La trialectique sujet objet projet

Les structures de l’expérience et de l’existence humaine
dimanche 18 juillet 2004
par  Roger Nifle
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L’humanité de l’Homme est Sens et par les conSensus se fait expérience et existence. L’expérience du Sens, l’existence individuelle et celle de toute chose dans l’expérience humaine reposent sur les structures de l’expérience du ConSensus. Sujet, objet et projet en sont trois dimensions inséparables, que l’on ne peut définir indépendamment les unes des autres comme on a trop souvent voulu le faire, faisant ainsi exploser la cohérence de l’existence humaine. La trialectique est à l’inverse le "tripalis" du travail de réintégration de l’humain grand oeuvre de l’existence de chacun.

Nous vivons une mutation et beaucoup s’accordent à penser qu’elle implique un changement de rapport au monde, un nouveau paradigme.

Il est vrai que dans tous les domaines les bouleversements actuels préparent une nouvelle ère dont l’une des caractéristiques est un changement de nos façons de comprendre et d’agir. Celles-ci appartiennent à l’édifice de l’histoire et, en particulier pour l’Occident, l’âge de la Raison a prévalu au point que nous ne sommes plus capable d’envisager d’autres façons de voir. Bien des propositions sont faites en référence à des traditions anciennes, à une psychologie des profondeurs, aux dernières avancées des sciences de la matière et de l’univers ou même plus récemment des sciences cognitives et neurobiologiques.

Dans ce contexte, la théorie des Cohérences Humaines offre un éclairage puissant et un outil fondamental : la structure cohérencielle*. En effet, c’est par le recours aux fondements de l’expérience humaine et donc ceux de toute connaissance et de toute action, qu’elle ancre ses propositions et non sur de simples observations empiriques dont on dévoilerait les lois en toute méconnaissance du processus humain de dévoilement (et de voilement).

A partir de son anthropologie fondamentale, elle montre que toute réalité est actualisation de Sens (Sens humain en consensus).

Elle montre que cette "actualisation" est à la fois expérience réalisante et réalité réalisée. Ainsi toute réalité est acte (partagé) de réalisation tant pour la conscience et la connaissance que pour la production et l’action.

Elle montre enfin que la structure de toute réalité est la structure même de l’expérience humaine du Sens partagé. C’est la structure cohérencielle dont le déploiement est celui-la même de l’espace, du temps et de la consistance de toute réalité*.

C’est sur ces bases que se construit la trialectique sujet-objet-projet. Celle-ci se présente comme l’instrument logique à partir duquel toute réalité doit être envisagée tant pour la connaissance que pour l’action.

Le terme de cohérenciel vient de cette idée d’application systématique d’un outil logique qui traduit la cohérence propre à toute chose et qui peut servir à l’analyse pour comprendre comme à la synthèse pour construire, étant la structure même de toute réalisation.



LE COHERENCIEL OU LA TRIALECTIQUE (S.O.P.)
Sujet-Objet-Projet


Nous sommes dans un monde de dualités qui ne cessent de mettre en opposition, en conflit, qui jouent sur des symétries d’exclusion. On verra comment différentes dialectiques participent à la structure trialectique, sujet-objet-projet et comment, isolées, elles sombrent dans ces dualismes mutilants. C’est le drame d’une époque qui a abusé des réductionismes sans s’apercevoir de quelles amputations humaines ils étaient la source.

Un parmi d’autres, l’économie réduisant l’homme à un "agent rationnel", l’entraîne à identifier tout comportement au produit d’un calcul. L’homme devenu calculateur est aveugle à toutes les dimensions qui justifient son existence et la frénésie calculatrice devenue pensée unique et seule règle de légitimité juridico-politique produit de l’exclusion en même temps qu’une incapacité à discerner la question essentielle comme les atteintes criminelles à l’humanité.

Le régime nazi n’a pas été le seul produit d’une volonté de puissance, il n’a été possible que par la complaisance aveugle de tous les "calculateurs" obnubilés par leurs rationalités propres : économique, technique, médicale, industrielle, scientifique et même religieuse quelquefois, auxquels ils ont réduit leur conscience et le champ de leurs actes permettant ainsi à d’autres de perpétrer, grâce à eux, l’abominable.

