contraire, il s’agit de

les intégrer dans une même perspective.

Le caractère intégrateur de l’approche par les cohérenciels est

condition d’accès à la cohérence et à l’unité logique des choses, mais

aussi voie d’accès à l’intégrité de l’homme.

La pratique des cohérenciels est pratique de cette intégrité. Elle se

traduit par la prise en compte successive ou simultanée de toutes les

dimensions et tous les aspects d’un cohérenciel.

a) Repérage et choix d’orientation, pour la détermination de l’in-

teraction pratique (volontaire et responsable) du sujet : maîtrise inten-

tionnelle et subjective ou maîtrise politique, d’orientation et de direction.

b) Prise en compte, évolution et mesure des facteurs, conditions,

contraintes, composantes des objets : maîtrise attentionnelle ou objec-

tive ou maîtrise gestionnaire de l’état des choses et de leur entretien.

c) Prévision et conduite du déroulement des événements, réalisations,

édifications, constructions articulées, développement d’activités,

entreprises, etc... : maîtrise actuelle ou dynamique, ou maîtrise de la

conduite des oeuvres et réalisations humaines.

Pour les aspects des pratiques :

1) Conceptions créatives des formes et transformations, idées,

imaginations, informations et médiations, formulations et formalisa-

tions par la maîtrise formelle des projets pour l’identification des réa-

lités.

2) Animations, motivations, communications collectives pour

réactiver ou amplifier la puissance et donner aux réalités l’importance

et la valeur qu’elles doivent prendre, dans les préoccupations humai-

nes (motivations, etc...), c’est la maîtrise des potentialités et ressources

vitales.

3) Actions, opérations techniques, production d’effets, mouve-

ments et déplacements, exercice d’efforts, correspondent aux pratiques

333

factuelles dont la maîtrise est coordination technique des processus

agissants.

Le cohérenciel d’une réalité est donc à appréhender par tout un

ensemble de modes de connaissance, pour accéder à l’intégralité de sa

complétude, révélatrice de son intégrité en l’homme.

Il est à maîtriser par tout un ensemble de modalités pratiques

pour réaliser l’intégralité de sa complétude, témoignage de l’intégrité

de l’oeuvre en l’homme.

Il y a là réponse à cette quête d’unité, entre sciences, savoirs,

expériences subjectives, philosophies, religions, animant nombre

d’hommes, aujourd’hui, qui refusent l’amputation de leur intégrité par

la réduction à un seul mode d’accès à la vérité dans l’existence. Cer-

tains s’égarent dans un syncrétisme, dont l’unité serait hors d’eux-

même (raison, système, dogme).

Il y a là, proposition, aussi, pour cette quête responsable et libre,

de maîtrise des affaires humaines : matérielles, techniques, affectives,

créatives, historiques, politiques, économiques, psychologiques, socio-

logiques, culturelles, spirituelles... que recherchent nombre d’hommes

d’aujourd’hui, refusant le morcellement de leur dignité et de leur

autorité de personne humaine par la limitation à une seule méthode

pour maîtriser leur existence et les problèmes rencontrés dans leur

travail. Quelques uns s’épuisent, à vouloir trouver un équilibre entre

pouvoir arbitraire, adaptation systémique et performance technique

pour une pseudo maîtrise de leur indépendance qui les met hors d’eux-

mêmes.

La pratique des cohérenciels : cohérenciel de la pratique

La science des cohérenciels, annoncée ici, aura à définir comment

s’articulent entre eux des cohérenciels différents, soit par leurs objets,

soit par leurs sujets. Elle aura à exprimer comment un cohérenciel est

lui-même composé d’autres cohérenciels, comment un cohérenciel

peut être une réalité intégrale et être la partie d’un cohérenciel plus

général, comment ce cohérenciel plus général peut être aussi une partie

d’un tout et vice versa.

En effet, les propriétés des cohérenciels ne répondent pas toutes

aux lois classiques des sciences dites naturelles ou exactes. Dans

l’existence humaine, la situation ou le problème actuel sont plus

importants à un moment donné et moins à un autre, si bien que la

hiérarchie entre les choses, les situations, les problèmes est, elle, rela-

tive à l’homme et non établie absolument de façon indépendante et

stable.

Au lieu, ainsi, que le monde soit considéré comme un théâtre, une

scène installée, dans laquelle l’homme n’a plus qu’à jouer le ou les rôles

assignés, il est plutôt à prendre comme un cohérenciel, fait d’autres

cohérenciels et dont les rapports et les hiérarchies sont relatives aux

perspectives humaines, fonction des pratiques dont l’homme exerce la

maîtrise. C’est ainsi que les valeurs, ordres des choses et repères

essentiels, ne se trouvent pas dans le monde mais en l’homme en son

Instance, en référence, au delà, à l’Instant. C’est ainsi que le monde est

le monde de l’homme et que ses cohérenciels, sont toujours les cohé-

renciels de l’homme et pour l’homme.

