Le Journal Permanent de
L'Humanisme Méthodologique
par Roger NIFLE


Une méthode de pensée pour l'action
Basée sur la Théorie et l'Ingénierie du Sens et des Cohérences Humaines
Le 20 07 2008 à 21 h 30

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    Le connaître
    Théorie de la connaissance humaine HM32

    Première publication : septembre 2003, mise en ligne : mercredi 21 juillet 2004, Roger Nifle


    La connaissance est d’abord ancrée dans l’expérience.Elle est re-présentation de l’expérience humaine. Elle n’est possible que par le Sens qui est en l’homme et conduit au discernement de ce Sens. C’est alors que la connaissance se fait maîtrise pour la liberté, la décision et l’action

    Avec la crise des représentations et la mutation apparaît une crise de la science au travers de différents symptômes, désaffection dans les universités, éclatement des paradigmes, maniement ambigu des références au scientifique. Cette crise est aussi le signe de l’émergence d’une nouvelle façon d’aborder la connaissance humaine et le fruit de la connaissance : la réalisation du monde.

    Dans la vie quotidienne comprendre, analyser, dans la vie professionnelle aussi analyser et comprendre les situations, les phénomènes c’est indispensable pour se situer, faire des choix, s’orienter, se diriger et diriger.

    Or avec la crise du Sens et l’âge du Sens, la question du Sens des situations et de la conscience de Sens bouleverse et éclaire autrement les processus de connaissance antérieurs.

    Nous allons examiner la question du connaître sous deux aspects.

    - La conscience des réalités et les différents modes de conscience et de connaissance ainsi que les niveaux de réalité.

    - La question de la conscience de Sens et le type de connaissance auquel elle conduit ainsi que la finalité de la connaissance dans le service du bien commun et de l’accomplissement humain.

    La conscience des réalités et les modes de conscience et de connaissance, niveaux de réalités.

    La réalité est réalisation dans l’expérience du conSensus entre les Instances. L’expérience du Sens est structurée selon le cohérenciel dont les dimensions et les composantes sont simultanément :

    - celles de la conscience

    - celles de l’expérience

    - celles des réalités

    - celles des processus de réalisation ou de connaissance.

    D’un côté il n’y a que Sens, Instances, Consensus mais, d’un autre côté, existentiellement parlant, il n’y a que conscience, expérience, réalité. Seule une conscience des Sens peut conduire à éviter l’hypothèse que les réalités se produisent elles mêmes, ce qui est la thèse et le projet démonstratif d’une certaine conception de la science. C’est aussi l’hypothèse concrète qui conduit à chercher dans les réalités les causes des réalisations. L’humanisme méthodologique met cela en question en engageant le connaître dans le Sens de l’accomplissement humain sans ignorer la possibilité des autres voies mais aussi leurs conséquences humaines de déni de l’humanité.

    Examinons dimensions et composantes de la réalité et de la conscience.

    La dimension intentionnelle subjective. Elle correspond à un mode de conscience de type intuitif qui pénètre au coeur des choses pour en identifier la "quiddité", ce quelles sont en elles-mêmes, la force qui les porte à exister, à perdurer, à se tenir durablement et de façon déterminée.

    L’hypothèse déterministe sur le plan scientifique y est ancrée. Le déterminisme est fondé dans cette expérience d’une persévérance dans l’être, spécifique des choses, qui donne l’impression qu’elles sont déterminées. De là l’expérience élémentaire du temps indissociable de cette persévérance de la détermination. Or l’expérience que nous avons de la détermination des choses n’est pas sans rapport avec celle de notre propre détermination intentionnelle. N’est-ce pas l’expérience d’une constance de disposition, de volonté, d’orientation qui d’ailleurs est celle de l’expérience du sujet. De là à considérer que la réalité est déterminée par quelque sujet quelque cause subjective il n’y a qu’un pas, celui qu’à franchi Newton par exemple.

    L’humanisme méthodologique franchit aussi ce pas mais en disant que la tension intentionnelle est indispensable à tout processus de connaissance et confère à la réalité d’expérience cette dimension de détermination. Dit autrement il n’y a pas de réalité sans connaissance ni de connaissance sans sujet et l’intention du sujet connaissant conditionne cette connaissance, déjà dans cette dimension là. Faire abstraction du sujet comme condition scientifique est une aberration qui conduit à nier l’expérience de tous les créateurs et les découvreurs scientifiques qui en ont témoigné, le plus souvent dans le désert, du moins dans les communautés scientifiques.