Une mutation comme celle qui se réalise touche à l’essentiel et met en question de tels phénomènes en même temps qu’elle ouvre des perspectives inattendues pour l’accomplissement humain. La trialectique, sujet-objet-projet, est l’un des outils qui peut contribuer concrètement à cette évolution.


Le cohérenciel que présente cette trialectique est composé de trois vecteurs qui déterminent ensuite trois plans.

Ces trois vecteurs correspondent à trois dimensions de la réalité d’expérience humaine et qui sont repérés par les termes sujet-objet-projet.




Ils sont indissociables et ne peuvent être définis les uns sans les autres. C’est ce que tentent les dualismes mutilants et les monismes négateurs de Sens et donc de l’humain.

Il y a une articulation entre ces trois vecteurs. La trialectique n’est pas symétrique ce qui en fait la source de l’infini diversité de notre monde et de la possible différence entre les hommes et entre les peuples. Elle accomplit le passage entre l’un - principe (Sens) et l’un - union trine.

Le vecteur "projet" est le produit (vectoriel) des vecteurs "sujet" et "objet". C’est donc une "résultante" et, on le verra, c’est le vecteur qui supporte la dimension rationnelle de la réalité.

D’ores et déjà on peut en déduire que la rationalité n’est pas une cause mais l’ordre (second) d’un déploiement et qu’elle n’est que l’une des dimensions de la réalité celle justement qui nous la présente ordonnée, développée, reliée, engagée dans l’espace et dans le temps, un temps d’ailleurs alors irréversible.

Il nous faut mieux définir ces trois vecteurs et leur articulation et montrer leur présence dans nos réalités.

Le vecteur sujet

Il est déterminé par l’expérience du Sens (en l’homme) réalisée en tant qu’intention. L’intention peut prendre mille visages : désir, motivation, propension, volonté, aspiration, direction, orientation, disposition, détermination, force intérieure, etc...

C’est elle qui nous pose comme sujet, c’est-à-dire à la fois :
porteur d’intention
être de Sens (le coeur du sujet)
auteur de réalisations (conscience, action, etc...).

L’expérience que nous avons de cette dimension est l’expérience sub-jective, l’expérience d’un "sous-jacent" en nous-mêmes à notre expérience de la réalité.

Nous en avons l’exercice dans l’intuition qui nous fait pénétrer comme à l’intérieur de la réalité par le biais d’une sorte d’intériorité de nous-même.

Le terme de sujet est souvent utilisé en plusieurs Sens, par exemple du sujet-assujetti, ou bien du sujet identifié à l’être libre et autonome. Dans cette trialectique il s’agit seulement d’une dimension de toute réalité, y compris la réalité individuelle de chacun.

Cependant cette dimension est la traduction du Sens qui, en l’homme, (en son Instance) constitue le "coeur du sujet". Il n’y a pas de sujet sans l’être de Sens qui s’y réalise. Toute réalité réalisée porte cette trace de l’homme, être de Sens, dans cette dimension intentionnelle qui, par exemple, permet seule de nommer. L’acte de nommer est reconnaissance de l’intentionalité subjective qui est une dimension de chaque chose (seul l’homme nomme les choses).

Ce sont cependant toutes les figures de l’intentionalité qui peuvent caractériser cette dimension sujet-subjective et que l’on appréhende par notre subjectivité. Evidemment, l’assimilation subjectivité et arbitraire ne relève que d’une position subjective qui s’ignore. La reconnaître au contraire permet d’en discerner la présence spécifique en toute chose, d’appréhender notre responsabilité en la matière et d’assumer les déterminations qui conviennent dans nos actions. C’est par exemple un rôle majeur des dirigeants et de toute autorité qui doit assumer cette position d’auteur : parent, éducateur, professionnel, etc...

Au passage soulignons l’insuffisance du terme "d’acteur" pour caractériser cette dimension dans sa plénitude telle que le terme d’auteur le permet. A l’inverse il faut aussi mettre en question cette autre acception ou auteur est confondu avec "créateur ex-nihilo".Elle relève d’un monisme subjectiviste, c’est-à-dire de toute façon d’une amputation de la structure trialectique.

