La valeur dans une entreprise se niche dans toutes les questions. Produire de la valeur n’est-il pas sa finalité ? Le faire dans toutes ses activités, ses méthodes, son organisation peut-il être évité ? Partager de la valeur sur le plan interne et externe y-a-t-il une meilleure définition de son exigence et de ses conditions d’existence ?
Le module de présentation de la Méthode des Référentiels de Valeurs Partagés est en ligne MRVP
Dans un contexte de mutation généralisé,
les cadres qui faisaient la stabilité des entreprises,
des organisations et de leur management sont tous ébranlés.
Des évolutions de plus en plus rapides du contexte économique,
des mentalités, des ressources technologiques, des modèles
de management et des conditions d’existence et de prospérité
suscitent des attitudes diverses et une certaine perplexité
chez les dirigeants et les cadres dirigeants.
Certains vont rétrécir le
champ d’incertitude en se focalisant sur le quantitatif d’une
gestion serrée et court termiste au pris de l’obscurcissement
des horizons. D’autres vont tenter de surfer sur la croyance dans
les idées et les postures à la mode.
D’autres enfin vont essayer de se recentrer
sur l’essentiel, la valeur, la raison d’être de l’entreprise
et celle de toute participation, contribution ou intérêt
à l’activité de l’entreprise.
La valeur c’est évidemment le champ
de l’économique, produire de la valeur, échanger
des valeurs, répondre aux attentes de valeurs.
La valeur, c’est aussi ce qui détermine
les motivations et par suite les relations dans et autour de l’entreprise.
personnel, partenaires, actionnaires, hiérarchies et rôles,
clients, intermédiaires, prestataires...
La valeur, c’est ce qui situe et justifie
l’entreprise dans son environnement territorial, politique, culturel,
commercial, social, local et mondialisé et la rend lisible,
attractive, compétitive.
La valeur c’est, bien sûr, le professionnalisme,
la compétence, le niveau de maîtrise des hommes et
des organisations ;
La valeur, enfin c’est le critère
de toute évaluation, de toute décision, de toute
orientation et enfin de toute activité de direction.
Qui ne verrait alors la difficulté
: la notion de valeur est floue, éclatée. Relève-t-elle
du sentiment, du subjectif, de l’éthique, des idéaux ?
auquel cas elle apparaît comme non maîtrisable, hors
du champ organisé de la performance et de l’efficacité.
Ou bien elle est objectivée par le quantitatif des méthodes
de gestion et elle semble perdre du même coup son sel, son
Sens, son humanité. Il y a là une carence conceptuelle
et méthodologique des sciences et philosophies de la valeur
qui n’ont pas permis de construire un corps de doctrine éclairant
et opérationnel pour fonder un "management par la
valeur" cohérent et efficace. C’est à ce manque
que répond l’Humanisme Méthodologique.
Appuyé sur un humanisme radical,
il recentre les affaires humaines sur leur soubassement d’humanité.
Apparaît alors que les questions de Sens sont la clé
de toutes les réalités et de toute actions humaines.
Apparaît aussi que diriger, c’est donner le Sens, que toute
relation est partage de Sens, que toute réalisation est
la concrétisation d’un Sens et enfin que la valeur est
ce qui qualifie, ce qui va dans un Sens donné et partagé.
L’Humanisme Méthodologique propose
ainsi une "ingénierie" du Sens et de la valeur
qui permet à la fois de fonder la problématique
centrale de la valeur dans ses racines d’humanité et à
la fois de développer toute une intelligence et un savoir
faire de la maîtrise de la valeur pour les responsables
et dirigeants.
C’est ce qui va être montré ici.
1) SENS ET VALEURS
Le Sens, notion banalisée ces dernières
années, est souvent resté sans fondement conceptuel
et par conséquent pratique.
L’Humanisme Méthodologique apporte
en premier lieu une réponse à cette carence. On
en donnera tout d’abord un rapide aperçu.
Un Sens (écrit avec un S majuscule)
est une disposition orientée de la personne humaine.
Positionnée dans un Sens donné
la personne regarde et voit le monde d’une certaine manière
et lui donne une cohérence. D’autres, positionnés
dans d’autres Sens, voient les choses autrement, dans une toute
autre cohérence. Le mal entendu ou dissensus est alors
évident, source de la plupart des désaccords.
Au contraire, partager le même Sens,
conSensus, renforce la vision commune et sa cohérence et
permet alors des échanges, des rapports, des relations
qui à chaque fois renforcent et confirment le consensus.
Le Sens est donc aussi une question d’orientation,
de direction, de positionnement qui engage une certaine vision
des choses, une logique, une rationalité que l’on peut
partager. Collaborateurs, clients, partenaires sont appelés
à partager le même Sens.
Voilà une clé de la fonction de direction, donner
le Sens pour former un consensus d’entreprise, un consensus de
projet, un consensus d’affaire, un consensus commercial, etc.
La cohérence de l’entreprise, la cohésion des équipes
sont déterminés par ce consensus et donc le Sens
donné.
Seulement tous les Sens humains ne se valent
pas. L’homme porte en lui les meilleurs et les pires. Chaque Sens
est pour celui qui y est disposé une justification de ce
a quoi il aspire, une échelle d’appréciation de
niveaux d’intérêts, un vecteur de motivation.
