Ces trois termes font l’objet de toutes les invectives et les adorations. A l’âge du Sens il est temps de sortir de ces mystifications. Les mots ne sont pas le Sens et ce qui importe c’est le Sens. Qui emploie ces mots sans en préciser le Sens ne sait pas ce qu’il dit ou participe de la mystification, aussi savant soit-il.
LES TROIS VECTEURS DE L’ALIENATION DE
L’HOMME
Si le capitalisme est l’appropriation des
ressources par quelques uns qui se justifient par la guerre économique
obligeant à des concentrations de puissance pour se défendre
des autres concentrations de puissance, alors on n’a là
que le masque habile d’une volonté de puissance, impériale
ou inquiéte mais toujours impérieuse, qui ne se
satisfait que par les preuves de son emprise, c’est-à-dire
l’appropriation des ressources (matérielles et humaines),
équivalentes à des territoires de pouvoir. Telle
est la logique de possession qui enferme les hommes dans l’archaïque
de leurs pulsions de puissance et leurs angoisses d’impuissance.
Si le socialisme est la substitution d’une
raison sociale idéale aux libres discernements et responsabilités
personnelles alors les hommes sont assujettis à de "bonnes
raisons", celles d’une idéologie qui préfère
conserver les reflets de sa réflexion que prendre en considération
le réel. Il ne s’agit alors que de rester en deçà
de la crise (hypo - crisis) que constitue toute décision
personnelle responsable.
Si le libéralisme consiste à
exonérer chacun de toute responsabilité quant au
bien commun tout en obligeant chacun à s’adapter à
la loi naturelle du marché, alors on conjugue l’aliénation
idéologique à un système formel dont les
lois (économiques) seraient naturelles, (c’est-à-dire
ici a-humaine), à l’aliénation archaïque par
la justification de l’arbitraire des volontés de puissance
(inhumaines), au nom d’une liberté totalement conditionnée
par l’environnement périphérique (le système)
et la sphère intérieure (les besoins compulsifs).
CAPITALISME, SOCIALISME, LIBERALISME
LES TROIS VERTUS DE L’ACCOMPLISSEMENT
HUMAIN
Si le capitalisme c’est le primat de l’initiative
et de l’engagement personnel et collectif. Si c’est la force
et le courage d’une prise en charge responsable et entreprenante.
Si c’est l’investissement des potentiels disponibles au service
de la création de richesses . Alors le capitalisme, c’est
la vertu de foi en l’homme et de confiance dans les ressources
humaines. C’est l’accomplissement des richesses humaines et des
vertus de force et de courage, c’est-à-dire des vertus
entreprenantes.
Si le socialisme, c’est la visée
du progrès de l’homme, le primat de la perfectibilité
de l’homme et du monde, le projet de l’amélioration de
l’homme et de l’existence humaine par les oeuvres et les entreprises
d’éducation et d’édification de la cité.
Alors le socialisme est vecteur d’espérance, promoteur
des qualités humaines, édificateur de l’humanité,
mobilisateur de projets de valeur.
Si le libéralisme, c’est la reconnaissance
de la liberté responsable de chaque personne vis-à-vis
des autres, si c’est la promotion et la valorisation de l’initiative,
la créativité, l’engagement pour le service du
progrès humain, alors le libéralisme est la condition
pour que les personnes s’accomplissent par le libre investissement
de leur personnalité dans la vie collective. C’est aussi
le libre engagement dans l’accomplissement collectif de l’oeuvre
de civilisation humaine.
Tout cela est évidemment une question
de Sens. Sens donné aux concepts, Sens des positions prises,
Sens des logiques et rationalités investies. L’essentiel
c’est le Sens !