Le vecteur objet

Le terme d’ex-sistence est tout à fait approprié à la réalité, réalisée.

La réalité se tient, se présente dans un hors de soi qu’est l’expérience humaine, expression de Sens des Instances humaines personnelles en consensus.

Objet-sujet-projet évoquent ce mouvement ("jet") qui est à la fois événement et avènement.

Dans la structure trialectique les trois dimensions sont co-extensives et l’une ne tient pas sans l’autre, comme pour la longueur et la largeur d’un rectangle par exemple.

La composante sujet marque la dimension d’intériorité, sub-jective, l’en-propre.

La composante objet marque la dimension d’altérité dans toute chose en tant qu’elle se distingue par séparation de son contexte.

Dans un consensus, il y a deux variables, le Sens et les différentes Instances qui y participent.

L’expérience du Consensus est sous cet angle l’expérience qu’il y a de l’Autre, susceptible de dissensus et partie prenante du consensus. Ce qui apparaît à l’expérience sous cette dimension ob-jective reste le plus souvent profondément inconscient. L’objectivation nous fait distinguer, séparer, multiplier les composantes, les acteurs et les facteurs, tout en nous séparant objectivement des choses et des autres.

L’objectivité, souci des sciences notamment, implique un respect de l’altérité des choses qui nous les rend objectives autant qu’elle présuppose un fondement autre que notre propre personne ou notre seule expérience, fondement qui est (au fond) la présence des Autres Instances en consensus.

Cependant si l’objectivisme isole l’objet (confondu à la chose) par abstraction méthodique du sujet, la trialectique montre que la dimension objective est dépendante de la dimension subjective.

Pas de consensus sans Sens, pas d’objectivation sans sujet objectivant, pas d’ob-servation sans intention, pas de con-sidération sans plusieurs êtres. Pas d’objet sans sujet mais aussi pas de sujet sans objet lorsqu’on est dans le champ de la réalité d’expérience. On ne peut en effet reconnaître la dimension subjective sans qu’elle se rapporte à quelque réalité, à propos de quelque chose.

Seulement la dialectique sujet-objet a trop souvent été une source de dualisme, au coeur du cartésianisme et ses avatars par exemple.

Le vecteur projet

Objet et sujet ne sont pas dans un face à face, une opposition pas plus que la longueur et la hauteur d’un immeuble.

Dans la trialectique, sujet-objet-projet, la troisième dimension est le produit des précédentes. Selon cette dimension la réalité déploie son existence spatio-temporelle selon un ordre interne et dans un ordre externe où elle s’inscrit.

La dimension projective de toute réalité en ordonne les objets selon la logique du sujet (l’intention). Cet ordre est à proprement parler rationnel en cela que les parties se rapportent au tout dans un rapport, un ratio qui réalise la réalité dans son historicité et dans sa topologie relative aux autres réalités.

La notion de projet a plusieurs contenus qui sont ici rassemblés dans cette dimension de toute chose : projection d’un sujet intentionnel à propos d’objets inscrits dans un contexte qui s’en trouvent arrangés dans un ordre de marche.

Si le projectif se traduit selon la rationalité que la raison appréhende par projection, le rationalisme fait indûment de cette rationalité la cause de la réalité.

La trialectique, sujet, objet, projet, montre que la raison est seconde et non première. Elle est coextensive avec la réalité selon la dimension projective et en cela elle exprime le Sens dont elle est alors témoin.

La trialectique

L’articulation des trois dimensions est importante et l’on doit considérer que la réalité rationnelle telle qu’une certaine appréhension nous la montre est une dimension projective qui résulte de la conjugaison d’une intentionalité subjective appliquée à des conditions objectives.

Voilà l’utilité première de la trialectique, sujet, objet, projet. En chaque chose, chaque situation, chaque problème, chaque réalité les trois dimensions articulées ainsi l’expliquent et la structurent.

Toute connaissance suppose intention subjective, conditions objectives et en final réalisation projective (rationnelle).

