|
|
|  |
 |
 |
Le concept de cohérence
une question de Sens
Première publication : janvier 1989,
mise en ligne : mardi
3 août 2004, Roger Nifle
|
|
|
Le concept de cohérence est lui aussi polysémique. Il a cependant un rapport singulier au Sens en tant qu’il indique l’unité de Sens d’un ensemble. La théorie du Sens et des cohérences humaines y attache une importance particulière sur le plan conceptuel et pratique.
La notion de cohérence fait partie du sens commun selon
lequel peut être jugé un système. Elle s’associe
souvent au jugement d’incohérence qui sanctionne ce qui
parait inadéquat par certain coté.
Il est cependant très vite clair à la réflexion
que le jugement de cohérence repose le plus souvent sur
un sentiment difficilement objectivable et relève plus
de l’empirisme que d’une démarche maîtrisée.
Etablir le concept de cohérence réclame que l’on
aille au delà du sens commun et une voie consiste justement
à l’explorer.
En introduction au problème que pose le concept de cohérence,
notamment dans les systèmes complexes, je vous proposerai
une analyse épistémologique d’une série
de huit définitions contrastées dont on peut repérer
l’usage.
On en viendra à établir par la suite une première
définition restreinte où on pourra dissocier la
structure de toute réalité, donc de tout système,
et le principe de cohérence.
Enfin on en arrivera à une définition généralisée
du concept de cohérence établi par la théorie
des Cohérences Humaines pour conclure par un
aperçu des conséquences pratiques de cette approche.
Voici donc en introduction une analyse de ce que l’on entend
par cohérence :
Il y a pour chacune de ces définitions
une position épistémologique particulière
où sont associés la définition implicite
de la notion de cohérence et le processus de connaissance
et de jugement spécifiques.
Il y a même, peut-on dire, une cohérence entre définition
implicite et processus de connaissance.
De toutes ces positions épistémologiques la Théorie
des Cohérences Humaines retient celle où
la compréhension du sens et donc du caractère significatif
des choses est critère de cohérence.
Nous en arrivons là à une première définition
restreinte du concept qui nous occupe.
Un système est cohérent autant qu’on lui trouve
un SENS . On peut alors remarquer que l’évolution
ou la complexification du système lui conserve sa cohérence
autant qu’il garde son Sens.
La Théorie des Cohérences va plus loin en montrant
que le Sens est au principe même de la réalité
manifeste du système. La complexité d’un système
est le déploiement de son Sens.
La théorie montre, par ailleurs, que ce que nous apercevons
comme étant une réalité, un système
n’est que la façon dont nous "réalisons"
les choses à partir du Sens de notre considération
particulière.
Le sens prend forme dans les modes selon lesquels nous apparaît
la réalité. Celle-ci nous est appréhendable
qu’autant qu’elle a un sens.
Le concept de cohérence est ainsi au coeur de la reconnaissance
d’une réalité comme telle.
Cependant le plus souvent ce sens ne nous est pas conscient et
en plus il peut être multiple.
Chacun a pu faire cependant l’expérience suivante : face
à une situation ou une réalité complexe,
l’analyse nous donne un sentiment de complication inexplicable
et lorsque brusquement le sens s’éclaire alors la réalité
nous apparaît simple, en même temps que toute sa
complexité se trouve justifiée.
Il faut alors noter que la cohérence du système
est ce qui articule son sens, simple, invisible et sa complexité
manifeste.
On pourrait aussi chercher à analyser cette complexité
en dégageant une structure, statique ou dynamique. Bien
qu’un repérage puisse être utile pour décrire
le système, il n’apporte rien à l’appréhension
de son sens donc de sa cohérence.
Sur ce point la théorie des Cohérences montre comment,
à partir du sens, se structure la complexité. Elle
distingue le sens ou principe de cohérence et la "structure
cohérencielle" qui en est le déploiement.
L’analyse cohérencielle permet de décrire la réalité
complexe dans ses structures et l’analyse de cohérences
permet d’en élucider le sens.

La structure cohérencielle des réalités
est une structure ternaire que l’on retrouve tant au niveau global
du système qu’au niveau local d’un sous-système
ou de chacun de ses éléments.
Nous ne pouvons en donner ici qu’un aperçu qui mériterait
de plus long développement.
Toute réalité peut être décrite selon
trois dimensions :
Sa logique subjective, sa composition objective et son
développement historique résultant
Ces trois dimensions peuvent être
complétées par trois plans d’observation :
- Celui des relations entre les éléments selon
la logique du système (inter-relations).
