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La trialectique sujet objet projet
Les structures de l’expérience et de l’existence humaine
Première publication : novembre 1996,
mise en ligne : dimanche
18 juillet 2004, Roger Nifle
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L’humanité de l’Homme est Sens et par les conSensus se fait expérience et existence. L’expérience du Sens, l’existence individuelle et celle de toute chose dans l’expérience humaine reposent sur les structures de l’expérience du ConSensus. Sujet, objet et projet en sont trois dimensions inséparables, que l’on ne peut définir indépendamment les unes des autres comme on a trop souvent voulu le faire, faisant ainsi exploser la cohérence de l’existence humaine. La trialectique est à l’inverse le "tripalis" du travail de réintégration de l’humain grand oeuvre de l’existence de chacun.
Nous vivons une mutation et beaucoup s’accordent à penser
qu’elle implique un changement de rapport au monde, un nouveau
paradigme.
Il est vrai que dans tous les domaines les bouleversements actuels
préparent une nouvelle ère dont l’une des caractéristiques
est un changement de nos façons de comprendre et d’agir.
Celles-ci appartiennent à l’édifice de l’histoire
et, en particulier pour l’Occident, l’âge de la Raison
a prévalu au point que nous ne sommes plus capable d’envisager
d’autres façons de voir. Bien des propositions sont faites
en référence à des traditions anciennes,
à une psychologie des profondeurs, aux dernières
avancées des sciences de la matière et de l’univers
ou même plus récemment des sciences cognitives et
neurobiologiques.
Dans ce contexte, la théorie des Cohérences Humaines
offre un éclairage puissant et un outil fondamental :
la structure cohérencielle*. En effet, c’est par le recours
aux fondements de l’expérience humaine et donc ceux de
toute connaissance et de toute action, qu’elle ancre ses propositions
et non sur de simples observations empiriques dont on dévoilerait
les lois en toute méconnaissance du processus humain de
dévoilement (et de voilement).
A partir de son anthropologie fondamentale, elle montre que toute
réalité est actualisation de Sens (Sens humain
en consensus).
Elle montre que cette "actualisation" est à
la fois expérience réalisante et réalité
réalisée. Ainsi toute réalité est
acte (partagé) de réalisation tant pour la conscience
et la connaissance que pour la production et l’action.
Elle montre enfin que la structure de toute réalité
est la structure même de l’expérience humaine du
Sens partagé. C’est la structure cohérencielle
dont le déploiement est celui-la même de l’espace,
du temps et de la consistance de toute réalité*.
C’est sur ces bases que se construit la trialectique
sujet-objet-projet. Celle-ci se présente comme
l’instrument logique à partir duquel toute réalité
doit être envisagée tant pour la connaissance que
pour l’action.
Le terme de cohérenciel vient de cette idée d’application
systématique d’un outil logique qui traduit la cohérence
propre à toute chose et qui peut servir à l’analyse
pour comprendre comme à la synthèse pour construire,
étant la structure même de toute réalisation.
LE COHERENCIEL OU LA TRIALECTIQUE (S.O.P.)
Sujet-Objet-Projet
Nous sommes dans un monde de dualités qui ne cessent de
mettre en opposition, en conflit, qui jouent sur des symétries
d’exclusion. On verra comment différentes dialectiques
participent à la structure trialectique, sujet-objet-projet
et comment, isolées, elles sombrent dans ces dualismes
mutilants. C’est le drame d’une époque qui a abusé
des réductionismes sans s’apercevoir de quelles amputations
humaines ils étaient la source.
Un parmi d’autres, l’économie réduisant l’homme
à un "agent rationnel", l’entraîne à
identifier tout comportement au produit d’un calcul. L’homme
devenu calculateur est aveugle à toutes les dimensions
qui justifient son existence et la frénésie calculatrice
devenue pensée unique et seule règle de légitimité
juridico-politique produit de l’exclusion en même temps
qu’une incapacité à discerner la question essentielle
comme les atteintes criminelles à l’humanité.
Le régime nazi n’a pas été le seul produit
d’une volonté de puissance, il n’a été possible
que par la complaisance aveugle de tous les "calculateurs"
obnubilés par leurs rationalités propres : économique,
technique, médicale, industrielle, scientifique et même
religieuse quelquefois, auxquels ils ont réduit leur conscience
et le champ de leurs actes permettant ainsi à d’autres
de perpétrer, grâce à eux, l’abominable.