    Par contre une autre analyse pourra être faite en intégrant une distinction entre des niveaux de réalité :

    - le niveau de proximité où la singularité du sujet et de la situation prédominent,

    - le niveau culturel ou communautaire où prédomine les cadres de références communs dans lesquels s’inscrit toute connaissance partagée,

    - le niveau universel où ce ne sont plus à des intentions seulement personnelles ou culturelles mais à des intentions universelles de l’humanité qu’il faut se référer, ce qui pourrait apparaître comme une abstraction du sujet personnel ou culturel, autre illusion d’optique ou de conscience à éviter.

    La dimension attentionnelle ou objective

    Cette dimension de l’expérience est celle de l’autre, des autres, sous le mode de la distinction, de la séparation. C’est le principe de toute multiplicité dans l’expérience, celle aussi de tout dénombrement. Cette dimension procède de l’alternativité d’une expérience de proximité et de distance. Non séparation - séparation.

    De ce fait nous avons avec cette dimension de l’expérience l’émergence indissociable de la distance et de la distinction, distinction à la fois comme manque, soustraction et comme "en plus de quelque chose".

    L’expérience de la distance, dans l’alternance avec la proximité, est fondatrice d’une expérience de l’espace, de l’émergence d’un "espace entre" simultanée d’une séparation. Au coeur de l’expérience alter-native (née dans le rapport aux autres du conSensus), de la distinction, co-extensive à la distance, "espace entre", se forge l’objectivation. Il faut bien voir que l’objectivation est un mouvement de séparation entre ce qui devient "des objets" et de distance prise entre soi objet émergent et le fond d’objets distingués. Cette expérience est fondatrice de la reconnaissance d’une multitude d’objets et d’un objet individu qui se découvre séparé ou plutôt se réalise séparé des autres.

    Si l’on sait avec l’Humanisme Méthodologique que cette dimension de l’expérience de l’altérité dans le consensus est indissociable de cette du Sens en consensus, alors on voit que la conscience objective est indissociable de l’intention subjective à tel point qu’il n’y aurait pas d’identification objective de l’individu-soi sans que lui soit reconnue une persévérance, une détermination. C’est cette détermination même qui, par contre coup, donne aux objets objectivés une persévérance dans le temps alors que l’instantanéïté en annule tout simplement l’existence (l’expérience).

    Inversement la détermination, persévérance dans le temps, ne pourrait s’expérimenter si elle n’était pas rapportée à un support de distinction objective, à un objet distinct et aussi sujet déterminé.

    Rajoutons à ces considérations le fait que l’expérience de l’altérité (autres du consensus), donc aussi du processus alternatif de proximité - distance et par suite de distinction objective, est conditionné justement par les autres. A ce titre il est tout à fait compréhensible que l’on considère comme aléatoire l’expérience objective, aléatoire voulant dire ici déterminée par ailleurs (certains dirons par hasard ce qui n’apporte rien).

    Il y a là de fortes incidences en ce qui concerne d’une part l’indissociabilité des dimensions subjectives et objectives, déterminantes et aléatoires, de toute réalité d’expérience humaine.

    On pourrait alors au contraire oublier la dimension déterminante (sujet intentionnel) et vouloir une science "objective" entièrement fondée sur la négation du sujet remplacé par quelque substitut, il le faut bien, sans lequel il n’y aurait pas de durée donc de phénomène, ni de réalité.

    On pourrait à l’inverse oublier la dimension aléatoire (objet attentionnel) et vouloir une connaissance déterminante dont il faut bien alors justifier l’auteur mais dont il y a difficulté à justifier la multiplicité.

    Enfin on vit aussi là comment les fondements de l’expérience de l’espace-distance et du temps (tension persévérante) sont indissociables ce qui nous amènera à l’espace temps relativiste.

    La dimension rationnelle ou projective

    Troisième dimension de l’expérience elle résulte de l’intégration des deux autres. Elle se présente comme un "moment" d’existence, déploiement dans un temps et une historicité c’est-à-dire une durée, d’un ensemble de rapports ordonnés entre des objets distincts mais ainsi reliés.