Chaque Sens supporte donc un système
de valeur. Tel sera celui d’une volonté de puissance, tel
autre sera engagé dans un idéal rationaliste, tel
autre encore ne verra que rouages et fonctionnements, équilibres
et équations. D’autres enfin chercheront tout ce qui grandit
l’homme, l’humanise le fait progresser, l’enrichit, le sert. Là
est posé le problème des valeurs et sa première
difficulté, autant de systèmes de valeurs et donc
d’évaluation que de Sens humains.
La solution est difficile. Elle est liée
à la nature humaine et son devenir. L’homme est un être
destiné à s’accomplir et pour cela prendre conscience
de son humanité (c’est un être de Sens), découvrir
sa liberté (liberté de Sens), par un certain type
de conscience (discernement des Sens) pour assumer sa responsabilité
(répondre du Sens dans le quel on s’engage et on engage
les autres) et sa détermination (autorité de "direction").
Il y a donc parmi les échelles de
valeur l’une qui détermine l’accomplissement humain, le
bien de l’homme.
Choisir ce Sens autant que possible, c’est
se donner une échelle de valeur, des critères de
valeur qui visent le bien de l’homme et donc qui le servent. La
notion de "biens" et "services", si importante
en économie et pour les entreprises, trouve là un
nouveau fondement dans les valeurs.
Voilà liés Sens et valeurs
mais aussi "services" par une clé fondamentale
de l’humanité. Nous tenons les principes théoriques
qui manquaient à la fois à la notion de valeur mais
aussi pour faire le lien entre valeur et efficacité, éthique
et rationalité, direction et motivation. Ce lien c’est
le Sens, principe de toute cohérence.
Reste donc, une fois cette porte ouverte
par l’Humanisme Méthodologique, entrer dans les conséquences
opérationnelles pour les entreprises et leurs dirigeants.
Tout est à réenvisager avec ce nouveau paradigme.
De nouveaux modèles, de nouvelles références,
de nouvelles méthodes sont à découvrir qui
vont réajuster le Sens des anciennes conceptions y redécouvrir
des richesses ou des conceptions erronées.
Il reste évidemment à choisir
dans quel Sens travailler, dans quel Sens comprendre et agir,
quelles valeurs, quelles motivations, quelles solutions vont avec.
Ici c’est dans le Sens du bien de l’homme que nous allons travailler,
celui qui nous permet de découvrir le paysage humain de
toute entreprise et la nature humaine de ses problèmes
et ses méthodes. Sans surprise lorsque l’on se dispose
dans ce Sens alors on voit l’homme au centre des affaires humaines
et on voit comment toute conception qui se focalise sur des critères
non anthropologiques ne sert pas le bien de l’homme et l’engage
toujours dans un autre Sens.
2) VALEURS ET SERVICES
Vaut ce qui sert et sert ce qui concoure
au bien de celui à qui le service est dédié.
La nouveauté c’est que des valeurs soient le véritable
critère du bien et du service.
On voit bien alors que les valeurs d’une entreprise, transmises
dans son offre de biens et services, doivent rejoindre les valeurs
de ses clients et son marché, leurs attentes, et réaliser
ainsi l’échange de valeurs que l’acte commercial marquera.
Cependant l’attention en vient à
se focaliser sur ces fameuses valeurs. Peut-on les appréhender
et construire alors une activité de services, une organisation,
autour de valeurs identifiées ? Un échange commercial
opérationnel ?
Il faut pour cela répondre à
quelques questions.
Qu’est-ce que les valeurs ? Notion confuse
s’il en est. L’Humanisme Méthodologique donne quelques
repères pour savoir de quoi en parle.
1) Les valeurs ne sont pas des images pieuses
auxquelles se conformer en adoptant des postures avantageuses.
Ce sont au contraire des repères, des indicateurs qui marquent
le Sens du bien, commun à ceux qui sont appelés
à s’y référer. Les valeurs sont donc des
indicateurs ad hoc et pas des formules toutes faites, des normes
de comportement ou d’action à priori.
Il faut, bien sûr, élucider le Sens du bien commun
(affaire de direction notamment) et ensuite trouver le langage,
les signes, les modèles appropriés pour la communauté
de valeurs qui va les utiliser.
2) Les valeurs sont toujours la marque d’un
engagement dans le Sens du bien partagé par une communauté
(de Sens, d’intérêt, d’échanges) et non celle
d’une exonération de l’implication dans le bien commun.
Les "valeurs individualistes" conduisent à des
rapports de servitude et non de service. Ce dernier réclame
la possibilité de s’entendre sur des valeurs communes et
donc un Sens partagé du bien commun.
On a là l’opposition entre un courant
qui met en avant les valeurs et leur partage et un courant consumériste
où le "client roi" imposerait des valeurs arbitraires
obligeant les entreprises à s’y aliéner dans une
relation où n’existe plus aucun respect mutuel (le commerce
des valeurs s’oppose à un commerce des voleurs).
Les valeurs sont donc des repères, des expressions, des
modèles, des références qui appartiennent
à une communauté et qui sont significatifs du Sens
du bien commun. Pas de valeurs sans communauté identifiée
et un Sens du bien commun élucidé.
Sachant que toute entreprise est à
la croisée de plusieurs communautés, cela pose des
problèmes théoriques et pratiques qu’il faut résoudre.
C’est ce que fait l’Humanisme Méthodologique ;
Qu’est-ce qui a de la valeur pour l’entreprise ?
