Capitalisme socialisme libéralisme

Une question de Sens politique et économique
mardi 3 août 2004
par  Roger Nifle
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Ces trois termes font l’objet de toutes les invectives et les adorations. A l’âge du Sens il est temps de sortir de ces mystifications. Les mots ne sont pas le Sens et ce qui importe c’est le Sens. Qui emploie ces mots sans en préciser le Sens ne sait pas ce qu’il dit ou participe de la mystification, aussi savant soit-il.

LES TROIS VECTEURS DE L’ALIENATION DE L’HOMME

Si le capitalisme est l’appropriation des ressources par quelques uns qui se justifient par la guerre économique obligeant à des concentrations de puissance pour se défendre des autres concentrations de puissance, alors on n’a là que le masque habile d’une volonté de puissance, impériale ou inquiéte mais toujours impérieuse, qui ne se satisfait que par les preuves de son emprise, c’est-à-dire l’appropriation des ressources (matérielles et humaines), équivalentes à des territoires de pouvoir. Telle est la logique de possession qui enferme les hommes dans l’archaïque de leurs pulsions de puissance et leurs angoisses d’impuissance.

Si le socialisme est la substitution d’une raison sociale idéale aux libres discernements et responsabilités personnelles alors les hommes sont assujettis à de "bonnes raisons", celles d’une idéologie qui préfère conserver les reflets de sa réflexion que prendre en considération le réel. Il ne s’agit alors que de rester en deçà de la crise (hypo - crisis) que constitue toute décision personnelle responsable.

Si le libéralisme consiste à exonérer chacun de toute responsabilité quant au bien commun tout en obligeant chacun à s’adapter à la loi naturelle du marché, alors on conjugue l’aliénation idéologique à un système formel dont les lois (économiques) seraient naturelles, (c’est-à-dire ici a-humaine), à l’aliénation archaïque par la justification de l’arbitraire des volontés de puissance (inhumaines), au nom d’une liberté totalement conditionnée par l’environnement périphérique (le système) et la sphère intérieure (les besoins compulsifs).

 

CAPITALISME, SOCIALISME, LIBERALISME

 

LES TROIS VERTUS DE L’ACCOMPLISSEMENT HUMAIN

Si le capitalisme c’est le primat de l’initiative et de l’engagement personnel et collectif. Si c’est la force et le courage d’une prise en charge responsable et entreprenante. Si c’est l’investissement des potentiels disponibles au service de la création de richesses . Alors le capitalisme, c’est la vertu de foi en l’homme et de confiance dans les ressources humaines. C’est l’accomplissement des richesses humaines et des vertus de force et de courage, c’est-à-dire des vertus entreprenantes.

Si le socialisme, c’est la visée du progrès de l’homme, le primat de la perfectibilité de l’homme et du monde, le projet de l’amélioration de l’homme et de l’existence humaine par les oeuvres et les entreprises d’éducation et d’édification de la cité. Alors le socialisme est vecteur d’espérance, promoteur des qualités humaines, édificateur de l’humanité, mobilisateur de projets de valeur.

Si le libéralisme, c’est la reconnaissance de la liberté responsable de chaque personne vis-à-vis des autres, si c’est la promotion et la valorisation de l’initiative, la créativité, l’engagement pour le service du progrès humain, alors le libéralisme est la condition pour que les personnes s’accomplissent par le libre investissement de leur personnalité dans la vie collective. C’est aussi le libre engagement dans l’accomplissement collectif de l’oeuvre de civilisation humaine.

Tout cela est évidemment une question de Sens. Sens donné aux concepts, Sens des positions prises, Sens des logiques et rationalités investies. L’essentiel c’est le Sens !


Commentaires  forum ferme

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mercredi 20 juin 2012 à 12h13 - par  jQzPvRzkHOuxt

Excellent read, I just passed this onto a frnied who was doing a little research on that. And he actually bought me lunch as I found it for him smile So let me rephrase that : Thank you for lunch ! Remember It is 10 times harder to command the ear than to catch the eye. by Duncan Maxwell Anderson.

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samedi 17 décembre 2005 à 15h27 - par  guillou alain

"l’existence précède l’essence"...

"la solidarité est un fait"...

tout individu humain est confronté à ce qui menace son autonomie , qu’elle soit grande ou petite

"tout individu humain est aussi confronté à ce qui favorise son autonomie , fut- elle déjà un fardeau pour lui

la dynamique qui résulte de l’intervention de la conscience de ces "réalités" est complexe, dialectique , car elle admet des inconnues et des variables multiples, ainsi que des "données" situées sur des plans "juxtastructurels", c’est à dire , dont la "transparence "peut induire en confusion

ce qui est essentiel c’est de se considérer comme acteur, vecteur , objet et sujet d’une histoire où le développement de chacun reste l’affaire de tous et , non pas réciproquement, mais avec production de pas historique, le co-développement collectif est l’affaire de chacun

"je est un autre"..., car il y a une part d’inattendu dans les révolutions espérée, et le génie créateur en est le premier désappointé...

construire "l’alternative" est une ambition et nos ennemis n’ont pas tort de nous traiter de "doux rêveurs" : une ambition poétique ...

tout le monde devrait s’en féliciter car rien ne saurait être humain sans poésie.