Une mutation comme celle qui se réalise touche à
l’essentiel et met en question de tels phénomènes
en même temps qu’elle ouvre des perspectives inattendues
pour l’accomplissement humain. La trialectique, sujet-objet-projet,
est l’un des outils qui peut contribuer concrètement à
cette évolution.
Le cohérenciel que présente cette trialectique
est composé de trois vecteurs qui déterminent ensuite
trois plans.
Ces trois vecteurs correspondent à trois dimensions de
la réalité d’expérience humaine et qui sont
repérés par les termes sujet-objet-projet.
Ils sont indissociables et ne peuvent être définis
les uns sans les autres. C’est ce que tentent les dualismes mutilants
et les monismes négateurs de Sens et donc de l’humain.
Il y a une articulation entre ces trois vecteurs. La trialectique
n’est pas symétrique ce qui en fait la source de l’infini
diversité de notre monde et de la possible différence
entre les hommes et entre les peuples. Elle accomplit le passage
entre l’un - principe (Sens) et l’un - union trine.
Le vecteur "projet" est le produit (vectoriel) des
vecteurs "sujet" et "objet". C’est donc une
"résultante" et, on le verra, c’est le vecteur
qui supporte la dimension rationnelle de la réalité.
D’ores et déjà on peut en déduire que la
rationalité n’est pas une cause mais l’ordre (second)
d’un déploiement et qu’elle n’est que l’une des dimensions
de la réalité celle justement qui nous la présente
ordonnée, développée, reliée, engagée
dans l’espace et dans le temps, un temps d’ailleurs alors irréversible.
Il nous faut mieux définir ces trois vecteurs et leur
articulation et montrer leur présence dans nos réalités.
Le vecteur sujet
Il est déterminé par l’expérience du Sens
(en l’homme) réalisée en tant qu’intention. L’intention
peut prendre mille visages : désir, motivation, propension,
volonté, aspiration, direction, orientation, disposition,
détermination, force intérieure, etc...
C’est elle qui nous pose comme sujet, c’est-à-dire à
la fois :
porteur d’intention
être de Sens (le coeur du sujet)
auteur de réalisations (conscience, action, etc...).
L’expérience que nous avons de cette dimension est l’expérience
sub-jective, l’expérience d’un "sous-jacent"
en nous-mêmes à notre expérience de la réalité.
Nous en avons l’exercice dans l’intuition qui nous fait pénétrer
comme à l’intérieur de la réalité
par le biais d’une sorte d’intériorité de nous-même.
Le terme de sujet est souvent utilisé en plusieurs Sens,
par exemple du sujet-assujetti, ou bien du sujet identifié
à l’être libre et autonome. Dans cette trialectique
il s’agit seulement d’une dimension de toute réalité,
y compris la réalité individuelle de chacun.
Cependant cette dimension est la traduction du Sens qui, en l’homme,
(en son Instance) constitue le "coeur du sujet". Il
n’y a pas de sujet sans l’être de Sens qui s’y réalise.
Toute réalité réalisée porte cette
trace de l’homme, être de Sens, dans cette dimension intentionnelle
qui, par exemple, permet seule de nommer. L’acte de nommer est
reconnaissance de l’intentionalité subjective qui est
une dimension de chaque chose (seul l’homme nomme les choses).
Ce sont cependant toutes les figures de l’intentionalité
qui peuvent caractériser cette dimension sujet-subjective
et que l’on appréhende par notre subjectivité.
Evidemment, l’assimilation subjectivité et arbitraire
ne relève que d’une position subjective qui s’ignore.
La reconnaître au contraire permet d’en discerner la présence
spécifique en toute chose, d’appréhender notre
responsabilité en la matière et d’assumer les déterminations
qui conviennent dans nos actions. C’est par exemple un rôle
majeur des dirigeants et de toute autorité qui doit assumer
cette position d’auteur : parent, éducateur, professionnel,
etc...
Au passage soulignons l’insuffisance du terme "d’acteur"
pour caractériser cette dimension dans sa plénitude
telle que le terme d’auteur le permet. A l’inverse il faut aussi
mettre en question cette autre acception ou auteur est confondu
avec "créateur ex-nihilo".Elle relève
d’un monisme subjectiviste, c’est-à-dire de toute façon
d’une amputation de la structure trialectique.