Cette question est redoutable parce que
l’on s’aperçoit que tout est concerné dans l’entreprise
et par conséquent tout doit être réévalué
en fonction de ce critère. Si on ne le fait pas on se trouve
en présence de systèmes de valeurs éclatés,
incohérents, sources de malentendus, de démotivation
et de gaspillages considérables. Ne parlons pas du non
entendement avec les clients dont on ne s’est pas soucié
de comprendre les valeurs en rapport avec le service (et les biens)
qu’on leur propose.
Toute entreprise vise à produire des biens ou services
de valeur. Ce sont donc les véhicules de valeurs qui sont
d’une part celles de l’entreprise et d’autre part celles attendues
par les clients.
Les valeurs de l’entreprise ce ne sont pas
de belles images mais ce que vaut l’entreprise. Ce qu’elle vaut
tient à la communauté professionnelle et sa maîtrise.
Cela renvoie à la valeur de sa direction, son management,
ses hommes et tout le capital de compétences spécifique,
original qu’elle cultive.
Évidemment les ressources financières
et matérielles participent à la valeur de l’entreprise
et d’une façon inattendue quelque fois.
Sait-on que "finance" vient de
foi donc de confiance et que "crédit" suppose
crédibilité. Ce sont donc des valeurs immatérielles
qui sont comptabilisées, prises en compte.
Les valeurs de l’entreprise sont aussi ses
partenariats, ses méthodes et aussi en définitive
ses clients.
Encore faut-il que toutes ces valeurs soit
cohérentes, soit évaluables sur la même échelle
de valeur. Cela nous amène donc directement à la
question suivantes :
Que sont les valeurs spécifiques
d’une entreprise ?
Comme toute communauté humaine, elle
doit être conçue comme une communauté engagée
dans un certain Sens.
L’anthropologie de l’Humanisme Méthodologique
montre qu’en fait c’est tout un ensemble de Sens qui fonde l’entreprise
comme toute communauté humaine.
C’est pour cela qu’elle doit choisir son "meilleur Sens",
celui de sa vocation.
C’est ce Sens, avec le conSensus partagé par ’l’entreprise
selon l’orientation donnée par sa direction, qui est aussi
celui du "bien commun" de l’entreprise. Ce Sens c’est
celui qui va être véhiculé par ses produits
et services et donc devra trouver écho chez ses clients
ce qui définit le champ d’un consensus sur le Sens d’un
"bien commun".
Les valeurs sont des traductions dans ce Sens là tant pour
identifier et qualifier ce qui vaut relativement à ce Sens
du bien commun que pour mesurer le niveau de valeur (qualitatif
et quantitatif).
De ce fait chaque entreprise, toujours dotée
d’une vocation propre, possède un Sens qui s’exprime de
multiples façons qui sont les valeurs de l’entreprise.
Par exemple une "valeur" de l’entreprise
peut être le fondateur qui lui a donné son Sens,
original. Ce peut être tel savoir faire, telle réalisation,
telle identification, telle motivation, telle produit ou service,
tel marché, telle notoriété, tel crédit,
telle vitalité, telle créativité. Chaque
fois la valeur est qualifiée par le Sens propre en question.
On voit bien que c’est une clé de la question des valeurs.
Comment évaluer ? c’est-à-dire identifier et mesurer la valeur
de quelque chose, d’un travail, d’une compétence, d’une
équipe, d’un procédé, etc...
Tout d’abord il faut bien admettre que ce
qui vaut dans le contexte d’un conSensus, selon le Sens du bien
commun, tient sa valeur de sa contribution, de son concours au
bien commun, partagé donc par tous ceux qui y participent
(sinon il n’y aurait pas de valeur commune). Par contre ce qui
n’y concoure pas, soit parce que cela en diverge, soit parce que
cela appartient à une toute autre communauté de
Sens, n’a pas de valeur pour la première. Ainsi la valeur
est toujours relative et jamais un absolu. L’évaluation
dépend donc du Sens du bien commun de la communauté
qui détermine un système de valeur, une échelle
de valeur.
L’évaluation passe par une première
opération, celle de la pertinence. Elucider le Sens du
bien commun, discerner le concours de ce que l’on veut évaluer
avec ce Sens est la condition première. Différentes
méthodes proposées par l’Humanisme Méthodologique
ou des pratiques empiriques communes peuvent y contribuer.
Evaluer c’est ensuite considérer
quelle part prend la chose évaluée avec le développement
commun. Est-elle en cohérence avec ce développement
et est elle cohérente en elle-même ? Une chose, évaluée
comme pertinente, peut arriver à contre temps ou encore
s’avérer inemployable. Sa valeur contributive en sera évidemment
affectée. Pensons par exemple à un travail pertinent
mais qui ne s’intègre pas à l’action collective.
Il s’en trouve dévalué.
Enfin la mesure dans l’évaluation
est toujours une mesure de contribution (potentielle ou réalisée)
au Sens du bien commun, c’est donc une mesure de "performance".
L’évaluation quantitative ne représente
jamais un état mais une mesure de performance possible
ou réalisée.
Pensons à l’évaluation d’une
entreprise, d’une équipe, d’un produit, d’une méthode,
d’une organisation... La mesure de la valeur tient de la performance
possible ou réalisée. La qualification de la valeur
est liée à la part contributive prise (cohérence)
au développement du bien commun (à quoi cela sert-il).