    Dans cette perspective chaque objet se connaît à la fois par distinction et par relation à d’autres selon une unité logique, une détermination d’ordre dans le temps. Dans cette dimension spécifique c’est d’ailleurs ces rapports d’ordre qui apparaissent comme structures dynamiques, processus de développement. Chaque objet se trouve ici expérimenté par l’ensemble des rapports avec des objets distants et l’ordonnancement de ces rapports selon une logique temporelle. En fait sur cette dimension stricte de l’expérience le "moment" identifié a un "volume existentiel" qui est le champ des rapports d’ordre et leur unité logique. L’extension spatio-temporelle comme champ des rapports d’ordre est ici la seule consistance de la réalité.

    Elle s’y trouve "rationnelle", ce qui désigne ce qui a été exprimé précédemment, et aussi "projective" en cela que la temporalité (figure du Sens) ordonne à un mouvement de devenir (l’immobilité en étant un cas particulier).

    On notera ici que tout moment existentiel détermine un espace temps propre sans commune mesure avec tout autre moment. Cependant il est possible dans un moment de reconnaître des objets en relation, objets qui peuvent être aussi expérimentés à leur tour comme moments propres.

    On retrouvera là le problème des niveaux de réalité.

    Le moment d’une expérience de proximité n’a pas de commune mesure avec le moment d’une expérience communautaire culturelle ni avec le moment d’une expérience universelle.

    On ne peux donc intégrer dans un même moment ce qui relève des uns et des autres. Par contre on peut intégrer dans un même moment des objets qui relèveraient d’autres niveaux de réalité mais qui changent alors de niveau. Seuls le Sens et sa conscience peuvent transcender les niveaux.

    Les rationalités universelles, culturelles, personnelles ne peuvent être articulées additivement ou par autres combinaisons. Elles sont autres.

    La composante affective ou sensible

    La conscience sensible est le vécu, l’éprouvé du conSensus ou encore l’affectation sujet-objet en tant qu’ils incarnent les deux dimensions fondamentales du consensus.

    Le vécu affectif du consensus est aussi expérience de puissance-impuissance, inclusion-exclusion, confusion-négation.

    Cette expérience favorise l’identification des réalités avec le vécu ressenti.

    Chaud, froid, beau, laid, repoussant, attractif, etc. sont des qualités d’affects facilement attribuées aux choses alors qu’elles constituent ces choses dans l’expérience elle-même. Cette composante de toute expérience humaine, si elle n’est pas maîtrisée (immaturité) entraîne une sorte de connaissance qui doit tout à l’affect et à ses limites. L’opinion publique relève au fond de ce type de connaissance avec ses thèmes de puissance/impuissance, son maniement d’affects, et des vérités aussi stables que les vagues par grand vent mais récurrentes néanmoins.

    Maîtrisée cette dimension affective, cette conscience affective permet de qualifier, d’apprécier, de nuancer et de construire d’autres dimensions de l’expérience et de la réalité.

    Epurée cette dimension de la conscience dégagera du jeu des puissances des écarts de potentiels et des mouvements ondulatoires dont la fluctuation, l’ampleur et l’intensité font toute la qualité.

    Ce champ de conscience est donc aussi bien celui des fantasmes grossiers que celui des subtilités sensibles en passant par les différents niveaux de maîtrise qui l’inscrivent dans une conscience plus élargie.

    Ici la distinction des niveaux de réalité en dépend sachant que sur le seul plan affectif la confusion des niveaux est totale, perception personnelle égale vérité universelle.

    La composante factuelle ou physique

    L’expérience est ici celle d’une interaction physique, elle conjugue objectivité distinctive engagée en volumes existentiels, sous le mode des masses inertielles. Les choses se tiennent en résistance et réaction les unes aux autres, en mouvements relatifs d’éléments distincts.

    L’expérience factuelle est celle des interactions entre les choses transformant les choses elles mêmes ou le champ de leur interaction. L’âge du faire exerce cette reconnaissance des choses sans voir ce que la conscience mentale permettra d’imaginer par la suite de modèles, de structures, de règles. L’expérience empirique du factuel nous donne une vision physique, matérielle du monde, une vision mécanique, éventuellement animée par quelque puissance dont la masse inertielle est en quelque sorte la présence équivalente.