L’art et la pratique des cohérenciels vise à la maîtrise de l’inté-

gralité de leurs caractéristiques. Ils se différencient notamment se-

lon leurs objets, toujours et uniquement objets de préoccupation de

l’homme.

Par exemple, on peut parler du cohérenciel d’une entreprise dont

le gouvernement consiste en l’exercice de la maîtrise de l’ensemble de

ses dimensions et de ses aspects.

Le cohérenciel d’une entreprise humaine comporte les dimensions

et les aspects suivants, sans lesquels elle n’atteint pas à la plénitude de

son existence :

Le schéma montre les trois dimensions et les trois aspects indis-

sociables, avec ce qu’il faut connaître pour en appréhender pleinement

l’existence et ce qu’il faut faire pour maîtriser cette existence.

Le cohérenciel d’une situation dans la vie personnelle intégrera

toutes ses dimensions et aspects sur lesquels l’action de l’homme doit

s’exercer avec ses modalités spécifiques. La maîtrise de ses situations,

par l’homme, met en jeu toutes ses facultés opératives, créatives et

mentales, affectives et sensibles.

Le cohérenciel d’un problème particulier réclame l’exercice de

toutes ces facultés dans leur mode pratique et comme mode d’appré-

hension des choses.

335

La cohérenciel d’une entreprise humaine comporte les dimensions et les aspects

suivants sans lesquelles elle n’atteint pas la plénitude de son existence.

Le schéma montre les 3 dimensions et les 3 aspects indissociables avec ce qu’il faut

connaître pour en appréhender pleinement l’existence et ce qu’il faut faire

pour maîtriser cette existence.

FIGURE 67

336

Le cohérenciel d’un problème social ou collectif, suppose une

appréhension et une pratique qui intègrent des modes de connaissance

et d’action habituellement isoles ou séparés dans des disciplines étran-

gères les unes aux autres.

L’art et la pratique des cohérenciels réclament des méthodes et des

outils nouveaux, non pour en exclure d’anciens mais pour les intégrer

dans une perspective plus humaine. Méthodes et outils sont élaborés à

partir de la théorie des cohérences et des principes de sa théorie de la

pratique. On peut parler, à ce propos, d’un cohérenciel méthodologi-

que général, ou bien, du cohérenciel de chaque pratique ; celui-ci doit

intégrer les six caractéristiques qui en font une pratique complète,

ordonnée à l’homme considéré comme origine et comme fin, dans

toutes les situations humaines de l’existence. La fin de l’homme passe

toujours, en effet, par l’homme, même si elle est référée à l’Instant qui

le transcende, et se joue dans l’existence qu’il transcende. La science et

la pratique des cohérenciels, permettent ainsi à l’homme de se placer

dans cette perspective, dans chaque situation, devant chaque problè-

me, en face de chaque chose ou realité de son existence, personnelle et

commune.

Les cohérenciels sont à connaître par différents modes de con-

naissances existentielles, pour atteindre a une connaisance essentielle.

La connaissance est, à cette condition, voie d’accomplissement de

l’homme, quelque soit l’objet de cette connaissance, quelque soit le

cohérenciel qu’il considère.

En pratique les cohérenciels sont à connaître mais aussi à con-

cevoir, à réaliser, à constituer, à reconstituer, à compléter à gouverner,

etc... Toutes ces pratiques consistent à en établir ou rétablir, l’inté-

gralité des dimensions et des aspects. Accomplir une tâche, un travail,

une oeuvre revient à établir la complétude d’un cohérenciel, accédant

ainsi à sa maîtrise et à sa connaissance, voie d’accès à l’homme, sur la

voie de son accomplissement.

Considérer le cohérenciel des choses et des problèmes personnels

ou collectifs, particuliers ou généraux, est un véritable exercice édu-

catif. Il fait découvrir notamment les dimensions qui peuvent man-

quer à une complétude, condition d’accomplissement. Il permet de

mieux apprécier, aussi, ce qui peut être ajouté ou perfectionné, dans le

travail pratique, pour accéder à une maîtrise qui ait sens d’accom-

plissement et non de pouvoir arbitraire ou d’impuissance déguisée en

discours de savoir.