La valeur elle même n’existe que par la pertinence avec
le Sens du bien commun (dans une communauté donnée).
On voit bien que la proposition de l’Humanisme
Méthodologique établit une conception cohérente
de la nature de la valeur et de la pratique de l’évaluation.
On peut souligner que la confusion en matière d’évaluation
vient le plus souvent de confusions sur le Sens même de
la notion de valeur, sur le Sens qui sert de référence
au bien commun dans une communauté de Sens. S’y rajoute
il est vrai la multiplicité des "communautés
de valeurs" qui oblige à n’évaluer qu’après
avoir posé la question de savoir dans quelle communauté
la question doit être posée et traitée.
Le service et les valeurs
La notion de service peut prendre différents
Sens. On notera l’opposition entre logique de servitude et exercice
d’une maîtrise (professionnelle) qui fait du service soit
l’exercice d’un magistère, d’une maîtrise, soit une
servilité. Une autre opposition focalise l’idée
de service d’un côté sur une pratique qui ne tient
pas compte de la personne "servie" ou, à l’inverse
sur une pratique qui aide une personne à mieux maîtriser
son problème ou sa situation. Dans le premier cas le "client",
anonyme est rendu dépendant (il ne peut rien), dans le
second cas le client progresse dans la maîtrise de ses affaires.
C’est là que se retrouve la notion
de valeur, ce qui vaut pour le client est ce qui concoure à
son bien dans le contexte de communauté où il est
possible de repérer un "bien commun" (Nous sommes
loin de l’idée de réponse à des besoins ou
même à une demande indépendamment des questions
de valeur qui y sont attachées). C’est donc toute la problématique
des valeurs (humaines) qui est enjeu dans les notions de biens
et de services.
Ce qui sert est toujours pour le "client"
un moyen de progression. Ce qui qualifie le service, c’est l’aide
à la progression.
Dans un certain registre on pourrait dire
que le service est pédagogique, éducatif même
s’il passe par des moyens matériels. A quoi sert un outil
sans le savoir faire ? Le service apporté par quelqu’un
qui fournit l’outil ne peut ignorer cela et il s’évalue
à la contribution effective, à la capacité
d’usage du client. On peut considérer ainsi que tout produit
vaut par le service auquel il contribue et que c’est le service
qui est à considérer pour pouvoir l’évaluer.
On a trop souvent pensé que le "service après
vente" ne consistait qu’à assurer une maintenance
du produit alors que c’est l’usage pertinent pour le client qui
doit en être le critère.
Ainsi on qualifie un service par le concours
à un bien commun. Inversement toute relation, toute participation
à un bien commun est une relation de service.
Il faut noter que le service n’est jamais uniquement enfermé
dans un face à face mais qu’il est toujours inscrit dans
le contexte d’une communauté de Sens et de valeurs qui
permet à l’échange d’être évalué
ainsi que de trouver sa valeur. Inversement un service qui ignorerait
le bénéfice des personnes et le concours particulier
apporté à chacune ne peut prétendre à
la qualification de service et singulièrement de service
public.
C’est le découplage service - valeur
qui est la source de tous les malentendu de même que le
découplage Sens - valeur.
3) LE MARKETING DES VALEURS
Les considérations précédentes
amènent l’Humanisme Méthodologique à proposer
une conception du marketing que l’on peut appeler marketing des
valeurs.
Il repose sur quelques principes :
1) Le lien entre client, marché,
entreprise, produits, services est un lien de Sens exprimé
en termes de valeurs. La transmission et l’échange de valeurs
en sont l’objet essentiel.
2) Il ne peut y avoir d’échange de
valeurs qu’au sein d’une communauté de valeurs donc de
Sens (une conception des marchés). Ainsi le client comme
l’entreprise sont inscrit dans une communauté dont le Sens
du bien commun fait référence comme support de toutes
valeurs.
3) Tout produit ou service est un véhicule
de Sens et de valeurs, celles de l’entreprise (offre), celles
du client (attentes) et celles de leur communauté d’appartenance.
il en est une sorte d’incarnation, de traduction, de matérialisation.
Leur conception doit reposer sur ce principe ;
4) Le marketing, avec tous les volets qui
y sont attachés, positionnement, communication, distribution,
prix, commercialisation, stratégies, etc. est lui même
une pratique de médiation du Sens et des valeurs. On parlera
alors :
de positionnement sur les valeur,
de communication des valeurs,
de commerce de valeurs,
d’échange de valeurs
de stratégie des valeurs....
5) Le principe de cohérence, inhérent
à toute pratique du marketing, repose sur la pertinence
de Sens, préalable, et qui est indispensable.
En même temps la cohérence
d’une stratégie marketing s’étend aussi bien du
côté de l’entreprise, ses valeurs, son management,
ses compétences, son offre que du côté du
client, usages, culture, participation à la cité.
Le Sens fait le lien, lien de conSensus que le marketing des valeurs
cherche à établir. Le marketing des valeurs est
ainsi une des fonctions stratégiques majeures de l’entreprise
dont la maîtrise est un indicateur de son niveau de professionnalisme.
4) LE MANAGEMENT DES VALEURS HUMAINES
La notion de valeurs humaines est délicate
lorsque l’on veut l’appliquer à une personne. Il faut lui
donner une utilisation relative et non absolue. On ne peut dire
la valeur intrinsèque d’une personne, elle est celle de
tout humain. Par contre on peut envisager la valeur d’une action,
d’un rôle lorsqu’il sont contribution à une traduction
du bien commun.