    Cette expérience factuelle nourrira cependant l’expérience mentale et la maîtrise des représentations avec la Raison.

    La composante mentale ou intellectuelle.

    Elle a pris une grande importance dans une civilisation de l’âge des représentations et singulièrement dans une culture qui a voulu en faire un fondement.

    La conscience mentale est celle qui est à la fois prise pour la seule réalité et à la fois investie du soupçon de n’être qu’un jeu d’apparences.

    Les représentations sont les formes de la réalité et c’est la maîtrise de ces formes au travers des modèles, formules, schémas, discours, structures qui occupent nos écoles, universités et institutions spécialisées dans les formalismes de tous ordres. Croisant la conscience intentionnelle et la conscience rationnelle, elle est le lieu des "projections" que sont les représentations sauf à se vouloir représentation de représentations dans les déviances que l’on a pu entrevoir. Nombre de questionnements philosophiques, scientifiques se sont enfermés dans cette réduction mentale stérilisant leur source qu’est l’expérience humaine à vouloir faire de son volet mental une abstraction. C’est le cas avec une certaine conception des mathématiques comme formalisme autonome, indépendant de l’homme et ses réalités d’expérience.

    Il faut conclure ce panorama des dimensions et composantes de l’expérience, de la conscience, de la connaissance et de la réalité, par leur intégration. Peut-on envisager une telle intégration en conscience de toutes ces facettes, la réponse viendra avec le dépassement de la conscience mentale et avec un niveau de maîtrise qui suppose discernement des Sens en conSensus.

    La conscience de Sens

    Quelque soit la complexité de la réalité et de la conscience des réalités, il ne faut pas oublier qu’il s’agit toujours d’un acte de réalisation inconscient à partir du Sens en consensus.

    Le "fond des choses", c’est le Sens. Dès lors l’accès au Sens des choses apporte à la conscience réalisatrice autre chose, comme une compréhension intime dont le lieu n’est autre que l’Instance. S’est-on suffisamment interrogé sur le fait que l’on puisse attendre une compréhension profonde des choses (de celles qui fondent la découverte scientifique ou l’oeuvre créatrice) par une investigation au coeur de soi-même ?

    Qu’y a-t-il au coeur de soi même sinon le Sens humain qui est le coeur des choses ;

    C’est dire que l’on peut ainsi chercher à discerner le Sens des choses en soi-même et, accédant à leur origine, s’en trouver éclairé sur ces choses là. Cet éclairage porte non seulement sur les Sens d’une problématique humaine sous-jascente mais aussi sur ce qui sous-tend chaque dimension de l’expérience ainsi que son intégralité.

    Le discernement des Sens va nous éclairer sur la déclinaison intentionnelle de la réalité. Elle va nous éclairer sur l’objectivité significative. Elle va nous éclairer sur le Sens de la rationalité en jeu. Elle va nous éclairer sur le ressenti, le Sens de l’action, le Sens des représentations.

    La conscience de Sens articule à la fois la conscience réalisatrice dont elle donne la clé explicative et à la fois une conscience révélatrice qui renvoie de l’expérience réalisée à son origine d’humanité, le Sens en Instance.

    C’est par la conscience réalisatrice que nous "réalisons" le monde et c’est par la conscience révélatrice que nous y découvrons le soubassement d’humanité. En conséquence nous pouvons orienter notre "réalisation du monde" dans le Sens (accomplissement, bien commun) favorisant la conscience de Sens, révélatrice de l’humanité.

    Reconnaître l’humanité dans sa présence transcendante au coeur de l’homme est l’enjeu final de toute connaissance réalisatrice qui réalise le monde de l’homme. Ce monde est tel que l’homme en porte la possibilité qui le constitue : l’humanité.

    Nous verrons comment pratiquement peut être engagé un processus de conscience de Sens et comment c’est un moyen de maîtrise de la décision et de l’action.