- Celui des formes selon lesquelles il se présente (inter-faces.).
- Celui des opérations et mouvements qu’y s’y manifestent
(interactions).
Chaque sous système est lui aussi descriptible selon une
même structure cohérencielle.
Revenons-en au principe de cohérence pour remarquer que
le tout et les parties, le système global et les sous-systèmes
locaux sont liés de façon complexe au sein d’un
même cohérenciel en tant qu’ils reposent sur le
même principe de cohérence c’est-à-dire le
même sens.
Le sens est donc le principe d’unité, de permanence du
système, il constitue donc sa cohérence.
Nous pouvons conclure cette approche restreinte du concept de
cohérence par ce parallèle :
Le simple est au complexe comme le Sens est au système.
C’est là que réside le problème de cohérence.
Cependant, la théorie des Cohérences que nous venons
de caractériser invite à aller plus loin encore
en développant le concept général de cohérence.
Si le jugement secondaire de cohérence repose sur l’appréhension
consciente, intuitive ou diffuse d’un sens, il faut aussi remarquer
qu’une même réalité peut être envisagée
selon plusieurs sens qui lui donneront chacun un visage différent.
Dira-t-on alors que cette réalité a plusieurs cohérences
?
Ma proposition est plutôt d’appeler cohérence l’ensemble
des sens que prend ou peut prendre cette réalité
ou ce système.
Cet ensemble de sens que j’appelle "Cohérence",
selon une définition généralisée
du concept, a une structure interne telle que tous ses sens s’opposent
dialectiquement deux par deux. C’est la source des contradictions
ou des antagonismes que l’on constate dans la réalité
sans pour autant que sa cohérence soit en question. Le
principe généralisé de cohérence
intègre donc le contradictoire et l’antagonisme.
Ainsi, une Cohérence est un complexe de Sens qui est à
la source des réalités manifestes du système
et de leur complexité apparente dont le cohérenciel
permet de décrire les structures.
Ce développement théorique nouveau du concept généralisé
de cohérence entraîne d’un coté à
fonder toute une épistémologie qui intègre
le Sens et donc la place essentielle de l’homme dans ses réalités.
D’un autre coté, elle débouche sur une pragmatique
structurée par la méthodologie
générale des Cohérences
qui propose et permet l’accès à l’essentiel, c’est-à-dire
aux Sens et aux Cohérences pour mieux maîtriser
la connaissance et l’intervention dans les systèmes complexes.
Elle propose une démarche de maîtrise de la complexité
des situations et des problèmes par la maîtrise
de leur cohérence et de leurs sens.
En résumé
La notion de cohérence relève le plus souvent du
sens commun. La théorie des Cohérences propose
tout d’abord une analyse des positions épistémologiques
caractérisées chacune par une définition
implicite du concept de cohérence et du processus de jugement
de cohérence correspondant.
Elle dégage ensuite une première définition
restreinte du concept qui le rattache au sens sous-jacent qui
donne sa cohérence au système et en sous-tend la
complexité.
Une définition généralisée en vient
à appeler Cohérence le complexe de Sens qui déploie
ses manifestations dans la réalité apparente du
système et en fonde la complexité.
La Méthodologie Générale des Cohérences
découle alors d’une épistémologie nouvelle
fondée sur le principe de cohérence et les structures
cohérencielles.
 |
Intervenir
|
 |
 |
 |
Envoyer le texte à un ami
Imprimer le texte
Texte au format PDF
DANS LA MEME RUBRIQUE :
La culture française
A quoi sert la science
La raison a-t-elle toujours raison
La loi et l’ordre
Le Sens de l’intégrisme
Le Sens du service
Sens de la paix
La révolution française
 |
 |
|
En bref :
- vendredi 14 mars
Où en sommes nous ?
- vendredi 14 mars
Le Sens, prospective
- jeudi 22 novembre
Le tourisme des valeurs toujours d’actualité
- mardi 2 octobre
Qualité de la recherche, 5ème Congrès de l’Amaquen à Marrakerch en avril prochain
- mercredi 16 mai
Journal du net un article sur le wanager
- lundi 5 mars
Les rencontres 2007 du Management de projet. Nous y serons avec le Wanager.
- mardi 27 février
Management des équipes à distance avec le Wanager
- mardi 6 février
Création d’un groupe Intelligence Symbolique
- mardi 6 février
Création d’un cercle Afrique centre-ouest à l’Udph
- mercredi 31 janvier
Wanager - le management des équipes à distance
|
AUTEUR :
Roger Nifle
|
 |
 |
 |
|
> Le concept de cohérence
|
|
23 décembre 2005, par Gilles Plante
[retour au début des forums]
|
|
Cher monsieur Nifle,
J’ai pris connaissance de « Le concept de cohérence ». Il m’a inspiré un commentaire, que vous trouverez au Grand Portail Thomas d’Aquin, forum.