La valeur d’une personne est donc déjà
à relativiser à telle communauté de Sens
(de valeur) et sa pertinence se réfère au Sens du
bien commun.
Tel diplômé doté de
connaissances et de savoir faire éminents ne trouve sa
valeur dans une communauté qu’autant qu’il concoure au
Sens du bien commun. Toute évaluation intrinsèque
de cette valeur est erreur ou imposture. Elle doit toujours être
relative à une communauté fusse-t-elle la communauté
humaine.
Ensuite la valeur de quelqu’un ne peut être
qualifiée, c’est-à-dire identifiée qu’en
référence à un projet commun par rapport
auquel peut se spécifier le type de concourance apporté
par la personne et sa cohérence avec le projet où
il travaille. Seul dans son coin sans se soucier de l’organisation
de l’équipe il sort des possibilités d’évaluation
de la concourance à cette équipe. On voit bien que
toute une architecture des concourances va permettre de qualifier
les valeurs humaines selon leurs spécifications dans l’organisation.
Par ailleurs, la mesure de la valeur dépend
de la performance qui est aussi une notion relative à un
enjeu commun (ne serait-ce qu’un échange). La mesure de
la valeur est proportionnelle à la part contributive à
la valeur commune (au résultat).
Or tout cela dépend pour la personne de sa capacité
de maîtrise donc de service déterminant sa faculté
de concourance.
Cette rapide analyse débouche sur
de nombreuses applications de l’Humanisme Méthodologique
au management des valeurs humaines.
Cohésion de l’entreprise. Elle doit se faire par conSensus, c’est-à-dire
partage d’un Sens, celui du bien commun. Il y a lieu bien sûr
de l’élucider et de poser l’acte de direction fondamental
qui est de dire le Sens, d’y mettre toute sa détermination.
Cela ne suffit pas. Si ce Sens n’est pas "projeté",
c’est-à-dire traduit en projet, il n’y a pas de possibilité
d’identification de valeurs propres qui fassent référence.
Ces valeurs ne sont rien d’autres que les enjeux du projet. Réussir
ceci ou cela dès lors que c’est une traduction pertinente
du Sens du bien commun devient une valeur de référence.
Bien sur ces valeurs se déclinent de toutes sortes de manières
avec les projets et sous projets des uns et des autres. Constituer
le système de valeur de l’entreprise par l’architecturation
de ses projets concourants au projet général de
l’entreprise est une activité constante du management des
valeurs humaines
Organisation et structures de concourance. L’architecture de projet se traduit naturellement
par une architecture de concourances, une structuration des concours,
des activités, des compétences au niveau des équipes
et celle des individus qui les constituent. Les structures de
l’entreprise sont bien des architectures de valeurs humaines dont
on voit qu’elles intègrent les valeurs personnelles, les
valeurs d’équipes, dans un système de valeurs d’entreprise
constitué par l’architecture perpétuellement renouvelée
de son projet. On notera que les valeurs personnelles, les valeurs
d’équipes, les valeurs de l’entreprise trouvent là
les principes de leur structuration.
Hiérarchie des valeurs et niveaux
de maîtrise. Si la valeur
humaine dépend de la contribution à une uvre ou
une activité collective on peut poser la question d’une
hiérarchie de valeurs. Or cela rejoint la hiérarchie
de l’encadrement dans une structure de projet, cette hiérarchie
doit être fonction du niveau de maîtrise sollicité.
Ce niveau de maîtrise mobilisé est relatif à
une situation, une problématique, un enjeu. Il n’est pas
universel. L’humanisme Méthodologique montre que l’on peut
différencier quatre niveaux de maîtrise, niveaux
de valeurs.
Le niveau 0 impulsif, réactionnel
Le niveau 1 opérationnel, factuel
Le niveau 2 relationnel, conceptuel
Le niveau 3 relationnel, responsable
Toute équipe doit rassembler tous ces niveaux en son sein
ou avec des ressources extérieures. C’est vrai aussi pour
une entreprise dont le niveau de maîtrise est à considérer.
Toute incohérence (et c’est fréquent) dans cette
hiérarchisation des rôles et des valeurs est source
de graves dysfonctionnements ou bien marque de grandes ambiguïtés
de direction.
Niveau de qualification et de compétences. La hiérarchie des valeurs et des niveaux
de maîtrise en rapport avec la structure de l’entreprise
et son architecture de projets incite à identifier et qualifier
les valeurs humaines et d’équipes.
Les notions de métier, de compétences individuelles
et collectives, de nature et de niveau de qualification en sont
l’expression. Un métier ne doit pas s’évaluer par
une technicité mais par un type et un niveau de service
donc de valeurs dans un contexte donné. Toute la question
de la formation individuelle et collective vient là comme
moyen de faire progresser les valeurs humaines de l’entreprise.
On notera que l’Humanisme Méthodologique propose l’approche
macro pédagogique comme moyen de faire progresser de façon
différenciée les valeurs humaines collectives impliquées
dans une entreprise. Cela rétablit le lien qu’il y a entre
valeurs personnelles et contexte collectif de référence
au bien commun, trop souvent perdu de vue.
L’évaluation du personnel, des
équipes et du niveau de maîtrise de l’entreprise. Il n’échappera maintenant à personne
que sans échelle de valeur, sans architecture des valeurs,
de projets, des hommes et des équipes, il n’y a pas d’évaluation
possible (sauf à sacrifier à quelque simulacre déplaisant).