    Auparavant il faut insister à nouveau sur le fait que la conscience de Sens, dans une problématique humaine, est celle du Sens qui peut participer simultanément :

    - d’un "consensus de proximité" et de situation proche : réalités individuelles, personnelles,

    - d’un "consensus culturel" et de situations communautaires,

    - d’un "consensus universel" et de situations universelles.

    Les consensus sont différents et donc les niveaux de réalités différents et le Sens, lui, est commun. La conscience de Sens permet d’articuler les niveaux sans les confondre.

    En fait en-deçà du niveau de maîtrise correspondant à l’accès au Sens (au coeur de soi) l’articulation des niveaux de réalité n’est pensable que dans une même hiérarchisation causale plaçant par exemple l’universel comme seule source des réalités culturelles et personnelles ou bien encore les réalités culturelles comme référence du personnel et de l’universel (conventions) ou encore le personnel comme critère d’extension au culturel et à l’universel. A l’âge du faire, il n’y a que deux niveaux : le concret de proximité et le reste lointain, abstrait. La conscience de Sens nous montre comment le personnel, le culturel, l’universel nous renvoient au même lieu, l’humanité en nous-même, nous situant indissociablement sur tous ces plans dans les affaires qui sont les nôtres.

    En conclusion le connaître est le fait d’une disposition humaine, d’un Sens, d’une posture épistémologique.

    Selon les Sens engageant le processus de connaissance alors c’est telle ou telle conception de la réalité, de la connaissance, des processus efficaces de l’homme dans le processus de connaissance qui prédomine.

    Lorsque le Sens du processus de connaissance est un Sens d’accomplissement alors la connaissance se déploie comme réalisation selon les différents modes de conscience, dimensions et composantes de la réalité ainsi réalisée. dans les autres cas, c’est toujours à une réduction et une distorsion de la réalité que l’on aboutit. Il est d’ailleurs possible d’établir une certaine corrélation entre Sens et distorsion de la conscience et donc des réalités.

    Le travail de connaissance contribue alors à la culture de ce bon Sens et instaure une échelle de niveaux (et de nature) de conscience des réalités qui en arrive à l’essentiel, la conscience du Sens des réalités.

    Cette conscience du Sens des réalités est ce qui procure liberté, engage la responsabilité en termes de positions tenues, entraîne l’action de service du bien commun. Le travail de connaissance est en ce Sens (seulement) un service aux personnes, aux communautés, à l’humanité entière.

    Ce n’est pas le cas du "savoir" ou connaissance réduite à la collection des représentations qui sont le fruit de la "réflexion", du reflet d’abstractions de l’expérience, réduction formelle de celle-ci qui fige en ses formules le fond des choses et de l’homme et les enferme dans des modèles réflexifs. Comprenons alors la désaffection (dé-affectivité) et l’inopérabilité (dé-factualisation) de ce "savoir" qui tend à s’auto réfléchir dans un "savoir le savoir" de plus en plus abstrait, abstrait de l’humanité : antihumanisme théorique que nos universités promeuvent.

    Ne sert pas l’homme non plus cette sorte de connaissanceréduite à ce "je sais faire", à ce "comment ça marche" purement factuel qui réduit le monde et l’homme à leur seule valeur instrumentale, utilitaire, à un savoir faire qui dé-subjective l’homme et les affaires humaines et en vient à ne reconnaître que "la nécessité", "le besoin", "la force des choses", "du système, "les lois naturelles" comme justifications.

    C’est là l’antihumanisme pratique que trop souvent nos écoles d’apprentissage et professionnelle glorifient. Les hommes n’aiment ni l’un, ni l’autre, ils s’y résignent seulement en s’y réduisant pour souffrir moins de ce qui ampute leur humanité.

    Ne parlons pas enfin de cette réduction purement affective d’un "je sais" qui participe d’une pensée magique légitimée par l’émotionnel. L’émotion publique dite opinion publique est entretenue de mystifications planétaires ou culturelles appelées "prises de conscience" et nourries de falsifications auxquelles les médias qui veulent avoir de "l’impact" donne force et étendue et qui sert les vues de pouvoirs politiques, économiques, idéologiques, religieux, militaires. On les voit alimenter la machination falsificatrice en permanence jouant sur cet "effet de certitude" d’une conscience émotionnelle incapable de distinction, d’apprentissage, de représentation rationnelle et bien sûr de discernement ;

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