Le vecteur objet
Le terme d’ex-sistence est tout à fait approprié
à la réalité, réalisée.
La réalité se tient, se présente dans un
hors de soi qu’est l’expérience humaine, expression de
Sens des Instances humaines personnelles en consensus.
Objet-sujet-projet évoquent ce mouvement ("jet")
qui est à la fois événement et avènement.
Dans la structure trialectique les trois dimensions sont co-extensives
et l’une ne tient pas sans l’autre, comme pour la longueur et
la largeur d’un rectangle par exemple.
La composante sujet marque la dimension d’intériorité,
sub-jective, l’en-propre.
La composante objet marque la dimension d’altérité
dans toute chose en tant qu’elle se distingue par séparation
de son contexte.
Dans un consensus, il y a deux variables, le Sens et les différentes
Instances qui y participent.
L’expérience du Consensus est sous cet angle l’expérience
qu’il y a de l’Autre, susceptible de dissensus et partie prenante
du consensus. Ce qui apparaît à l’expérience
sous cette dimension ob-jective reste le plus souvent profondément
inconscient. L’objectivation nous fait distinguer, séparer,
multiplier les composantes, les acteurs et les facteurs, tout
en nous séparant objectivement des choses et des autres.
L’objectivité, souci des sciences notamment, implique
un respect de l’altérité des choses qui nous les
rend objectives autant qu’elle présuppose un fondement
autre que notre propre personne ou notre seule expérience,
fondement qui est (au fond) la présence des Autres Instances
en consensus.
Cependant si l’objectivisme isole l’objet (confondu à
la chose) par abstraction méthodique du sujet, la trialectique
montre que la dimension objective est dépendante de la
dimension subjective.
Pas de consensus sans Sens, pas d’objectivation sans sujet objectivant,
pas d’ob-servation sans intention, pas de con-sidération
sans plusieurs êtres. Pas d’objet sans sujet mais aussi
pas de sujet sans objet lorsqu’on est dans le champ de la réalité
d’expérience. On ne peut en effet reconnaître la
dimension subjective sans qu’elle se rapporte à quelque
réalité, à propos de quelque chose.
Seulement la dialectique sujet-objet a trop souvent été
une source de dualisme, au coeur du cartésianisme et ses
avatars par exemple.
Le vecteur projet
Objet et sujet ne sont pas dans un face à face, une opposition
pas plus que la longueur et la hauteur d’un immeuble.
Dans la trialectique, sujet-objet-projet, la troisième
dimension est le produit des précédentes. Selon
cette dimension la réalité déploie son existence
spatio-temporelle selon un ordre interne et dans un ordre externe
où elle s’inscrit.
La dimension projective de toute réalité en ordonne
les objets selon la logique du sujet (l’intention). Cet ordre
est à proprement parler rationnel en cela que les parties
se rapportent au tout dans un rapport, un ratio qui réalise
la réalité dans son historicité et dans
sa topologie relative aux autres réalités.
La notion de projet a plusieurs contenus qui sont ici rassemblés
dans cette dimension de toute chose : projection d’un sujet intentionnel
à propos d’objets inscrits dans un contexte qui s’en trouvent
arrangés dans un ordre de marche.
Si le projectif se traduit selon la rationalité que la
raison appréhende par projection, le rationalisme fait
indûment de cette rationalité la cause de la réalité.
La trialectique, sujet, objet, projet, montre que la raison est
seconde et non première. Elle est coextensive avec la
réalité selon la dimension projective et en cela
elle exprime le Sens dont elle est alors témoin.
La trialectique
L’articulation des trois dimensions est importante et l’on doit
considérer que la réalité rationnelle telle
qu’une certaine appréhension nous la montre est une dimension
projective qui résulte de la conjugaison d’une intentionalité
subjective appliquée à des conditions objectives.
Voilà l’utilité première de la trialectique,
sujet, objet, projet. En chaque chose, chaque situation, chaque
problème, chaque réalité les trois dimensions
articulées ainsi l’expliquent et la structurent.
Toute connaissance suppose intention subjective, conditions objectives
et en final réalisation projective (rationnelle).