C’est sur la variation du vecteur intention que se différencient les processus épistémologiques, c’est-à-dire en fonction du Sens : position et posture de l’Instance humaine, fondant postulats et paradigmes. Le discernement des Sens offrira une typologie des épistémologies qui d’ailleurs montrera que chacune s’accompagne (sauf une) d’une certaine distorsion de la trialectique sujet, objet, projet, réductioniste par exemple*.

Toute action suppose intention, conditions et enfin réalisation qui en est la résultante. On appliquera cela aux entreprises humaines pour mieux comprendre et agir. Mais c’est bien toute réalité qui en ressortit.

Les réductions dialectiques et monistes

Cet examen va être très utile non seulement pour la critique des différents réductionismes et leurs conséquences, pour la compréhension du monde que nous vivons mais aussi pour l’apport de la trialectique, sujet, objet, projet selon la structure cohérencielle.

1) La dialectique sujet-objet
La pensée bouddhique nous invite à considérer les deux dimensions sujet-objet et un troisième terme qui est leur relation. Dans des courants qui s’y retrouvent, le thème de la relation prend une grande place avec différents contenus, l’entre-deux, l’amour mais aussi ces thèses qui font de ce qui circule "entre" la substance de toute réalité.

Or s’il est pertinent de reconnaître que le champ de la relation est bien celui de la conjugaison des dimensions sujet-objet, leur dialectique dans ce seul champ est réductrice. Elle conduit par exemple à surinvestir cette relation sous le mode affectif, passionnel, é-motionnel et on pourrait dire que l’état d’âme (une âme affective en l’occurence) en est le seul régulateur.

Divers archaïsmes s’y nourrissent (intégrismes, nationalismes mais aussi bien des approches régressives qui justement se méfient de la raison et de l’avenir, des projets et des changements).

Un autre aspect de cette réduction est l’opposition qui en résulte entre sujet et objet, face à face objectivé (objectivation du sujet) ou face à face subjectivé (subjectivation des objets), coupure ou confusion

La trialectique sujet, objet, projet, rappelle que la conjugaison des deux dimensions sujet-objet ne vaut que pour se développer dans le troisième terme du projet. Ce n’est pas l’état relationnel qui importe pour lui-même mais comme soubassement d’un développement ordonné et ce en tout domaine.

A toute cette culture de la dialectique sujet-objet, la trialectique apporte l’ouverture et la justification existentielle.

Il en va ainsi pour toutes les relations humaines, couples, collectivités, et aussi toutes les relations aux choses et au monde qui ne valent que par ce qui en résulte sur le plan des fruits.

En éliminer le troisième terme c’est perdre l’intelligence de l’histoire sinon comme éternel recommencement où à laquelle il faut opposer le combat de la régression, du retour au passé.


La dialectique objet-projet

Elle est fortement présente dans le monde matériel de l’économie, de l’industrie, de la technique et plus généralement des scientismes contemporains.

La dialectique objet-projet se réalise dans le "faire" auquel est réduite l’action, l’entreprendre et la production de toute chose.

La réduction objet-projet ramène la réalité à une dialectique moyens de productions/produits. La symétrie fait du produit un moyen de production et de celui-ci un produit. On voit bien la machinerie circulaire qui s’instaure et on devine toute la pression sinon l’oppression qu’il faut imposer.

Il se trouve qu’un certain cartésianisme s’exonérant des fondements de la pensée de Descartes a rendu objectivité et rationalité, objet et projet quasiment synonymes et, on le comprend, dans cette circularité qui ne peut que s’instaurer puisque tout ce qui se produit dans une quelconque action est toujours transformation des conditions objectives de production. On comprend aussi comment l’aspect machinique des choses et des actions occupe tout le champ du factuel lorsqu’en est évacué le sujet.

Dans la trialectique sujet, objet, projet, le vecteur sujet impose une radicale différence entre projet et objet ce qui relève du but et ce qui relève des conditions. Mais aussi seul le sujet peut introduire cette différence.

Alors le factuel apparaît comme la matérialisation de l’intention, sa concrétisation diraient certains.

Cependant, il faut le tout de la structure trialectique pour ne pas tomber dans la toute puissance intentionnelle qui nie l’objet et par suite l’altérité.

Dans le monde mécaniste qui est le nôtre la trialectique remet l’homme au centre de la réalité et non pas en face ou confondue avec elle. Il n’y a pas de réalité sans Sens et donc sans intention, fusse-t-elle inconsciente.