A contrario on voit bien que toute évaluation resitue chacun
dans un contexte lui même à évaluer ; L’évaluation
du personnel est indissociable de celle des équipes et
de projets. Il est maintenant possible de penser que l’évaluation
est un des moyens majeurs du management de ses valeurs humaines
au niveau de chacun et de tous. Cette évaluation qui réclame
tout un processus permanent fait partie intégrante de l’activité
de management des valeurs humaines qui est intrinsèque
à toute fonction de responsabilité, même de
soi-même. L’évaluation, c’est un acte de management
au quotidien. Elle débouche aussi sur une logique de qualification
et donc de formation d’un côté mais aussi ne l’oublions
pas sur des logiques de rémunération de l’autre.
Valeurs et rémunérations.
On devrait considérer la hiérarchisation des quatre
niveaux de valeur et de maîtrise :
la rémunération de la présence, participation
au corps social sorte d’allocation de ressource,
la rémunération de la production à la mesure
des valeurs produites qualitatives et quantitatives,
la rémunération de l’encadrement répartition
des fonctions de représentation de la structure, gage ou
salaire, participation à la cohérence de l’entreprise,
la rémunération des responsabilités (cadres,
dirigeants, initiatives... qui touche à la répartition
du capital. Ces pistes peu conceptualisées, permettent
de résoudre bien des malentendus et de sortir d’un modèle
uniforme de plus en plus inapproprié et dommageable. En
effet, la rémunération est une confirmation de la
valeur et à ce titre elle peut contribuer à bâtir
ou à détruire une structure de valeurs humaines
et la place de chacun.
Valeur et virtualités humaines,
te temps du virtuel
On s’étonnera de trouver ce dernier terme dans le chapitre
du management des valeurs humaines. Or l’Humanisme Méthodologique
met en évidence que le véritable enjeu de la mutation
qui se prépare avec notamment les développement
d’internet, c’est une mutation de la façon de concevoir
et de réaliser les structures et entreprises humaines.
Le ciment, le moteur, le vecteur, le levier de toute entreprise
ce sont les virtualités humaines. Au fond c’est le Sens
de bien commun dans des communautés de Sens (communautés
virtuelles) et se sont pratiquement les valeurs humaines qui constituent
les matériaux et l’architecture de toute activité,
de toute participation à une activité. C’est là
la révolution qui se dessine. Le management des valeurs
humaines est un "télé management" ou management
par le Sens. C’est ce qui fait lien à distance, la gestion
des proximités (humaines) à distance (physique).
Ce qui se construit, s’échange, s’enrichit,
se développe dans le virtuel se sont les valeurs humaines
(ce n’est pas un hasard si ces termes ont même racine étymologique
Wir : valeur, vertu, virtuel...). L’Humanisme Méthodologique
annonce que le terrain de déploiement et la clé
du management des valeurs humaines c’est l’âge du virtuel
qui commence et qui bouleversera toutes les entreprises, les métiers,
les services, les activités.
Ce tour d’horizon de quelques aspects du
management des valeurs humaines peut être complété
par les réponses nouvelles apportées à différents
problèmes, le recrutement, l’évolution de carrière,
les vocations personnelles, la conduite du changement, les politiques
qualité, les rapprochement d’entreprises, la cohérence
des différents acteurs de l’entreprise, etc...
Le lecteur devinera que les valeurs humaines
sont les clés et les leviers de nouvelles approches qui
exigent, on s’en doute, plus qu’une idéalisation sentimentale
mais des conceptions théoriques et méthodologiques
à la mesure de la complexité des phénomènes
humains en jeu. C’est l’apport sans équivalent de l’Humanisme
Méthodologique, son anthropologie fondamentale et l’ingénierie
des cohérences humaines qu’il propose.
5) VALEURS, PROSPECTIVES, PROJETS, PROCESSUS,
STRATEGIES
A l’âge du faire, âge primaire,
la conception de l’entreprise, de toute activité est centrée
sur l’action factuelle, technique. Tout est opération,
moyens matériels, outils et techniques.
A l’âge des représentations,
âge secondaire la conception de l’entreprise et de toute
activité passe par une modélisation mentale, rationalisée.
Modélisation juridique, organique, fonctionnelle, structurelle.
C’est l’arrangement des choses qui prédomine par rapport
à l’interaction. C’est ce qu’apprennent nos cadres dans
les écoles et ce qui occupe le gros de leur activité
étayée par quelque Word, Acces ou Powerpoint.
Lorsqu’on parle stratégie, projet, à l’âge
du faire on pense façon de faire, production à réaliser.
A l’âge des représentations on pense plan, programme,
schéma, méthode, procédure.
A l’âge du Sens, celui donc des valeurs,
alors rien n’est concevable que dans le temps dans un cheminement
d’ici et maintenant en allant vers un devenir, éclairé
par un passé, une histoire, une antériorité
qui va devoir être prolongée. Le passé à
disparu sauf en mémoire, le présent est fugitif
et le futur inconnu.
C’est là que diriger veut dire quelque
chose. Les valeurs expriment le Sens du bien commun avec des mots
et des références du passé, avec des données
du présent mais surtout avec des projections dans l’avenir
inconnu. Vaut ce qui promet pour l’avenir, ce qui prépare
l’avenir, ce qui potentialise pour l’avenir dont l’axe est donné
par ce Sens du bien commun, celui de l’entreprise par exemple.