C’est sur la variation du vecteur intention que se différencient
les processus épistémologiques, c’est-à-dire
en fonction du Sens : position et posture de l’Instance humaine,
fondant postulats et paradigmes. Le discernement des Sens offrira
une typologie des épistémologies qui d’ailleurs
montrera que chacune s’accompagne (sauf une) d’une certaine distorsion
de la trialectique sujet, objet, projet, réductioniste
par exemple*.
Toute action suppose intention, conditions et enfin réalisation
qui en est la résultante. On appliquera cela aux entreprises
humaines pour mieux comprendre et agir. Mais c’est bien toute
réalité qui en ressortit.
Les réductions dialectiques et monistes
Cet examen va être très utile non seulement pour
la critique des différents réductionismes et leurs
conséquences, pour la compréhension du monde que
nous vivons mais aussi pour l’apport de la trialectique, sujet,
objet, projet selon la structure cohérencielle.
1) La dialectique sujet-objet
La pensée bouddhique nous invite à considérer
les deux dimensions sujet-objet et un troisième terme
qui est leur relation. Dans des courants qui s’y retrouvent,
le thème de la relation prend une grande place avec différents
contenus, l’entre-deux, l’amour mais aussi ces thèses
qui font de ce qui circule "entre" la substance de
toute réalité.
Or s’il est pertinent de reconnaître que le champ de la
relation est bien celui de la conjugaison des dimensions sujet-objet,
leur dialectique dans ce seul champ est réductrice. Elle
conduit par exemple à surinvestir cette relation sous
le mode affectif, passionnel, é-motionnel et on pourrait
dire que l’état d’âme (une âme affective en
l’occurence) en est le seul régulateur.
Divers archaïsmes s’y nourrissent (intégrismes, nationalismes
mais aussi bien des approches régressives qui justement
se méfient de la raison et de l’avenir, des projets et
des changements).
Un autre aspect de cette réduction est l’opposition qui
en résulte entre sujet et objet, face à face objectivé
(objectivation du sujet) ou face à face subjectivé
(subjectivation des objets), coupure ou confusion
La trialectique sujet, objet, projet, rappelle que la conjugaison
des deux dimensions sujet-objet ne vaut que pour se développer
dans le troisième terme du projet. Ce n’est pas l’état
relationnel qui importe pour lui-même mais comme soubassement
d’un développement ordonné et ce en tout domaine.
A toute cette culture de la dialectique sujet-objet, la trialectique
apporte l’ouverture et la justification existentielle.
Il en va ainsi pour toutes les relations humaines, couples, collectivités,
et aussi toutes les relations aux choses et au monde qui ne valent
que par ce qui en résulte sur le plan des fruits.
En éliminer le troisième terme c’est perdre l’intelligence
de l’histoire sinon comme éternel recommencement où
à laquelle il faut opposer le combat de la régression,
du retour au passé.
La dialectique objet-projet
Elle est fortement présente dans le monde matériel
de l’économie, de l’industrie, de la technique et plus
généralement des scientismes contemporains.
La dialectique objet-projet se réalise dans le "faire"
auquel est réduite l’action, l’entreprendre et la production
de toute chose.
La réduction objet-projet ramène la réalité
à une dialectique moyens de productions/produits. La symétrie
fait du produit un moyen de production et de celui-ci un produit.
On voit bien la machinerie circulaire qui s’instaure et on devine
toute la pression sinon l’oppression qu’il faut imposer.
Il se trouve qu’un certain cartésianisme s’exonérant
des fondements de la pensée de Descartes a rendu objectivité
et rationalité, objet et projet quasiment synonymes et,
on le comprend, dans cette circularité qui ne peut que
s’instaurer puisque tout ce qui se produit dans une quelconque
action est toujours transformation des conditions objectives
de production. On comprend aussi comment l’aspect machinique
des choses et des actions occupe tout le champ du factuel lorsqu’en
est évacué le sujet.
Dans la trialectique sujet, objet, projet, le vecteur sujet impose
une radicale différence entre projet et objet ce qui relève
du but et ce qui relève des conditions. Mais aussi seul
le sujet peut introduire cette différence.
Alors le factuel apparaît comme la matérialisation
de l’intention, sa concrétisation diraient certains.
Cependant, il faut le tout de la structure trialectique pour
ne pas tomber dans la toute puissance intentionnelle qui nie
l’objet et par suite l’altérité.