L’approche par les cohérenciels se fonde dans l’homme. Elle est

donc à la portée de chaque homme, à sa mesure et à celle de son

discernement. Elle n’est pas la propriété d’experts bien qu’une exper-

tise puisse en être cultivée, pour y fonder un ministère professionnel,

par exemple. Il y a donc lieu de traduire les principes d’une science des

cohérenciels et de ses arts et pratiques, dans différents langages et à

propos de divers objets de préoccupations. C’est cette tâche qui cons-

titue l’ambition pratique de la théorie de l’Instance et des Cohérences

par le témoignage des cohérenciels que seront les oeuvres de cohé-

rences et les projets institutionnels qui peuvent en émerger.

337

Les cohérenciels réalisés sont autant de portes qui donnent accès

au coeur du sujet, au coeur de l’homme, en son Instance, et qui en

portent témoignage, ouvrant ainsi à la révélation progressive de son

accomplissement au fur et à mesure de l’édification des oeuvres

humaines et du monde.

Avec cet ouvrage sont ainsi posées les bases d’une théorie dont les

perspectives rayonnent aussi bien vers les questions métaphysiques

que vers les questions pratiques de la vie quotidienne.

Des fondations sont jetées pour des édifices de recherche méta-

physiques ou philosophiques à partir des propositions esquissées.

D’autres sous-tendent des recherches en sciences humaines où le visa-

ge de l’homme, ici dessiné se décline selon les multiples manifestations

de sa vie personnelle et collective et leurs cohérenciels.

Les sciences dites naturelles ou exactes et même les mathémati-

ques peuvent y trouver à la fois les sources de leurs justifications

epistémologiques et ontologiques mais aussi des outils nouveaux pour

leur développement.

Enfin les applications pratiques se situent aussi bien au niveau

professionnel des stratégies opératoires et de méthodes nouvelles en de

nombreux domaines qu’au niveau personnel d’une certaine éducation

de la maîtrise de ses affaires les plus quotidiennes. Le lieu commun qui

permet tout cela c’est l’homme et plus particulièrement le sens qui relie

théorie et pratique comme l’homme relie le ciel et la terre.

Accéder au sens, c’est accéder à soi mais aussi au lieu d’où

s’embrasse l’unité de son existence, au lieu où tout peut se mettre en

perspective et où s’aperçoit l’origine et la fin possible de tout chose, et

s’offre le choix délibéré de l’accomplissement de l’homme.

338

ANNEXE

Quelques perspectives pratiques

de la théorie des cohérences

et des cohérenciels

De la théorie à la pratique, le chemin passe par le sujet, au coeur

du sujet, au lieu même de la personne, en son Instance.

La théorie vise à jalonner le parcours qui permet a l’homme de

reconnaître, en lui, le lieu où se joue l’essentiel La pratique, elle, part

de ce lieu pour viser chaque situation particulière.

Les méthodes, les techniques, qui peuvent découler d’une théorie

de la pratique, sont elles-mêmes des artifices qui aident, celui qui a une

opération à mener, à se disposer en lui-même de façon.appropriée.

Cependant il doit aussi se disposer relativement à 1’objet ou au

domaine qu’il vise et sur lequel il veut agir.

Ainsi, les pratiques humaines sont elles spécifiées toutes, d’abord

par la disposition intérieure de l’homme qui agit, c’est-à-dire la cohé-

rence, le sens et l’intention même de son projet, et ensuite par le

domaine ou l’objet de cette pratique. Elles ont toutes, ainsi, leur

cohérenciel.

La théorie de l’Instance et des Cohérences permet, en fait, pour

chaque secteur d’activité humaine :

- de conceptualiser les problématiques et d’en formuler une théori-

sation (exemple : théorie des cohérences culturelles),

- de concevoir une stratégie opératoire ou méthodologie adaptée à

chaque type de problématique.

Seulement, à chaque fois, c’est tout un monde different qui doit

être traité, avec son contexte historique, son langage, les conditions

sociales et culturelles de la pratique, etc... toutes les dimensions et les

aspects du cohérenciel.

D’ores et déjà, plusieurs domaines ont pu être explorés ainsi,

donnant lieu, à chaque fois, à l’élaboration d’une doctrine conceptuelle

et de pratiques, spécifiques, professionnelles notamment. La théorie et

339

ANNEXE

la méthodologie générale, débouchent ainsi sur des réalisations, au

service des problèmes de l’homme d’aujourd’hui, pour une maîtrise de

ses affaires, en vue de l’accomplissement des personnes, individuel-

lement et collectivement. Nous indiquerons ici, trois lignes de déve-

loppement où ce travail de « mise à disposition » des propositions

fondamentales, présentées ici, a déjà été largement engagé. Ils feront

l’objet d’ouvrages ultérieurs spécialisés.