La dialectique sujet-projet

L’intention engagée sur l’horizon du projet se fait projection imaginaire, mentale. Se déploie alors le plan des représentations qui est le champ de cette dialectique, sujet-projet. Lorsqu’il y a réduction l’intention est assimilée à la raison ou la raison à l’intention et leurs représentations en viennent a être prises pour des causes explicatives. Ainsi les représentations mathématiques sont elles posées comme causes de la réalité, quelquefois elle même réduite aux représentations que l’on en a.

La trialectique rappelle la dimension objective et que celle-ci est expérience de l’altérité. Alors la représentation est rapportée à l’objet en situation. C’est comme cela que le plan des représentations devient pensée, imagination créative, expression d’une volonté par rapport à un objet en vue d’un but réalisé par le projet et non simple réflexion. Les réfléchisseurs ne sont pas des penseurs.

La réduction dialectique sujet-projet est notamment celle des idéalismes, soit à tendances humanistes, soit à tendance rationalistes, faisant du mental le tout de l’expérience.

L’intégration trialectique, sujet-objet-projet, par contre, met en rapport, à la fois, comme consistance de l’existence, expérience réalisée et incarnation du Sens, les plans relationnels, factuels et celui des représentations.




Ces trois plans de la structure cohérencielle se retrouvent dans toute réalité et l’outil trialectique complète son pouvoir analytique et constructif.

Il reste encore à envisager les réductions monistes qui réduisent l’expérience à une seule de ses dimensions.

Le subjectivisme méconnaît objectivité et rationalité. Il assimile la réalité au seul effet intentionnel absolutisant le sujet. C’est le cas de l’individualisme spéculatif qui se veut indépendant, transcendant dans l’immanence et capable de créer le monde sans l’autre ou malgré lui.

L’objectivisme
ne connaît que la multitude des objets pris là comme donnés et dont la combinatoire seule réalise les choses. C’est le principe des pensées matérialistes aux multiples visages mais dont l’atomisme est malgré tout une des figures les plus prégnantes, même quand il se fait probabiliste, ainsi que l’explication de tout par le nombre (ou la comptabilité).

Le projectivisme est aussi rationalisme. Il fait de la structure d’ordre la cause structurale de la réalité, repoussant sujet et objet comme produits de la structure rationnelle. On est là dans un renversement radical entre une raison causale et une raison seconde, servante du Sens et non pas productrice de Sens. Qui a vu que mille bonnes raisons suffisent à donner un Sens, sauf à le révéler ?

De même le processus, le cheminement de tout développement n’est pas la cause du mouvement, de la réalisation mais il en est la forme, la structure, l’ordre et en cela la conduite des projets est encadrement de processus et non pas opération processorale.


LA TRIALECTIQUE sujet-objet-projet
réalisatrice et révélatricedu Sens

Tout Sens en consensus se réalise dans le déploiement de l’expérience humaine selon la structure cohérencielle.

Il est incarné par les trois plans relationnel, factuel et formel (représentations) et indiqué par les vecteurs sujet, objet, projet.

Selon le vecteur sujet , le Sens se réalise en tant qu’intention, désir, motivation, aspiration tout ce qui, du centre de soi ou d’une communauté, se fait source, orientation, force, détermination...

Selon le vecteur objet , le Sens se réalise en sélection d’importance, de significativité qui toujours marquent la présence de l’Autre. Il y a de l’Autre de même Sens et du Sens même en l’autre.

L’objectivité est la reconnaissance de l’autre comme porteur de Sens avec lequel on est engagé en consensus dans une relation qui s’accomplit en projet.

C’est pour cela que l’association des trois dimensions favorise le discernement du Sens. Le projet trace, dans le temps notamment, l’ordre de la raison et ainsi le Sens du consensus. Sujet-objet-projet sont donc trois figures du Sens, trois repères réalisateurs et révélateurs.

L’intégration de la trialectique, sujet-objet-projet, selon la structure cohérencielle est une visée qui renvoie à l’unité du Sens qui, elle, se situe au lieu de l’intégrité des personnes.