Cordialement,
Gilles Plante
|
|
> Le concept de cohérence
|
|
30 décembre 2004, par Alain Laurent
[retour au début des forums]
|
|
Je découvre votre site. A la fois acteur de terrain et "réfléchissant abstrait" - ce qui veut dire que je pratique l’empirisme - je cherche sans cesse les passages entre théorie et pratique. Cet espace est celui de la vulgarisation, de l’essaimage, de la capitalisation... ce qui me semble pas assez traité dans l’article "Le concept de cohérence".
Je comprends la place du sens dans la notion de cohérence. Je comprends aussi le caractère polysémique et partiellement pensé du premier terme. Mais j’ai du mal "visualiser" ce qu’est, concrètement (et oui, la "tyrannie du concret"...), une "structure cohérencielle". Car c’est bien elle l’élement transversal de l’article et de sa vocation...andragogique ( ?). Bref, le même article avec quelques illustrations simples (pas forcément des schémas, qui supposent une culture particulière, dite "scientifique" ou technique) serait un modèle du genre et très utile pour les "passeurs de frontière" que nous sommes, petits passagers du train spectateur-acteur-metteur en scène.
Bravo et merci pour votre travail.
|
|
> Le concept de cohérence
|
|
31 décembre 2004, par Roger Nifle
[retour au début des forums]
|
|
Je ne sais pas ce que vous avez lu sur le site mais il y a de multiples articles qui traitent du cohérenciel. Je vous suggère notament La trialectique sujet objet projet.
Quant au rapport théorie pratique c’est un enjeu fort de l’Humanisme Méthodologique avec une réponse nouvelle celle du Sens comme lien et lieu de passage entre les deux.
Voir notamment Au coeur du sujet - Chapitre 7 vers la page 313.
Vous y trouverez un chapitre sur cette question et notamment ce rapport.
Voir aussi ce qui concerne l’agir humain L’agir humain
Bonnes lectures
|
> Le concept de cohérence
|
|
20 avril 2005, par Daniel Leblanche
[retour au début des forums]
|
|
Monsieur Nifle, bonjour,
J’ai eu ce que j’estime être une chance, être formé à partir de votre "Cohérenciel" lors d’une formation de Formateur en contexte européen.
Ce système ; triangulation des éléments : objectif - ressources - résultats (pour simplifier) me sont rapidement apparue comme une "logique cohérente" et parfaitement compréhensible et utilisable par tout citoyen Lamda.
Je suis de ceux qui pensent que la chose simple enrichie tout un chacun et facilite la communication en particulier et en général. Je suis de ceux aussi qui pensent que la complication (souvent confondue avec la précision ou le professionnalisme) nuit trop souvent à cette communication sans quoi nous ne pourrions vivre ni ensemble ni avec la nature.
Sans vouloir codifier à minima les moyens de com, il me semble que de la simple et magnifique triangulation évoquée plus haut, nous passons trop souvent à un patchwork, hermétique, réservé à une élite intellectuelle du moment (efet mode) et parmi lesquels 50% font semblant d’avoir compris et répercutent de la bouillie pour chat
La simplicité mère de toutes les solutions et sans quoi il n’y aurait aucune vulgarisation (au sens noble), ne devrait-elle pas présider à toute démonstration ????
Si je lis bien le courrier de vos lecteurs, je ne suis pas le seul à faire cette remarque.
Merci encore Monsieur Nifle pour votre cohérenciel, que je continue à pratiquer dans sa forme explotable pour le bénéfice de tous
|
|
|
> Le concept de cohérence
|
|
13 décembre 2004, par ROBERT LAFFON
[retour au début des forums]
|
|
Depuis que je suis abonné à la lettre des cohérences j’ai beau essayé de comprendre je n’avance guère dans ma compréhension.
Pourriez-vous être un peu plus concret ?
Merci
|
|
 |
Il y a 6 contribution(s) au forum.
> Le concept de cohérence
(1/4) 23 décembre 2005, par Gilles Plante
> Le concept de cohérence
(2/4) 30 décembre 2004, par Alain Laurent
> Le concept de cohérence
(3/4) 13 décembre 2004, par ROBERT LAFFON
> Le concept de cohérence
(4/4) 4 décembre 2004, par hanane
|
|