Avant de s’y attarder quelque peu, il faut aussi signaler que des

pratiques ou techniques de base ont été élaborées, qui s’appliquent à de

nombreux domaines et apportent une aide considérable à toute per-

sonne qui s’y exerce, dans la mesure où elles consistent, au fond, à

développer puissamment des facultés humaines fondamentales.

Sans négliger le fruit du savoir, de l’expérience et du travail, elles

apportent principalement des possibilités de maîtrise personnelle sou-

vent insoupçonnée.

En effet, bien des gens ignorent leurs propres possibilités de dis-

cernement, de créativité, d’autorité et tout simplement d’une quel-

conque autonomie ou maîtrise sur les grands problèmes de leur exis-

tence. Les conditionnements sont tels que ces problèmes semblent

affaire d’experts. Nos cultures individualistes développent le leurre

pathogène de l’indépendance individuelle pour masquer l’aliénation la

plus profonde.

S’il y a aujourd’hui, sur l’homme, un travail théorique et pratique

considérable à mener, par les philosophes, théologiens, spécialistes des

sciences humaines et des sciences tout court, il y a aussi un travail

considérable à mener pour permettre à la multitude, qui cherche dans

l’isolement et le silence sinon le mépris des « experts », de trouver en

chacun ses propres repères, le lieu de l’essentiel et du sens de son

existence.

Le travail de vulgarisation, déjà engagé à partir de la théorie de

l’Instance et des Cohérences, demandera beaucoup de temps et de

persévérance pour tous ceux qui s’y sont déjà attelé ou y participeront

dans l’avenir.

Revenant à ces facultés dont dispose tout homme, plusieurs de

nos techniques peuvent considérablement aider à les développer.

Examinons, très sommairement, quelques exemples majeurs.

a) La centration

II s’agit, tout d’abord, d’une façon de poser les problèmes, con-

tribuant notamment à définir un cohérenciel. Trois questions sont

systématiquement à envisager.

- Quel est le sujet du problème ? Autrement dit, pour qui cela fait-il

problème ? (il n’y a de problème que pour quelqu’un ou quel-

qu’uns).

340

ANNEXE

- Quel est l’objet du problème ? Autrement dit, à propos de quoi

y a-t-il préoccupation du sujet ?

- Dans quel sens veut-on prendre le problème ? En effet, un même

problème peut être traité dans plusieurs sens, pour donner à chaque

fois une démarche et une solution (ou un échec) différent.

Ces trois questions, apparemment simples, représentent un bou-

leversement des habitudes et amènent, celui qui se les pose, à lui-

même se positionner. La pratique courante de cette façon de poser les

problèmes, conduit à mieux prendre position personnellement, mieux

se situer et situer les autres, assurer donc ainsi, son autorité et sa

responsabilité personnelle et aussi la maîtrise de ses actions, en cla-

rifiant notamment les relations professionnelles (ou privées) avec ses

interlocteurs, partenaires, clients, etc... La réponse, même approxima-

tive, à ces trois questions à propos de chaque problème que l’on se

pose, constitue les termes principaux de tout contrat. Il est simple

d’imaginer ce qui se passe s’il y a erreur ou désaccord sur l’un des trois

termes ; au lecteur de s’y exercer.

b) L’analyse figurative

Sur le plan technique cela se traduit par la mise en oeuvre de la

procédure suivante :

- une centration,

- une activation à propos de l’objet de centration (par exemple par

discussion collective, enquête, expérimentation, etc...),

- une actualisation en utilisant un registre imaginaire, sous forme de

scène décrite, de dessin, etc...,

- une transposition dans le contexte du problème posé.

En fait, cette procédure consiste à se donner une représentation

homologue du problème posé ou de l’objet traité, de son cohérenciel

donc, afin de la transposer en fonction de ce que l’on cherche à

obtenir :

- soit une interprétation du problème ou de l’objet,

- soit l’esquisse d’un projet de solution ou de représentation.

Dans les deux cas, interprétation ou esquisse de solution, il s’agit

de représentations homologues du problème ou de l’objet initial.

Cette technique permet donc de procéder, personnellement et sans

nécessairement faire appel à des modèles préétablis, à des interpréta-

tions pour comprendre ou à la conception d’hypothèses de solution ou

de traduction de l’objet de préoccupation.

Une telle technique, au delà des résultats pratiques qu’elle favo-

rise, conduit à faire cette expérience d’être l’auteur d’interprétations et

conceptions originales, d’en avoir ainsi la faculté et de la mettre au

service des circonstances ou cela est utile, dans la vie professionnelle

ou personnelle. En particulier, ce type de technique peut être pratiqué

341

ANNEXE

en groupe, permettant ainsi des réponses collectives, expressions d’un

consensus qu’elles favorisent en retour. C’est donc, à la fois, une

technique personnelle et aussi d’intervention collective et sociale. Sa

pratique varie selon les dimensions ou aspects du cohérenciel qui sont

concernés.

c) L’analyse de cohérence

II s’agit d’une technique de recherche fondamentale, visant a une

connaissance essentielle et donc au discernement des sens d’une ques-

tion quelconque.