Ainsi l’Humanisme Méthodologique
associe la question des valeurs (humaines) à la mise en
perspective, prospective et projets et à l’engagement de
processus et stratégies.
Il faut comprendre que la prospective est
la projection du regard, dans un Sens donné, choisi, le
Sens du bien commun et vers des horizons qui sont concevables
notamment par la compréhension des phénomènes
de mutation engagée et l’évolution des moyens qui
les favorisent ou les accompagnent (ex. internet).
Il y a donc deux sources à la prospective,
l’élucidation du Sens du bien commun de l’entreprise (évaluation
prospective) et les éclairages concernant les horizons
du futur. C’est le croisement qui va permettre une projection
valide, c’est-à-dire qui soit signifiante et qui "ait"
de la valeur pour l’entreprise.
C’est la condition pour que la prospective
devienne projet, qu’elle se fasse ambition projetée et
que le projet qui en naîtra constitue le système
de valeur du futur pour l’entreprise, le projet à entreprendre.
Il faut néanmoins considérer
ainsi qu’un projet ne vaut que s’il est porté, approprié
par la personne qui aurait à le conduire, à le réaliser.
Il faut qu’il se retrouve et se reconnaisse dans des valeurs engageantes,
mobilisatrices bien qu’ouvrant à un futur incertain. Cela
pose la question de l’élaboration d’un tel projet. Elle
ne peut être le fait que d’un processus de maturation, de
progression de conscience, d’imagination, de structuration.
Ce processus est l’engagement d’un Sens
du bien commun préalablement reconnu, dans un cheminement
de projection collective, structurée, hiérarchisée
vers des horizons à interpréter pour y fixer les
ambitions (direction). Le processus se comprend comme l’élaboration
d’une réalité nouvelle dans les esprits d’abord,
dans les actes ensuite. C’est la condition pour qu’évolue
sereinement une communauté humaine et que cette évolution
soit un progrès désirable et non une contrainte
menaçante. En fait toute action collective est à
concevoir comme un processus de progression, humaine comme matérielle,
de production des valeurs donc et de service. Tout se rejoint,
niveaux de maîtrise, valeurs, projets, progression des valeurs
humaines mais aussi services, etc...
Qu’est ce qu’une stratégie sinon
le développement d’un processus, celui des hommes engagés
dans un devenir selon les valeurs adoptées, celui des hommes
impliqués par ce processus ou y participant et celui de
ceux qui vont bénéficier des services que cet engagement
justifie. Toute stratégie relève d’un phénomène
humain de ce type, processus de changement, de progression, de
maturation mais aussi de communication, d’animation, de commercialisation,
etc...
Différents moyens sont proposés
par l’Humanisme Méthodologique pour intégrer ces
trois termes Sens du bien commun, horizon du futur désirable,
processus de projection stratégique.
Les valeurs humaines sont mobilisatrices,
elles doivent être structurées pour maîtriser
la réussite des entreprises et des projets.
6) LA GESTION DES VALEURS
Le rapprochement des deux termes est à
la fois familier et étrange. Familier si on pense valeurs
comptables, étrange si on pense valeurs humaines. En fait
les premières doivent être pensées comme une
mesure des secondes. Que l’on pense aux comptables, aux contrôleurs
de gestion, à la gestion des affaires et des projets, la
gestion est affaire de valeurs et donc d’évaluation.
L’Humanisme Méthodologique rappelant
les liens entre foi, finance et confiance, crédit et crédibilité,
rappellent que toute monnaie est aussi signe de valeurs communes.
S’il est de plus en plus fréquent
de soulever la question de la gestion de l’immatériel,
l’obstacle est le plus souvent la tentation de "chosification"
des "facteurs immatériels". Or la gestion de
"l’immatériel" ne doit pas être séparée
de la gestion matérielle. Matériel et immatériel
sont des dimensions différentes de la même chose,
de la même situation. Le vrai problème est celui
du Sens (donc du système de valeurs) selon lequel on conçoit
les entreprises, les situations et la gestion. La gestion est
toujours un souci de mieux contrôler les situations ou du
moins d’y concourir. Il arrive trop souvent que cette concourance
soit fictive si bien qu’il y a souvent divorce entre les responsables
et dirigeants d’un côté et les "gestionnaires"
de l’autre.
Il est vrai que des conceptions très
différentes se côtoient. On voit s’opposer la gestion
des hommes qui considère que toute situation, toute entreprise,
toute action est le fait des hommes et de leurs pratiques et la
gestion des choses qui postule l’existence de mécanismes,
de systèmes matériels, dont les hommes sont les
servants sinon les rouages. On n’a pas les yeux fixés sur
les mêmes critères, les mêmes facteurs, on
ne donne pas la même signification aux choses, accessoires
d’un côté, substance même de l’entreprise de
l’autre. Évidemment les hommes ne sont pas traités
de la même façon.
On voit encore par ailleurs une logique
de gestion qui a les yeux fixés sur les risques, les menaces,
les anomalies qui fait acte de surveillance et de stigmatisation
des fautes, des failles, des défauts, des écarts.
Soit elle se consacre aux choses avec l’obsession
des ratios, soit elle se consacre aux hommes avec l’obsession
administrative, normalisatrice et réglementaire.
