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Nous nous identifions communément à notre existence. Je suis celui qui dispose de cette existence là avec toutes ses dimensions. Or cette existence que nous avons est ce que nous sommes seulement cela ? Déjà reconnaissons ce qui fait notre existence individuelle.
En général nous nous voyons
les uns les autres comme des individus qui partagent un même
monde chargés de mille différences certes mais constitués
de composantes identiques.
Une conception classique mais très
fortement soutenue à notre époque fait dériver
notre existence individuelle de la combinaison complexe de facteurs
du monde environnant dont nous serions les produits. La production
exclusivement biologique en est une version des plus courante,
frappée du seau de la certitude pour beaucoup. Dans ce
cadre là la dialectique de l’inné et de l’acquis
ne change rien au fond, nous serions naturellement totalement
conditionnés.
Nous allons simplement décrire ici
la structure existentielle de notre individualité selon
l’anthropologie de l’humanisme méthodologique.
Cette structure est appelé cohérenciel,
en voici le contenu :
STRUCTURE COHÉRENCIELLE
OU COHÉRENCIEL
DE L’EXISTENCE INDIVIDUELLE DE
L’HOMME

Un sujet intentionnel. Il apparaît que les individus humains sont
porteurs d’intentions, multiples, choisies en conscience ou non,
libres ou influencées, maîtrisées ou inconscientes.
Le fait qu’il puisse y avoir une libre intention,
autonome, responsable, une volonté propre, indique qu’il
y a, derrière le sujet, une transcendance, celle de l’Instance.
L’intention, consciente ou non qui est la nôtre semble orienter
le regard sur le monde et engager à l’action tout en déterminant
des critères et des repères qui leur donne valeur.
Enfin on notera que cette ’intention’ peut
prendre de nombreux visages : aspiration, motivation, désir,
volonté, force intérieure, etc...
Un objet complexe.
L’individu peut être analysé
objectivement non seulement selon les facteurs qui le composent
mais aussi ceux qui le conditionnent. Les sciences en multiplient
les analyses
Cependant une chose est d’être conditionné
par des facteurs constituants ou environnants autre chose serait
de n’être qu’un pur effet de conditionnements. C’est ce
qui différencie l’homme de tout autre chose qui, n’ayant
pas d’Instance transcendante, ne peut échapper aux déterminations
et leurs aléas, au hasard et à la nécessité.
Il est juste néanmoins de remarquer
l’interdépendance universelle des individus dans leur environnement.
C’est la marque de la contingence de l’existence à laquelle
les hommes ne se réduisent pas.
Les individus que nous sommes sont dépendants
et si nous ne considérons que cette dimension nous pouvons
les croire n’être que dépendants alors qu’ils peuvent
aussi devenir autonomes.
L’autonomie consiste donc, on le voit à
ce premier stade, à déterminer le Sens, l’orientation,
l’engagement à donner à cette dépendance
quitte d’ailleurs à choisir certaines dépendances
plutôt que d’autres. Voilà une première approche
de la question de la liberté.
Une histoire en projet
On ne peut pas définir un individu
par son état instantané. Il a une histoire, un commencement,
une fin. Il en vit les péripéties, les transformations.
Notre corps change, on le voit bien, et ce changement a un début
et une fin. Il n’y a pas que notre corps qui change, c’est toute
notre individualité au travers des modes de vie, des expériences,
des engagements qui fait que nous évoluons sans cesse.
Il se trouve encore que cette évolution n’est pas n’importe
laquelle, elle constitue une histoire et cette histoire peut être,
si on s’y engage, celle d’un accomplissement humain qui intègre
les conditions de l’existence mais aussi une intentionnalité
qui en marque le Sens.
Cette histoire de l’existence individuelle
peut avorter, diverger, échouer, réaliser des ambitions,
se disperser. Progresser et grandir, représentent aussi
une façon de comprendre et donner un Sens à cette
histoire.
On verra qu’il y a en effet une trajectoire
d’évolution humaine qui est possible lorsque que c’est
l’accomplissement qui est choisi et visé. Rien n’y oblige,
c’est une possibilité parmi d’autres, mais quel enjeu !
La composante affective.
L’existence d’un individu est faite aussi
d’un vécu : multitudes de sentiments, d’émotions,
d’appréciations, de répulsions, de souffrances et
de bonheurs, de joies et de tristesses. Cela donne une certaine
consistance à l’existence individuelle, subie ou choisie,
influencée ou agissante.
Ce vécu, certains en fond l’essentiel
et même la source, on verra pourquoi. Il est en fait l’éprouvé
de ce qui nous affecte, l’éprouvé de nos rapports
avec les acteurs et facteurs de l’existence, selon le Sens que
nous leur donnons, qu’ils prennent pour nous et donc l’intention
à leur égard. En particulier les relations inter
individuelles sont le lieu d’une affectation réciproque
qui justifie ou seulement aide à réguler ces relations.
La composante corporelle
Nous connaissons notre existence pour une
part par les interactions physiques que nous avons avec le monde.
C’est comme cela que nous acquérons comportements et savoir-faire
en rapport avec les autres corps, les choses qui nous environnent
que nous façonnons et utilisons avec notre propre corps.
Notons cependant que ce que nous savons de notre estomac est surtout
de l’ordre des sensations éprouvées et des représentations
mentales. C’est dire le caractère relatif de cette connaissance
corporelle, corporéité que certains placent à
la base essentielle de l’individu.
La composante mentale
Décrire un individu sans tenir compte
de ce qu’il vit et exprime par le langage, sans ses représentations
culturelles, sociales, son identité, son statut, la place
qu’il occupe dans les institutions et organisations de la cité
serait un manquement à son intégrité. A l’extrême,
certains feront de ces représentations l’alpha et l’oméga
de l’individu (citoyen par exemple). Considérons cependant
que le sujet qui s’engage et se projette dans une histoire, celle
de son existence, dans les conditions particulières qui
sont les siennes, prend une place dans le rapport aux autres,
au monde et la société à laquelle il s’identifie
et par laquelle il est identifié.
Il suffit à ce stade de remarquer
que l’identité de soi pour l’individu et son identité
pour les autres ne se recouvrent probablement qu’en partie.
L’intégrité et l’intégration
de l’individu
Si l’individualité est l’existence
d’une personne alors l’ensemble des composantes de son existence
individuelle peut être envisagé dans son intégralité,
comme lui appartenant en propre en même temps que cette
existence est conditionnée par son environnement. On peut
alors envisager cette individualité comme du dedans (l’Instance)
et comprendre les articulations entre ces dimensions et composantes.
Notons simplement pour le moment que la
subjectivité avec ses volets mentaux et affectifs correspond
à ce que l’on appelle quelque fois la psyché ou
l’âme psychique, lieu des phénomènes psychologiques.
Cependant toutes les dimensions de l’individu
et les composantes de son existence ne sont pas la juxtaposition
d’organes ou de fonctions mais les différentes facettes
de la même chose. Ce qui se présente pour l’une d’elle
est présent pour toutes les autres même si nous en
considérons tel ou tel mode d’expression privilégié.
On ne peut séparer ce qui n’est qu’un visage de l’intégralité
individuelle. L’intégrité de la personne en dépend.
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