Une pratique du discernement et de la connaissance essentielle,

comme on a pu déjà l’apercevoir, ouvre à un grand nombre d’appli-

cations :

- recherche fondamentale sur les problèmes de l’homme et du mon-

de,

- connaissance de soi (essentielle) pour cultiver autonomie, respon-

sabilité, accomplissement,

- discernement éthique dans toutes les situations communes ou par-

ticulières,

- connaissance des consensus, collectifs, sociaux, culturels, nationaux

ou internationaux,

- compréhension de problèmes et de situations vastes ou com-

plexes,

- étude de propositions et de textes théoriques, philosophiques, théo-

logiques, idéologiques, scientifiques, etc...

- approfondissement spirituel.

Les techniques d’analyse de cohérence sont évidemment les plus

difficiles à maîtriser. Comme toutes les autres, elles constituent une

sorte de discipline intérieure, dont les fruits sont à la mesure de

l’exigence et de la prudence de celui qui s’y exerce et aussi fonction de

la justesse et de la profondeur de son cheminement intérieur.

L’analyse de cohérence serait trop longue à décrire ici. Indiquons

cependant, qu’elle intervient toujours après une centration et s’appli-

que à un cohérenciel, objet précis d’une préoccupation (un texte, une

collectivité, un problème, un concept, un événement, une institution,

etc...). Ensuite par un jeu d’activations et de transpositions, on cons-

titue toute une collection de « réalités homologues » de l’objet initial,

dont la confrontation permettra l’élucidation, si les dispositions per-

sonnelles requises sont satisfaites. Le travail est, en outre, opère de

telle manière que l’on puisse différencier, sur le plan d’une représen-

tation, la palette des sens de la cohérence du cohérenciel étudie. C’est

comme cela que s’établit une « carte de cohérence ».

La carte de cohérence constitue un outil par elle-même, comme on

l’a déjà vu ici et nous y reviendrons ensuite. Cependant, l’élaboration

342

ANNEXE

d’une carte de cohérence est, en soi, une pratique d’élucidation dont

l’intérêt est considérable bien que d’accès délicat.

Son importance est lié à la profondeur des éclairements qu’elle

procure aux personnes qui s’y exercent. Seulement, l’accès à l’essentiel

est souvent le plus difficile et le moins communicable. En particulier,

si l’exigence personnelle nécessaire ne préside pas à ce travail, on

risque de confondre, interprétations, jugements, ou même illusions,

avec l’élucidation véritable.

Malgré tout, c’est toute une école du discernement dont le projet

peut se dessiner à partir de l’analyse de cohérence principalement, et

cette école vise, à la fois, l’accomplissement des personnes et les

bénéfices que procurent les recherches fondamentales dans tous les

domaines qui, déjà, commencent à se développer.

d) Les cartes de cohérences

Nous avons déjà abordé ici, l’utilisation des trois cartes générales

de cohérence. L’analyse de cohérence conduit, en outre, à l’élaboration

de cartes de cohérences d’intérêt général, chaque fois que leur objet est

d’intérêt général (exemple de l’éducation). Leur usage est le même que

pour les cartes générales (cf. les modes d’emploi).

Ces cartes générales, fruits d’une recherche fondamentale et d’une

connaissance essentielle sur les cohérenciels envisagés, sont des ins-

truments de travail, à la fois, pour l’analyse de sens, le choix d’orien-

tations et aussi l’élaboration de conceptions, de pratiques, d’expres-

sions et de réalisations conséquentes.

Des problèmes ou des objets particuliers peuvent donner lieu a

une analyse de cohérence, menant à l’établissement d’une carte de

cohérence particulière, outil de travail spécifique pour tous ceux qui

ont en charge cet objet ou ce problème particulier. D’une façon géné-

rale les cartes de cohérences sont des instruments d’analyse de sens

qui servent donc à se repérer, dans les cas particuliers ou généraux,

dans le spécifique ou l’universel.

Le repérage, de soi et des choses, ouvre la possibilité de choix de

sens donc choix d’orientation et de direction. De tels choix sont au

coeur de la responsabilité personnelle qui consiste à répondre du sens

dans lequel on s’engage et on engage autrui. Les cartes de cohérences

sont ainsi des espèces de boussoles à l’usage des responsables. Elles

facilitent l’exercice des responsabilités fondamentales en tous domai-

nes et en toutes circonstances dans la vie privée, professionnelle ou

publique, que ce soit individuellement ou collectivement. C est un

outil privilégié pour la connaissance et la maîtrise intentionnelle des

cohérenciels, pour lesquels elle a aussi d’autres usages.