A l’inverse la focalisation se fait sur
les potentiels, qualités et valeurs, mais alors on se tourne
soit vers les valeurs matérielles avec une gestion spéculative
et opportuniste (celle qui génère régulièrement
des bulles financières), soit vers les valeurs humaines.
On retrouve là enfin sur ces huit
logiques, celle qui fait des valeurs humaines la ressource, la
richesse des entreprises en même temps que le critère
et la mesure des profits générés.
Valeurs potentielles, ressources et richesses ;
valeurs investies dans des projets structurés et managés ;
valeurs des biens et services offerts ; valeurs échangées
en retour à tous les stades : développement des
compétences et de la maîtrise professionnelle, développement
de la valeur et la qualité des biens et services, développement
des bénéfices de maîtrise des clients, développement
de nouveaux potentiels de richesses, de ressources, etc... La
spirale vertueuse est engagée pour toutes les parties prenantes
qui y concourent.
La gestion qui se soucie de mieux contrôler
les situations aura comme objet les valeurs, leur nature, leur
mesure, leur potentiel, leur mobilisation, leur production, leurs
bénéfices en retour.
On voit bien que les outils de gestion classiques
surtout s’ils sont focalisés sur les choses et sur les
failles ratent complètement leur finalité humaine.
La spéculation soumet les hommes
aux calculs opportunistes ; l’obsession des ratio, ratiocine en
faisant de l’accessoire l’essentiel (modèle industriel).
L’administration réglementaire obsédée par
la malignité des hommes l’organise pour mieux la contrôler
et y enfermer le monde. Toute ressemblance...
La gestion des virtualités humaines
c’est d’abord la considération en toute chose des virtualités
humaines qu’elles représentent, comme potentiel ou comme
produit.
Les seules valeurs sont les valeurs humaines et la seule monnaie
qui compte, c’est celle qui mesure la valeur humaine non pas à
l’aune d’une équivalence d’autant plus universelle qu’elle
élimine la variété des valeurs et des Sens
humains mais à celle des évaluations partagées,
seules à même de qualifier et mesurer la valeur de
l’action, de l’activité ou de qui que ce soit. On a vu
aussi qu’il n’y a de valeurs qu’en référence au
Sens du bien commun au sein d’une communauté donnée.
Il y a bien sur toute une conception de l’économie qui
s’y rattache (voir bibliographie)
CONCLUSION
Il reste, en conclusion de cet aperçu
des apports de l’Humanisme Méthodologique à la maîtrise
des entreprises humaines, à donner quelques indications
pratiques pour les dirigeants et responsables pour aborder les
problèmes et les situations :
1) Toujours considérer la communauté
concernée et impliquée dans laquelle et pour laquelle
on choisit d’intervenir ; Cela n’en exclue pas d’autres mais hiérarchise
et relativise les problèmes et situations.
2) Chercher à élucider ou
repérer le Sens du bien commun pour cette communauté.
Il existe des méthodes d’élucidation de Sens développée
dans le cadre de l’ingénierie des cohérences humaines :
analyses de cohérences, analyses figuratives. Elles réclament
un certain niveau de maîtrise qui demande une bonne formation
préalable. Par contre des approches empiriques (mais prudentes)
peuvent être construites selon les situations. Dans tous
les cas une certaine intelligence des phénomènes
humains (motivations par exemple) est nécessaire.
3) Traduire le Sens du bien commun en termes
prospectifs (et rétrospectifs) pour identifier des valeurs
de référence selon différents registres "parlants"
(situations, réussites, compétences, services, vertus,
exemplarités, etc...) pour la communauté concernée
(équipe, personnel, etc...).
4) Projeter en projet l’activité
ou les réalisations pour déployer les valeurs en
action.
5) Déterminer l’articulation entre
valeurs de l’entreprise, offre de "biens et services",
valeurs attendues par les clients et le marché (communauté
de valeurs.
6) Structurer les concourances mobilisant
valeurs et complémentarités et instaurant les hiérarchies
de valeur et de management (culture des valeurs par l’action).
7) Evaluer pour gérer les situations
et mieux les maîtriser donc accroître en retour la
valeur des hommes, des équipes, de l’entreprise (culture
des valeurs par l’évaluation).
8) Assurer la reconnaissance et la rémunération
des valeurs reconnues selon leur niveau, leur nature et leur performance
(pertinence et cohérence).
Voici donc quelques repères pour la pratique de nature
à développer une approche pertinente, cohérente
et performante fondée sur les valeurs humaines, seule justification
des entreprises humaines.
Bien sûr la question du changement
par rapport à l’existant et aux errances classiques se
pose. Discerner le Sens des pratiques actuelles n’est pas inutile
à condition que cela ne débouche pas sur une logique
contre productive de dénonciations et de sanctions qui
resteront incomprises.
La bonne méthode consiste toujours
à cultiver de nouvelles approches dans le Sens du bien
commun (auquel le plus grand nombre se révélera
sensible). La mobilisation des valeurs humaines, leur reconnaissance,
leur engagement (concourance) contribuera à mettre en place
la spirale vertueuse qui entraînera vite le plus grand nombre.
Il sera toujours temps de quitter les logiques anciennes, ce que
tout un chacun interprétera le moment venu sans précipitation.
Tout cela réclame seulement autorité, détermination,
discernement, engagement, responsabilité donc.
A vous dirigeants et responsables de jouer.