Dans le monde mécaniste qui est le nôtre la trialectique
remet l’homme au centre de la réalité et non pas
en face ou confondue avec elle. Il n’y a pas de réalité
sans Sens et donc sans intention, fusse-t-elle inconsciente.
La dialectique sujet-projet
L’intention engagée sur l’horizon du projet se fait projection
imaginaire, mentale. Se déploie alors le plan des représentations
qui est le champ de cette dialectique, sujet-projet. Lorsqu’il
y a réduction l’intention est assimilée à
la raison ou la raison à l’intention et leurs représentations
en viennent a être prises pour des causes explicatives.
Ainsi les représentations mathématiques sont elles
posées comme causes de la réalité, quelquefois
elle même réduite aux représentations que
l’on en a.
La trialectique rappelle la dimension objective et que celle-ci
est expérience de l’altérité. Alors la représentation
est rapportée à l’objet en situation. C’est comme
cela que le plan des représentations devient pensée,
imagination créative, expression d’une volonté
par rapport à un objet en vue d’un but réalisé
par le projet et non simple réflexion. Les réfléchisseurs
ne sont pas des penseurs.
La réduction dialectique sujet-projet est notamment celle
des idéalismes, soit à tendances humanistes, soit
à tendance rationalistes, faisant du mental le tout de
l’expérience.
L’intégration trialectique, sujet-objet-projet, par contre,
met en rapport, à la fois, comme consistance de l’existence,
expérience réalisée et incarnation du Sens,
les plans relationnels, factuels et celui des représentations.
Ces trois plans de la structure cohérencielle se retrouvent
dans toute réalité et l’outil trialectique complète
son pouvoir analytique et constructif.
Il reste encore à envisager les réductions monistes
qui réduisent l’expérience à une seule de
ses dimensions.
Le subjectivisme méconnaît objectivité
et rationalité. Il assimile la réalité au
seul effet intentionnel absolutisant le sujet. C’est le cas de
l’individualisme spéculatif qui se veut indépendant,
transcendant dans l’immanence et capable de créer le monde
sans l’autre ou malgré lui.
L’objectivisme ne connaît que la multitude des
objets pris là comme donnés et dont la combinatoire
seule réalise les choses. C’est le principe des pensées
matérialistes aux multiples visages mais dont l’atomisme
est malgré tout une des figures les plus prégnantes,
même quand il se fait probabiliste, ainsi que l’explication
de tout par le nombre (ou la comptabilité).
Le projectivisme est aussi rationalisme. Il
fait de la structure d’ordre la cause structurale de la réalité,
repoussant sujet et objet comme produits de la structure rationnelle.
On est là dans un renversement radical entre une raison
causale et une raison seconde, servante du Sens et non pas productrice
de Sens. Qui a vu que mille bonnes raisons suffisent à
donner un Sens, sauf à le révéler ?
De même le processus, le cheminement de tout développement
n’est pas la cause du mouvement, de la réalisation mais
il en est la forme, la structure, l’ordre et en cela la conduite
des projets est encadrement de processus et non pas opération
processorale.
LA TRIALECTIQUE sujet-objet-projet
réalisatrice et révélatricedu Sens
Tout Sens en consensus se réalise dans le déploiement
de l’expérience humaine selon la structure cohérencielle.
Il est incarné par les trois plans relationnel, factuel
et formel (représentations) et indiqué par les
vecteurs sujet, objet, projet.
Selon le vecteur sujet , le Sens se réalise
en tant qu’intention, désir, motivation, aspiration tout
ce qui, du centre de soi ou d’une communauté, se fait
source, orientation, force, détermination...
Selon le vecteur objet , le Sens se réalise
en sélection d’importance, de significativité qui
toujours marquent la présence de l’Autre. Il y a de l’Autre
de même Sens et du Sens même en l’autre.
L’objectivité est la reconnaissance de l’autre comme porteur
de Sens avec lequel on est engagé en consensus dans une
relation qui s’accomplit en projet.
C’est pour cela que l’association des trois dimensions favorise
le discernement du Sens. Le projet trace, dans le temps notamment,
l’ordre de la raison et ainsi le Sens du consensus. Sujet-objet-projet
sont donc trois figures du Sens, trois repères réalisateurs
et révélateurs.
L’intégration de la trialectique, sujet-objet-projet,
selon la structure cohérencielle est une visée
qui renvoie à l’unité du Sens qui, elle, se situe
au lieu de l’intégrité des personnes.