343

ANNEXE

e) La créativité générat

ive

Toute conception, toute création, artistique notamment, toute

expression, toute réalisation, sont l’actualisation des sens (cohérence)

de celui ou ceux dont c’est l’oeuvre. A chaque fois, l’auteur doit

s’ajuster sur le sens de son oeuvre, sa source intime, et travailler à

ordonner et structurer son travail en rapport avec le contexte où il doit

prendre valeur, selon ses modes, langages et règles appropriés. Une

oeuvre, en tant que cohérenciel, doit, en effet, comporter l’ensemble

des dimensions et des aspects qui font sa complétude.

Une technique facilite ce travail de création et d’élaboration,

quelque soit le domaine, à ceux du moins qui savent s’y situer. Toute

personne peut être ainsi auteur original d’une oeuvre propre. Cela est

vrai aussi pour un groupe de personnes dont l’une ou l’autre, alors, se

fait l’écho pour produire une oeuvre collective.

La créativité générative amplifie, ainsi, les facultés de création et

de réalisation des personnes et constitue donc, aussi bien, une méthode

de perfectionnement personnel, qu’un instrument de travail profes-

sionnel, adaptable à différents contextes (conception de stratégies et de

projets, de méthodes, oeuvres d’expression, oeuvres d’imagination,

élaboration de réalisations architecturales, innovations, etc...).

Cette technique suit principalement le processus suivant :

- centration comme dans toute pratique,

- activation pour « s’imprégner » des sens de l’objet,

- actualisation avec production d’une réalité homologue de base,

- transposition dans le contexte initial,

- dégagement d’une structure logique rationnelle.

La « réalité homologue » servira, par la suite, de source d’inspi-

ration (donc d’activation), par exemple, comme mythe fondateur si

elle est dans un registre imaginaire.

La structure logique servira de modèle structurant pour construire

le cohérenciel, à la fois : plans généraux, organisations partielles, con-

ceptions de détails, le tout selon les dynamiques éventuelles qui tra-

duisent le sens de l’oeuvre élaborée.

Une telle technique trouve des champs d’application extrêmement

nombreux. Elle sert d’ossature à la constitution ou la reconstitution de

méthodes et techniques adaptées à des domaines particuliers et dont la

complétude en fait de véritables cohérenciels pratiques.

L’ensemble de ces techniques peut être mis en oeuvre de façon

complémentaire et être à la source de pratiques particulières où elles

trouvent les modalités spécifiques qui conviennent au contexte.

L’apprentissage de ces techniques constitue en lui-même un travail

éducatif de la personne, aussi bien qu’un perfectionnement profes-

sionnel.

344

ANNEXE

II importe de noter que leur universalité pratique repose sur

l’universalité de leur fondement : la personne humaine. Elles sont tou-

tes, au fond, des disciplines qui articulent à chaque fois le rapport de

transcendance :

Instance Existence

Sens Réalité

Personne Monde

D’un côté, se trouve la source qu’il faut repérer, solliciter, éclairer

et de l’autre, les effets, actes, réalisations, opérations. D’un côté,

l’homme, le coeur du sujet, de l’autre, ses affaires pratiques et projets

techniques, matériels, économiques, etc.... D’un côté les sens, cohé-

rences et consensus, de l’autre les cohérenciels.

Maintenant, au delà des techniques générales, nous pouvons évo-

quer trois directions de travail principales où, de la théorie de base,

découle une doctrine qui s’élabore, ainsi que des méthodes et pratiques

dont le développement est engagé.

Pour chacune, nous indiquerons le thème principal, quelques élé-

ments fondamentaux de la doctrine et enfin nous esquisserons un

tableau des niveaux d’application envisageables, qui constituent tout

un programme pour une oeuvre dont les premiers ouvriers sont déjà à

l’ouvrage.

a) Cohérenciel de l’existence

et du devenir de la personne humaine

Aujourd’hui comme toujours, chaque homme est confronté à une

multiplicité de préoccupations dans son existence, son travail, sa vie

familiale, ses relations affectives, sa participation à la vie sociale, ses

responsabilités vis-à-vis d’autrui, ses soucis matériels, etc... En outre,

quelques-uns se préoccupent aussi de leur devenir, au-delà de cette

existence, ce qui les amène à s’interroger sur l’homme et l’humanité.

