Un lien étroit relie l’identité et la culture d’un territoire à son développement,
c’est le Sens. Le Sens des valeurs et potentiels, celui de l’image projetée et intériorisée, celui enfin des marches de progrès de la communauté est le même. Lorsqu’il est le fruit d’un discernement c’est le Sens du bien commun qui joue ce rôle et constitue l’axe de cohérence. du devenir commun.
L’identité collective
Tout groupe humain, dès lors que
l’on peut le nommer, est, a été ou sera une communauté
humaine. Organisations, entreprises, associations, cités,
quartiers, villages, pays, régions, nations, continents,
églises, peuples, syndicats, religions, mais aussi groupes
professionnels, groupes d’affinités, groupes de circonstances,
familles, équipes, etc. Tous sont des communautés
humaines même si elles n’ont pas toutes la même importance.
Chaque communauté humaine désignée
a une identité dès que l’on peut s’en faire une
représentation caractéristique qui semble pouvoir
rester "identique à elle-même".
Cependant différents points de vue
aboutissent généralement à différentes
identifications de la même communauté.
En outre certains en auront une représentation
plus ou moins riche, plus ou moins stable, plus ou moins fragile,
plus ou moins consciente aussi. Cela participe de tous les problèmes
d’identité des communautés humaines, les crises,
les excès, les quêtes, les peurs, les abus et aussi
les ambitions, les projets avec le jeu de la mémoire opportune
pour justifier le présent ou espérer l’avenir.
L’identité de la communauté,
c’est aussi ce qui permet aux personnes de "s’y reconnaître",
chacune à sa manière, mais avec un sentiment collectif.
La référence étant, comme on l’a vu très
variable, on aura là une infinité de jeux d’identité.
Cela se complexifie évidemment par le jeu des participations
à plusieurs communautés et à des communautés
de communautés.
L’identité intervient encore dans
les relations avec d’autres communautés ou leurs représentants.
L’idée que l’on se fait des autres et que l’on se fait
de son propre groupe détermine pour beaucoup la nature
de ces relations.
Notre civilisation, nos sociétés
ont beaucoup produit de représentations à propos
d’identités collectives, rarement homogènes, il
est vrai, pour une même communauté. Les moyens modernes
de communication ont multiplié les représentations
qui, à la fois ont pu troubler les identifications mais
aussi les ont enrichi à l’infini.
Le souci de l’identité collective,
pensons aux entreprises, aux nations, aux cités et à
toutes les autres, s’est accru dans des propositions considérables
à tel point qu’on en arrive quelque fois à se demander
s’il y a quelque chose d’autre que les images, les représentations,
l’identification par laquelle on reconnaisse une communauté
humaine.
Les dimensions de l’existence collective
Il faut alors observer que tout groupe
humain existe dans chacune des dimensions de l’expérience
humaine.
Une communauté existe dans des faits,
des usages, des outils, des procédés, des façons
de faire, des productions, des moyens de se nourrir, de s’abriter,
de se transporter, de s’occuper des affaires quotidiennes. Il
faut une attention particulière pour bien voir que tout
est différent d’une communauté à l’autre,
même s’il peut y avoir de très grandes ressemblances.
Une communauté existe dans ses représentations
d’elle-même, des autres, de son monde, de l’univers, etc.
Ce sont les matériaux de ses identifications ;
Elle existe aussi dans ses sensibilités,
ses façons de vivre les choses de la vie, d’éprouver
des affects communs. Il est bien difficile de ressentir ce que
ressent une autre communauté sauf à se retrouver
ensemble dans une communauté commune mais le problème
est simplement déplacé.
Si l’on se confond avec les affects de
son propre groupe, on peut aussi tendre à y assimiler
les autres ou à les exclure.
Toute différence sera alors aperçue
comme menaçante et, au contraire, toute fusion affective
rassurante. Les "appartenances" sont souvent fortement
marquées par cette prégnance (souvent aveugle)
des affects.
Activités, mentalités,
sensibilités, sont ainsi
parties prenantes de l’existence et de l’expérience particulière
de chaque groupe ou communauté humaine.
Il faut encore compléter cela par
trois dimensions :
- L’ensemble des acteurs et des facteurs
distinctifs de la communauté (son univers).
- L’histoire avec ses péripéties
et ses cheminements.
- Les aspirations valeurs ou autres tendances
qui orientent ses engagements et en personnalisent le caractère
unique, original, que l’identité tente de saisir.