Dit autrement, il est essentiel pour l’accomplissement humain
que la trialectique sujet-objet-projet soit généralisée.
Les réductionismes monistes et dialectiques portent atteinte
à cette intégrité humaine et masquent en
quelque sorte le Sens, coeur de l’humain, principe de toute réalité.
Les applications issues de la théorie des Cohérences
Humaines justifiant l’emploi de la trialectique, sujet-objet-projet,
sont déjà très nombreuses et le lecteur
en trouvera de nombreuses illustrations dans les ouvrages et
documents existants*.
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AUTEUR :
Roger Nifle
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> La trialectique sujet objet projet
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14 avril 2005, par fragrance
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Bonsoir, je n’ai pas lu beaucoup de vos articles mais je m’interroge.
Vous décrivez -ou définissez- la trialectique de manière relativement compliqué. Je ne doute pas de la véracité des sens de vos phrases, toutefois je m’interroge sur la démarche de cet article : vous admettez la trialectique comme étant la cause de la rationnalisation de comportements humains subjectifs(dont certains adopterait un comportement objectif...si j’ai bien compris). Quelle est la problèmatique de l’article, si ce n’est de participer à une démarche heuristique ? Tout ce que vous décrivez -heureusement- existe, et tout ce que l’on peut voir autour de nous le montre. Vous dites que les paradigmes occidentaux sont trop centré sur l’objectivisme (cela est vrai, et engendre donc des crises que d’autres paradigmes pourraient combler...je pense ici à la médecine traditionnelle chinoise qui a une utilité empirique -même sur des occidentaux- mais que notre conception "occidentale" ne permet pas d’expliquer, voire d’appréhender)et tend à se figer à une dualité objet-projet, l’industrialisation donc, au détriment du sujet (l’homme-en somme- qu’il faudrait recentrer au milieu des attentions). Néanmoins les choses étant dans une dynamique, il ne pourrait y avoir de solution à la trialectique (puisque la sommes des vecteurs aboutis à une infinité de solutions dont une seule admet l’égalité, ce qui est relativement négligeable.) Les choses sont en mouvement et tendent à rejoindre un point d’équilibre (la somme des vecteurs nulle). A notre époque nous en sommes plutôt à la dualité objet-projet qui donne une cohérence aux rapports inter-humains avec les consèquences géopolitiques que nous lui connaissons : la marche vers la globalisation. Et la question se pose : qu’en est-il du sujet à ce moment là ? Pour l’instant la pensée humaniste ne permet plus de répondre à la logique objet-projet puisqu’objectivement elle n’a que peu d’intêret dans la cinétique de production (si ce n’est préserver le sujet des problèmes de santé tant qu’il demeure productif. Ce qui n’est pas encore le cas en France -grâce aux systèmes de retraites et de sécurité sociale- mais cela commence à se faire sentir). Comment rendre sa juste place au sujet dans un monde en plein occidentalisation ? Après un processus de globalisation qui permettrait d’adapter efficacement l’offre à la demande, y aura t-il une cinétique humaniste qui tendra à rejoindre la point d’équilibre de la trialectique (si on la considère comme la solution à l’épanouissement de l’homme) par rétroaction ? Et quand bien même existerait-elle, cette rétroaction, son inertie ne risquerait-elle pas de nous faire dériver dans le "un peu trop humanisme" ? Sans aucun doute puisque les choses étant en mouvement et que même s’il serait possible de faire tendre arbitrairement les choses vers le point d’équilibre de la trialectique, il serait tout bonnement impossible de le rendre immuable (car les êtres humains ne naissent pas parfait et conscient de l’équilibre à adopter sur les choses, mais se construisent par la somme des erreurs qu’ils commettent pour -justement- ne plus les reproduire...)
Alors quelle démarche adopter ? Prôner le "tout-humanisme", ou du moins faire changer les choses dans ce sens (par la création d’ONG puissante, entre autre) ? A moins que notre conception de "sujet" ne soit erronnée et ne trouve son accomplissement que dans les surplus généré par les productions humaines qui deviennent l’avénement de Soi, et par phénomène de toile, de l’autre ; mais que cet accomplissement dans le temps pose toujours le même corollaire : les inégalités humaines qui lui sont inhèrente ?
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> La trialectique sujet objet projet
(1/1) 14 avril 2005, par fragrance
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