Or, il y a malheureusement souvent des liens insuffisants entre

tout cela. Qu’elle est l’unité entre les problèmes techniques ou éco-

nomiques de la vie quotidienne et les problèmes spirituels.

La théorie des cohérences répond : l’Homme. Pas n’importe quel

homme ni n’importe quoi en l’homme, mais ce qui, en l’homme, est à

l’oeuvre dans toutes choses de l’existence et au-delà : le sens. Un sens

donné est, aussi bien, celui d’un détail de la vie quotidienne que celui

de toute une existence, du présent et du futur, de l’économique et de

l’affectif, du personnel et du commun.

C’est pour cela que la théorie de l’Instance et des Cohérences peut

proposer une connaissance de l’homme qui n’est pas déconnectée de

ses préoccupations, quelles qu’elles soient. En particulier, elle suggère à

chacun d’entreprendre cette recherche permanente de ses qualités pro-

pres, de sa vocation, c’est-à-dire notamment du sens particulier de sa

345

ANNEXE

vie et, tout cela, non pas pour savoir, mais pour mieux gouverner sa

façon de vivre, toutes ses préoccupations, toutes les situations de son

existence, là où il est, en cultivant ainsi le meilleur de lui-même

c’est-à-dire ses meilleurs sens.

Depuis son origine et dans son histoire personnelle, chacun est

marque plus par une cohérence ou une autre. Au lieu d’en être le jouet,

par le simple jeu des réactions, au lieu de chercher à s’en abstraire en se

perdant soi-même, au lieu de se laisser aller aux tendances ou pen-

chants originels, une conversion est possible pour chacun, celle qui

consiste à s’engager, autant que possible, dans ses meilleurs sens, ceux

de sa voie, de son accomplissement dans la vie quotidienne, décou-

vrant et élaborant, par là même, les cohérenciels de son existence.

Il y a là une stratégie personnelle, en toutes circonstances : recher-

cher et repérer sa voie propre, ses meilleurs sens et s’y positionner pour

traiter chaque problème, chaque difficulté, chaque situation de son

existence. C’est la façon de faire profession de soi qui est profession de

foi, témoignage d’homme pour les hommes dans les consensus par-

tages, pour contribuer à l’oeuvre commune, l’oeuvre de Dieu.

Que ce soit face à la maladie ou aux difficultés, que ce soit pour

des projets professionnels, que ce soit pour la vie en communauté il y

a là pour tous les cohérenciels de la vie personnelle, des principes que

la théorie et ses méthodes rendent opérationnels.

L’unité de sens, vecteur de l’accomplissement personnel dans la

vie quotidienne, du présent et du devenir, est la clé de cette première

perspective doctrinale et opérationnelle qu’inaugure la théorie fonda-

mentale ici dessinée.

ANNEXE

Sous un autre angle, une thérapie originale s’adresse aux person-

nes en difficultés et à tous ceux, professionnels ou non, qui sont

concernés, pour aider à cette conversion fondamentale qui consiste à

retrouver la présence de l’Etre en soi, celle d’une personne humaine,

d’une Instance propre.

b) Cohérenciels et diversité des sociétés humaines : culture,

développement et vocation spécifique des groupes et col-

lectivités humaines.

La théorie du consensus et celle des cohérences, offrent une

réponse neuve au double problème théorique et pratique de l’unité

d’une communauté humaine hétérogène et du développement des

groupes et sociétés humaines.

Comment assurer l’unité (la cohérence ?) de groupes humains

composés de personnes différentes, de sous-groupes variés, de person-

nes autonomes ? Comment définir l’orientation, la vocation, d’une

collectivité humaine, organisation, cité, nation, etc...? Comment faire

vivre en bonne entente, des personnes et des populations qui s’igno-

rent ou se méfient les unes des autres.

Cohérence et diversité des sociétés humaines :

Culture, développement et vocation spécifique des groupes et des collectivités.

347

ANNEXE

Les systèmes politiques sont des tentatives de réponse. Les sys-

tèmes familiaux, institutionnels aussi. Le problème des rapports du

pouvoir spirituel et temporel, toujours remis en cause même au sein

des églises, y est lié, de même que celui des expressions culturelles de la

foi.

La réponse est celle du consensus, qui est transcendant à la réalité

manifeste, donc au cohérenciel temporel, mais qui reste humain et

mieux, personnel puisqu’il s’agit du consensus des personnes humai-

nes. Bien sûr, ce consensus, comme l’Instance de ces personnes, reste

largement inconscient (conscience de sens) malgré tous les savoirs

sociologiques (conscience des réalités).

On a là, cependant, la solution à la contradiction entre l’unité

sociale et la diversité des personnes. D’autres solutions vaines ont été

proposées :

- amalgame sous la domination d’un seul (tyrannies),

- organisations hiérarchisées (technocraties rationalistes),

- systèmes intégrés (totalitarismes froids).