Dit autrement, il est essentiel pour l’accomplissement humain que la trialectique sujet-objet-projet soit généralisée.

Les réductionismes monistes et dialectiques portent atteinte à cette intégrité humaine et masquent en quelque sorte le Sens, coeur de l’humain, principe de toute réalité.

Les applications issues de la théorie des Cohérences Humaines justifiant l’emploi de la trialectique, sujet-objet-projet, sont déjà très nombreuses et le lecteur en trouvera de nombreuses illustrations dans les ouvrages et documents existants*.


Commentaires  forum ferme

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jeudi 14 avril 2005 à 01h04 - par  fragrance

Bonsoir, je n’ai pas lu beaucoup de vos articles mais je m’interroge.

Vous décrivez -ou définissez- la trialectique de manière relativement compliqué. Je ne doute pas de la véracité des sens de vos phrases, toutefois je m’interroge sur la démarche de cet article : vous admettez la trialectique comme étant la cause de la rationnalisation de comportements humains subjectifs(dont certains adopterait un comportement objectif...si j’ai bien compris). Quelle est la problèmatique de l’article, si ce n’est de participer à une démarche heuristique ? Tout ce que vous décrivez -heureusement- existe, et tout ce que l’on peut voir autour de nous le montre. Vous dites que les paradigmes occidentaux sont trop centré sur l’objectivisme (cela est vrai, et engendre donc des crises que d’autres paradigmes pourraient combler...je pense ici à la médecine traditionnelle chinoise qui a une utilité empirique -même sur des occidentaux- mais que notre conception "occidentale" ne permet pas d’expliquer, voire d’appréhender)et tend à se figer à une dualité objet-projet, l’industrialisation donc, au détriment du sujet (l’homme-en somme- qu’il faudrait recentrer au milieu des attentions). Néanmoins les choses étant dans une dynamique, il ne pourrait y avoir de solution à la trialectique (puisque la sommes des vecteurs aboutis à une infinité de solutions dont une seule admet l’égalité, ce qui est relativement négligeable.) Les choses sont en mouvement et tendent à rejoindre un point d’équilibre (la somme des vecteurs nulle). A notre époque nous en sommes plutôt à la dualité objet-projet qui donne une cohérence aux rapports inter-humains avec les consèquences géopolitiques que nous lui connaissons : la marche vers la globalisation. Et la question se pose : qu’en est-il du sujet à ce moment là ? Pour l’instant la pensée humaniste ne permet plus de répondre à la logique objet-projet puisqu’objectivement elle n’a que peu d’intêret dans la cinétique de production (si ce n’est préserver le sujet des problèmes de santé tant qu’il demeure productif. Ce qui n’est pas encore le cas en France -grâce aux systèmes de retraites et de sécurité sociale- mais cela commence à se faire sentir). Comment rendre sa juste place au sujet dans un monde en plein occidentalisation ? Après un processus de globalisation qui permettrait d’adapter efficacement l’offre à la demande, y aura t-il une cinétique humaniste qui tendra à rejoindre la point d’équilibre de la trialectique (si on la considère comme la solution à l’épanouissement de l’homme) par rétroaction ? Et quand bien même existerait-elle, cette rétroaction, son inertie ne risquerait-elle pas de nous faire dériver dans le "un peu trop humanisme" ? Sans aucun doute puisque les choses étant en mouvement et que même s’il serait possible de faire tendre arbitrairement les choses vers le point d’équilibre de la trialectique, il serait tout bonnement impossible de le rendre immuable (car les êtres humains ne naissent pas parfait et conscient de l’équilibre à adopter sur les choses, mais se construisent par la somme des erreurs qu’ils commettent pour -justement- ne plus les reproduire...)

Alors quelle démarche adopter ? Prôner le "tout-humanisme", ou du moins faire changer les choses dans ce sens (par la création d’ONG puissante, entre autre) ? A moins que notre conception de "sujet" ne soit erronnée et ne trouve son accomplissement que dans les surplus généré par les productions humaines qui deviennent l’avénement de Soi, et par phénomène de toile, de l’autre ; mais que cet accomplissement dans le temps pose toujours le même corollaire : les inégalités humaines qui lui sont inhèrente ?

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