La culture collective
Tout cela c’est la culture ou du moins
les expressions de la culture de la communauté. Tous les
aspects de son existence lui sont propre et forment une culture
particulière.
Cette culture a sa cohérence et
aussi ses contradictions, sa permanence et aussi ses changements,
sa continuité et aussi ses mutations, son unité
et sa multiplicité.
Il est toujours vain de vouloir saisir
le tout d’une culture puisque c’est indéfini et que cela
change tout le temps malgré des constances.
Ce qui est l’expression d’une culture n’est
que la forme qu’elle prend ou le contenu de son expérience
collective. Ce qu’est au fond la culture, ce qui est le propre
d’une communauté ce n’est pas ce qui la représente
ou qu’elle expérimente. Ce qu’elle est, c’est ce qu’il
y a de spécifiquement humain dans l’homme et qui est mis
en partage dans toute communauté humaine, le Sens.
Chaque communauté humaine est déterminée
par les Sens partagés en ConSensus multiples mais formant
un ensemble cohérent qui lui est propre.
Cet ensemble de Sens, c ’est l’esprit de
la culture, l’âme de la communauté, ce qui l’anime
et l’inspire, l’oriente et l’engage.
Chaque culture dispose comme cela de plusieurs
Sens pour le pire et le meilleur.
Or chaque culture dispose aussi d’un meilleur
Sens qui est tel que lorsque ce Sens est cultivé, la communauté
progresse vers une plus grande humanité, une plus grande
conscience et maîtrise humaine. Elle cultive alors des
valeurs qui lui sont propres et développe un "bien
commun" jusques et y compris dans ses relations avec d’autres
communautés. Ce Sens est celui de sa vocation.
La vocation collective
Le plus grand bien proviendrait du choix
systématique pour chaque groupe humain de cultiver sa
vocation, pour lui même et dans ses relations aux autres.
On peut montrer que les deux vont ensemble
et même qu’en assumant son génie propre, sa vocation
culturelle originale, elle contribue à la reconnaissance
universelle de l’humanité des hommes et de l’humanité
en l’homme.
Le développement collectif
Mais cultiver le Sens de sa vocation culturelle,
c’est pour une communauté humaine se développer.
Non pas forcément sur le plan quantitatif mais sur le
plan qualitatif.
C’est développer ses qualités
propres, qualités des hommes, qualités de la vie,
qualité des réalisations, qualités d’humanité
spécifiques.
Ce développement est bien celui
de son existence, il est celui de la qualité des affects
(qu’est ce que le bonheur sinon un sentiment de bien être),
celui de la qualité des choses, des pratiques, des productions,
des biens matériels, celui aussi de la qualité
des représentations, connaissances, conscience, identification.
Le développement dans ce Sens est
aussi un enrichissement des facteurs et des acteurs. Il est le
choix de valeurs et d’une aspiration : accomplir sa vocation propre.
Il est enfin une avancée dans l’histoire selon une voie
de progrès, progrès veut dire aussi bien marche
en avant qu’amélioration.
Alors que faire pour favoriser cette perspective,
cette conception à la fois réaliste parce qu’elle
n’ignore pas les autres voies et la possibilité toujours
présente du pire et pragmatique parce qu’elle est solution
à bien des problèmes et à bien des ambitions
légitimes de progrès.
Gérer le pire ou se contenter de
complaisances bien limitées ne sont pas la meilleure des
choses à faire.
Engager résolument le meilleur est
évidemment le plus raisonnable, le plus efficace et les
plus courageux.
Cela va sans angélisme ou refus
des difficultés mais pourquoi ne pas accepter le meilleur
que chaque groupe humain cherche à se développer
selon sa vocation propre, reconnaisse les autres pour son potentiel
et concoure avec certains groupes humains à former des
communautés de développement ou elle apporte un
concours singulier.
La démarche
Pour cela, comment s’y prendre :
- Discerner le meilleur Sens de la culture,
sa vocation qui sera la voie de son développement.
C’est ce que permettent les méthodes
d’analyse figurative et d’analyse de cohérences.
- Faire de ce Sens l’axe de cohérence
logique et dynamique de ses projets et faire en sorte qu’il soit
porté par ceux qui dirigent, orientent, inspirent la communauté.
- Construire les projections et projets
qui tracent les modalités de développement et les
voies de l’avenir.
- Y concentrer ses ressources et
se doter des moyens de régulation, de contrôle et
de pilotage.
Telles sont les propositions que la théorie
et les méthodes des Cohérences Humaines présentent
à ceux qui ont quelque responsabilité dans le destin
des groupes humains.