Le consensus collectif, cependant, est en plusieurs sens et ses

expressions existentielles sont aussi bien les pires que les meilleures. Si

c’est à ce niveau que peuvent être compris et maîtrisés les phénomènes

sociaux (micro-sociétés ou grandes cultures), cela suppose la prise de

responsabilité d’un choix de sens, d’une orientation, d’un vecteur,

unité logique et dynamique du développement existentiel du groupe

social et de son cohérenciel. C’est le rôle d’autorités responsables d’être

repères, révélateurs des consensus communs, et de favoriser ce qui est

du meilleur sens de ces consensus, la vocation de la communauté, pour

l’accomplissement des personnes qui la forment et aussi le service

d’autres communautés et populations.

Il n’est pas besoin, pour cela, de former ou de forcer un tout

(formalisme ou pression ), auquel devraient s’aliéner les parties. La

communauté humaine existe, il n’y a qu’à l’aider à révéler sa vocation

universelle, culturelle, particulière et personnelle.

Ce sont les consensus (le sens), qui constituent l’unité du tout et

des parties et non pas quelque contrainte existentielle.

Au niveau du cohérenciel, par contre, des artifices, méthodes et

techniques peuvent être utilisés pour atteindre au coeur des commu-

nautés, dont le lieu est au coeur du sujet, en chaque personne.

La théorie de l’Instance et des Cohérences et ses méthodes, offrent

les bases doctrinales et opérationnelles pour l’engagement dans les

problèmes de sociétés, pour la constitution de celles-ci, leur unité, leur

développement et les rapports interculturels.

Le tableau programme ci-dessous, par ses niveaux, en esquisse le projet.

348

ANNEXE

c) Cohérenciel et gouvernement

des entreprises et des activités humaines

Le devenir personnel et de le devenir collectif, se croisent parti-

culièrement à l’endroit des activités et des entreprises humaines.

L’existence des activités et des entreprises humaines, quelles

qu’elles soient, est toujours une coexistence, un cohérenciel, partagé

donc, sur la base de consensus (inconscient). La maîtrise des entre-

prises et de toutes activités humaines, ne peut ressortir de l’arbitraire

individuel, du formalisme organique rationnel ou mécanique et encore

moins de la pression des intérêts ou des menaces. Cependant, toute

entreprise réclame d’être gouvernée, qu’elle soit personnelle ou qu’elle

soit collective.

Gouverner une entreprise c’est, sur le fond, agir sur le consensus et

donc la cohérence du projet ou de l’activité. Cependant, ce fond est

invisible, à moins d’une conscience de sens, en général plutôt rare et

toujours insuffisante. Le gouvernement des entreprises ou des activités

humaines, bien que se fondant en l’homme sur les sens en consensus,

se traduira par la maîtrise des différentes composantes de leur coherenciel.

Ainsi le schéma du cohérenciel permet-il de décrire, à la fois, les

composantes de toute activité et donc de toute entreprise, mais aussi

les fonctions et compétences nécessaires qui composent la maîtrise de

leur gouvernement.

Le schéma ci-dessous en est une synthèse sommaire, à titre indi-

catif. II montre les différents types de qualités et de maîtrise qui

peuvent s’exercer, ainsi que leurs articulations mutuelles (structurelles).

349

ANNEXE

Les techniques de cohérences viennent aider à la maîtrise effective des

différents problèmes de gouvernement, fondée autant que possible sur

les talents et compétences personnelles, dont les types se repèrent aussi

sur ce schéma du cohérenciel.

Celui-ci se trouve donc à l’intersection des compétences et voca-

tions personnelles, des fonctions de gouvernement et de l’existence

même de l’entreprise.

Si le tout est disposé sur le meilleur sens du consensus commun,

l’entreprise a les meilleures chances d’accomplir ses fins dans l’accom-

plissement de ses auteurs (entrepreneurs) et partenaires.

La multiplicité des activités et des entreprises humaines, depuis

les projets les plus quotidiens jusqu’aux oeuvres les plus vastes, les

activités sociales ou économiques, publiques ou privées, réclament des

langages, méthodes et artifices, très différents, bien qu’ils se fondent

tous sur les principes dégagés ici.

C’est là un exemple du travail de vulgarisation qui s’engage à

partir des bases fondamentales de la théorie de l’Instance et des

Cohérences. Toute maîtrise est métaphysique, dans la mesure où elle

se fonde sur le sens et les consensus, par contre, c’est dans l’existence

qu’elle s’exerce sur les cohérenciels, jusque et y compris dans les

activités les plus courantes.